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jeudi 5 janvier 2012

Clic-clac adieu Kodak

Les Oscars, remis au Kodak Theater de Los Angeles, vont se sentir un peu orphelins cette année car 2012 semble marquer la fin de la longue agonie du mythe économique Kodak. Né en 1884, le géant de Rochester est dans notre vie, nos rires, nos pleurs, tous les plus beaux ou pires témoignages photographiques de l'humanité depuis l'invention de la pellicule.
Malgré ce succès planétaire, le quasi-monopole et la démocratisation de la photographie, cette entreprise omniprésente n'a pas su gérer le virage du numérique. Enfermée dans son credo, dans ses certitudes, elle a été laminée par des concurrents pas moins chers mais plus réactifs, plus imaginatifs, plus en phase avec le marché. Une leçon peut-être pour tous ceux qui se croient intouchables...

mercredi 4 janvier 2012

Les caucus au balcon

Imaginez en France que la Lozère ou l'Ardèche donnent le "la" de la campagne présidentielle ? Risible me direz-vous, pourtant c'est bien ce qui arrive aux USA avec le démarrage des fameux caucus dans l'obscur état de l'Iowa, connu pour son maïs et John Wayne...
Avec 8 voix d'avance, c'est le républicain passe-partout Mitt Romney qui l'emporte devant un inconnu au nom prédestiné, le très religieux Rick Santorum. Au delà du score serré, il faut saluer ici l'exercice démocratique et la ferveur militante soulevée par ses élections.
Pensez que celui qui sera peut être l'homme le plus puissant de la planète, monte sur une chaise en plastique, dans un hangar glacial et venté de Marshalltown, pour tenir meeting face à des mamies en fichu et bigoudis ou des fermiers en chemise à carreau. J'ai eu l'occasion de vivre les élections américaines dans la rue et croyez que, depuis, l'amoureux de la chose publique que je suis, voit ce grand pays d'un oeil bien différent que les caricatures qui en sont faites.

jeudi 29 décembre 2011

Umgawa Cheetah

Cheetah, ça ne vous dit rien ? Et Johnny Weissmuller ou Maureen O'Sullivan ? Pas plus... Pourtant ils sont les acteurs majeurs d'un mythe cinématographique : Tarzan.
Je viens de découvrir que la dernière du trio, Cheetah la chimpanzé, vient de mourir la veille de Noël, en Floride, à l'âge de 80 ans, un record pour cet animal. Traversant deux siècles, du cinéma en noir et blanc à la 3D, elle emporte avec elle des souvenirs d'enfance, des cris et des peurs de gamin quand j'avais l'autorisation de rester devant le poste pour vivre ses aventures avec son maître bodybuildé en slip léopard.
Aux dires de ses soigneurs, elle percevait les sentiments humains. La pauvre, en 80 années de fréquentation, elle a dû s'amuser de notre inconstance, notre légèreté et de notre vacuité...

mercredi 21 septembre 2011

La ligne verte

Café-croissant du matin, brume légère sur la campagne et rayon de soleil lumineux qui transfigure la cathédrale Saint-Front, je pourrais avoir l'esprit léger et l'humeur badine si une information venant de l'autre bout de la planète ne me plombait pas le moral. La nuit prochaine, vers une heure du matin, Troy Davis recevra une injection létale pour un crime qu'il semble ne pas avoir commis.
Dans ce débat sans fin sur la peine de mort, une nouvelle démonstration de son extrême barbarie est en train de se dérouler presque sous nos yeux. Depuis 1991, un homme de quarante deux ans aujourd'hui clame son innocence, sept des neuf témoins qui l'ont accusé, se sont rétractés, victimes auparavant des pressions des enquêteurs et pourtant, la machine implacable, grotesque et inhumaine, de la sentence capitale poursuit son chemin.
J'essaye, sans y parvenir, d'imaginer ce qui se passe dans l'esprit de cet être qui va mourir ce soir. Mon coeur se glace, j'ai une boule au ventre. Je me repasse les images d'exécutions, trop nombreuses, vues dans des films américains ou non comme la Ligne Verte. La musique magique et lancinante de Miles Davis dans "Ascenseur pour l'échafaud" tourne en boucle sur mon Ipad.
On me rétorquera de me mettre aussi à la place des victimes. Sans problème ! Je partage ces douleurs, je compatis de tout mon être. Mais une souffrance, aussi terrible soit-elle, doit-elle engendrer une torture, une vengeance officielle comme peut l'être la peine capitale ? Je ne le crois, je ne peux même pas l'imaginer...
J'ai été éduqué dans un esprit de pardon, de respect et de compassion. "Père, pardonne leur car ils ne savent pas ce qu'ils font"... On peut être croyant ou pas mais cette prière du Christ en croix doit nous servir de guide dans notre compréhension de l'autre et de ses actes, même les plus brutaux et les plus violents.
La mort annoncée de Troy Davis me bouleverse comme toutes les morts injustes, cette journée et bien d'autres hélas vont être assombries par notre propre barbarie et bêtise.


dimanche 11 septembre 2011

Humain

11 septembre 2001 - 11 septembre 2011... J'ai mis un peu de temps à me décider à écrire sur ce funeste anniversaire. Non pas que je veuille éviter de faire comme tout le monde mais, dois-je l'avouer ici, je suis resté traumatisé par cet événement hors normes.
Oui, simplement, puérilement, ces images d'outre-Atlantique et d'outre-tombe restent tellement présentes à mon esprit que j'ai encore peur d'en parler, de m'exprimer sur ce sujet.
J'aime tant cette Grosse Pomme de New-York... Quand on a eu la chance de marcher nez au vent sur le pont de Brooklyn, de flâner dans Greenwich ou de déguster un burger aux pieds de Wall Street, on reste marqué à jamais par l'âme de cette ville fascinante et magique. Elle vous prend et ne vous lâche plus, maîtresse sensible et exigeante. Aucune cité de notre planète ne mérite plus le titre de ville du Monde, de creuset tourbillonnant de civilisations mélangeant descendants de russes blancs et chauffeurs de taxi haïtiens.
Pourtant la cruauté, la stupidité d'un extrémisme moyen-âgeux en a décidé autrement. Croyant abattre "le grand Satan", ces fous d'un dieu, sans âme ni raison, n'ont fait que donner un visage pour l'éternité à trois mille martyrs innocents. Le boomerang de l'histoire les a renvoyés près des flammes de l'enfer qu'ils avaient attisées par leurs actes barbares.
En revivant ces instants d'horreur, on se sent profondément humain face à la bestialité, terriblement fort face à tant de violence. Ils ont cru gagner une guerre de religion, ils n'ont fait qu'accélérer une nouvelle défaite de l'intolérance...


mardi 17 mai 2011

Vanitas, vanitatis...

Rikers Island, attorney général, Unité Spéciale des Victimes, et pourtant nous ne sommes pas en train d’ingurgiter une énième diffusion de New-York Unité Spéciale sur TF1 mais d’assister à une mort médiatique en direct…
Je n’épiloguerais pas sur la culpabilité ou non de Dominique Strauss-Kahn. Personne en dehors de lui et de la victime présumée, ne connait la vérité. Toute spéculation, déduction, information confidentielle, s’apparenterait à du commérage, du lynchage ou de la diffamation.  Ce que ces images, stupéfiantes de dureté et visionnées en boucle sur toutes les chaines du monde, me suggèrent, démontre simplement la fatuité de la vie.
Il y a quelques jours, DSK, au sommet de sa puissance, dinait aux côtés de Barack Obama et Angela Merkel. Hier, la mine torturée, il était assis entre un dealer à la petite semaine et un skinhead voleur de portables. Vanitas, vanitatis… Vanité, tout n’est que vanité.
Hier, vous étiez en pleine santé et aujourd’hui vous voilà cloué sur un lit d’hôpital attendant la terrible délivrance de la mort. Puissants ou misérables, enfin égaux, l’issue est la même, la chute peut être aussi violente et sans recours. Cette mésaventure ultra-médiatique, ces drames du quotidien me poussent, dans l’exigeant respect de l’autre,  à penser, à vivre, à aimer et à partager. En fonction de nos choix, de nos pulsions ou des aléas de l’existence, tout peut s’arrêter si vite, s’écrouler comme un château de cartes enfantin que chaque instant qui nous est donné de vivre, se doit de l’être le plus densément possible.



lundi 2 mai 2011

La rancune d'un peuple

10 années à se repasser les images terrifiantes, traumatisantes, de la chute mortelle des tours jumelles à NYC pour assister, cette nuit, aux déferlements de joie de tout un peuple après l’annonce de la mort d’Oussama Ben Laden. Ce signal, envoyé aux terroristes et aux va-en-guerre en tous genres, démontre qu’au-delà de la justice internationale la rancune, la haine d’une nation ne peut connaître de prescription.
Meurtri dans son sang comme dans son âme, le peuple américain ne pouvait concevoir de repos et de paix sans avoir vu la dépouille mortelle de l’homme du 11 septembre, et ce, dans une véritable course contre la montre, contre le temps, contre la maladie. Sans ergoter sur l’exécution ou non du leader terroriste, cet acte vengeur illustre parfaitement la détermination d’une nation entière à laver un affront, une gifle reçue sur son territoire. Républicains ou démocrates, aucun des responsables américains n’a varié d’un iota, mettant des moyens énormes pour atteindre dans sa chair l’hydre criminelle ou considérée par eux comme telle.
Mais un tel événement doit aussi nous alerter encore et toujours sur les haines immémoriales que nous pouvons construire par des actes que nous croyons justifiés mais qui marquent à jamais la conscience de populations blessées. Libye, Côte d’Ivoire, Afghanistan ou Kosovo, dans chacun de ses pays,  sur les corps martyrisés de civils innocents, des ennemis héréditaires fleurissent comme les chrysanthèmes sur des pierres tombales. Ce que les américains ont vécus dans leurs chairs, d’autres, peut-être plus faibles, moins médiatiques le ressentent au plus profond de leurs âmes et murissent eux-aussi des vengeances pour assouvir leur soif de ce qu’ils croient être de la justice…

mercredi 3 novembre 2010

Du thé qui empêche de dormir

L'Amérique d'Obama se réveille avec la gueule de bois. De tous les états, des campagnes du Middle West aux banlieues de la Côte Est, remonte la même complainte des électeurs : trop d'Etat tue l'Etat ! Laissez nous vivre et travailler sans autre contrainte que notre conscience religieuse ! Du surréalisme pour nous, vieux européens perclus de culture sociale...
On devrait presque se réjouir de ce résultat exceptionnel depuis 1948 qui met le président Obama sur le grill d'une Chambre des Représentants massivement républicaine. Car finalement, une Amérique qui oublie ses politiques de solidarité, c'est une Amérique qui consomme, qui produit, qui relance la machine économique, qui spécule. En un mot comme en cent, une Amérique qui redevient le moteur productif et financier du monde.
Pourtant, je n'arrive pas à détacher mes yeux de ces images des militants du Tea Party, caricatures d'américains moyens, martyrisés par cette même politique qu'ils soutiennent aujourd'hui. Rictus haineux envers l'autre, l'étranger, le "basané", une main sur la Bible et l'autre sur un colt à la ceinture, ils sont ce que ce pays magique a de pire en lui. Oublié l'esprit pionnier, disparus les origines populaires, les files de migrants pleins d'espoir et de rêves d'Ellis Island, place à la National Rifle Association, aux prêcheurs ultra-conservateurs et au capitalisme débridé... Cette Amérique ferme son coeur pour mieux ouvrir son portefeuille, traumatisée par une crise économique et identitaire sans précédent. "Qu'importe si on meurt au travail, au moins on en a..."
Obama, synthèse fantasmatique de Martin Luther-King et John Fitzgerald Kennedy, a juste oublié que son peuple, gâté par un XXème siècle à sa mesure, ne voulait pas entendre parler d'un XXIème fait de privations, de solidarité et d'impôts. Sa politique généreuse, un tantinet idéaliste, a été balayée par des vociférations de bateleurs de foire, vendeurs de voitures et autres inféodés aux grands groupes industriels. Habitué aux flash-backs hollywoodiens, j'ai bien peur de mal digérer celui-ci qui nous ramène aux années du cow-boy Bush et de sa cohorte de zozos belliqueux. Obama aura besoin de tous ses soutiens, même du notre, pour échapper aux fourches caudines de sa nouvelle majorité républicaine et continuer ainsi de réformer une société américaine malade de ses propres qualités : liberté, initiative et démocratie...

samedi 30 janvier 2010

Faites ce que je dis...

Washington envisage de vendre des armes à son allier naturel qu'est la petite ile de Taiwan. Aussitôt la nouvelle connue, le géant voisin, la République Populaire de Chine, s'émeut et menace de rétorsion économique et diplomatique à l'égard des USA.
C'est extraordinaire cette propension des nouveaux maîtres du monde à vouloir tout régir et tout dicter. Ils oublient souvent qu'ils sont à la base de la déstabilisation de nombreux pays en voie de développement en particulier en Afrique. Soudan, Ethiopie, pays des grands lacs, la liste est hélas trop longue de ces nations à la dérive que nos "amis" chinois achètent à coup de missile, pétrole ou autres produits stratégiques. L'Amérique du Sud est en train de faire elle aussi les frais de cette nouvelle "éternelle araigne" digne de Louis XI ou de Georges Horwell.
J'espère juste sans y croire vraiment que Barack Obama saura rester ferme et opposer une fin de non recevoir aux menaces de l'Empire du Milieu qui mérite de plus en plus son ancestrale appellation. Quoique le mot "milieu" en français ait plusieurs sens... Je vous laisse choisir celui qui vous plaît. Il sera toujours à la bonne place...

mercredi 26 août 2009

Les mythes ont-ils une fin ?

Les salles de bains réservent parfois de funestes surprises. Ce matin n'a pas dérogé à cette règle lorsque que ma radio branchée en permanence a annoncé la mort du sénateur démocrate Ted Kennedy, emporté par une tumeur maligne au cerveau.
Dernier de cette fratrie maudite et mythique, l'un n'allant peut être pas sans l'autre, il incarnait une image différente de l'Amérique, plus humaine, plus fragile, plus ouverte. Démoli politiquement par le scandale de Chappaquiddick, il était resté sur ses terres familiales du Massachusets, devenant au fil de ses mandats de sénateur le combattant pour l'IVG, la couverture médicale ou la fin de la guerre en Irak.
Cela peut paraître puéril et immature, mais je voue un respect infini pour cette famille et les symboles qu'ils portaient par delà leur pays. J'ai lu et entendu tout ce qui a pu être dit à leur sujet. Jo, John, Bob et Ted étaient peut être des alcooliques, obsédés ou malades mais ils personnifiaient pour moi le basculement du vingtième siècle, une nouvelle société, une nouvelle vision de la vie. Je suis né avec eux, ils sont une partie de moi-même, de mon rêve d'ailleurs et d'absolu. Pour tout cela, la mort de Ted me touche profondément comme certainement nombre d'américains généreux et sincères, aux antipodes de l'image négative que ce pays a récemment développé.
"Mon frère n'a pas besoin d'être idéalisé, ou grandi dans la mort au delà de ce qu'il était dans la vie, il doit être reconnu simplement comme un homme aussi bon et honnête, qui a vu le mal et essayait de l'enrayer, a vu la souffrance et a essayé de la guérir, a vu la guerre et a essayé de l'arrêter." Avait écrit Ted pour l'éloge funèbre de son frére Bob, mort assassiné en 1968. Cela se passe simplement de tout commentaire... Je ne veux pas que le mythe Kennedy s'arrête avec le dernier de ses géants...


jeudi 4 juin 2009

I have a dream

Barrack Obama vient d'arriver au Caire pour y prononcer un discours que d'aucuns annoncent comme majeur dans les relations à reconstruire entre les États Unis, plus largement l'Occident et le monde musulman. Même si tout ne se réglera pas sur de belles paroles, ni en un mandat entier de président des USA, Obama croit à la vertu de la palabre telle que les ancêtres de ceux qui vont l'écouter aujourd'hui, savaient la pratiquer sous les tentes caïdales de ce monde qui nous échappe trop souvent.
Avant même de l'avoir entendu ou lu, je fais le rêve de relations enfin apaisées et sereines entre les deux bords de la Mare Nostrum, la Méditerranée qui m'est si chère. Je fais le rêve de pouvoir un jour de nouveau remarcher librement, sans peur ni angoisse, dans ces villes merveilleuses d'Algérie, du Liban ou de Syrie. Je fais le rêve de voir de mon vivant un monde musulman ouvert et tolérant comme surent le bâtir les mozarabes des derniers califats d'Andalousie où juifs, chrétiens et musulmans vivaient en paix. Je fais le rêve que les budgets de ces nations multi-séculaires soient dans un proche avenir consacrés à l'éducation, la culture et le développement économique et non à l'armement, la police ou la corruption.
J'ai le droit de rêver car j'aime ces terres gorgées de soleil et d'histoire, ces peuples qui ont façonné le monde où je suis né. Et je plaide aussi par là pour une Europe forte qui, avec des USA revenus à la table des négociations, serait de nouveau le moteur d'un développement commun, équilibré et porteur de paix. Deux mille ans que des êtres dont je fais partie, rêvent de cela...

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