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samedi 31 décembre 2011

On peut toujours rêver

"Le changement c'est maintenant" -François Hollande. En effet, "2012 peut être l'année du retour de l'espoir" -Marine Le Pen. "Il faut que nous, Français, nous sachions que nous allons nous en sortir. On va s'en sortir. La France va s'en sortir" -François Bayrou. "Prenez le pouvoir mes chers compatriotes" -Jean-Luc Mélenchon. Car, "pour ma part, je refuse la fatalité, je refuse l'impuissance de la politique" -Dominique de Villepin. Je vous souhaite à toutes et à tous "une année 2012 de courage, de justice et de fraternité" -Eva Joly.
Petit florilège de ce qu'aurait pu être les voeux d'union nationale d'un candidat fantasmé... Bonne année 2012 ! En espérant que ce ne sera pas qu'un voeu... pieux.

vendredi 30 décembre 2011

Vous avez dit parachutage ?

Sainte-Mère-Eglise, 5 juin 44, l'image de ce parachutiste de la 101ème Airborne accroché au clocher de l'église est restée célèbre... Gageons qu'il n'arrive pareille mésaventure, lors des législatives de juin 2012, à Claude Guéant, sautant sur Boulogne qui n'est plus depuis longtemps Billancourt.
L'opposition a beau jeu de tancer l'absence de risques sur cette circonscription toute acquise à la droite, elle qui envoie pantoufler sans accusé de réception Ségolène Royal sur la Rochelle ou Cécile Duflot sur Paris. Dire que Jack Lang, le commando-para de la Place des Vosges, n'a pas encore trouvé à se poser...
A chaque élection, on nous ressert les mêmes arguments pour ou contre ces parachutages plus ou moins désirés. Et si nous laissions faire les électeurs ? Car finalement notre histoire est pleine d'atterrissages réussis. Jusqu'à preuve du contraire, François Mitterand dans la Nièvre, Jacques Chirac en Corrèze ou Alain Juppé à Bordeaux n'avaient que des relations distantes et ténues avec leurs lieux d'élections. Et ma raison me fait préférer un bon candidat parachuté qu'un benêt du cru.

A quel sein se vouer ?

Alors que le scandale des prothéses PIP bat son plein avec des plaintes aux quatre coins de la planète, n'apprend-on pas que les fils du créateur de l'entreprise incriminée avaient le projet récent de relancer sur les mêmes bases, dans la même usine et avec les mêmes procédés, la production d'implants mammaires low-cost...
Il y en a qui n'ont peur de rien, ni du ridicule ni, non plus, de l'infamie et du mépris !

jeudi 29 décembre 2011

32,79

Chiffre bizarre que ce 32,79... Juste un petit calcul personnel qui me permet de dire que le joueur de "baballe" Beckham vaut 32,79 fois plus que le roi Juan Carlos d'Espagne. J'aurais pu comparer aussi avec le salaire "minable " d'Ancelotti et nous aurions obtenu un faiblard 20,49...
Même si la somme allouée au monarque espagnol ferait rêver bien de nos chômeurs, cette comparaison, peut-être déraisonnable, m'emmène à penser que notre petit monde marche un peu sur la tête. Au delà des dribbles vengeurs de l'un ou du coaching inspiré de l'autre, j'aurais aimé voir en action nos deux laboureurs de stade quand des colonels de l'armée espagnole ont tenté de renverser la démocratie naissante en s'attaquant aux Cortes. Contre toute attente, un jeune roi, moqué pour son inexpérience, leur a tenu bon, a sauvé son trône et a ancré l'Espagne dans le camp trop fermé des grandes démocraties.
Entre une gravure de mode et l'âme d'un pays, j'ai choisi ma référence...

Tout ce que vous avez dit...

Même durant la fameuse trêve des confiseurs, la politique poursuit son bonhomme de chemin en mettant en pratique le vieil adage "tout ce que vous avez dit pourra être retenu contre vous..."
Grace à ou à cause d'internet, on exhume des interviews où nos candidats d'aujourd'hui, quinquagénaires bedonnant, ressemblent à des étudiants acnéiques post-soixante-huitards et ont des avis aux antipodes de ceux qu'ils prônent pour tenter de succéder à Nicolas Sarkozy.
Pourtant, mon papy, et pas que lui, m'a toujours dit : "petit, il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis !" Alors soyons un peu indulgents. Il est plutôt sympathique de constater, même si nous ne sommes pas d'accord avec eux, que ceux qui aspirent à nous gouverner, fassent partie des hommes qui pensent, évoluent et murissent en prenant de l'âge et de l'expérience.

Umgawa Cheetah

Cheetah, ça ne vous dit rien ? Et Johnny Weissmuller ou Maureen O'Sullivan ? Pas plus... Pourtant ils sont les acteurs majeurs d'un mythe cinématographique : Tarzan.
Je viens de découvrir que la dernière du trio, Cheetah la chimpanzé, vient de mourir la veille de Noël, en Floride, à l'âge de 80 ans, un record pour cet animal. Traversant deux siècles, du cinéma en noir et blanc à la 3D, elle emporte avec elle des souvenirs d'enfance, des cris et des peurs de gamin quand j'avais l'autorisation de rester devant le poste pour vivre ses aventures avec son maître bodybuildé en slip léopard.
Aux dires de ses soigneurs, elle percevait les sentiments humains. La pauvre, en 80 années de fréquentation, elle a dû s'amuser de notre inconstance, notre légèreté et de notre vacuité...

mardi 27 décembre 2011

Quand Mme Michu égale Mme Bettencourt...

S'il y a un moment où tout un chacun, riche ou pauvre, jeune ou vieux, ouvrier ou PDG, est égal, c'est dans le secret de l'isoloir. Le petit carré de papier, appelé bulletin de vote, de Madame Michu, concierge, vaut tout autant que celui de la très riche et médiatique Madame Bettencourt.
Alors, les quelques uns qui vont me lire et qui ne sont pas encore inscrits sur les listes électorales de leur ville, ne venez pas vous plaindre ensuite, si en mai et juin prochains, ceux qui nous gouvernent, ne vous conviennent pas. En ne votant pas, par négligence coupable le plus souvent, vous vous privez de faire un pied de nez au candidat que vous aimez le moins, de peser autant sur votre-notre vie que ceux que vous trouvez trop puissants, trop riches ou trop bêtes.
La démocratie est un bien rare sur notre planète, si rare que des hommes meurent pour elle en Syrie, en Egypte, à Cuba ou en Russie. Et nous, nous la galvaudons et nous l'ignorons. Allez, un petit effort, filez vous inscrire... Cela ne vous prendra que quelques minutes et vous serez les égaux des plus "grands" de notre république.

Dura lex mais quand même...

Christian Iacono, ancien maire de Vence, doit retourner en prison après que son pourvoi en cassation ait été rejeté. Rien que de très normal dans la procédure judiciaire me direz-vous...
Pourtant cet homme de 76 ans, accusé par son petit-fils d'attouchements sexuels et qui s'est depuis rétracté, est donc aujourd'hui innocent des crimes qui lui sont reprochés. Mais l'implacable lourdeur et inhumanité de notre justice continue de le broyer sans pitié ni raison.
Alors que des centaines de condamnés ne font jamais leurs peines, on va réincarcérer un innocent. Il est des incohérences et des raideurs qui font tant de mal à notre justice.

dimanche 25 décembre 2011

Le bal des pendus

Tels les bourgeois de Calais avec la corde autour du cou, les français abordent 2012 avec le titre peu enviable de peuple le plus pessimiste du monde. Excusez du peu ! Paradoxalement les plus optimistes sur notre planète sont les afghans, les soudanais, les colombiens ou les nigérians. Faut dire que eux, ils partent de très loin, très très loin en matière de confort, de longévité ou de démocratie...
Alors que notre revenu a bondi de plus de 50% en trente ans ou que notre espérance de vie a gagné près de 5 années, nous persistons dans notre auto-flagellation suicidaire et déraisonné. Nous sommes en train de donner tous les arguments au monde qui nous scrute, pour nous enfoncer un peu plus tant sur notre avenir économique que culturel ou diplomatique. Belle réussite pour tous ceux qui ont conduit la politique de notre nation qu'ils soient au pouvoir à Paris ou dans nos collectivités. Est-ce que cliver, s'opposer systématiquement ou se plaindre sans arrêt ont fait changer quelque chose ? Non, jamais... Bien au contraire...

samedi 24 décembre 2011

Rame, ramons, ramez... Rama

Entre le maire PS de Colombes et le député UMP de la circonscription, il a une curieuse mais bien compréhensible collusion. L'un et l'autre aimeraient bien se débarrasser en douceur et sans combattre de l'encombrante et médiatique Rama Yade pour éclaircir leurs horizons électoraux de juin 2012.
Alors, ces "élégants" messieurs n'ont rien trouver de mieux que de la faire radier des listes électorales de la commune où elle a grandi depuis son arrivée en France à 11 ans.
C'est mesquin et lâche d'autant plus que les exemples, bien pires, de nomadisme électoral sont légions dans les allées du Parlement et de nos collectivités. C'est vrai que Jack Lang à Boulogne-sur-Mer ou Ségolène Royal à La Rochelle sont tous deux imprégnés de la grande tradition des pêcheurs de haute mer. Et François Fillon ou Rachida Dati ont encore de la paille provinciale dans leurs escarpins parisiens.
Notre histoire politique est pleine d'implantations, de parachutages plus ou moins réussis alors laissons les électeurs et militants décider de ce qui est bon pour eux. Messieurs Sarre et Aeschlimann, ayez un peu de courage et affrontez votre adversaire sur le terrain des idées !

Des maires pour les pairs

Pas de Noël ni de fêtes pour les équipes de campagnes des "petits" candidats aux Présidentielles de 2012... Il faut courir la France des terroirs pour essayer de glaner quelques promesses de signatures supplémentaires d'un des 36000 maires de notre République.
Avec le syndrome Jospin 2002, les "grosses" machines partisanes font de l'obstruction à tout va quitte à s'asseoir gentiment sur la démocratie. Doit-on avoir peur de l'adversité quand on est sûr de ses convictions et de son programme ? Certainement pas... Au contraire, comme en commerce, la concurrence, ça a du bon et cela oblige à se dépasser, à se battre sur le seul terrain qui vaille, celui des idées, et non pas des chiffres des sondages. Alors, hardi les "petits" ! Les maires sauront où est l'intérêt de la démocratie électorale !

Si ce n'est toi, c'est donc...

Petit moment "culturel"... Contrairement à ce que d'aucuns croient, la première société à utiliser l'image du Père Noël en pub n'est pas Coca-Cola (1931)... Mais White Rock Beverage qui, en 1923, se servit de ce personnage sorti des légendes européennes pour promouvoir sa boisson, le Ginger Ale...

Mémoire sélective

Génocide arménien, shoah, la France aime traduire dans la loi les grands événements dramatiques de notre histoire. En dehors de l'évident calcul politique, je ne pense pas que l'on puisse imposer une pensée unique et officielle ou alors il faut aller plus loin et condamner tous les génocides...
Ceux des amérindiens du sud et du nord, des aborigènes d'Australie, des khmers, des peuples noirs emmenés en esclavage, des cathares... La liste serait longue des avanies vécues sur notre planète par des peuples dominés par d'autres. La mémoire et la compassion ne se dictent pas au Parlement mais s'enracinent dans le coeur des hommes par la culture, l'éducation et le respect.

Marie Curie renvoyée chez elle...

Si la France avait eu, au début du XXème siècle, une directive "Guéant" sur le retour des étudiants étrangers dans leur pays d'origine, notre patrie aurait "perdu" l'un de ses Prix Nobel les plus illustres en renvoyant dans ses foyers polonais Marie Curie, née Sklodowska.
Il faudra un jour arriver à m'expliquer comment des hommes dits intelligents peuvent imaginer ou cautionner des mesures aussi stupides...

jeudi 22 décembre 2011

T'as pas 100 ball...ons..?

S'il y en a un qui n'aura pas à tendre sa sébile cet hiver sur un trottoir de Paris, c'est bien le bellâtre footballeur, David Beckham, qui vient de signer au PSG. Pour la modique somme de 800.000 euros par mois, il va pouvoir tapoter gentiment à la baballe dans un Parc rebaptisé le Parc des Emirs. Coup médiatique, retraite sportive, image marketing, tous les qualificatifs sont bons pour présenter ce contrat du "siècle".
A titre personnel, je préfère les images d'un certain écoeurement médiatique, d'une nausée sportive et d'un errement marketing. Chacun ses références. Les miennes sont du côtés de ceux qui, hélas trop souvent, se passionnent pour ce type de personnage sans intérêt, mais qui en réalité souffrent et triment pour boucler leurs fins de mois.

lundi 19 décembre 2011

Sale temps pour les Ubus

Après Khadafi, c'est au tour de la caricature de Kim Jong-Il de rejoindre l'enfer des dictateurs. Si on y ajoute Ben Ali ou Moubarak, sub-claquant, Castro, la momie ou Bachar El-Assad en sursis, sale temps pour les Ubus en cette année 2011. Finalement, plutôt que les bourses qui s'écroulent, on devra retenir pour l'Histoire la crise des vocations chez les tyrans.

dimanche 18 décembre 2011

Pti Quinquin et Chichi, même combat

Alors que Jacques Chirac digérait péniblement sa condamnation pour emplois fictifs, Pierre Mauroy et Line Cohen-Solal se voyaient confirmés comme coupables du même délit par la Cours d'appel de Douai. Entre les effluves nauséabondes venant du Pas-de-Calais et celles, aujourd'hui, du Nord, c'est Martine qu'on assassine...

DS Khan à Pékin

En langage commun, "faire des ménages" est utilisé pour des journalistes ou des personnalités publiques qui font des prestations rémunérées lors de conférences ou autres séminaires... Comme c'est le cas de DSK à Pékin cette semaine. D'ici qu'il se prenne aussi pour Nafissatou Diallo !

Votez Felix

Ce soir, dimanche, c'est la messe de Noël !!! "Ca y est, il est tombé sur la tête !" me direz-vous. Et bien non, ma messe de Noël, c'est France 2 qui la programme en diffusant pour la énième fois les aventures mythiques de Felix et Zézette épouse X du "Père Noël est une ordure". Vous me croirez si vous le voulez, mais depuis ce film, je regarde nos papas Noël de circonstance d'un autre oeil...

samedi 17 décembre 2011

Un nouveau candidat ?

Les Beckham sont en train de visiter un appartement avenue Montaigne à Paris... D'ici qu'un des deux se présente sur la 2ème circonscription avec Dati, Fillon et consorts, il n'y a qu'un pas que certains supporters du PSG (Le Paris Sans Girouette) aimeraient bien franchir.

Triple A, triple erreur ?

Qui trop embrasse, mal étreint... A trop vouloir mettre le "AAA" de nos finances nationales sur un piedestal, l'Elysée a pris le risque d'avoir à gérer une triple erreur de communication. Auprès de l'opinion publique tout d'abord qui avait elle aussi fini par "sacraliser" cette notation, auprès d'organismes prêteurs qui, malgré nos efforts, ont déjà dégradé nos intérêts et enfin, auprès de nos amis européens qui auront beaucoup de mal à entendre les leçons d'un "élève" bavard mais finalement aussi médiocre qu'eux...

vendredi 16 décembre 2011

On achève bien les idéaux

Il y a vingt ans presque jour pour jour disparaissait des écrans radars l'URSS. Exit le goulag, le Politburo, les grandes purges, l'Armée Rouge ou le NKVD et souvenirs du Cuirassée Potemkine, de la Glastnost ou des héros de Stalingrad. Si l'on ne peut effacer les millions de morts de l'hydre soviétique, sa rapide disparition a provoqué des dégâts collatéraux. Ont sombré avec, des idéaux certes entachés de sang mais empreints au fond de justice, d'égalité et d'universalisme. La pensée unique a fait le reste...

дыма и зеркал

Ca se dit comment miroir aux alouettes en russe ? Poutine et consorts ont enfin déclenché un projet onusien de résolution à l'encontre du pouvoir sanglant de Bachar Al-Assad en Syrie. Etonnant après tant de mois de veto et d'inaction coupable mais moins quand on sait les petits soucis médiatico-démocratiques du néo-tsar du Kremlin...

Poussez pas !!!

Poussez pas, il y en aura pour tout le monde !!! Décidément la deuxième circonscription de Paris attire les foules. Après Dati, Fillon et Lambert, c'est au tour du généticien Axel Kahn de se lancer sous les couleurs du PS. Et dire que Jack Lang, le proto-bobo germanopratin, erre sur la Somme...

Saint Joachim...

Une tempête violente, annoncée sur la France, et qui porte le doux prénom de Joachim, grand-père de Jésus... Je ne vous dis pas lorsqu'on se prendra le petit-fils sur le coin de la figure !

jeudi 15 décembre 2011

L'art de la métaphore

Poutine a déclaré que les élections russes ont été "honnêtes" et que l'économie est "stable". J'ai juste l'impression d'entendre Georges Marchais parler du bilan "globalement positif" du communisme russe. Soit la vodka a des vertus métaphoriques, soit les vessies sont vraiment des lanternes du côté du Kremlin...

Vrai coupable pour emplois fictifs

Jacques Chirac reconnu ce matin coupable d'abus de confiance dans l'affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris... Alain Juppé vient d'acheter un kilo de cerises pour les dévorer à la veille de l'hiver...

Lazareff est bien mort

France Soir, propriété d'un oligarque russe, le "très recommandable" Alexandre Pougachev, arrête sa parution papier. Grandeur et surtout décadence d'un titre qui fut le plus grand quotidien français... D'échecs commerciaux et playmate faisandée, c'est un symbole de la presse qui s'éteint. VDM comme diraient certains qui ne lisent plus un quotidien papier, objet magique de savoir et d'opinion.

DSKate

Sur mon autre blog www.jfcros.com , j'avais débuté ma diarrhée verbale par un post sur Berlusconi... Et bien ici, je vais commencer par DSK, notre "bunga bunga boy" à la française.
Le JDD pose la question de savoir s'il a été piégé... Juste un avis : même si c'est le cas, peu probable au demeurant, la "proie" doit tout de même convenir au prédateur. Avez-vous essayé d'attraper un lion avec un yaourt ? 

mercredi 14 décembre 2011

Les larmes d'Abraham

Je reprends la plume après une longue pause travail-bénévolat car les événements de Syrie tournent sans cesse dans ma tête, mon coeur et mon âme. Des bouffées de souvenirs remontent à la surface, souvenirs de trois semaines de présence dans ce pays magique, mètre-étalon de notre civilisation, creuset de notre culture occidentale et ferment de nos consciences.
Ce drame vécu par le peuple de Syrie semble survoler à des milliers de kilomètres nos préoccupations bien matérielles de fêtes de fin d'année, de crise ou d'élections présidentielles. Pourtant, à trois heures en avion de notre confort douillet, une tragédie sanglante est en train de se dérouler dans une quasi-indifférence et surtout dans l'inconscience des conséquences d'un effondrement de cette nation. Pivot d'une construction fragile du Moyen-Orient, la Syrie, livrée à la guerre civile et au chaos, annonce d'autres conflits avec un Liban fragile, un Iran secoué par les divisions et un Irak convalescent, objet de tant de convoitise.
Dans ce sang syrien d'enfants et d'innocents rêvant de liberté, se mélangent les larmes de notre père Abraham. Quand on a respiré l'air chargé d'épices du souk d'Alep ou prié sur le tombeau de Jean le Baptiste au coeur même de la mosquée des Omayyades, ce pays, cette terre immémoriale vous étreint comme une maitresse inapaisable. Je ne peux effacer de mon esprit le sourire radieux de chrétiens d'Orient, la pieuse retenue de dévots musulmans que j'ai croisé dans mes pérégrinations syriennes.
En ignorant ce pays et le cancer qui le dévore, nous ignorons notre propre histoire, notre culture et par la même nous nous condamnons à un avenir incertain. Le petit être, divin, que nous allons fêter dans quelques jours est né il y a deux mille ans sur cette terre que nous oublions, au milieu des ancêtres de ce peuple que nous regardons mourir sans bouger ni frémir. Honte à nous qui ne pensons qu'à nous protéger, sans imaginer un seul instant que sauver ce peuple, c'est aussi préserver nos générations futures.

vendredi 14 octobre 2011

Politiquement raison

Dernier acte de l'une, premier de la longue carrière de l'autre ? Le ralliement de Ségolène Royal et celui d'Arnaud Montebourg à la bannière de François Hollande sonnent comme de la musique dodécaphonique aux oreilles du profane... Entre les vacheries du couple décomposé de 2007 et son "plus grand défaut", le congrès de Reims et toutes les avanies survenues depuis, on pouvait décemment s'attendre à ce que le troisième triomphant et la quatrième déconfite du premier tour des primaires socialistes, aillent, ce dimanche prochain, au pire à la pêche et au mieux dans l'escarcelle électorale de madame la Maire de Lille.
Et bien, que nenni ! Celui qui incarnait "la gauche" du PS et celle qui portait un message de rigueur, rentrent dans le rang majoritaire du plus chiraquien des socialistes, drôle d'équipage brinquebalant, avec la girouette Jack Lang et le pizzaïolo Navarro.
En deuxième lecture, après l'étonnement et certainement un peu d'incompréhension, il faut y lire une vraie réponse politique de nos deux impétrants. Ravalant leur acrimonie et leurs principales idées de campagne, ils ont tous deux compris qu'il fallait, pour arriver à triompher du président sortant, que le candidat socialiste soit sans ambiguité le leader incontesté de son propre camp. La présidentielle est une rencontre entre un homme, non un parti, et la nation. Un candidat, sans un soutien infaillible de ses propres troupes, aura beaucoup de mal à rassembler une majorité de français dans ses filets électoraux. Mis à mal par un scrutin interne, il n'aura pas la légitimité nécessaire, la masse critique, pour peser de tout le poids de ses convictions face à ses opposants.
Alors faisons fi de quelques convictions, n'insultons pas l'avenir -surtout concernant Arnaud Montebourg- et donnons les gages nécessaires d'une démonstration raisonnable et politiquement correcte dans l'ultime épisode de ces premières primaires. En revanche, si j'étais les adversaires du PS, je me précipiterais dimanche pour voter massivement pour Martine Aubry... Un score serré serait certainement la meilleure assurance-vie de Nicolas Sarkozy et marquerait une conclusion amère et risquée de ce deuxième épisode fratricide, après celui des primaires d'Europe-Ecologie-Les Verts, de la saga des Présidentielles 2012. Mais je n'ai rien dit...


mardi 4 octobre 2011

Et Colum-Borloo rangea sa 403

Venant de nulle part, telle une bombe furtive que même ses artificiers ne pouvaient désamorcer, l'annonce de la non-candidature de Jean-Louis Borloo a pour le moins dévasté le champ de bataille centriste. On se serait presque cru au lendemain d'Alésia quand Vercingétorix rendait les armes sans presque avoir combattu et que les chefs des tribus gauloises s'égayaient à qui mieux-mieux dans la nature.  Nicolas "César" a bon dos de s'avouer soulagé de cette issue favorable au premier abord. Mais ce serait faire injure à l'indépendance des gaulois-centristes que de croire qu'ils vont se ranger comme un seul homme sous la bannière impériale...
Oui, cette annonce m'a laissé dans un état de sidération comme rarement lors d'une campagne électorale. Beaucoup comparent cette reculade à celle de Jacques Delors en 1995 pourtant à cette date, j'étais personnellement persuadé que l'ancien Président de la Commission européenne n'irait pas. J'avais même parié à ce sujet une belle caisse de champagne -que je n'ai jamais bue- avec un collègue de travail. En revanche, concernant Jean-Louis Borloo, je le voyais bien entonner une musique différente et mélodieuse aux oreilles de nombreux électeurs déboussolés par une certaine droitisation de la majorité actuelle et une forme de cacophonie passéiste de l'opposition a priori majoritaire. Et patatras, ce dimanche soir, tout a été remis en cause. Il faudra à l'avenir que Claire Chazal veille à calmer le jeu vespéral et dominical. Car entre un DSK confit et un Borloo confus, mes lundis matin deviennent "gueule de bois".
Borloo, dans ses explications, a mille fois raison. Atomisation du centre, machine à broyer, guerre des chefs, rien ne lui aurait été épargné jusqu'au mois de mai prochain. Colum-Borloo a donc préféré ranger sa 403.
Mais je persiste et je signe, il avait une vraie place à prendre sur l'échiquier national. Dans le coeur des français, c'était déjà presque acquis. Son humanité, sa proximité, sa nature chaleureuse et roublarde plaidaient quotidiennement en sa faveur. Restait à amadouer leurs esprits. Là aussi, une bonne part du chemin avait été accomplie. Le Grenelle de l'Environnement, la politique de la Ville et sa fameuse loi SRU, son action à Valenciennes laissaient présager un programme où l'Homme avait toute sa place, dans le respect et le partage. Borloo pouvait devenir ce chaînon manquant entre une droite aveuglée par son penchant libéral et une gauche empêtrée dans son passé social.
Las, rien de tout cela. On reprend (presque) les mêmes et on recommence le "tu me tiens, je te tiens par la barbichette"... Et si le 6 mai prochain, pour la première fois de ma vie citoyenne, j'allais à la pêche ?


mardi 27 septembre 2011

On lave plus blanc...

Que ne ferait-on pas pour un parlementaire de plus en temps de disette ? Alors que la division de la majorité présidentielle a été l'une des causes majeures de la perte du Sénat, dès le lendemain de cet étripage en règle, on est en train de nettoyer sans vergogne le champ de bataille.
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, s'est prononcé pour la réintégration "logique" de Pierre Charon, sénateur élu sur une liste dissidente à l'UMP parisienne. Finalement blesser à mort son propre camp et participer activement à la déliquescence d'un parti est plutôt bien vu des dirigeants de ce même parti. Bel exemple de rigueur et de fermeté...
C'est Henri IV qui a dit "Paris vaut bien une messe.." Pourtant mal lui en a pris en périssant sous les coups de Ravaillac... Traîtres de bonne volonté, unissez-vous ! L'avenir vous appartient !


lundi 26 septembre 2011

Paris n'est pas la France

Coup de semonce, séisme, simple suite logique... Suivant les camps et les humeurs, la traduction de la chute à gauche du Sénat est plus ou moins entourée de circonvolutions sémantiques. Même s'il faut reconnaître que les défaites aux municipales, cantonales et régionales sont les éléments majeurs de cet échec de la majorité, il n'en reste pas moins qu'à deux sièges près, il faut chercher plus loin les raisons de la débâcle.
Quand, comme en Lozère ou en Loir-et-Cher, des quasi-pontifes se font retoquer leurs mandats par d'augustes inconnus bien implantés localement, on peut décemment s'interroger sur ce qui a hâté l'effondrement du Palais du Luxembourg. Depuis quelques années, crise oblige et politique recentralisatrice aussi, les élus locaux, donc des grands électeurs, se voient ronger progressivement leurs près carrés. Perte de leur indépendance fiscale, réforme à la hussarde, regroupements forcés, fermeture en cascade de services publics et d'écoles, tout cela ajouté a fait que des élus dits "sans étiquette" mais assez légitimistes à l'origine, ont rué dans les brancards et balancé le bébé-sénateur sortant avec l'eau du bain saumâtre. Au delà même du fond des réformes, c'est plus sur la forme qu'il faut trouver les explications de cette sentence mortifère pour la majorité présidentielle.
S'il faut bien reconnaître que notre empilement administratif est souvent cause de pertes financières et d'efficacité, la méthode utilisée par le gouvernement a été ressentie comme un passage en force sans beaucoup de négociations et de concessions. CQFD, des élus modérés, très ruraux, ont marqué ainsi leur mécontentement, sorte de chant du cygne des "petits" maires de terrain.
Alors, on entend dire sur les antennes que rien n'est joué, qu'au Sénat tout se négocie et surtout une présidence... Ce serait un autre affront fait aux votants ! On ne répond pas à une angoisse par une magouille de couloirs sombres et dans les bureaux feutrés du Luxembourg. La défaite est consommée et il faut en accepter le verdict en y répondant par un travail de fond auprès de ceux qui se sentent délaissés et floués. Pour conclure, je me remémore les propos de Jospin sur "l'anomalie démocratique qu'est le Sénat" et ceux, tout aussi vengeurs et définitifs, d'Arnaud Montebourg contre la haute assemblée. Nul doute qu'aujourd'hui, ces tirades excédées ont été rangées dans les recoins de l'histoire de notre pays. La gauche, et on la comprend, va très bien s'accommoder de ce Sénat repeint en rose et vert.


mercredi 21 septembre 2011

La ligne verte

Café-croissant du matin, brume légère sur la campagne et rayon de soleil lumineux qui transfigure la cathédrale Saint-Front, je pourrais avoir l'esprit léger et l'humeur badine si une information venant de l'autre bout de la planète ne me plombait pas le moral. La nuit prochaine, vers une heure du matin, Troy Davis recevra une injection létale pour un crime qu'il semble ne pas avoir commis.
Dans ce débat sans fin sur la peine de mort, une nouvelle démonstration de son extrême barbarie est en train de se dérouler presque sous nos yeux. Depuis 1991, un homme de quarante deux ans aujourd'hui clame son innocence, sept des neuf témoins qui l'ont accusé, se sont rétractés, victimes auparavant des pressions des enquêteurs et pourtant, la machine implacable, grotesque et inhumaine, de la sentence capitale poursuit son chemin.
J'essaye, sans y parvenir, d'imaginer ce qui se passe dans l'esprit de cet être qui va mourir ce soir. Mon coeur se glace, j'ai une boule au ventre. Je me repasse les images d'exécutions, trop nombreuses, vues dans des films américains ou non comme la Ligne Verte. La musique magique et lancinante de Miles Davis dans "Ascenseur pour l'échafaud" tourne en boucle sur mon Ipad.
On me rétorquera de me mettre aussi à la place des victimes. Sans problème ! Je partage ces douleurs, je compatis de tout mon être. Mais une souffrance, aussi terrible soit-elle, doit-elle engendrer une torture, une vengeance officielle comme peut l'être la peine capitale ? Je ne le crois, je ne peux même pas l'imaginer...
J'ai été éduqué dans un esprit de pardon, de respect et de compassion. "Père, pardonne leur car ils ne savent pas ce qu'ils font"... On peut être croyant ou pas mais cette prière du Christ en croix doit nous servir de guide dans notre compréhension de l'autre et de ses actes, même les plus brutaux et les plus violents.
La mort annoncée de Troy Davis me bouleverse comme toutes les morts injustes, cette journée et bien d'autres hélas vont être assombries par notre propre barbarie et bêtise.


dimanche 18 septembre 2011

Pas de pitié pour la Pythie !

Va-t-il parler ? Attention, il va parler ! Que va-t-il dire ? Il est malheureux... Pauvre DSK, pauvre chou oserais-je. On se croirait revenu à Delphes sous l'Antiquité, quand le peuple crédule attendait que la Pythie rende son oracle pour le dieu Apollon (Tiens, encore un "séducteur"...).
Pour moi, et il semble pour une majorité de français, ce sera un petit tour et puis s'en va, tant pis pour la présomption d'innocence, tant galvaudée et utilisée pour blanchir et faire oublier des comportements inadmissibles. Comment peut-on encore avoir de la considération pour un homme, soit disant d'Etat, qui n'arrive pas à maîtriser ses pulsions libidineuses dès que le moindre jupon affriolant apparaît à l'horizon ? Ses amis, et c'est tout à leur honneur, ont beau ramer à contre-courant pour expliquer qu'il est "triste et désolé d'avoir raté son rendez-vous avec les français." Ce n'est pas moi ni mes concitoyens qui lui avons posé un lapin ! Et son opinion sur la crise, sincèrement, je m'en contre-fous ! Bien d'autres "experts" nous ont abreuvé de solutions et de plans sur la comète sans chercher à embrasser la journaliste qui les interrogeait.
Je suis peut-être dur et injuste mais mon ressentiment est à la hauteur de ma déception et de ma colère. Déception car cet homme incarnait pour moi une idée de la social-démocratie qui a toujours eu mes faveurs et colère parce qu'il a sali un peu plus l'image déjà fort dégradée des politiques. Comme le titre le Journal du Dimanche, "Strauss-Kahn, 20 minutes pour en finir". Oui, c'est cela, finissons-en et passons vite à autre chose, de bien plus sérieux et de bien plus important.

... suite ...

Pour la première fois sur ce blog, j'ajoute une suite à un billet ! La Pythie de la Place des Vosges a enfin parlé ! Et...? Bin, pour moi, rien... "J'ai commis une faute morale", pour le moins oui... "Et je n'en suis pas fier..", il ne manquerait plus que cela ! Ite missa est. La messe est dite. Que ses amis fassent son deuil, pour moi qui suis un mécréant, le cercueil est cloué et je passe à autre chose comme je le souhaitais auparavant...




vendredi 16 septembre 2011

L'école des fans

Pendant que Nicolas Sarkozy faisait son marché électoral à Tripoli, le PS s'essayait à la mise en scène de ses primaires avec un débat télévisé entre les six postulants à la magistrature suprême.
Débat, débat, mouais... Titre certainement un peu galvaudé car j'y ai vu plutôt ce que les mélomanes appellent un canon. Suivant la définition de Wikipédia, un canon est une forme musicale polyphonique ainsi qu'un procédé compositionnel basé sur l'imitation, dans lequel une idée musicale - le thème - s'énonce et se développe d'une voix à une autre, de sorte que les différentes voix interprètent la même ligne mélodique, mais de manière différée : ce décalage produit une superposition de mélodies, le contrepoint... Mais ne boudons pas notre plaisir car, malgré tout, c'est un bel exercice politico-démocratique que nous ont livré, hier soir, les leaders de la galaxie PS.
Entre école des fans et chorale de quartier un peu poussiéreuse, il était difficile parfois d'éviter un sourire moqueur ou un bâillement d'ennui. Aucun des impétrants ne voulant insulter l'avenir, les fleurets étaient plus que mouchetés, les coups étaient retenus même si, à l'occasion, on voyait poindre des regards qui ne trompaient pas sur les sentiments éprouvés. Il est certain qu'ils ne partiront pas ensemble en vacances et que nous ne reverrons pas, hélas, un croustillant remake des "Bronzés font du ski", cet hiver !
Même sur le nucléaire, on a évité la fission entre Martine Aubry et François Hollande, juste quelques fuites radioactives mais rien de bien grave au final. On croirait presque entendre un compte-rendu du ministre japonais après Fukushima...
Pour conclure, ce sont les outsiders, ceux qui n'avaient rien à perdre, qui nous ont permis de discerner une petite musique dissonante. Entre Baylet qui avait troqué son cigare cubain pour un bon vieux pétard, Valls qui a du faire pleurer du côté de la Place Beauveau ou Montebourg qui a plus que jamais endossé les habits de Saint-Just, ils ont tous trois suscité une saine émulation. Qu'un bonus soit donné à Arnaud Montebourg pour sa position certainement la plus iconoclaste mais qui ne serait pas reniée par bon nombre d'observateurs de la vie économique et politique mondiale. Il est le seul de tous à avoir pointé le nez hors de nos petites frontières et à avoir tracé un chemin, certes périlleux, mais qui n'en est pas moins exaltant.
"Euhhh..." comme dirait François Hollande... Je n'ai pas cité dans ce billet Ségolène Royal pour la simple raison qu'elle a ressemblé à une triste tranche de jambon fade d'un sandwich SNCF, prise entre deux morceaux de pain bien trop étouffants.


jeudi 15 septembre 2011

Mammouth ou colosse aux pieds d'argile ?

La Tribune publie le classement des 10 plus importants employeurs de la planète. Si l'on excepte les deux plus grandes armées au monde, l'américaine et la chinoise, aux premiers rangs, on retrouve les géants de la distribution que sont les américains Walmart et McDonald's. Puis vient la kyrielle de chinois pétroliers ou électriciens ... Mais surprise ! Au septième et huitième rang, apparaissent le service de santé britannique et les chemins de fer indiens, deux parmi les pires structures publiques-privées dans leur secteur de compétence.
Ce n'est pas faire injure de dire que se faire soigner au Royaume-Uni ressemble parfois à une dramatique course contre la montre et a contrario, prendre le train en Inde vous donne plutôt un aperçu complet de la philosophie hindouiste du temps qui passe. Le plus surprenant est que ce classement purement arithmétique omet de citer à la neuvième place notre bonne vieille Éducation Nationale qui pourrait s'intercaler entre la poste chinoise et le fabricant de composants électroniques taïwanais, Hon Hai Industry et ses 800.000 salariés.
De quoi donner du grain à moudre dans cet éternel débat du "plus" et du "mieux" au moment où il semble que la disparition de 60.000 enseignants se fasse cruellement sentir sur le terrain. Mais tout de même, cela devrait amener tous les camps et nos duettistes syndicaux, gouvernementaux et autres politiques, à réfléchir en profondeur sur l'avenir de notre système éducatif, ce colosse aux pieds d'argile.
Comment se fait-il qu'avec l'un des effectifs d'enseignants les plus élevés au monde, nous n'arrivions pas à éliminer des classes de plus de 28/30 élèves ? Ils sont passés où, ces bataillons de profs, instits, nos hussards noirs de la République ? Je me perds en conjectures mais je ne veux surtout pas être taxé de sabreur de mammouth. Je comprends et partage pleinement le désarroi de certains professeurs, englués dans des classes surpeuplées et de parents d'élèves dépassés par l'éducation de leur chères et terribles "têtes blondes". Mais dire, comme certains bateleurs de planches électorales, qu'il faut rétablir le numerus clausus d'il y a une dizaine d'années, relève de la plus pure spéculation et ne repose là aussi que sur une réflexion purement arithmétique, pour le coup, en sens inverse.
Une purge ou un gavage n'ont jamais été des remèdes efficients. On ne fera pas l'économie d'une remise en question profonde de nos modes de fonctionnement que l'on soit gouvernant, enseignant mais aussi parent. Un bon médecin écoute son patient, un bon patient suit le traitement de son médecin. Nous réussirons ensemble ou nous chuterons tous. A chacun d'assumer ses responsabilités, pleinement sans filouter ni rejeter sur l'autre son propre échec...


lundi 12 septembre 2011

La mort avant la mort

"La mort est parfois faussement accusée quand elle achève des vieillards qui par l'âge étaient déjà finis, déjà bien morts avant l'avènement de leur propre mort." Ahmadou Kourouma in "En attendant le vote des bêtes sauvages"... Ce titre d'un très bel ouvrage et cette citation ne s'inventent pas et pourraient peut être s'adapter au scrutin qui a eu lieu, hier dimanche, à Vic-Fézensac, petite bourgade gasconne surtout connue pour sa feria d'anthologie...
Chaque pentecôte, Vic se trouve envahie par 30 à 40000 festaïres qui viennent passablement bouleverser les habitudes des résidents. Devant les nuisances certaines et les mouvements d'humeurs d'une part importante de ses concitoyens, le maire, Michel Sanroma (PS), a donc décider d'organiser un référendum à trois réponses : le statu quo, un effort supplémentaire pour maîtriser les festivaliers et la suspension pour deux années de la manifestation.
Avec plus de 50% des suffrages sur 61% de la population ayant voté, c'est la troisième solution qui l'a emporté. Démocratie participative diront les uns, dévoiement de la responsabilité des élus insisteront les autres... Je ne vous étonnerai certainement pas en penchant fortement pour le deuxième postulat.
Sans peut être le savoir, nombre de ceux qui ont participé à ce scrutin, ont en réalité voté leur propre mort, la mort annoncé d'un village du Gers qui avait bâti sa réputation sur ses fêtes et sa capacité à se mobiliser pour faire vivre des moments inoubliables à ceux qui y participaient. Pentecôtavic où les plus grands matadors tremblaient devant des taureaux de légende, Tempo Latino qui a reçu pour la première fois en Europe le virtuose cubain, Compay Secundo, les premiers marchés de nuit du Sud Ouest, une piste de ski (!!!) pour le Noël 95, la liste serait longue des manifestations pour lesquelles ce bourg de 3000 âmes a défrayé la chronique. De tels événements ne vont certes pas sans de nombreux et pénibles inconvénients. Incivilités, bruits, ivrogneries, là aussi, les adversaires de la feria ont trouvé du grain à moudre, bien plus efficace que l'opposition frontale et stérile à la pratique de la tauromachie.
Au lieu de prendre un risque, de trancher, de décider, le maire, tel un "Ponce Pilate" nouveau genre, s'en est remis à ses électeurs, s'évitant ainsi peut être une fin de mandat tourmentée mais entraînant certainement sa commune vers une funeste léthargie.
Je suis tout à fait prêt à accepter qu'une telle manifestation puisse engendrer des désagréments importants, comme d'ailleurs la plupart des événements sur la voie publique et en ville. Mais au train où vont les humeurs des français, nos villes et villages vont se transformer en dortoirs paisibles mais si près du cimetière que j'en ai déjà froid dans le dos. Si les collègues de monsieur Sanroma avaient agi de même, nous n'aurions plus le Festival des Vieilles Charrues à Carhaix, le Carnaval de Rio ou la Fête de la Bière de Münich. Et en d'autres lieux, d'irascibles néo-ruraux ont cité au tribunal coqs chanteurs ou vaches tintinnabulantes...
Dans l'excellent film "Le bonheur est dans le pré", tourné dans le Gers non loin de Vic, un "parisien" interroge un gascon pour savoir pourquoi ils font sans cesse la fête. "Parce que demain nous serons peut être tous morts..." répond malicieusement le papé. Certains vicois sont morts hier, morts avant l'avènement de leur propre mort...


dimanche 11 septembre 2011

Humain

11 septembre 2001 - 11 septembre 2011... J'ai mis un peu de temps à me décider à écrire sur ce funeste anniversaire. Non pas que je veuille éviter de faire comme tout le monde mais, dois-je l'avouer ici, je suis resté traumatisé par cet événement hors normes.
Oui, simplement, puérilement, ces images d'outre-Atlantique et d'outre-tombe restent tellement présentes à mon esprit que j'ai encore peur d'en parler, de m'exprimer sur ce sujet.
J'aime tant cette Grosse Pomme de New-York... Quand on a eu la chance de marcher nez au vent sur le pont de Brooklyn, de flâner dans Greenwich ou de déguster un burger aux pieds de Wall Street, on reste marqué à jamais par l'âme de cette ville fascinante et magique. Elle vous prend et ne vous lâche plus, maîtresse sensible et exigeante. Aucune cité de notre planète ne mérite plus le titre de ville du Monde, de creuset tourbillonnant de civilisations mélangeant descendants de russes blancs et chauffeurs de taxi haïtiens.
Pourtant la cruauté, la stupidité d'un extrémisme moyen-âgeux en a décidé autrement. Croyant abattre "le grand Satan", ces fous d'un dieu, sans âme ni raison, n'ont fait que donner un visage pour l'éternité à trois mille martyrs innocents. Le boomerang de l'histoire les a renvoyés près des flammes de l'enfer qu'ils avaient attisées par leurs actes barbares.
En revivant ces instants d'horreur, on se sent profondément humain face à la bestialité, terriblement fort face à tant de violence. Ils ont cru gagner une guerre de religion, ils n'ont fait qu'accélérer une nouvelle défaite de l'intolérance...


Les mains sales et la nausée...

Après les épisodes pagnolesques des marins d'eaux saumâtres Guérini et de Navarro, nous partons aujourd'hui, dans le Journal du Dimanche, pour un remake d'Out of Africa version Chirac-Villepin... Un avocat des basses oeuvres, Robert Bourgi dénonce, dans un interview surréaliste, les pratiques maffieuses au plus haut sommet de l'Etat. Pour une fois, l'actuel locataire de l'Elysée y est épargné et ce sont son prédécesseur, Jacques Chirac, et son ennemi intime, Dominique de Villepin, qui ont droit aux tirs de barrage médiatiques.
Même si nous sommes de plus en plus habitués, hélas, à tout entendre et tout lire, il faut avouer que là, les bras m'en tombent. Écoeurement, déception, colère froide, je ne sais quel sentiment m'étreint le plus. J'accuse tous ces personnages, ceux que l'ont connaît et tous ceux qui sont passés entre les mailles des filets journalistiques ou judiciaires, de salir notre nation et ses idéaux, de fouler aux pieds la démocratie et de bafouer le peuple de France et la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen. Comment, sous de fallacieux prétextes, peut-on en être arrivé là ? Prisonniers d'une soif inextinguible du pouvoir et des honneurs, malades du paraître et des faux semblants, ils font le lit des extrêmes, guère plus recommandables qu'eux mais aux discours si simplistes que bon nombre de nos concitoyens les préfèrent à ceux de nos magouilleurs institutionnels.
Faudra-t-il en arriver à un soulèvement populaire avec toutes les conséquences que l'on peut craindre pour qu'enfin, nous fassions table rase du passé et de ces méthodes aberrantes ? J'aime la vie publique et la politique, par dessus tout... Et je ne veux ni peux plus accepter que mon pays, ma république cautionne d'hallucinantes révélations sur les agissements de ceux qui nous gouvernent, à tous les niveaux et de tous les bords.
2012 arrive à grand pas et celui ou celle qui tentera d'obtenir mon suffrage, devra, bien plus que des promesses et des idées, montrer "patte blanche" et faire en sorte d'arriver devant nous, français, sans compromissions ni zones d'ombre. Il y a du boulot... Les écuries d'Augias débordent...


mercredi 7 septembre 2011

Le crépuscule des Dieux

Chirac, Halliday, Strauss-Kahn... Cette rentrée, même pas scolaire, ressemble à s'y méprendre à un requiem pour dinosaures en perdition. Ils furent, chacun dans leurs registres, à l'apogée de la célébrité. Faisant rêver leurs supporteurs, chavirer le coeur des fans et trembler leurs adversaires, ces trois bêtes de scène avaient conquis, à force de luttes et de coups plus ou moins bas, gloire et positions enviables. Puis l'âge, l'usure du pouvoir et de la vie trépidante ou des comportements erratiques ont produit leur lent ouvrage, corrodant, rognant et broyant des êtres que l'on pouvait croire indestructibles et promis à une quasi-éternité médiatique.
Chirac a perdu un peu de sa tête, Johnny beaucoup de sa voix et DSK toute sa réputation de meilleur challenger de Nicolas Sarkozy... Bilan calamiteux pour les uns, suite logique d'une fin de règne pour d'autres, le résultat est là : tournons la page, leurs pages et pensons notre avenir sans eux.
De toutes manières, Jacques Chirac, sans avoir jamais été présent dans un prétoire, a déjà été jugé par la postérité, metteur en scène qu'il fut d'un théâtre d'ombres et d'un système politique d'un autre temps. De même, notre star du rock à la française restera dans le coeur de nos concitoyens comme ce personnage des nouvelles légendes urbaines, fantôme des nuits tropéziennes et des studios californiens. Ce n'est pas en remontant sur les planches théâtrales avant de finir entre quatre, qu'il redeviendra la vedette qu'il fût. Enfin, celui qui dinait avec Barack Obama juste avant de vouloir "consommer" une femme de ménage de l'Hôtel Sofitel New-York, tente, aux milieux des décombres encore fumant de sa réputation, de revenir au devant de la scène politique nationale. Tel la Pythie de la Place des Vosges, il est attendu par des médias sans imagination pour débiter au mieux des excuses et son testament politique, au pire des oracles dévastateurs pour son camp politique.
RIP à tous trois... Aux historiens, chroniqueurs et autres critiques de faire, maintenant, que ces fins crépusculaires et dramatiques soient repeintes aux couleurs d'une saga immémoriale.


dimanche 4 septembre 2011

Chronique d'Asie


2018… Coupe du Monde de Football dans un pays improbable sur un stade impossible, tenez par exemple au hasard, le Qatar… D’un côté une équipe de quatre joueurs, 150 kilogrammes de moyenne,  pas de goal et des cages qui couvrent tout le fond du terrain. De l’autre, 25 footballeurs, légers, mobiles avec 6 gardiens et des filets qui varient de cinquante centimètres de large à deux mètres maximum suivant les humeurs du capitaine et la vitesse du vent. Ne me demandez pas de combien l’équipe d’Asie a écrasé celle d’Europe, le score en est devenu anecdotique tellement il fut lourd...
Cette chronique fictive pourrait être celle de la future compétition mondiale de ballon rond, mais elle est plutôt celle de la guerre économique et politique qui fait actuellement rage sur notre planète, avec ses règles faussées et ses principes de jeux différents d'un pays à l'autre. 
Pensant la gagner, forts de notre prétendue mission civilisatrice et démocratique, nous avons laissé filer des batailles et pénétrer l'adversaire au plus profond de nos défenses. Si cette stratégie a pu sourire à l'Empire russe ou soviétique en son temps face à Napoléon ou aux troupes nazies, il m'étonnerait que cela marche pour nos économies aux bords de l'asphyxie sociale et financière. 
Pays de rien, pays de faim et pays de mains, l'Asie a su, aujourd'hui, de même que l'Amérique du Sud ou l'Afrique demain, nous prendre à notre propre piège, celui de l'ouverture. Nous faisant miroiter des marchés mirobolants, ils nous ont charmés pour baisser notre garde aux frontières, filer nos technologies, nos cerveaux et ont même acheté les bijoux de famille. Nous avons cru benoitement qu'il suffisait d'être coopératifs et patients pour que ces pays basculent dans le modèle que nous rêvions pour eux. Mais que connaissions nous de leurs vies et de leurs rêves ?
Par une petite expérience et par finalement pas mal de séjours tant au Japon, qu'en Corée, Chine ou Thaïlande, j'ai de plus en plus la ferme impression que nous vivons là sur un mirage qui nous conduit droit dans le mur. Nous ignorons tout ou presque de la vie de ceux qui sont en train de nous broyer sans aucune  espèce de pudeur. Comment pouvons-nous nous battre à armes égales quand un salaire moyen "correct" à Bangkok est de 120 euros par mois avec 10 de charges sociales et est six fois inférieur à ce que l'on considère en France comme le minimum vital, le RSA ?  Nous passons notre temps à nous ressasser notre passé triomphant en priant pour un avenir meilleur. Ils n'imaginent que leur présent et leur futur très proche.
Nous ne savons rien d'eux alors qu'ils connaissent tout de nous, nos rêves, nos habitudes et nos failles. A longueur de séries télévisées, de communication ou de publicités, nous leur avons déversé notre message de consommation à outrance, de luxe et de "progrès". Ils ont pris ce qu'il y avait à prendre, travaillant sans relâche et nous abandonnant à nos fantasmes démocratiques et nos idées pour un monde meilleur à la sauce occidentale.
Je nous crois devenus chasseurs chassés et blessés si grièvement que les soins à prodiguer se doivent d'être faits sans délai ni tergiversations. J'entends déjà certains se dire avec gourmandise que j'ai basculé dans le camp retranché des euro-sceptiques et des conservateurs nationalistes. Foutaises ! J'ai juste envie de plus d'Europe et de mieux d'Europe, juste envie de plus de frontières et de mieux de frontières. Donnons nous un vrai gouvernement européen et appliquons sans barguigner la TVA sociale, écologique et les taxes sur les transactions financières à nos frontières élargies d'une Europe lucide et ferme dans ses convictions. Nous ne voulons pas renoncer à nos avantages acquis, à notre système de protection sociale alors faisons en sorte de les protéger et de les faire payer par ceux qui sont en train de les abattre. L'Organisation Mondiale du Commerce -OMC- que nous échafaudions comme la panacée à tous les maux de la planète, est devenue les pompes funèbres générales de l'économie européenne et de notre patrimoine industriel. Posons donc des règles du jeu équitables et non pas égalitaires comme nous le serinent sans cesse les tenants du tout mondialisme béat. L'Europe et l'Euro, malgré tout ce que l'on peut en dire, ont été des avancées formidables à la seule condition de rester aux services des peuples qui les ont portés. Les fourvoyer à l'image des espoirs ultra-libéraux ou les abandonner comme le souhaitent les nationalistes de tous crins, serait un recul fatal. Les renforcer et leur donner enfin la masse critique politique ressemble de plus en plus à une nécessité vitale.




lundi 25 juillet 2011

Ne changez pas !!!

Le drame terrible vécu par le peuple norvégien m'emmène à au moins une réaction, un cri du coeur : "ne changez pas !". Malgré les polémiques sur la réactivité des secours, malgré les nuages noirs de l'extrémisme, malgré le ressentiment qui pourrait poindre, j'espère simplement que ce petit pays à la grande histoire restera cette démocratie exemplaire, simple et respectueuse de droits de chacun.
« Alors qu'une bonne action doit appeler l'approbation, et une mauvaise, la réprobation, le fauteur de l'acte, qu'il soit bon ou mauvais, mérite toujours respect ou pitié, selon le cas. « Hais le péché, non le pécheur » – c'est là un précepte que l'on applique rarement, s'il est aisé à comprendre ; et c'est pourquoi le venin de haine se répand si vite dans le monde. L'ahimsâ est le fondement de la quête de vérité. Il n'est pas de jour où je ne m'aperçoive, en réalité, que cette quête est vaine, si elle ne se fonde pas sur l'ahimsâ. S'opposer à un système, l'attaquer, c'est bien ; mais s'opposer à son auteur, et l'attaquer, cela revient à s'opposer à soi-même, à devenir son propre assaillant. Car la même brosse nous a peints ; nous avons pour père le même et unique Créateur, et de ce fait les facultés divines que nous recélons en nous sont infinies. Manquer à un seul être humain, c'est manquer à ces facultés divines, et par là même faire tort non seulement à cet être, mais, avec lui, au monde entier. » Que l'on soit croyant ou pas, chrétien, bouddhiste, musulman ou autres, ces mots du Mahatma Gandhi se doivent de nous guider et démontrer que nos démocraties sont plus fortes que ceux qui s'y opposent, plus fortes que les avatars violents et pervers qu'elles peuvent générer.
Par son respect, sa profonde modération et son émotion sincère, le peuple norvégien semble vouloir nous donner une superbe démonstration de force, la force des larmes de son roi, la force du calme de ces parents bouleversés, la force d'un pardon populaire quasi-impensable chez nous. Essayons juste d'imaginer nos réactions si nous avions été touchés comme l'a été cette nation ? Je n'ose y penser... "Jeg beundrer deg og vi misunner dere, folk i Norge" - Je vous admire et nous vous envions, peuple de Norvège...


jeudi 14 juillet 2011

Lettre ouverte d'un "cocu" qui n'a plus envie de payer la chambre...

Entre reportages sur l'emploi dans la restauration en saison estivale et débat sur le projet des candidats à la primaire socialiste, je ne sais plus si je dois me considérer comme un esclavagiste moderne ou comme un mafieux blanchissant ses capitaux dans quelque paradis fiscal...
Systématiquement, que ce soit Arnaud Montebourg ou sa première secrétaire en vacance, Martine Aubry, il n'est pas de discours, d'interview ou de déclaration programmatique sans que la baisse de la TVA dans la restauration soit stigmatisée et avec, cette engeance semble-t-il malfaisante que sont les patrons des milliers d'établissements français, aquitains ou périgourdins qui ont "bénéficié" de ce "cadeau fiscal" indu.
Madame la Députée de le 3ème circonscription de Dordogne, Messieurs les Sénateurs et Députés de  la 1ère et 4ème de Dordogne, je me permets donc de vous inviter dans ma modeste entreprise pour que nous puissions enfin parler de cette mesure qui paraît provoquer dans votre parti politique, le PS, une levée de boucliers sans précédent.
Je voudrais, par cette rencontre, vous expliquer ce que cela représente pour notre profession, vous faire partager combien est importante la faiblesse économique de ce tissu de petits établissements maillant notre territoire. Germinal Peiro, vous vous êtes fait le chantre de la sauvegarde de la ruralité. Vous êtes-vous posé la question de savoir quels sont les derniers commerces qui restent encore ouverts dans nos villages ? Le bistrot ou le restaurant... Qu'est-ce qui fait l'attrait touristique de nos bastides et villes classées ? Les mêmes... Pascal Deguilhem, en sportif averti, vous aimez les sympathiques troisièmes mi-temps ? Sans un bar ouvert ou une table festive pour accueillir un quinze en goguette, c'est bien moins amusant...
Je n'ai pas honte de le dire mais cette mesure a sauvé mon entreprise et avec elle, les dix-huit salariés qui se battent au quotidien pour leur emploi. Je ne suis pas le seul dans ce cas même si beaucoup de mes collègues ont trop de pudeur à l'avouer. Dans les 190 établissements du grand Périgueux, nous nous escrimons tous pour nos boites, avec des horaires de fous, des charges et des obligations sans cesse accrues. Et tout cela pour s'entendre dire que nous sommes des "privilégiés" gâtés par le système ? Cela suffit ! J'en ai par dessus la poêle à frire de passer pour un exploiteur, confit de fric et mauvais citoyen. Je ne suis ni le groupe Total ni Madame de Bettencourt, ne mélangeons pas tout. Ou alors il faudra venir aussi expliquer à nos salariés que l'année 2012 risque d'être pour eux celle du chômage, de la précarité et du retour aux vaches maigres.
Car derrière la baisse de la TVA à 5,5%, beaucoup de donneurs de leçon médiatique omettent de dire qu'il s'est agi de nous placer à armes égales avec la restauration rapide, qu'aucun secteur de l'économie française, depuis, n'a autant embauché en période de crise, que nous sommes employeurs de beaucoup de jeunes en rupture scolaire sans qualification ni avenir.
En cas de rétablissement au taux supérieur de TVA pour l'ensemble de la restauration, devra-t-on donc renoncer à la prime versée chaque année à nos salariés, à la mutuelle générale mise en place pour tous, aux embauches d'apprentis supplémentaires (2 pour mon entreprise) et espérer le retour des aides à l'emploi que nous avons tous perdu (près de 3000 euros par mois concernant ma société) ? J'aimerais connaître de votre part ce qui accompagnera cette réforme fiscale qui va nous toucher de plein fouet. C'est important non seulement pour la survie de nos entreprises mais aussi dans l'optique de l'accomplissement de notre devoir citoyen.

NDLR : Le texte que vous venez de parcourir a été envoyé aux cinq parlementaires de Dordogne appartenant au Parti Socialiste.

samedi 9 juillet 2011

Une tête bien faite

Les résultats du BAC sont tombés... Les mentions et les mines avec... Mêlé subrepticement aux heureux (en grande majorité...) récipiendaires de leurs feuilles de notes, j'ai eu quelques plaisirs à écouter les commentaires des uns et des autres. "Tu as eu combien ?"... "La mention ? Ah oui... Pas mal..." La plupart soufflant déjà d'avoir simplement eu le diplôme, passe obligatoire pour sauter dans la vie estudiantine, certains avaient malgré tout la mine un peu déconfite d'avoir raté, parfois de quelques points, cette mention qui les plaçait au sommet du nirvana lycéen. Parmi eux, un de ces grands échalas dont la nouvelle génération à le secret, égrenait ses notes d'une voix pâle : "Maths, 20; SVT, 18; physique, 17..." Diable, la mention "Très Bien" devait être dans la poche, surtout en série S. Et bien, non ! Car la guillotine de la philosophie était passée par là avec un 3 sans appel.
Malgré critiques et polémiques, ce vieux baccalauréat conserve finalement toute ma sympathie et mon soutien. Sous mes yeux de père attendri, la création napoléonienne avait démontré par "A+B" le vieil adage "mieux vaut un tête bien faite qu'une tête bien pleine". Les matières littéraires, superflues pour certains  mais essentielles pour moi, doivent garder contre vents et marées leur importance dans les cursus lycéens et universitaires. Devrais-je rappeler à nos matheux et scientifiques que leurs plus grands pairs étaient aussi des philosophes et des humanistes. Galilée, Einstein, Darwin ou Thales, tout en théorisant les sciences, ont aussi contribué à faire avancer la pensée humaine. Quand on touche à un tel savoir, on approche ce que certains appellent le divin, d'autres, la vie et l'humanité, tous, la conscience. Science et conscience, un sujet de philosophie qui devrait être décortiqué dès l'entrée en classe de terminale S pour pointer du doigt cette nécessaire démarche humaniste et ouverte de tout élève en quête de savoir.


lundi 4 juillet 2011

Allez, vous en reprendrez bien un peu...

L'image de Nafissatou Diallo se ternissant au fil de l'instruction, aussitôt les tenants de la thèse du complot dans l'affaire DSK reprennent du poil de la bête. Voyant des agents doubles partout, des officines dans tous les coins, ils argumentent doctement sur les médias, lançant rumeurs, poncifs et autres suppositions...
En premier, ce qui me frappe est qu'on oublie un peu vite ce que d'aucuns appellent "le temps judiciaire" qui pour l'heure a seulement souligné la mise en liberté provisoire de l'ancien patron du FMI. Demain, peut-être, ce sera la prononciation du non-lieu. Faut-il indiquer ici la définition de cette démarche judiciaire essentielle ? L'abandon des poursuites car les faits ne sont pas assez constitués, par absence de preuve... Il ne s'agit en aucun cas d'un acquittement ou d'une relaxe, venant après un procès.
Enfin en second lieu, celui que ses amis, et je les comprends, s'évertuent à défendre contre vents et marées et même contre lui-même, est devenu aux yeux du monde et de nos concitoyens un drôle de "loulou". Car qu'on le veuille ou non, ce que l'on a retrouvé sur le col de la femme de ménage du Sofitel est bien une sécrétion émanant d'un personnage à l'activité sexuelle que je qualifierais de débordante... Quoi que l'on fasse ou dise, on aura bien du mal à me faire oublier cette soif charnelle quasi-maladive pour le sexe faible. Le chapelet des conquêtes, entorses et séductions commence à faire un peu tâche sur le CV d'un potentiel candidat à la magistrature suprême.
Je ne crois pas à cette théorie du complot venant d'en haut, mais vraiment pas. Je crois plus à la faiblesse de la chair, à l'éternel besoin de séduction et de pouvoir sur les êtres d'un grand fauve politique qui s'est perdu un matin de mai dans la suite d'un hôtel de luxe. Il est peut-être tombé dans un piège grossier mais c'est avant tout son appétit démesuré qui l'a précipité dans l'abîme de la justice et du jugement des hommes.
Et comme si cela ne suffisait pas, une de ses "conquêtes" françaises, Tristane Banon, porte aujourd'hui plainte contre Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol... Allez, vous en reprendrez bien un peu...

dimanche 3 juillet 2011

Mesdames et messieurs les... sectaires, je vous salue !

Chaque jour, presque chaque heure, parce que c'est ma passion, je scrute l'horizon politique, social et économique de notre société... Facebook, blogs divers et variés, sites d'organes de presse, journaux, radios et émissions de télévision, tout est bon, tout fait ventre pour tenter de me repaître de cette manne d'actualités et d'informations.
Mais comme à table après un repas trop copieux, trop gras, sans aucune finesse, j'ai le coeur au bord des lèvres, écoeuré à bien des égards par le sectarisme aveugle de beaucoup. Sous prétexte d'opinion ou d'opposition, l'autre, celui qui pense ou vit différemment, devient l'ennemi, l'homme à abattre par tous les moyens. Rien de ce qu'il peut faire ne trouve grâce aux yeux de ces sectaires, prêts à se contredire uniquement pour le tacler.
Ragots, rumeurs, interprétations, extrapolations, la langue française regorge de synonymes pour qualifier ce qui se lit à longueur de "murs facebookiens", les tenants d'un camp exhumant des tréfonds de la toile informations tronquées et avis "d'experts". Il faut une bonne dose de sang froid, de modération et de recul pour arriver à trier le bon grain de l'ivraie et ne pas renvoyer tous ces donneurs de leçons partiaux à leur chères études démocratiques. Accusant l'adversaire de clivage, ils n'hésitent pourtant pas à opposer leurs propres camps et à relancer l'éternelle lutte des classes. Stigmatisant les erreurs supposées des uns, ils effacent prestement de leur mémoire celles qui ont été commises en leurs temps.
J'aime à dire que la politique ce n'est pas la guerre... Que toute opinion est bonne à écouter et à comprendre et que "mon" adversaire peut aussi avoir raison et moi, tort. Ce même adversaire peut aussi poser les bonnes questions et donner de mauvaises réponses, à moi donc d'essayer de le convaincre que si sa direction est bonne, le chemin emprunté est pavé de mauvaises intentions. Une vie en politique signifie aussi parfois de changer d'avis. D'aucuns diront que je suis une girouette... N'est-ce pas Edgar Faure, expert en la matière et grand politique devant l'éternel, qui déclarait que "ce ne sont pas les girouettes qui tournent, mais le vent..." Et dieux et diables savent comme les vents soufflent par temps de crise. Alors, mesdames et messieurs les sectaires, je vous salue et espère de tout coeur que vous vous reconnaîtrez dans mes propos. Peut-être le début d'une rédemption..?


samedi 25 juin 2011

Pot-au-feu national

Prenez deux ou trois carottes fiscales, des patates sociales, des choux paumés, des navets économiques, du porc bien sûr, du boeuf qui n'a rien de musical et du veau comme aimait à le dire De Gaulle, et vous obtiendrez un étouffant pot-au-feu "franchouillard" à la sauce Marine Le Pen...
La dernière prestation télévisée sur France 2 de la nouvelle cheffe de l’extrême droite française n'a fait que confirmer tout le "bien" que je pensai de ses talents avérés de cuisinière de l'enfer. Mélangeant tout et son contraire, éludant les coûts financiers et humains de mesures impossibles à mettre en oeuvre, elle a donné la pleine mesure de ses aptitudes à dédiaboliser sa formation politique. Vous abordez la perte de vitesse de l'industrie française, elle vous cite dans le texte la démondialisation du socialiste Arnaud Montebourg. Vous l’interpellez sur l'immigration, sans vergogne, elle s'acoquine avec André Gérin, le député communiste du Rhône.Vous lui parlez d'Euro, elle vous jette à la figure les positions de certains à l'UMP ou de la gauche de la gauche française. Ce n'est plus de la politique, c'est une nouvelle version d'Arturo Brachetti dans un numéro virevoltant de déguisements et de parodies !
Pourtant quand on gratte sous la croûte épaisse du maquillage sémantique et de la polémique, on a vite fait de se rendre compte que le FN n'est toujours pas un parti de gouvernement et que l'addition des peurs n'a jamais pu constituer une politique. Ce n'est pas en construisant des villes à la campagne, en chassant l'immigré, l'autre, le différent du territoire national ou en se recroquevillant derrière des pseudo-frontières aujourd'hui passéistes que l'on pourra extirper la France de la crise de confiance qu'elle traverse. Courir derrière des angoisses certes réelles, opposer les communautés entre elles, surfer sur de fausses bonnes idées ne peuvent conduire qu'à une chose certaine : l'échec dramatique d'une nation et d'une économie, les soi-disant remèdes ayant tué net le malade...


lundi 13 juin 2011

Kung Fu Papy II

Visitant l'exposition "La Chine de bronze et d'or" dans le musée qui porte son nom, Jacques Chirac, par peur certaine d'être confondu avec les antiquités présentées, n'a pu s’empêcher de lâcher un bon mot dont il a le secret. Par trois fois, tel Pierre reniant le Christ, il a déclaré vouloir voter pour François Hollande aux prochaines présidentielles.
Gagatisme sénile, rancune tenace, humour "corrézien" ? Suivant les appartenances politiques, les supputations du microcosme vont bon train pour tenter d'expliquer cette nouvelle bordée chiraquienne. Et si c'était un savant mélange d'un peu tout ça, les paroles sans interdit d'un papy rancunier et fatigué, coutumier des blagues de comptoir..?
Il faut reconnaître que l'ancien locataire de l'Elysée n'est pas au mieux de sa forme, éreinté par le poids de l'âge, l'usure morale des procès subis et par le trou d'air du désoeuvrement de la retraite politique. Les sentiments peu amènes à l'égard de Nicolas Sarkozy ne doivent pas arranger tout cela. Enfin, François Hollande a aussi compris que s'il voulait renforcer sa légitimité locale, il devait passer par des démonstrations d'amabilité à l'égard de la "Chiraquie" limousine. Il n'y avait alors qu'un pas à faire vers ce soutien comique et un peu désespérant... Ce que, sans barguigner, l'ancien président a franchi de ses grandes enjambées.
En résumé, il fallait bien occuper les neurones des éditorialistes en ce lundi de Pentecôte trop calme. Alors ce non-évènement de haine ordinaire politicienne tombe à pic et fait le buzz...

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