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mardi 28 décembre 2010

Doutes...

2010 est en train de s'étioler lentement. La neige, le froid, les fêtes et le travail acharné de cette fin décembre font en sorte de détourner notre attention mais on ne peut s'empêcher, à l'aube d'une nouvelle année, de faire un bilan, un retour arrière sur 12 mois qui ont passablement secoué nos existences.
Je vous ferai grâce des sempiternelles listes de faits divers et variés mais je veux exprimer ici les doutes qui m'astreignent et pèsent sur ma conscience de citoyen et d'acteur de la vie quotidienne. Par profession et par passion, j'écoute, le lis et je regarde tout ce qui touche à notre société, notre nation et notre avenir. Durant des années, les convictions chevillées au corps, j'ai soutenu des idées et une certaine conception de l'organisation de l'Etat et par conséquence, de notre communauté. J'ai cru, peut être naïvement, pouvoir contribuer à faire bouger les choses, à déplacer les curseurs d'une société bloquée, schizophrène et régressive.
Peine perdue... Ceux en qui j'avais placé ma confiance m'ont plongé dans des doutes abyssaux. Oubliant la symbolique essentielle des actes, foulant à coup de lois et de déclarations de grands principes qui ont fondé notre pays, ils ont progressivement renoncé à ce qui m'avait séduit en son temps. Mais que ceux qui les combattent ne se réjouissent pas trop vite car ils sont loin, très loin, de m'avoir convaincu, englués qu'ils sont dans leurs contradictions, illusions ou autres hésitations.
Le pire, dans cette démarche personnelle que je crois citoyenne, est que je n'arrive plus à trier le bon grain de l'ivraie... Qui a raison ? Qui a tort ? Réforme des retraites, crise bancaire ou débat sur l'Euro, les positions sont tellement antagonistes, les experts en tous genres tellement nombreux et opposés que je ne sais où donner de l'avis. Noyé dans les informations arrivant de toutes parts, je n'arrive plus à arrêter un choix, une opinion, une ligne de force.
Mais au fond, je crois que je n'attend pas de vraie réponse pour lever ces doutes qui me taraudent. Mon rêve est avant tout celui de l'exemplarité, du respect et de la pudeur. J'attend beaucoup donc de ceux qui gouvernent nos nations, nos consciences et nos vies, autant que ce qu'ils nous promettent bien souvent trop vite et trop hardiment.

dimanche 19 décembre 2010

Futilités...

Marine, fille de Jean-Marie, prend le pouvoir. Rama, l'amazone, vole au secours de Jean-Louis. Guillaume et Laurent, fils de Philippe, se déchirent au grand jour. Guerre de Troie, drame antique ou simples péripéties du microcosme polico-médiatique ? Futilités...
Pendant ce temps, une grande dame s'en est en allé sur la pointe des pieds après avoir illuminé de son savoir près d'un siècle d'historiens et d'humanistes. Madame Jacqueline de Romilly, académicienne, historienne helléniste, a rejoint Thucydide pour enfin pouvoir comparer leur vision de la Guerre du Péloponnèse et leur conception de la vérité historique.
Il est des matins d'hiver où l'on a envie, à la lecture de la presse dominicale, de s'insurger, de râler, de crier combien nos préoccupations quotidiennes pourraient prendre une toute autre dimension s'il on voulait, juste un moment, se donner le temps de faire un arrêt sur image pour lire, relire, partager les écrits de Madame de Romilly et de celui qui a baigné sa carrière, le grec Thucydide. C'est vrai que cela peut paraître moins passionnant que la lecture de l'Equipe ou de Facebook mais tellement plus enrichissant. Sous la plume de sa traductrice, celui qui est reconnu comme le premier historien prône la retenue, la morale et le respect dans la vie publique. Vous avez dit futilités ?

dimanche 5 décembre 2010

Les nouveaux dictateurs

Chaque jour qui passe nous emmène son lot de révélations, de pseudo-tuyaux, de notes classées top-secret et de bombes diplomatiques à retardement. Wikileaks et son sulfureux créateur, l'australien Julian Assange, font trembler les chancelleries de par le monde, distillant par voie de presse tout ce que nos démocraties, et plus particulièrement les USA, pensent des uns et des autres.
Certaines notes blanches nous font rire quand il s'agit de décrire notre Président de la République ou l'obsédé transalpin. D'autres nous interpellent sur les turpitudes de notre monde en perpétuel mouvement. L'ensemble me tétanise. Sous prétexte de transparence, les organisateurs de ce spectacle dantesque livrent des êtres et des nations à la vindicte publique. Mettant en jeu la vie d'informateurs et de dissidents dans des autocraties et des dictatures honnies, ils se retranchent bravement derrière le sacro-saint droit à l'information.
Le seul petit problème est que ce scénario catastrophe est à sens unique... La mise en cause de justiciers de la toile porte ses coups sur les USA, leurs alliés et tous ceux qui les soutiennent dans leurs combats certes pas toujours exempts d'arrière-pensées mercantiles et impérialistes. La diplomatie et les les relations internationales sont nécessairement faites de silence, d'omission et de secrets. Et ce n'est pas faire affront à nos concitoyens que de ne pas tout dire de la marche de nos états. Il faut peut être arrêter de penser que nous vivons dans un monde de "bisounours" où tout le monde se doit d'être beau et gentil et inventer ainsi la "diplo-réalité", pendant géopolitique des émissions trash de nos écrans... Les tyrans et autres tortionnaires ou terroristes se tordent de rire devant autant d'angélisme qui les sert plus que de raison.
La toile, si fascinante par ailleurs, devient ainsi le réceptacle fangeux des pires déviances politiques de notre société. Autrefois contraintes dans leurs frontières naturelles ou politiques, ces émanations putrides et oppressives traversent à la vitesse de la lumière océans et déserts pour échouer sur nos écrans. Le joug de l'absolue vérité devient progressivement tout aussi terrible que celui du secret et du complot. Jusqu'au drolatique PDG de Facebook qui estime que l'on devra effacer sa propre identité et en changer si l'on trouve que sa vie privée est atteinte par la transparence sans rémission d'Internet.
Entre les faux justiciers de Wikileaks et les cupides geeks donneurs de leçons, il existe certainement une "vraie" vérité, un internet à taille humaine qui respecte la liberté de tout un chacun, sa sécurité et son avenir.

vendredi 26 novembre 2010

Une vie... juste une vie...

Pierre Bergé a peut être posé de vraies questions… Mais qu’importe ! Dans une semaine, c’est le Téléthon 2010 qui s’annonce sur l’antenne de France 2 et dans les 36000 communes de France. La France a une nouvelle fois, une vingt-troisième fois, rendez-vous avec sa générosité et sa bonne conscience.

J’entends déjà des esprits chagrins dénoncer les images quasi-impudiques d’enfants touchés par ces maladies dites orphelines, les larmes à bon compte et le charité-business. Ils ont certainement raison mais je m’en fous ! Eh bien, oui, ces images me tordent les tripes. Oui, ces enfants torturés par la vie me bouleversent. Je suis un « beauf » ? Et alors.. ! Leur innocence, leur espoir fou et l’injustice de leur situation devraient suffire à taire certaines polémiques. Mais l’homme est suffisamment égoïste pour imaginer qu’il n’y a que sa dérisoire actualité, celle de la crise ou des retraites que nos petits malades ne connaîtront certainement pas, qui importent. Au lieu de comprendre et de soutenir, on arquebuse et on critique. Au lieu d'appuyer un incontestable succès populaire et médical, on doute et on minaude.

Pourtant combien de vies ont été déjà épargnées par le Genopole ? Combien de maladies, et pas seulement génétiques, ont été mieux comprises, mieux diagnostiquées et enfin soignées depuis quelques années ? Le résultat est à la mesure de la force des attaques contre le Téléthon. Et cette année encore, je m’émouvrai, je donnerai et ferai en sorte de promouvoir ce formidable élan de solidarité. Au frontispice du terrible mémorial de Yad Vashem, il est écrit que celui qui sauve une vie, sauve l’humanité… Pourquoi pas à l’entrée du Bioparc d’Evry ?

mercredi 24 novembre 2010

Naufrage en Méditerranée

C’est passé presque inaperçu mais qui peut bien encore se préoccuper de l’UPM… Quèsaco que cet acronyme barbaresque sorti tout droit de l’imagination d’un politique en mal de rayonnement ? -Barbaresque pour l’imaginaire médiéval illustrant les pirates de Méditerranée et rayonnement pour évoquer le chaud soleil qui darde les terres ancestrales de la Mare Nostrum - . L’UPM n’est autre que l’Union Pour la Méditerranée dont le sommet prévu le 21 novembre à Barcelone a été purement et simplement annulé en catimini.

Un sommet de moins me direz-vous et des frais de réception économisés par la pauvre Espagne aux bords de la faillite. Certes de ce point de vue-là, les finances européennes ont fait un grand pas mais quel aveu d’échec, quel désagréable constat d’impuissance et d’imprévoyance de la part de nos dirigeants. Entre une France en plein remaniement, une Espagne sous perfusion et un monde arabe sans tête, ce n’est pas l’Italie des « Bunga-bunga parties » qui aurait pu peser dans une quelconque décision. Lancée à grands renforts d’espoir et d’idéal, l’UPM pouvait décemment représenter une alternative convaincante aux grandes stratégies géopolitiques intercontinentales. Que pouvons-nous peser face à la Chine toute puissante ? Pas grand-chose… Alors qu’avec les nations méditerranéennes, nous aurions eu notre mot à dire et notre pré carré à conforter. Ne vaut-il pas mieux ainsi un petit chez soi qu’un grand chez les autres ?

Véritable dynamite démographique doublée d’un inextricable embrouillamini historique, cette terre nourricière enserrant une mer fascinante reste pour les nations qui la composent un vrai creuset d’avenir et de progrès. Préférant nous jeter à la figure des théories migratoires ou des affabulations intégristes, nous aurions été bien inspirés d’investir massivement dans le fabuleux capital humain et spirituel que renferment ces contrées façonnées par notre histoire intime.

Au lieu de cela, nous l’avons passé en pertes et profits de la crise, de notre aveuglement égoïste, croyant benoitement, méditerranéens crédules, que notre fortune, aux sens latins et français du terme, viendrait des USA qui nous prennent pour des béquilles financières ou de l’Asie qui aspire notre substance économique. Réveillons-nous un peu ! Oublions nos rancœurs qui se perdent dans les méandres de nos grimoires ! Faisons table rase d’un passé sublime mais pesant et servons-nous en comme fondation d’une maison commune. L’UPM n’était pas une vaine idée, née d’une campagne électorale mais une nécessité vitale pour bien des nations dont la nôtre. Un sommet a été annulé mais doit-on alors effacer l’espoir d’un avenir meilleur et revivre l'affront de Trafalgar ?

dimanche 21 novembre 2010

Marre d'être pris pour du jambon...

En haut, le "Karachigate"... En bas, le meurtre froid et calculé d'un jeune de 16 ans... Entre les deux, une société frigorifié, déboussolée et de plus en plus repliée sur son quant-à-soi. Et moi dans tout cela ? J'ai vraiment l'impression désagréable de devenir la tranche de jambon blanc au milieu de ce sandwich indigeste, fait d'affaires et de règlements de compte.
Qu'on le veuille ou non, l'attentat de Karachi et ses victimes vont faire encore bien des dégâts. Avec ou sans les dénégations des uns, malgré les preuves flagrantes des autres, il restera le doute qui ronge nos concitoyens confrontés à la crise et à la peur de l'avenir. Je sais pertinemment pour l'avoir vécu de très prés, ce que coûte une campagne électorale, ce que la politique nécessite comme investissement humain et financier. Mais le bonheur d'une victoire électorale, le triomphe dans les urnes de ses idées ne vaudront jamais la vie d'hommes et de femmes qui n'ont pas choisi ce combat. J'ai toujours préféré ceux qui perdaient avec honneur et désintérêt à ceux qui étaient prêts à tout les renoncements pour glaner quelques succès improbables. Et pourtant ne dit-on pas qu'en politique, seule la victoire est belle... C'est certainement pour cela que je ne ferais jamais qu'un bien piètre candidat, si tant est que je le sois un jour.
Au même moment, mais dans un tout autre registre, un autre cancer rongeait notre société, celui-là en bas de l'échelle des valeurs. A Marseille, des trafiquants de drogue abattaient un adolescent et blessaient grièvement un enfant de 11 ans, utilisé comme guetteur par ses pairs. Au delà de la galéjade marseillaise et de la caricature, nous ne sommes plus très loin de ce qui se passe au Mexique ou dans quelques républiques bananières où la rue appartient aux gangs et à la pègre. A trop vouloir fermer les yeux sous prétexte de paix sociale, à trop vouloir "protéger" une économie parallèle qui remplace financièrement une action sociale et policière en profondeur, nous avons abandonné des pans entiers de nos villes à des bandes organisées dont la règle est la force, la violence et la mort.
Ma formation d'historien et la nécessaire prise en compte du passé comme repère et enseignement me forcent à me remémorer les terribles heures du haut Moyen-Age lors duquel un pouvoir déliquescent laissait le champ libre aux barbares, à la misère et à la terreur. Je force ici volontairement le trait. Nous n'en sommes heureusement pas là mais le malaise est, en revanche, réel. Nous le ressentons tous à travers la messe cathodique quotidienne du Vingt Heures. Les uns déconnectés de la réalité, les autres, au contraire, embourbés, étouffés par cette réalité qui les dépasse... Jusqu'à quand ?

dimanche 14 novembre 2010

Il ne faut pas désespérer les centristes...

Sartre voulait éviter de "désespérer Billancourt"... Nicolas Sarkozy serait bien inspiré d'en faire de même avec ses alliés centristes. Alors que Fillon III succède à Fillon II, la toile bruisse déjà des aigreurs d'estomac de Jean-Louis Borloo, des maux de tête d'Hervé Morin ou des états d'âmes de bien d'autres responsables modérés.
Après l'ouverture à tout vent, on assiste progressivement à la fermeture des ponts-levis et des meurtrières comme si la forteresse UMP se préparait déjà au combat final de 2012. Le Président de la République semble resserrer son futur gouvernement autour du noyau dur du parti "gaulliste", revenant subrepticement à ce que d'aucuns appelaient "l'Etat RPR". Écoutant sa majorité, effrayée par les sondages catastrophiques et les manifestations monstres qui ont rythmé l'automne social, le locataire de l'Elysée paraît vouloir s'entourer "d'hommes sûrs", sortis du giron de son parti.
Si la manœuvre peut lui apporter tranquillité et sérénité pour s'attaquer au sprint final de son quinquennat, elle risque aussi de libérer les énergies centristes et leur corollaire de candidatures. Certes le Centre n'est plus, depuis Raymond Barre, en réelle position d'emporter un premier tour de présidentielle mais il est en mesure de polluer suffisamment le scrutin à droite pour que les quelques % qui font la différence, aillent à la pêche le jour du second tour. Et aux dires de certains sur radio-bistrot, un DSK, revenu de Washington, a un profil digne d'un cacique de la constellation radicale. La tentation est grande, ainsi, de provoquer "ce déluge", balayant tout à droite, pour ensuite reconstruire une UDF rêvée sur les ruines fumantes de la maison UMP. Une sorte de 1981 dans l'autre sens...

mercredi 3 novembre 2010

Du thé qui empêche de dormir

L'Amérique d'Obama se réveille avec la gueule de bois. De tous les états, des campagnes du Middle West aux banlieues de la Côte Est, remonte la même complainte des électeurs : trop d'Etat tue l'Etat ! Laissez nous vivre et travailler sans autre contrainte que notre conscience religieuse ! Du surréalisme pour nous, vieux européens perclus de culture sociale...
On devrait presque se réjouir de ce résultat exceptionnel depuis 1948 qui met le président Obama sur le grill d'une Chambre des Représentants massivement républicaine. Car finalement, une Amérique qui oublie ses politiques de solidarité, c'est une Amérique qui consomme, qui produit, qui relance la machine économique, qui spécule. En un mot comme en cent, une Amérique qui redevient le moteur productif et financier du monde.
Pourtant, je n'arrive pas à détacher mes yeux de ces images des militants du Tea Party, caricatures d'américains moyens, martyrisés par cette même politique qu'ils soutiennent aujourd'hui. Rictus haineux envers l'autre, l'étranger, le "basané", une main sur la Bible et l'autre sur un colt à la ceinture, ils sont ce que ce pays magique a de pire en lui. Oublié l'esprit pionnier, disparus les origines populaires, les files de migrants pleins d'espoir et de rêves d'Ellis Island, place à la National Rifle Association, aux prêcheurs ultra-conservateurs et au capitalisme débridé... Cette Amérique ferme son coeur pour mieux ouvrir son portefeuille, traumatisée par une crise économique et identitaire sans précédent. "Qu'importe si on meurt au travail, au moins on en a..."
Obama, synthèse fantasmatique de Martin Luther-King et John Fitzgerald Kennedy, a juste oublié que son peuple, gâté par un XXème siècle à sa mesure, ne voulait pas entendre parler d'un XXIème fait de privations, de solidarité et d'impôts. Sa politique généreuse, un tantinet idéaliste, a été balayée par des vociférations de bateleurs de foire, vendeurs de voitures et autres inféodés aux grands groupes industriels. Habitué aux flash-backs hollywoodiens, j'ai bien peur de mal digérer celui-ci qui nous ramène aux années du cow-boy Bush et de sa cohorte de zozos belliqueux. Obama aura besoin de tous ses soutiens, même du notre, pour échapper aux fourches caudines de sa nouvelle majorité républicaine et continuer ainsi de réformer une société américaine malade de ses propres qualités : liberté, initiative et démocratie...

mardi 26 octobre 2010

Le jour du Saigneur

Georges l'a rêvé, Frêche l'a fait... Comme Molière sur les planches, le cardinal académicien  Daniélou dans les bras d'une prostituée ou D'Artagnan au pied des murailles de Maastricht, le Président de la Région Languedoc-Roussillon a succombé au travail dans son bureau du Conseil régional Languedoc-Roussillon ce dimanche, jour du Seigneur, au retour d'une mission en Chine. Qui plus est en plein conflit social...

Il m'a fallu un peu de temps pour réagir à cette nouvelle surprenante. Pas que je me sois isolé pour crier ma tristesse ou mon désespoir, m'arrachant les cheveux et me lacérant la peau tel une pleureuse sicilienne, il ne faut pas exagérer non plus. Non, je voulais juste observer le bal des faux culs qui, au lendemain d'une annonce aussi sidérante, se dépêchent de préserver l'avenir politique de leur formation en trouvant, tel le Duc de Guise poignardé, le décédé "plus grand mort que vivant". A les entendre maintenant, nous aurons dès potron-minet la statue de Georges Frêche entre celle de Lénine et de De Gaulle. Un grand écart historique à l'image du sulfureux personnage qui a gouverné sans partage la Mairie de Montpellier avant de prendre d'assaut l'Hôtel de Région.

Car, même dans un autre monde, je n'arrive pas oublier et passer l'éponge sur les frasques verbales, l'outrance et la violence politique de Georges Frêche. Celui qui considérait qu'un adversaire politique ne pouvait être autre chose qu'un ennemi à abattre, celui qui a opéré une véritable purge sans aucune pitié lors de son arrivée à la Région, restera pour moi l'exemple à ne pas suivre pour un politique. "Qu'importe le flacon, pourvu qu'il y ait l'ivresse" ne peut devenir un dogme en matière de vie publique et le bilan "globalement positif" du "bâtisseur Fréchescu" n'effacera pas sa brutalité dans les relations humaines.

Non, Georges Frêche ne mérite pas une statue. En revanche tous ceux qui, par lui, ont été virés, humiliés ou placardisés peuvent décemment espérer des excuses venant des postulants, déjà nombreux, à la succession du despote du Lez. 

mercredi 1 septembre 2010

Pardon Monsieur

Parce que vous aviez une tronche de premier de la classe jouant à la marelle chez John Rambo... Parce que vous, le titi parisien, aviez battu mon breton et champion préféré... Parce que vous ressembliez à Dick Annegarn échappé dans un peloton de furieux... Je ne vous aimez pas, Monsieur Fignon.
Aujourd'hui, je vous demande pardon. C'est peut être un peu tard mais depuis quelques mois, j'ai enfin compris qui vous étiez, un homme bien et intègre, fragile et ombrageux. Vos larmes sur le plateau de France 2 se sont mélangées aux gouttes de sueur d'une montée de l'Alpe d'Huez pour faire un cocktail plein d'humanité et de courage.
Il est des défaites qui ressemblent bigrement à des victoires. Je ne crois pas qu'il puisse y avoir de belle mort mais, comme vous l'avez déclaré récemment, vous avez eu une belle vie...

mardi 24 août 2010

Etat d'âme, état d'homme...

Presque un mois de silence, du soleil, un peu d'insouciance et d'hédonisme, suis-je devenu insensible au cours de cet été où la polémique, l'amalgame et les clichés ont été plus à la mode que le bikini ou la crème à bronzer ?
Tous les chemins de ma pensée mènent aux roms qui, écartelés entre un pays d'origine qui n'en veut plus et des pays d'accueil qui n'en peuvent plus, servent de valeur d'ajustement à des politiques migratoires et sécuritaires comme si le ballon de football dans lequel on frappe, était responsable des buts marqués.
Plongeant avec délectation dans les plus vieux stéréotypes qui ont constitué nos vieilles croyances populaires, nos politiques de tous bords s'écharpent pour savoir si la France est dans son bon droit en renvoyant vers la Roumanie ou la Bulgarie, des familles entières de roms, survivants dans des bidonvilles d'un autre temps.
J'avoue être un peu déboussolé, comme ces pauvres gens aux yeux hagards. D'un côté, le gouvernement de mon pays qui pointe du doigt une communauté, et de l'autre, des opposants qui utilisent des qualificatifs outranciers sans rapport avec les événements.
Messieurs les bateleurs d'estrade, je vous renvois tous dos à dos avec vos exagérations et vos surenchères. Un goût amer de cendres dans la bouche, je contemple le champ de ruine du débat démocratique.
Je n'admets pas d'entendre que nous sommes dans un état fasciste comme je ne présume pas que tous les roms sont des facteurs d'insécurité ou de danger. J'ai des états d'âme, des états d'homme parce que je veux encore croire en un Etat de droit où le respect de la loi et l'assistance aux plus faibles seraient les moteurs de notre exigence, sans stigmatisation ni angélisme.
Arrêtons de nous voiler la face... Nous ne pourrons pas régler seuls tous les problèmes sociaux de la planète mais nous ne pouvons pas non plus brader sur l'autel de la politique intérieure notre tradition d'accueil et de droits de l'homme. Notre pays vaut bien mieux que ces torrents de boue déversés à longueur de colonnes de journaux. Je n'aime pas l'image que nous donnons à tous ceux qui, loin de nos frontières, admirent la France mais je n'apprécie pas non plus qu'on viole impunément nos lois et nos règles de vie.
Apprenons à oublier notre avenir électoral pour mieux contempler notre présent sociétal. Le regard et l'attention que nous portons aujourd'hui à l'équilibre de notre société seront les ferments, demain, de notre communauté de vie en France et en Europe.

NDLR : L'illustration est le drapeau officiel de la nation Rom... La roue de la vie que d'autres appelèrent aussi svastika de triste mémoire. Il est des raccourcis...

dimanche 1 août 2010

El indulto

Toute une région espagnole, la Catalogne, agite le mouchoir orange de la grâce, "el indulto", et la corrida tremble sur ses bases ancestrales. Épilogue d'une mort annoncée ou simple péripétie dans une histoire troublée et controversée, je ne saurais le dire. J'observe simplement le triomphe sans grande modestie des adversaires de la toromachie et, finalement, une certaine atonie voire résignation des aficionados de tous poils. La roue tourne même celle de l'arrastre trainant le cadavre encore vif de la corrida de toro...
Comment intervenir dans ce débat passionnel sans susciter sarcasmes, incompréhension ou critiques véhémentes ? Allez, je me jette... Je l'avoue sans forfanterie : j'ai aimé et j'aime toujours la corrida... Nonobstant, c'est finalement assez récent, juste une vingtaine d'année et ce, grâce à des amis languedociens qui ont su m'expliquer avec beaucoup de pédagogie et surtout beaucoup de sentiments ce qu'étaient une après-midi dans l'arène, une faena et un toro de combat.
Adorant les animaux, ayant vécu dans une ferme, je ne m'explique toujours pas mon intérêt qui fut grandissant pour ce que d'aucuns décrivent comme une boucherie ou une torture. Serait-ce une fascination morbide pour cette danse macabre avec la mort entre un homme, si petit, parfois si ridicule, et une bête, noire, majestueuse et si brave au combat ? Aurais-je du sang de minotaure crétois ou de chasseur d'auroch de Lascaux dans mes veines de gamin du sud-ouest?
Je n'arrive pas à le déchiffrer moi-même et j'ai si peu d'arguments pour tenter de résister à tous ceux qui me vouent aux gémonies. Je ne me sens ni barbare, ni cruel. J'ai une phobie du sang et je ne me suis jamais battu sans raison valable de toute ma vie. Pourtant j'ai applaudi un beau combat et une belle mise à mort, réclamé une ou deux oreilles pour un matador élégant et salué debout la dépouille sanglante d'un taureau courageux. Docteur, suis-je normal ?
Alors, oui peut être, la corrida va disparaître du paysage polémico-culturel français ou espagnol. Je n'irai pas manifester, m'attacher aux grilles des sublimes arènes de Nîmes pour la sauver mais je garderais à tout jamais, dans ma mémoire ensorcelée, le sourire radieux du grand Nimeno II après son triomphe d'anthologie devant six toros de Guardiola...

jeudi 22 juillet 2010

Tous voiles dehors !

Dans la touffeur de l'été caniculaire, entre affaire Bettencourt et Tour de France, presque personne n'a relevé le vote de l'Assemblée nationale interdisant le port du voile intégral, burqa afghane ou niqab arabe. Seul un court article dans Sud Ouest relate la position très isolée de Daniel Garrigue, député du Bergeracois et seul à droite à avoir voté contre ce texte qui aurait pu être consensuel...

Dans une concordance de temps et d'action, je relisais le billet que j'avais écrit, il y a un an (la burqua, voile rouge) et les positions sur ce sujet du professeur Axel Kahn dans son superbe ouvrage, "un type bien ne fait pas ça...". En 2009, j'étais tenté de croire que le débat public, le dialogue pouvait peut être résoudre ce phénomène naissant et éviter une loi qui risquait de stigmatiser une religion et une population déjà sous le feu de la critique des populistes, extrémistes et autres "istes" de la pire espèce. Depuis, j'ai lu, écouté, débattu des avis des uns et des autres, sociologues, philosophes ou citoyens lambda. Petit à petit, la loi me semblait devenir la seule issue d'une nation à court d'arguments "raisonnables" face à l'obscurantisme, la négation de la femme et un fanatisme sans issue. Ce sont même les positions de femmes portant ce linceul moyenâgeux, expliquant leur soi-disant libre arbitre et leur détermination à défendre ce choix de vie qui m'ont fait évoluer vers une contrainte légale.

Non, Monsieur Garrigue, je ne crois pas être populiste ou raciste, comme vous pouvez l'affirmer, quand j'apporte mon soutien à tous ceux, de droite comme de gauche, qui veulent une stricte égalité de le femme et de l'homme non seulement devant la loi mais aussi dans la vie et dans le respect.

Le niqab tant honni marque la toute puissance d'un sexe sur l'autre, rabaissant la femme "dénudée" au rang d'image pornographique, d'excitant sexuel, de véritable poupée gonflable pour pourceaux en rut. Je suis simplement fier de vivre dans une communauté humaine où, quand on regarde une femme, on y voit avant tout la beauté, la vie, l'amour et non le péché, la mort ou le sexe. La loi doit permettre de l'affirmer à ceux qui auraient la tentation de l'oublier sous prétexte de croyances perverties.

samedi 10 juillet 2010

On achève bien... les bacheliers

Les dernières notes ont tombées et avec elles, les ultimes larmes, les faux sourires et les rêves d'avenir universitaire... Le baccalauréat vient de rendre son verdict 2010, toutes et tous ne seront pas de ces bacheliers qu'idéalisait tant Napoléon, créateur de l'épreuve.

Mais là ne s'arrête pas le cauchemar éveillé de certains. Forts -le mot est faible- de leur dossier de réinscription pour une seconde terminale, il reviennent, un tantinet penauds, dans l'établissement qui les a présentés à l'examen. Et qu'elle n'est pas leur surprise de s'entendre dire d'une voix docte :"il vaut mieux que vous alliez dans un autre lycée... Il n'est pas bon pour vous de repasser le bac dans notre structure..."

Tartuffe ! Sors de ce corps de soi-disant pédagogue ! Dans mon autre blog, au mois de mars dernier, je m'émouvais déjà de cette absurde course au rendement pédagogique (www.jfcros.com) qui exclut les potaches difficiles ou moins doués que d'autres pour le seul bénéfice de statistiques. C'était avant le bac... Aujourd'hui, je me rends compte que certains n'assument même plus les échecs de leurs propres élèves et préfèrent les lâcher en rase campagne, sans appui ni compassion. A d'autres d'essayer de les propulser vers un avenir meilleur.

Et l'on se plaint de l'irrespect de certains jeunes ? C'est dans l'adversité que l'on voit le soldat et dans la difficulté qu'on reconnait l'éducateur. "A combattre sans péril, on triomphe sans gloire..." clamait le Comte dans le Cid de Corneille... J'ajouterais à l'attention de tous ces agents comptables de l'éducation moderne aux yeux fixés sur leurs pourcentages de réussite, qu'ils regardent "cette obscure clarté qui tombe des étoiles" pour reconnaître, avec ce bel oxymore cornélien, le diamant qui brille au cœur de chacun de ces jeunes laissés pour compte.

jeudi 8 juillet 2010

La saison des loups

Au coeur du grand hiver septentrional, une puissante harde de rennes avance à marche forcée à travers la taïga, se frayant difficilement un chemin entre les vallons escarpés et forçant malgré tout l'allure dans une couche de neige toujours plus épaisse. Conduit par un mâle vigoureux et combatif, le troupeau souffre et a bien du mal à protéger les plus faibles, jeunes de l'année ou plus vieux fatigués et usés par cette transhumance terrible. C'est la saison de loups...

Les meutes de grands fauves, arrivant de toutes parts, poursuivent la harde, taillant dans ses flancs de grandes brèches sanglantes. Longtemps solitaires et adversaires, ils se sont enfin réunis pour mieux combattre et asséner ainsi des coups mortels aux cervidés affaiblis. S'enfonçant chaque jour plus profond dans la troupe désorganisée, ils visent la tête, celui qui guide et impose ce train d'enfer. Au fur et mesure des attaques toujours plus violentes et plus percutantes, les remparts cèdent les uns après les autres, rendant vulnérable ce chef de harde que tous savent être la clef d'une débâcle espérée...

L'hiver, c'est la crise; la harde de rennes est l'UMP; les loups viennent de gauche et de droite; le mâle vigoureux est Nicolas Sarkozy et la fin de ce scénario glaçant pour les uns ou réchauffant pour les autres, reste à écrire. Mais bien avant les délais habituels d'une campagne présidentielle, les polémiques et les affaires sortent de toutes parts, visant directement la garde rapprochée du Chef de l'Etat.

Périgueux, Toulon, Lyon ou Strasbourg, autant de villes où celui qui n'était encore qu'en campagne, a avancé tant et tant d'idées nouvelles, de projets et de propositions pour changer la France qu'aujourd'hui, à l'heure des premiers bilans, des nouveaux renoncements et des trop grandes ambiguïtés, nos concitoyens deviennent très sévères à l'égard de celui qui fut pourtant souvent leur candidat. D'aucuns disent "qui aime bien, châtie bien..." Beaucoup seraient maintenant bien prêts à le châtier, pas si sûr que ce soit par amour...

samedi 19 juin 2010

Fric, sexe & fun

Je n'ai pas pu résister, malgré les torrents déjà déversés sur l'équipe de France de Football, à glisser ici ma petite pincée, pelletée ou brouettée (à vous de choisir la dose prescrite...) dans ce concert assourdissant de critiques.
Peu spécialiste du foot, j'ai pourtant vu tant de matches que je crois pouvoir émettre un avis au moins comme citoyen-spectateur. Et ce que j'ai observé et ressenti ne fait que confirmer ce que tout le monde pressentait : cette équipe n'est qu'une caricature à taille réduite de notre société en évolution.
Égoïsme, argent facile ou irrespect ont été donné en pâture à des millions de supporters qui ne demandaient qu'une chose : s'enflammer pour ce groupe qui portait les couleurs d'une nation dans le doute. Se moquant de tout et de son contraire, se croyant le nombril du monde, ils n'ont été finalement que les protubérances grimaçantes d'un corps social en déliquescence, risée saumâtre d'une planète foot si prompte à bruler ce qu'elle a adoré.
Gosses repus jusqu'à la nausée de fric, de sexe et de fun, nos joueurs n'ont fait que transposer sur le prés ce dont médias, publicitaires et sociologues nous rabattent les oreilles à longueur de journaux. TF1 peut être "heureux" d'avoir libéré ainsi des espaces de cerveaux pour Coca-Cola... Une "réussite" dont la chaine paye aussi cash les pots cassés ! Il y a finalement une justice immanente.
J'ai finalement bien ri ce matin, après avoir parcouru la une incendiaire de l'Equipe, en voyant une grande affiche d'un industriel du hamburger vantant son "Giant" avec l'image de Nicolas Anelka. "Non, monsieur Quick, pas géant !!! Tout petit, minuscule même... Une miniature repoussante de notre monde vaniteux et narcissique".

mercredi 16 juin 2010

Évidence...


La lecture, dans la Dordogne Libre de ce jour, du trop court interview avec Yves Guéna sur son 18 juin 1940, m'emmène un seul mot à l'esprit : évidence...
Mais oui, mais c'est bien sûr ! Il est tellement évident, à même pas 18 ans, de quitter précipitamment sa famille, évident de risquer sa vie, évident de se battre pour un idéal de liberté, évident d'espérer pour ne pas mourir, évident, évident, évident... Comment ne pas être confit d'admiration, de respect et d'incrédulité devant un tel courage qui confine à la témérité ?
Nous avons tous eu 18 ans ou nous les aurons bientôt. Alors essayons de nous rappeler quelles étaient nos préoccupations du moment... La patrie, que nenni... Mais les filles, certes... Notre prochain combat, que nenni... Mais la prochaine fête, certes... Partir aux fins fonds du désert se frotter avec la mort, que nenni... Mais nos vacances à Arcachon, certes... Si comme l'affirme la fameuse sentence, "les gens heureux n'ont pas d'histoire", sommes nous si heureux pour ne plus avoir à la façonner de notre âme, de notre sueur et de notre sang ?
A deux jours des commémorations officielles du 18 juin 1940, j'aimerais juste qu'un seul instant, nous nous remémorions qu'une poignée de jeunes et moins jeunes, gaullistes de la première heure, puis communistes ou simplement courageux, ont sauvé l'honneur d'une nation à genou, démobilisée à tous les sens du terme et oublieuse de son message de liberté et de fraternité. A ce moment, trop fugace certainement, nous retrouverons peut être un peu de cette évidence d'espoir, de solidarité et d'humanité.

dimanche 13 juin 2010

Jeter la première pierre...

Moral (Adj.) - 1.qui concerne les règles de conduite en usage dans une société - 2.spirituel, intellectuel et non pas matériel. Facultés morales - 3.qui concerne la morale. Moral (n.m.) - 1.état psychologique -2.ensemble des facultés morales et mentales; le caractère, l'esprit et l'âme.

Un même mot pour deux définitions qui traversent notre actualité qu'elle soit périgourdine ou nationale... De tous bords, on prie pour que le moral de nos concitoyens s'améliore et on exige aussi que la conduite de nos élites soit irréprochable. Sud Ouest ne déroge pas à la règle avec un sondage qui affirme, chiffres à l'appui, que les français sont pour la baisse du salaire des ministres. Consultation bien inutile car le résultat était plus qu'attendu. Autant demander au condamné s'il souhaite qu'on reporte sine die son exécution... Mais bon, passons, il faut bien remplir les colonnes d'un quotidien un dimanche sans grande actualité.
Au delà de l'anecdote, la réaction de mes concitoyens est bien normale, surtout en période de crise. A l'heure où partout on parle de se serrer la ceinture, de chômage ou de retraites impossibles, lire que des élus cumulent jusqu'à l'écœurement indemnités et pensions, peut susciter polémique et exaltation morale. Mais Marcel Proust n'écrivait-il pas "qu'on devient moral quand on est malheureux". Alors il ne faudrait pas non plus jeter le bébé avec l'eau du bain et asséner à la démocratie des coups dont elle aurait du mal à se remettre. Car il n'y a qu'un pas entre le moralisme de bon aloi et le populisme antiparlementaire le plus rétrograde.
Cette éthique, amarrée à notre moral comme un cargo en perdition à son remorqueur, ne doit pas être vécue à plusieurs vitesse suivant que l'on s'adresse à nos élus, nos footballeurs ou à nous même. Les incivilités routières, fiscales ou simplement sociales sont tout aussi répréhensibles que d'autres pourtant plus médiatiques et plus évidentes. Le Christ avait beau jeu de dire "que celui qui n'a jamais péché, jette la première pierre" mais ô combien raison pour affirmer ainsi que l'exemplarité vient d'en haut mais aussi de la base.
Au delà de la morale toujours un peu suspecte à mes yeux de repli sur soi, je crois profondément à la symbolique et l'exemple. Nicolas Sarkozy aurait pu éviter de fêter sa victoire au Fouquet's, Ségolène Royal de perdre plusieurs procès aux Prud'hommes et nos footballeurs de rapatrier leurs épouses en avion privé à 250.000 euros... Sans être austères ni monacaux, nous pouvons être suffisamment sages pour que nos actes soient reconnus et admis par tous. La vie devient ainsi plus simple et les mesures difficiles mais nécessaires mieux acceptées.
Dans un autre article, du JDD cette fois-ci, paru ce week-end, le gaullisme semble un courant de pensée dépassé pour une très grande majorité des français. Comme quoi, sans y réfléchir, nous exigeons aujourd'hui probité et respect mais nous oublions si vite Charles de Gaulle, celui qui avait institué cette exemplarité comme une règle intangible de vie, n'hésitant pas à payer de sa poche ses frais de président ou étant si profondément émouvant avec sa petite fille lourdement handicapée. Cet homme là, aussi "ringard" soit-il, a su pourtant réveiller la flamme d'un peuple à l'agonie et donner du courage à une poignée de jeunes fous de liberté. A la veille du soixante dixième anniversaire de l'Appel du 18 juin 1940, certes il ne reviendra pas mais son ombre tutélaire peut certainement guider les pas de ceux qui nous gouvernent et de tous ceux qui portent l'image de notre nation et de notre peuple.

lundi 31 mai 2010

Lettre à une amie dans l'erreur

Tu es née, il y a soixante cinq ans, des espérances d'un monde meurtri et traumatisé par ses terribles erreurs. Portée sur les fonds baptismaux par des colonnes de spectres sortis miraculeusement des camps de la mort et par une armée de jeunes pleins de rêves et d'idéaux, tu as du t'imposer dans ce Moyen-Orient chargé d'histoire mais peu enclin à partager ses terres immémoriales. Durant des années, tu as forcé le respect par ton courage, ta détermination à survivre malgré une adversité toujours plus affirmée. Tu as su maintenir la démocratie sur des terres qui ne connurent que tyrannie, dictature et absolutisme.
Puis, peut être à ton contact et parce que notre monde a changé, tes voisins ont baissé la garde. Ceux que tu avais chassés de leurs terres ancestrales, ont trouvé les mots, et non les armes, pour convaincre d'autres nations du bien fondé de leurs requêtes territoriales et humaines. Malgré les pressions internationales et l'inéluctable besoin de reconnaissance de ta soeur de sang et de lait, Palestine, tu t'es enfoncé dans l'erreur de croire encore dans ta toute puissance héritée de Dieu et de l'histoire du monde.
Aujourd'hui, tu viens de commettre l'irréparable en tirant sur d'autres fils d'Abraham venus apporter un peu de secours à des palestiniens soumis à ton blocus unilatéral et injuste. Malgré toute l'amitié que je te porte, tout le respect dû à l'histoire de tes pères vénérés, je ne peux te suivre dans tes errements dramatiques. Le souvenir terrible de la Shoah, ce sentiment d'encerclement et la loi du Talion comme doctrine diplomatique ne peuvent tout justifier, tout excuser. Nous sommes nombreux à t'avoir tendu la main et défendue quand la guerre risquait de te balayer mais maintenant, Israël, mon amie, ma soeur, tu te trompes et tu persiste dans ta méprise... Cela m'attriste et m'oblige à te dire que tu viens de perdre un ami. Rien n'est définitif mais il te faudra montrer bien des qualités et des dispositions nouvelles à la paix et au dialogue pour reconquérir mon coeur et mon âme...

vendredi 14 mai 2010

Bienvenue chez les Ch'tis

Ernest Renan écrivait que "la bêtise humaine est la seule chose qui nous donne une idée de l'infini..." Je remercie alors Christian Vanneste, sulfureux député du Nord apparenté UMP, de me permettre par ses propos de tutoyer ainsi les sommets de la Tour de Babel.
En associant homosexualité et pédophilie, il replonge, avec une délectation sadique et perverse, dans les plus sombres travers de l'âme humaine. N'hésitant pas à affirmer doctement comme une vérité des amalgames stupides et sans fondement, il m'oblige à me remémorer les théories du "juif apatride" des nazis ou "la contamination par les intellectuels" dénoncée par les Khmers rouges.
Comment un parlementaire de cet acabit peut encore avoir droit de citer dans une formation politique qui se respecte ? Chaque parti à son "Georges Frêche" mais pour le coup l'indécence dispute à l'ineptie la palme de la déclaration "bête et méchante".
J'essaye, sans y arriver, d'imaginer quels électeurs de Tourcoing et de sa région peuvent encore apporter leur suffrage à ce triste personnage. Il me revient des images cauchemardesques de "L'assommoir" de Zola ou des caricatures du film "Bienvenue chez les Ch'tis" ou "D'affreux, sales et méchants" d'Ettore Scola... Dites moi que c'est de la fiction, s'il vous plait...
Dans tous les cas, je resterais très vigilant sur le fait que l'UMP présente un candidat contre ce parlementaire qui se pare volontiers de l'écharpe tricolore. On ne peut clamer son ouverture, se dire être une formation politique de son temps et, pour d'obscurs calculs politiciens, soutenir de tels personnages si peu fréquentables.

samedi 8 mai 2010

Papy fait de la résistance

A l'heure du grand déballage sur les retraites, du doit-on travailler plus ou moins, une question ne se pose jamais : doit-on vivre plus ou moins longtemps ? Nous gagnons, en France, bon an mal an, près d'un mois d'espérance de vie par année qui s'écoule. Et quand on sait que les six derniers mois de l'existence d'un être humain coûtent en soins médicaux autant que tout le reste de ce qu'il a vécu, on peut décemment s'inquiéter sur l'autre grand déficit de nos comptes sociaux : l'assurance maladie.
Loin de moi l'idée d'institutionnaliser "l'abattage" préventif de nos anciens ! Nous le serons tous un jour, du moins je l'espère... Mais j'ai écouté avec attention l'agitateur d'idée du président de la République, le très controversé Alain Minc qui abordait le sujet en se servant de l'exemple de son papa, âgé de 102 ans, qui avait bénéficié de soins pour un montant de plus de 100.000 euro durant une quinzaine de jours et ce, sans bourse délier. Reconnaissant la nécessité d'assistance médicale, il soulignait tout de même que la collectivité est bonne fille en ne réclamant rien en contrepartie de ce séjour hospitalier très lourd. Pourtant son père ou ses descendants sont loin d'être dans le besoin et auraient pu largement participer à la couverture financière de cette hospitalisation.
Et si nous remettions en cause la trop coûteuse mutualisation des risques ? Il y a toute une frange aisée de notre population qui peut sans problèmes taper dans son patrimoine pour soutenir l'effort national en faveur de la santé. Ce n'est pas être crypto-communiste ou un dangereux révolutionnaire que d'affirmer cela. Je ne crois pas qu'Alain Minc parte en vacances avec Olivier Besancenot... Juste souhaiter plus de justice et d'équité.
J'ai déjà eu ce débat, perdu hélas, avec un de mes anciens patrons, président de Conseil général, sur le recours sur succession en cas d'aide à l'autonomie de personnes âgées. Je ne pouvais comprendre que la collectivité départementale préfère se substituer à des héritiers refusant d'aider leurs proches à vivre mieux. La vie et la santé de nos parents vaudront toujours plus qu'une maison, des lingots d'or ou un compte en banque...
Quel élu local et national, sain de corps et surtout d'esprit, aura le courage de demander cet engagement vital pour l'avenir de nos comptes sociaux ? A quoi servirait une retraite bien gagnée pour la finir trop vite et sans les meilleurs soins médicaux possible...

vendredi 7 mai 2010

mercredi 5 mai 2010

Les Du(p)onts...

L'un est du "grand" nord, Christian Vanneste, l'autre est du "grand" sud, Eric Ciotti. Les deux sont députés UMP de la frange droite de la droite et se sont associés pour proposer une loi tendant à mettre fin aux triangulaires dans les élections françaises.
Entre propos homophobes, relents frontistes et populistes, ils s'en prennent aujourd'hui au système électoral. Je veux bien croire qu'on a la majorité qu'on mérite mais là, ni François Fillon ni Nicolas Sarkozy ne gagneront à suivre notre duo des non.
C'est vrai que c'est tellement plus simple d'éliminer sur le papier et par anticipation un adversaire politique. Au demeurant, il y a encore mieux avec le candidat unique. Nos deux impétrants de la diagonale du fou feraient florès en Birmanie, Corée du Nord ou à Cuba.
Trêve de plaisanterie car je sens poindre chez vous un peu de relâchement coupable. On ne peut s'amuser de l'affaiblissement progressif du message politique. Comme l'a dit fort justement le premier ministre, "une élection ne se gagne pas avec un mode de scrutin" mais avec un projet, des messages forts et clairs, des convictions et de l'humilité. Alors, messieurs les députés angoissés et recroquevillés, remisez vos textes et autres billevesées. Sortez plutôt vos étendards, affûtez vos arguments et acceptez de perdre une élection avec les honneurs de celui qui croit dans ses idées.

dimanche 18 avril 2010

Bêtise à la puissance ²

Trois internationaux de l'Equipe de France de football viennent d'être entendus pour avoir eu des relations coupables avec des prostituées mineures. Nonobstant leur défense et la présomption d'innocence, à leur stupidité première s'ajoute celle, dramatique et incommensurable, de tous les internautes qui réagissent sur les différents sites de la toile. Raccourcis ineptes, racisme du plus bas niveau, ragots nauséeux, internet fait ici la preuve par le pire de l'âme humaine, laissant ouvertes les portes des écuries d'Augias de l'insulte et de la bêtise à la puissance ²...
Je ne prends en aucun cas la défense de ce trio plus bête que méchant mais je m'oppose à la facilité "Le Peno-Fréchiste" de trouver trop "noire" l'Equipe de France. Non ! Elle ne sera jamais ni trop "noire" ni trop "blanche" mais pour le coup elle est trop "conne" et devient le symbole avarié de notre société de consommation où la chair humaine à la même valeur que le burger acheté chez McDo. Nos trois zozos sont simplement des ados qui ont grandi trop vite, au milieu des millions d'euro faciles, du "bling-bling" et des caprices de stars. Le vouloir et le pouvoir se confondent dans une soupe nauséabonde sans barrière ni limite philosophique.
Mais comment reprocher d'être sans vergogne à ces gamins gavés de tout alors que la banque américaine d'affaire Goldman-Sachs semble être impliquée dans un gigantesque scandale de fraude financière à la base de la crise économique mondiale qui a ruiné des millions de pauvres gens de par le monde ? La morale se respecte à tous les niveaux de notre société et surtout à son sommet. C'est ce que d'aucuns nomment la valeur de l'exemple... Valeur ? Exemple ? J'ai l'impression par ces nobles mots de prononcer des insultes...

samedi 17 avril 2010

Flux et reflux tempétueux

Xynthia, de triste mémoire, n'en finit pas de faire des victimes : des vraies, noyées ou à la rue, et des politiques, déboussolées et populistes. Au milieu des ruines de ces villes et villages qui furent des havres de paix et de bonheur, fonctionnaires, experts, élus locaux et nationaux se disputent les podiums de l'impopularité, des atermoiements et des balivernes, chacun dans sa catégorie...
Car si les sinistrés, bouleversés à l'idée de perdre parfois toute une vie, toute une postérité dans ces murs blessés, sont légitimes dans leur émotion et leur volonté d'être justement traités, les réactions des élus et responsables face à cette situation dramatique symbolisent les errements d'autorités hypnotisées par les sondages, les médias et la rumeur.
Il y a quelques jours, l'Etat, comptable en premier lieu de la sécurité des français, annonce un zonage "noir" ferme et définitif, entraînant la destruction de plus de 1500 maisons sur le littoral. Broncha compréhensible des propriétaires, suivie prestement par le cortège larmoyant des sauriens de la politique locale... Raffarin, Royal et consorts qui hurlent avec ces malheureux, contribuant à la stigmatisation des services préfectoraux qui sont souvent les seuls à avoir fait leur boulot, contre les vents et marées des élus locaux cherchant des terrains à bâtir malgré les dangers d'un océan incontrôlable. En plus, le gouvernement en ajoute à la controverse en pratiquant un rétropédalage forcené, transformant le "noir" intransigeant en "solidaire" équitable...
Le résultat est sans appel : des sinistrés un peu plus désemparés, des services administratifs désavoués, un Etat décrédibilisé et des élus territoriaux plus accrochés à leurs mandats qu'à leurs convictions. Une belle réussite de médiacratie galopante et des dégâts collatéraux de la tempête bien plus profonds qu'il n'en paraît.

mercredi 14 avril 2010

Les germes de la violence... politique (2)

Aussitôt lancé, aussitôt repris, le débat sur la sécurité de la Place Francheville à Périgueux a franchi un nouveau palier en devenant, il fallait s'en douter, un enjeu politique. Il est d'ailleurs amusant de constater que les vieilles recettes nationales sont parfaitement adaptables au contexte périgourdin et ne dérogent pas à la règle de la simplification et d'une certaine exagération.
Si on en croit témoignages et citations glanées sur le net ou dans la presse, j'oscille pour qualifier cette grande place entre le Bronx des années 70 et la zone verte de Bagdad... Il ne faudrait tout de même pas exagérer et donner l'impression à ceux qui souhaitent s'y rendre qu'ils ne pourront le faire que sous bonne escorte et après être passé chez le notaire pour régler leur succession.
La problématique est connue de tous et la solution pragmatique aussi. Sans ajouter des interdictions et des oukases supplémentaires à un corpus législatif déjà bien fourni, je persiste quant à mon souhait de rendre la vie impossible à la petite bande de zozos désoeuvrés qui occupe la partie proche de l'accès au parking de Francheville. Les passages répétés et aléatoires de la Police Municipale et de la Nationale sont déjà des facteurs positifs mais je plaide pour l'installation de caméra de vidéo-surveillance avec enregistrement. Ces petits trafiquants et délinquants ont horreur d'être observés et scrutés dans leurs agissements coupables.
On pourra toujours me rétorquer que c'est une atteinte supplémentaire à la liberté individuelle mais je dois avouer me moquer d'être filmé dans la mesure où je n'ai rien à me reprocher. D'autre part, le risque est aussi qu'ils partent ailleurs. Certes, certes mais l'ailleurs en question ne sera pas une place fréquentée par près de 400.000 spectateurs du cinéma, des milliers de clients des restaurants ou plus simplement par des mamans et des enfants venant jouer sur cet espace libre de tous véhicules.
Alors sur ce sujet comme sur bien d'autres, il faut raison garder et éviter confusion, diktat et autre sentence définitive mais au contraire rechercher par le débat et l'apaisement le consensus nécessaire à une vie commune agréable et respectueuse de la liberté de chacun.

samedi 10 avril 2010

Les germes de la violence

En tant que commerçant installé là depuis le réaménagement de la place Francheville au coeur de Périgueux, l'ouverture d'un débat public sur la sécurité de ce nouveau lieu de villégiature ne pouvait me laisser indifférent.
Le quotidien, la Dordogne Libre, titre aujourd'hui "Francheville à cran", suivent interviews des responsables du parking Vinci, de Monoprix et du complexe CapCinéma, au premier rang de ceux qui subissent dégradations et provocations. Entre agressions verbales, incivilités et trafics en tous genres, le risque de radicalisation est en train de poindre dans ce lieu qui pourtant est susceptible de devenir un espace intergénérationnel unique pour la préfecture de Dordogne. Entre le brassage populaire du cinéma, la fréquentation des trois restaurants et les espaces ludiques aménagés sur les pelouses, la plus grande zone ouverte et piétonne de Périgueux a moult atouts pour s'installer dans le coeur des périgourdins. A moins qu'un petite bande de délinquants parfaitement connus le juge autrement...
Car le sort de ce lieu est entre les mains d'une quinzaine d'individus, désoeuvrés et violents, que tout le monde connait et croise quotidiennement. J'utilise le mot de délinquant, de germes de violence, à dessein car d'autres leur colleraient trop vite le terme de "jeune", faisant ainsi l'amalgame entre jeunesse et criminalité. Il ne s'agit pas là de jeunes ou de moins jeunes mais simplement de petites crapules qu'il faut tout justement soumettre à la loi, toute la loi et rien que la loi.
Je reste persuadé que l'action de tous, élus, forces de police et professionnels de la place doit permettre de créer la nécessaire insécurité pour cette petite bande d'empêcheurs de s'amuser en rond. Charles Pasqua clamait en son temps vouloir "terroriser les terroristes"... Avec notre mobilisation citoyenne, sans violence, par le dialogue, mais avec détermination, nous pourrons redonner à cette belle place tout l'attrait qu'elle n'aurait jamais dû perdre.
Mais attention, pas de malentendus ni ostracisme anti-jeune ! L'immense majorité de ceux qui passent ou séjournent sur cette place sont sans aucun problème, venant ici pour profiter des premières ardeurs du soleil et s'amuser en toute décontraction. Respectons ce lieu, ceux qui le fréquentent et apprenons fermement aux autres à en faire de même...

vendredi 9 avril 2010

Et le combat cessera, faute de combattants...

Il est des polémiques comme des matches de rugby : des équipes plus "légères" qui passent leur temps à en faire courir d'autres, plus "lourdes", afin de les épuiser et de porter l'estocade à quelques minutes de la fin de la partie... C'est un peu ce qui arrive à Périgueux entre le CAPD, club fanion du rugby pétrocorien, et la municipalité de Michel Moyrand.
Les co-présidents du club ont pourtant sorti ces derniers mois l'artillerie lourde pour tenter de placer la CAPD sur la voie de la professionnalisation et de la montée en Pro D2, nirvana mythique de la planète rugbistique. Ferraillant à tout va pour créer un "grand stade" à Périgueux, Francis Roux n'a pas hésité à s'opposer frontalement à la mairie, mettant son mandant en balance. Rien n'y fit...
Le projet de coproduction public-privé du site sportif est passé à la moulinette philosophique de la lutte des classes, la piste d'athlétisme, terreur des supporters du ballon ovale, sera rénovée, la subvention est votée et les présidents du club seront remplacés... Ite missa est....
Vianney Le Vacon, l'adjoint au Maire en charge des sports, s'est même permis de ne pas répondre aux attaques en règle lors du dernier repas des partenaires du club. Jouant à la balle par dessus la défense et évitant consciencieusement de rentrer plein pot dans le paquet d'avants qui l'attendaient au tournant, il a temporisé là où tous ses adversaires du jour pensaient le terrasser, donnant ainsi un leçon de dialectique que n'auraient pas reniée les anciens bretteurs du PCF.
L'élu municipal sait parfaitement qu'il a le temps avec lui et qu'in fine, il aura le dernier mot dans ce débat qui oppose deux visions irréconciliables de l'animation sportive locale. D'un côté, une pratique professionnelle alliant spectacle et business, et de l'autre, un usage du sport pour tous cher à Léo Lagrange. Autant dire l'impossible mariage de la carpe et du lapin dans une ville qui se doit de faire des choix politiques, stratégiques et budgétaires.

mardi 6 avril 2010

On a les mêmes à la maison...

Quelles différences il y a entre les actionnaires des grands fonds de pension américains et certains propriétaires immobiliers périgourdins ? Aucune...
Leurs méthodes sont identiques. Les uns n'hésitent pas à liquider une entreprise même rentable pour pouvoir augmenter les dividendes des actionnaires dont ils sont. Les autres sont prêts à pousser au désespoir Valérie Foucher, une jeune fleuriste, commerçante méritante de Périgueux à coup de loyers exorbitants pour engranger des sommes sans rapports avec le marché et avec la logique économique. Pour les deux, les résultats sont les mêmes : des drames humains et sociaux, des médias survoltés et une montée logique du dégoût envers une société libérale marquée par les injustices et l'angoisse de l'avenir.
Les deux aussi sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont vautrés... Sans entreprises pérennes avec des ouvriers qualifiés et motivés, sans commerces de proximité vivants et dynamiques, notre société, la société de ces fonds de pensions et de ces propriétaires immobiliers, est en train de céder le pas une nouvelle organisation où réglementation, démocratie et droit n'ont plus cours. Il y a seulement quelques années les modèles économiques étaient les Etats-Unis ou l'Europe. Aujourd'hui, c'est la Chine au taux de croissance de 12%, au milliers de prisonniers politiques et au pouvoir sans partage qui sert d'exemple aux nations en développement. Dans le même esprit, à force de coût démesurés et de contraintes sans fin, nos centres villes sont désertés par les petits commerces, poussant nos concitoyens vers les périphéries, vers de véritables usines à consommer aussi impersonnelles que performantes.
Continuons cette recherche du profit immédiat, cette quête impossible du plaisir instantané et un jour nous risquons de nous réveiller dans un enfer à la Orwell, sans âmes ni joie. Que vaudront des produits importés sans acheteurs, que vaudront des espaces commerciaux sans acquéreurs ou locataires ? Rien...

dimanche 4 avril 2010

Qui le sera ?

Un peu désoeuvré, je parcourrais sans conviction la dernière livraison du Journal du Dimanche. Un article retint mon attention, s'agissant d'une critique du livre autobiographique de Xavier Emmanuelli, "Au seuil de l'éternité".
Le co-fondateur de MSF, du Samu Social, le combattant de la misère et de l'infortune, au seuil de son existence, s'interroge dans son ouvrage sur sa vie et se pose la question de savoir s'il sera prêt au grand saut vers l'éternité. Lui pas prêt ? Mais qui le sera alors... ?
D'une humanité qui frise la sainteté, d'un dévouement sans nul autre pareil, d'une lucidité sur l'âme humaine telle la plus affûtée des lames, Xavier Emmanuelli par son engagement, son parcours exemplaire et sa modestie sans limite habite mon panthéon personnel aux côtés d'autres êtres magnifiques qui ont guidé mon existence, mes pensées et souvent mes actes.
Alors, Monsieur, si vous n'êtes pas prêt comme vous nous l'affirmez, je ne le serais jamais...

samedi 3 avril 2010

Tout, tout de suite...

Marbot-Bata, Foies Gras Champion, Crown, chaque semaine qui passe en Dordogne génère ses mouvements sociaux, ses drames économiques et ses destructions d'emplois. Notre département ne fait pas cavalier seul et la France, comme bien des "vieilles nations" de ce vieux continent démocratique qu'est l'Europe, souffre non seulement de la crise économique mais aussi d'une profonde mutation de la consommation.
Le pire est que ceux qui sont les plus touchés par ce mal qui ronge nos économies ouvertes, sont aussi ceux qui, inconsciemment et par besoin, sont à l'origine de cette plaie économique. Ouvrons les réfrigérateurs, les placards ou les celliers d'une famille d'ouvriers mis au chômage par un plan social et l'horreur qu'ils vivent y est entreposée. Produits de bas de gamme, bon marché, sans marques ni label, contrefaçons ou copies légales, tout ce qui fait la ruine de bien de nos usines est acheté par les victimes expiatoires des restructurations...
Je sens que je vais déclencher, par mes propos, bronchas et indignation. Ne vous mèprenez pas... Je ne fais pas ici de racisme anti-pauvre mais un constat désabusé d'une maladie ancienne mais ô combien en expansion qu'est l'appétit de consommation.
Nous avons envie de tout, tout de suite, sans attendre, sans comprendre ce que nos gestes d'achat vont engendrer comme conséquences dans la chaine économique qui régit notre vie. Je le comprends infiniment et c'est plus facile à écrire qu'à vivre... Comment expliquer à nos enfants qu'acheter une copie de Repetto tue les emplois de papa et maman ? "Les copains en ont, alors j'en veux aussi !.."
Manger des haricots verts frais en plein hiver ruine les pays d'Afrique tropicale, occupés à produire ces denrées pour la riche Europe pendant que ses habitants crèvent de faim. S'équiper du dernier cri en matière de hifi mais dans un hard-discount revient à détruire irrémédiablement les emplois des ouvriers de Philips à Dreux. Acheter des pneumatiques coréens à bas prix, en dehors des risques pour sa sécurité, envoie les salariés de Continental à Pôle Emploi... Je ne veux culpabiliser personne mais simplement essayer d'expliquer que nous sommes tous, à quelque niveau que ce soit, des "consommacteurs", responsables par nos actes commerciaux de l'avenir de notre économie. Mangeons moins mais mieux, prenons le temps de penser nos achats, de peser les conséquences sociales, environnementales et culturelles de nos caddies. La guerre n'est pas perdue. Nous avons simplement laissé filer une bataille par manque d'attention, par concupiscence économique du fait d'un complexe de supériorité civilisationnel.
La disparition de nos emblèmes industriels n'est pas une fatalité si nous apprenons à nos enfants la gestion du temps et de l'envie...

mercredi 31 mars 2010

Parce que tu le vaux bien...

Merci à Madame L'Oréal d'avoir conceptualisé en une phrase la cosmétique... politique. "Parce que tu le vaux bien" doivent se répéter sans arrêt nos édiles devant leurs miroirs de salle de bains, en pensant à leurs administrés et en essayant de donner des couleurs à leurs actions afin de contenter un électorat de plus en plus sensible aux symboles et aux images. Parce que, in fine, la loi ne laisse pas tant de libertés que cela aux élus locaux pour leurs permettre de marquer de leur empreinte un mandat constamment soumis aux aléas de l'opinion publique.
On torture, on met en lumière, on affiche ou on souligne... des lignes budgétaires souvent anémiques mais tellement emblématiques pour son camp. La manœuvre est connue mais elle marche à chaque coup surtout avec la presse comme témoin privilégié. Quand j'étais à l'armée, dans la cavalerie, on repeignait consciencieusement nos chars avec pour leitmotiv : "peinture sur m...e égale propreté..." Un vieil adage tout à fait transposable à nos finances publiques.
Nos communes et autres institutions territoriales sont en train de voter leurs budgets et avec la crise, il faut bien arriver à être un peu présentable tel un cortège de mannequins anorexiques lors d'un défilé de haute couture. Alors on repeint, on compense ou on maquille à tout va.
Ainsi à Périgueux, la baisse du prix des cantines devient l'emblème municipal pour 2010 même si l'effort budgétaire ne représente que quelques pour cent grappillés ici et là. Certes ce n'est pas neutre pour beaucoup de nos concitoyens en difficulté mais un peu dérisoire en regard des besoins exprimés par tout un chacun. Même lecture avec le transfert de l'Hôtel de Ville dans les anciens locaux de la CCI pour lequel l'opposition libérale se fait le chantre de la propriété publique et où la majorité de gauche étudie la cession à un privé pour ensuite louer le bâtiment. Nous sommes typiquement dans un front "renversé" qui illustre parfaitement les contorsions imposées par une conjoncture difficile et des programmes électoraux à "respecter"...
Comme pour le sommet de l'Etat en ce moment avec le fameux bouclier fiscal, je reste persuadé que l'opinion est prête à accepter quelques renoncements sur des promesses faites "en été" électoral mais qui deviennent si difficiles à tenir "quand la bise fut venue"...

dimanche 28 mars 2010

Res...pon...sabi...lité ? C'est quoi ça ?

"La responsabilité est le devoir de répondre de ses actes, toutes circonstances et toutes conséquences comprises, c'est à dire en assumer l'énonciation, l'accomplissement et par la suite, s'il y a lieu, la réparation voire la sanction..." Comme j'aimerais que cette courte mais lapidaire définition fasse l'objet de débats et autres leçons dans nos institutions d'éducation et sur nos antennes... Ce doux mot de responsabilité que chacun d'entre nous s'applique à retourner vers l'autre, en oubliant consciencieusement de se l'imposer.
Notre quotidien est pavé des bonnes intentions engendrées par la responsabilité. Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas demandé que les parents soient enfin reconnus responsables de l'absentéisme scolaire de leurs enfants ? Même si un texte de loi régissant cela est déjà opérationnel dans notre corpus législatif. Madame la Préfète de Dordogne en signant, enfin dirais-je, l'arrêté autorisant les bars du département à ouvrir jusqu'à deux heures du matin, a fortement insisté sur la responsabilité des chefs d'établissements dans la lutte contre l'alcoolisme et les nuisances à autrui.
En revanche, rien n'est dit dans ce texte préfectoral sur la responsabilité individuelle des consommateurs. Et c'est là que je veux en venir... Il serait souhaitable que syndicats professionnels, associations de consommateurs, médecins et pouvoirs publics se penchent enfin sur la problématique de la consommation d'alcool en France pour réformer en profondeur règles et lois qui datent aujourd'hui de l'après-guerre. On peut toujours stigmatiser une catégorie professionnelle comme les patrons de bars, "odieux profiteurs" de la misère humaine mais il ne faut pas trop pousser la mémé dans les orties car cela gratte... Les lois en cours dans notre pays font que si vous avez bu une bouteille de vodka chez vous, que vous arrivez frais comme un gardon dans un bar et demandez un petit verre de bière, vous écroulant ensuite sur le trottoir à un kilomètre de l'établissement, c'est le patron du café où vous avez consommé le dernier verre qui peut être tenu responsable, subir fermeture administrative et amendes diverses. Où est l'implication de celui qui a vendu la bouteille de vodka et l'égalité de la peine devant la loi ? Car, aujourd'hui en France, 85% de l'alcool consommé est acheté dans une grande surface, sans vraiment de contrôle ni limite. J'aimerais tant réaliser dans ma brasserie ne serait-ce que 5% de la recette en alcool d'un samedi dans l'hypermarché Leclerc de Trélissac...
Je veux bien être tenu co-responsable de la misère du monde, de la déshérence sociale et affective, de la disparition progressive du tissus familial mais je veux partager cette charge avec d'autres et surtout bien marquer que chaque individu à sa part pleine et entière dans la conduite de sa vie. Cessons un jour de nous en remettre à d'autres pour construire notre existence, acceptons nos responsabilités et ce qui en découle quand nous commettons excès et erreurs. Des avocats feront peut être faillite mais notre monde tournera certainement mieux.

samedi 27 mars 2010

Sancte pater, sic transit gloria mundi

Quand je vous le disais qu'il fallait noter tous ceux qui se sont portés candidats aux dernières régionales, ceux qui ont été élus et ceux qui n'iront pas jusqu'au bout de leur mandat...
Et bien, déjà un de chute en Aquitaine et pas des moindres, avec la défection de Jean Lassalle, tête de liste Modem !
Il paraît qu'il serait resté s'il avait été élu président... Cela me rassure ! Trêve d'ironie mais avec cette démission sans combattre, l'institution régionale continue d'être méprisée par ceux qui croient se battre pour elle. En refusant ce mandat, Jean Lassalle préfère la grande et prestigieuse Assemblée nationale ou le très local Conseil général des Pyrénées Atlantiques pour continuer sa carrière. Au diable les électrices et les électeurs qui lui ont fait confiance pour porter un autre message à Bordeaux. Alain Rousset peut dormir tranquille, ses contradicteurs putatifs s'échappent avant même l'ouverture des débats.
En quittant ces sièges, pourtant si convoités il y a peine quinze jours, les "grands élus" se disqualifient un peu plus au regard des citoyens, méprisant la parole donnée et surtout l'institution pour laquelle ils ont sollicité un suffrage.
Je prône, comme un pauvre orateur dans le désert, non seulement l'interdiction définitive de tout cumul des mandats mais aussi celle du nomadisme électoral, chaque élu ne pouvant solliciter un autre mandat qu'à l'issue de celui qu'il détient déjà. Je peux rêver certes mais je crois qu'avec une telle mesure l'image des institutions françaises et surtout de la politique s'en trouverait largement améliorée. Une démocratie, fût-elle être mature comme la notre, n'est pas le libre-service d'un carriérisme institutionnalisé, oublieux de ceux qui la vivent au quotidien, de leur angoisses et de leurs attentes.

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