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lundi 31 mai 2010

Lettre à une amie dans l'erreur

Tu es née, il y a soixante cinq ans, des espérances d'un monde meurtri et traumatisé par ses terribles erreurs. Portée sur les fonds baptismaux par des colonnes de spectres sortis miraculeusement des camps de la mort et par une armée de jeunes pleins de rêves et d'idéaux, tu as du t'imposer dans ce Moyen-Orient chargé d'histoire mais peu enclin à partager ses terres immémoriales. Durant des années, tu as forcé le respect par ton courage, ta détermination à survivre malgré une adversité toujours plus affirmée. Tu as su maintenir la démocratie sur des terres qui ne connurent que tyrannie, dictature et absolutisme.
Puis, peut être à ton contact et parce que notre monde a changé, tes voisins ont baissé la garde. Ceux que tu avais chassés de leurs terres ancestrales, ont trouvé les mots, et non les armes, pour convaincre d'autres nations du bien fondé de leurs requêtes territoriales et humaines. Malgré les pressions internationales et l'inéluctable besoin de reconnaissance de ta soeur de sang et de lait, Palestine, tu t'es enfoncé dans l'erreur de croire encore dans ta toute puissance héritée de Dieu et de l'histoire du monde.
Aujourd'hui, tu viens de commettre l'irréparable en tirant sur d'autres fils d'Abraham venus apporter un peu de secours à des palestiniens soumis à ton blocus unilatéral et injuste. Malgré toute l'amitié que je te porte, tout le respect dû à l'histoire de tes pères vénérés, je ne peux te suivre dans tes errements dramatiques. Le souvenir terrible de la Shoah, ce sentiment d'encerclement et la loi du Talion comme doctrine diplomatique ne peuvent tout justifier, tout excuser. Nous sommes nombreux à t'avoir tendu la main et défendue quand la guerre risquait de te balayer mais maintenant, Israël, mon amie, ma soeur, tu te trompes et tu persiste dans ta méprise... Cela m'attriste et m'oblige à te dire que tu viens de perdre un ami. Rien n'est définitif mais il te faudra montrer bien des qualités et des dispositions nouvelles à la paix et au dialogue pour reconquérir mon coeur et mon âme...

vendredi 14 mai 2010

Bienvenue chez les Ch'tis

Ernest Renan écrivait que "la bêtise humaine est la seule chose qui nous donne une idée de l'infini..." Je remercie alors Christian Vanneste, sulfureux député du Nord apparenté UMP, de me permettre par ses propos de tutoyer ainsi les sommets de la Tour de Babel.
En associant homosexualité et pédophilie, il replonge, avec une délectation sadique et perverse, dans les plus sombres travers de l'âme humaine. N'hésitant pas à affirmer doctement comme une vérité des amalgames stupides et sans fondement, il m'oblige à me remémorer les théories du "juif apatride" des nazis ou "la contamination par les intellectuels" dénoncée par les Khmers rouges.
Comment un parlementaire de cet acabit peut encore avoir droit de citer dans une formation politique qui se respecte ? Chaque parti à son "Georges Frêche" mais pour le coup l'indécence dispute à l'ineptie la palme de la déclaration "bête et méchante".
J'essaye, sans y arriver, d'imaginer quels électeurs de Tourcoing et de sa région peuvent encore apporter leur suffrage à ce triste personnage. Il me revient des images cauchemardesques de "L'assommoir" de Zola ou des caricatures du film "Bienvenue chez les Ch'tis" ou "D'affreux, sales et méchants" d'Ettore Scola... Dites moi que c'est de la fiction, s'il vous plait...
Dans tous les cas, je resterais très vigilant sur le fait que l'UMP présente un candidat contre ce parlementaire qui se pare volontiers de l'écharpe tricolore. On ne peut clamer son ouverture, se dire être une formation politique de son temps et, pour d'obscurs calculs politiciens, soutenir de tels personnages si peu fréquentables.

samedi 8 mai 2010

Papy fait de la résistance

A l'heure du grand déballage sur les retraites, du doit-on travailler plus ou moins, une question ne se pose jamais : doit-on vivre plus ou moins longtemps ? Nous gagnons, en France, bon an mal an, près d'un mois d'espérance de vie par année qui s'écoule. Et quand on sait que les six derniers mois de l'existence d'un être humain coûtent en soins médicaux autant que tout le reste de ce qu'il a vécu, on peut décemment s'inquiéter sur l'autre grand déficit de nos comptes sociaux : l'assurance maladie.
Loin de moi l'idée d'institutionnaliser "l'abattage" préventif de nos anciens ! Nous le serons tous un jour, du moins je l'espère... Mais j'ai écouté avec attention l'agitateur d'idée du président de la République, le très controversé Alain Minc qui abordait le sujet en se servant de l'exemple de son papa, âgé de 102 ans, qui avait bénéficié de soins pour un montant de plus de 100.000 euro durant une quinzaine de jours et ce, sans bourse délier. Reconnaissant la nécessité d'assistance médicale, il soulignait tout de même que la collectivité est bonne fille en ne réclamant rien en contrepartie de ce séjour hospitalier très lourd. Pourtant son père ou ses descendants sont loin d'être dans le besoin et auraient pu largement participer à la couverture financière de cette hospitalisation.
Et si nous remettions en cause la trop coûteuse mutualisation des risques ? Il y a toute une frange aisée de notre population qui peut sans problèmes taper dans son patrimoine pour soutenir l'effort national en faveur de la santé. Ce n'est pas être crypto-communiste ou un dangereux révolutionnaire que d'affirmer cela. Je ne crois pas qu'Alain Minc parte en vacances avec Olivier Besancenot... Juste souhaiter plus de justice et d'équité.
J'ai déjà eu ce débat, perdu hélas, avec un de mes anciens patrons, président de Conseil général, sur le recours sur succession en cas d'aide à l'autonomie de personnes âgées. Je ne pouvais comprendre que la collectivité départementale préfère se substituer à des héritiers refusant d'aider leurs proches à vivre mieux. La vie et la santé de nos parents vaudront toujours plus qu'une maison, des lingots d'or ou un compte en banque...
Quel élu local et national, sain de corps et surtout d'esprit, aura le courage de demander cet engagement vital pour l'avenir de nos comptes sociaux ? A quoi servirait une retraite bien gagnée pour la finir trop vite et sans les meilleurs soins médicaux possible...

mercredi 5 mai 2010

Les Du(p)onts...

L'un est du "grand" nord, Christian Vanneste, l'autre est du "grand" sud, Eric Ciotti. Les deux sont députés UMP de la frange droite de la droite et se sont associés pour proposer une loi tendant à mettre fin aux triangulaires dans les élections françaises.
Entre propos homophobes, relents frontistes et populistes, ils s'en prennent aujourd'hui au système électoral. Je veux bien croire qu'on a la majorité qu'on mérite mais là, ni François Fillon ni Nicolas Sarkozy ne gagneront à suivre notre duo des non.
C'est vrai que c'est tellement plus simple d'éliminer sur le papier et par anticipation un adversaire politique. Au demeurant, il y a encore mieux avec le candidat unique. Nos deux impétrants de la diagonale du fou feraient florès en Birmanie, Corée du Nord ou à Cuba.
Trêve de plaisanterie car je sens poindre chez vous un peu de relâchement coupable. On ne peut s'amuser de l'affaiblissement progressif du message politique. Comme l'a dit fort justement le premier ministre, "une élection ne se gagne pas avec un mode de scrutin" mais avec un projet, des messages forts et clairs, des convictions et de l'humilité. Alors, messieurs les députés angoissés et recroquevillés, remisez vos textes et autres billevesées. Sortez plutôt vos étendards, affûtez vos arguments et acceptez de perdre une élection avec les honneurs de celui qui croit dans ses idées.

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