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vendredi 2 octobre 2015

Haro sur le baudet...

"L'affaire Morano", puisqu'on peut parler aujourd'hui d'affaire, me laisse malgré tout un arrière-goût amer fort désagréable.
Surtout ne me faites pas dire ce que je n'ai pas écrit ! En effet, j'estime qu'elle a fait fausse route en présentant la France comme une nation "de race blanche et chrétienne". Il est de mots que tout bon politique se devrait de rayer de son vocabulaire public et officiel. Celui de race en fait partie, même si on se réfère à la pythie de Delphes que semble être le maurassien Charles de Gaulle. Lui aussi pouvait se tromper et rappelons tout de même qu'il vivait il y a plus de quarante ans, ce qui paraît aujourd'hui une éternité en terme d'évolution des comportements et des mentalités.
Non, ce qui me gène dans cette polémique qui n'a duré que trop, c'est le vocabulaire et cet acharnement à enfoncer Nadine Morano... Je découvre, au fil des posts et autres blogs, des mots comme "poissonnière", "abrutie", "incompétente", "bête", j'en passe et des pires. Le "boboland" a trouvé sa cible, la bien-pensance l'accompagne dans cet exercice facile de tir à vue...
Dans les critiques, souvent très étayées, je ne peux m'empêcher de ressentir des relents de "lutte des classes renversée". Serait-ce la guerre de la théière contre le pot de gros rouge qui tache ? La vengeance de la bourgeoisie outragée contre le peuple inculte ? On peut être contre les propos de Nadine Morano, on se doit même de l'être, sans se trouver dans l'obligation de la trainer dans la boue et avec elle, tous ceux qui pensent, trop rapidement certainement, comme l'ex-ministre.
Désolé, mes "bobos", mais moi, je les aime les "poissonnières", les "piches" comme on dit du côté de Sète. Ils et elles ont l'accent de l'humanité, de la simplicité et de la sincérité. Cela ne veut en aucun cas dire qu'ils ont raison mais juste, qu'à un moment, leurs sentiments ont pris le pas sur leur entendement.
Nadine Morano a eu tord de s'exprimer ainsi. Mais n'oublions jamais, que d'autres, plus mâles ou/et plus "cultivés", ont dit bien pire et n'ont jamais subi de telles avanies.

vendredi 18 septembre 2015

Etre ou ne pas être...

Telle est la question... que doivent se poser nombre de responsables locaux de la droite et du centre pour l'établissement des listes de candidats aux prochaines élections régionale de décembre.
Et la Dordogne ne déroge pas à la règle. Entre le recyclage des sortants ou sortis et la nécessaire revitalisation par l'arrivée de nouvelles têtes, certains ont fort à faire pour justifier de leur choix.
Il faut la dose paritaire d'hommes et de femmes, de territoires, d'âges et de conditions sociales. La quadrature du cercle quand on sait que tout le monde veut être élu mais que les place sont comptées - à droite, 3 élus au pire, 6 dans les meilleures perspectives...
Ce qui m'amuse le plus finalement, ce sont tous ceux qui tentent de se "repeindre" aux couleurs correspondantes à la place visée. Ainsi, la sortante Josie Bayle, postulante à la deuxième place de la liste d'Antoine Audi, est devenue, par la magie d'on ne sait quel alchimiste, centriste de l'UDI. En deux années de mandat de secrétaire départemental du parti centriste, je dois avouer ne l'avoir jamais vue sur nos listings, ni présente à nos réunions ou autre... Mais il est vrai que lui donner l'onction violette de la fédération centriste servirait d'autres calculs permettant aux Républicains de faire carton plein, tout en laissant sur le bord de la route des centristes parfois encombrants.
Pourtant, l'accord national entre les différents partis de droite est clair : on se doit de réserver 30% des places éligibles aux centristes. Il est vrai que cela a fait tousser nombres de caciques de l'ex-UMP mais c'est ainsi et la Dordogne ne peut déroger à cette règle... Au risque sinon que les électeurs du centre partent à la pêche, même si celle-ci sera fermée en décembre.


Crédit Photo Sud Ouest

mardi 21 juillet 2015

Vous avez dit schizophrène..?

D'un côté des agriculteurs et tout particulièrement des éleveurs, qui n'arrivent plus à vivre de leur dur labeur, et de l'autre, des consommateurs qui cherchent le meilleur prix et refusent quasi-systématiquement le voisinage de propriétés agricoles modernisées et productives...
Il y a quarante ans, on apprenait à l'école que la France avait la deuxième agriculture du monde, productive certes mais pas trop, diversifiée et gestionnaire de nos sublimes paysages. Notre pays disposait d'une des plus importantes proportions entre surface et cultures. Nous étions les exemples d'un monde secoué par les famines et par la mondialisation en marche.
Aujourd'hui, notre agriculture se place péniblement à la cinquième ou la sixième place, très faiblement excédentaire et au bord du gouffre, de la faillite. Pourquoi ? Nos agriculteurs ont été laminés par les nécessités de se moderniser, très limitées par des obligations agro-environnementales qui n'avaient trop souvent rien à voir avec l'Europe, et par une demande de consommateurs tirant toujours vers le bas tant en prix que souvent en qualité.
Comme dans tous les secteurs économiques et plus encore ici, nos achats sont nos emplois. Mais cela reste un voeu pieux surtout quand il s'agit d'affronter la dure réalité d'un budget familial en déconfiture. Nous continuons à privilégier la quantité à la qualité. Et quand, aux portes de nos confortables demeures de "rurbains", se construit une ferme ultra-moderne, se sont pétition, blocage et manifestation qui obèrent de tout projet d'ampleur. 
En économie comme en sentiment, on ne peut avoir le beurre, l'argent du beurre et le fessier de la crémière. Si nous souhaitons conserver une agriculture paysagère, soucieuse de l'environnement et de l'immense richesse de notre patrimoine paysan, alors non seulement nous devrons payer plus cher nos produits mais aussi nous garder d'acheter n'importe quoi en apprenant à lire les étiquettes et questionner les professionnels. Cette école du réalisme et de la transparence est valable partout, mais vitale pour nos paysans. Cessons de nous gargariser avec nos jolis discours de pseudo-bobo-citoyen, soit disant attaché à notre terre mais mettons en pratique quotidienne une démarche qui non seulement nous fera mieux vivre mais sauvera tant d'emplois. Cela nous coutera un peu, certes, mais infiniment moins que les suicides quotidiens de paysans ruinés et les cohortes de chômeurs, poireautant devant les portes de Pôle Emploi...

mercredi 3 juin 2015

A qui le tour..?

Hier, c'était Jean Germain, l'ancien maire de Tours, aujourd'hui c'est Jean Roujon, ex-édile de Marvejols. Deux élus qui mettent fin à leurs jours, parce qu'ils considèrent que leur honneur est plus important que leur vie... Deux élus mêlés bien malgré eux à de pseudo-cabales orchestrées souvent par ceux-là même qui furent leurs féaux consentants... Deux élus qui nous laissent un message de courage, de respect alors que beaucoup jouent dangereusement sur la corde sensible mais perverse du "tous pourris".
Oui, nos élus, comme nous, sont faillibles. Mais non, ils ne sont pas tous ou presque des potentats assoiffés de pouvoir, d'argent et de stupre. Jean Roujon - j'en parle car sa famille est chère à mes amitiés et mes souvenirs languedociens - a donné vingt ans de sa vie à sa commune de Marvejols. Par l'action de son grand-père, de son père et de la sienne, pas un marvejolais ne peut dire qu'il n'a pas "bénéficié" de son travail, de ses décisions et de sa responsabilité. Mais prisonnier d'une conjoncture économique et sociale délétère, certainement mal entouré et mal conseillé, il a tenté, sans y parvenir, de sauver ce qui pouvait l'être d'une commune perdue au coeur du Massif Central. Et les mêmes qui lui avaient fait des courbettes obséquieuses, l'ont voué aux gémonies dès que la bise glaciale de la dette s'est emparée des finances locales. Surfant sur la confortable et populiste opinion générale qui stigmatise tous les élus de notre république et les met aujourd'hui au rang de parias de la société, entre prostitués et brigands, ils ont détourné leur regard sur son passage, pointé ses erreurs en oubliant ses actions, et l'ont poussé lentement vers le pire. Jean a mis fin à ses jours dans les bureaux même de son père, comme pour mettre un terme définitif et dramatique à soixante dix années d'une dynastie des Roujon à Marvejols, mais pour rappeler aussi à certains amnésiques quelle fut l'oeuvre d'une famille pour sa ville.
Nous aurions pu éviter qu'un être de chair et de sang, faillible et fier, en finisse ainsi. Nous portons tous notre responsabilité dans ces actes. En courant derrière des rumeurs, habilement colportées, en emboitant le pas un peu trop "cadencé" de populistes en mal de pouvoir, en fermant les yeux sur les turpitudes avérées d'élus corrompus, nous avons précipité la fin de Jean Roujon, de Jean Germain, avant eux, de Pierre Bérégovoy et de tant d'autres hommes honnêtes et respectueux. En refusant de réformer le statut d'élu et de sanctionner sans pitié ceux qui ont triché, nous poussons dans le même sac nauséabond tous les représentants du peuple et avec eux, une certaine idée de notre République. Soyons sans faiblesse avec les pervertis du système et indulgents avec ceux qui ont tout tenté avec honnêteté et conviction sans parfois y arriver, peut-être alors que Jean Roujon sera le dernier à finir cloué mortellement au pilori contemporain de l'opinion publique.

lundi 20 avril 2015

Je veux des Maîtres, pas des copains !

A chaque ministre, sa nième réforme de l'éducation... Najat Vallaud-Belkacem ne déroge pas à cette règle absurde en proposant une "nouvelle vision du collège". Sous prétexte d'égalité des chances, le système continue, avec ces nouveaux textes, à niveler par le bas le corpus éducatif de nos enfants.
Le latin et le grec ancien effraient, qu'à cela ne tienne, ils disparaissent. Certains chapitres de l'histoire dérangent, et hop..!, on les contourne ou on les transforme en "gloubiboulga" neutre et sans saveur.
Parce que les mots "élite" ou "mérite" sont devenus des insultes, on fabrique des êtres formatés sans avis ni questionnement. Parce qu'on croit bêtement en l'avenir, on s'assoit sur notre passé et notre culture. Parce qu'on veut, avec justice et non justesse, intégrer des enfants étrangers, on s'interdit de leur expliquer notre propre histoire et celle du pays généreux qui les accueille.
Aujourd'hui certains osent parler de faire des cours de "stand up", de rédiger un tract, d'avoir une approche collective (iste ?) du savoir et de la connaissance. Et pourtant, comment ne pas regretter un cours magistral exposé par un maître, un vrai, un passionné, pas un copain, pas un "pote d'étude"... Parce que son savoir force le respect, force l'admiration et fait qu'un gamin, riche ou pauvre, aura peut-être envie de se sortir les tripes pour ressembler à ce type étonnant qui le fait rêver, penser et trembler aussi.
En refusant les grands textes, les grandes oeuvres, on s'interdit le beau, le fascinant. On s'interdit d'aimer (pas "liker"), d'admirer. En niant la chronologie, au profit imbécile de la thématique, on transforme notre histoire, notre littérature, en supermarché de la con-sommation (le trait d'union est volontaire...). Chacun y trouve ce qu'il a envie, sans effort, sans comprendre ni le pourquoi ni le comment des faits.
Avec ces réformes absconses, les "Hussards noirs de la République", nos enseignants qui furent si longtemps les exemples de notre nation, sont lentement, insidieusement remplacés par des busards noirs, des charognards d'une éducation à la dérive, souhaitée par des politiques préférant une pseudo-paix sociale à une vraie instruction, motivante et gratifiante.


mardi 14 avril 2015

Primaires or not primaires...

"Au delà de deux, on se divise !" Voilà une antienne qui semble rapprocher en France les centristes des écologistes... Sitôt les Départementales avalées, la grande famille du centre a eu vite fait de trouver un sujet de discussion et de division dans les chapelles UDI ou Modem : doit-on participer aux primaires "UMP" ou non ?
D'un côté Jean-Christophe Lagarde, Président de l'UDI, qui s'en tient à son calendrier et ne semble pas encore prêt à baisser la tête pour passer sous les fourches caudines électorales de l'UMP. De l'autre, Hervé Morin, vice-président de l'UDI et "évêque" de la chapelle Nouveau Centre, entouré de soutiens qui n'ont toujours pas digéré la victoire un peu alambiquée du maire de Drancy pour remplacer Jean-Louis Borloo. Ces derniers veulent, quoiqu'il soit décidé, participer aux primaires mises en place par Nicolas Sarkozy afin de désigner un candidat commun de la droite et du centre aux Présidentielles de 2017.
S'il est a peu près certain que la victoire pour l'Elysée ne pourra se dessiner que dans l'union, il est en revanche moins sûr que ce soit l'ancien Président Sarkozy qui puisse l'incarner. Trop clivant, trop marqué, il ne paraît pas en mesure de mobiliser un électorat assez large pour assurer son triomphe.  Alain Juppé, lui, joue naturellement de son aura auprès d'un électorat modéré pour personnifier celui qui pourrait redonner des couleurs présidentielles à son camp. Et c'est là qu'intervient le paradoxe centriste des primaires...
En effet, les plus grands opposants à Nicolas Sarkozy sont en train de faire son jeu. En refusant de devenir des partenaires actifs de la désignation du candidat de la droite, ils ouvrent un boulevard à celui qu'ils apprécient le moins, privant le Maire de Bordeaux des voix précieuses des militants centristes. 
Sans vrai leader, Borloo et Bayrou étant pour l'heure relégués au rang de pythies médiatiques, l'option "bordelaise" est la plus acceptable pour tous ceux qui se reconnaissent dans une vision apaisée de notre société. Depuis de longues années à tremper dans ce milieu, j'ai appris qu'en politique "seule la victoire est belle" et qu'il vaut mieux user de son influence dans l'équipe du vainqueur que de s'user tout court dans une opposition la plus souvent stérile.

vendredi 3 avril 2015

Papa delendo est !

On le savait vieillissant et fatigué mais la "bête" a toujours de la ressource quand il s'agit de provoquer et d'insulter l'histoire. Revenant sans vergogne aucune sur son fameux "détail de l'histoire", Jean-Marie Le Pen a obligé les cadres du Front National à monter au créneau pour défendre la toute nouvelle "respectabilité" de leur mouvement. Dénonçant les propos sans remettre en cause la position de "l'ancêtre", ils ont essayé de faire feu de tout bois pour éteindre l'incendie médiatique mais sans vraiment y parvenir.
Cet épisode grotesque et abject vient au moment où la "fifille à son papa", Marine Le Pen, tente de le dissuader de partir en tête de liste autoproclamé aux Régionales de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle argue que "papy" est âgé, que la région est immense et qu'une campagne électorale à 87 ans pourrait lui être fatale... Chiche ! Laissons-le y aller afin qu'il puisse plus rapidement encore rejoindre d'autres cieux où il pourra enfin discourir de certains "détails" avec les spectres de la Shoah.
Mais au delà de la plaisanterie, Jean-Marie Le Pen, par son lourd passé et son présent fort pesant, est le grain de sable dans la belle mécanique de sa fille. Elle tente, telle une Sisyphe très politicienne, de remonter l'image de son parti sur la pente raide des sondages et de l'opinion nationale mais certains membres éminents, dont son père, de cette arrière-garde conservatrice s'évertuent à renvoyer le Front National à ce qu'il est : un parti d'extrême-droite, nationaliste aux relents nauséeux d'antisémitisme et de xénophobie.
Pour les Régionales de décembre 2015, elle se doit de confirmer les bons résultats du premier tour des Départementales et potentiellement rafler un ou deux exécutifs régionaux. Mais pour cela, il lui faudra présenter les candidats les plus "lisses" possible et donc éliminer toutes les scories du passé... Pour paraphraser Caton l'Ancien - encore un- : "Papa delendo est... On doit détruire papa !"

lundi 30 mars 2015

Le retour de Mâcon

La Saône-et-Loire bascule à droite... Des mots qui me propulsent près de onze ans en arrière quand le contraire se produisit, mettant fin, pour moi, à six années aux services des habitants de ce superbe département bourguignon.
C'était, et c'est toujours, la dure loi de la démocratie, de l'alternance. Certains "Robespierre" voulaient ma tête, ils l'ont eu sans problème, car vingt années de carrière en cabinet politique vous préparent aux gémonies et au billot.
Mais aujourd'hui, j'ai une pensée toute particulière pour Réné Beaumont et beaucoup d'émotion pour d'autres dont je ne donnerais que la liste des prénoms... Christine, Jean-Pierre, David, Gérard, Paul, Alain, Olivier, Georges, Odile... Ils se reconnaîtront je l'espère.
Nous avons beaucoup pleuré mais surtout beaucoup ri et mis toute notre ardeur, notre âme pour le bien-être de nos concitoyens.
Je pense à eux si souvent et à tout ce que nous avons pu vivre que parfois, comme un certain François Mitterrand, j'ai la ferme impression qu'une bonne partie de mon être est resté attaché aux pentes sublimes de la Roche de Solutré.

dimanche 29 mars 2015

Audi soit qui mal y pense

En ce soir de victoire aux Départementales 2015, car comme d'habitude tout le monde a gagné, en Dordogne, deux vainqueurs, si différents, tirent leur épingle du jeu : Germinal Peiro, successeur désigné de Bernard Cazeau, et Antoine Audi, maire de Périgueux.
Le premier, autoproclamé depuis si longtemps comme futur locataire de la présidence du nouveau Conseil départemental, a su parfaitement bénéficier non seulement d'un re-découpage assez favorable mais aussi d'une tradition démocratique, radicale locale qui a éloigné, momentanément certainement, le spectre du Front National. De plus, le "Jacou" socialiste a clairement été avantagé par un "casting" loin d'être parfait de l'opposition de droite, ballottée en division et usure. Mais cumulard compulsif, il faudra bien un jour qu'il mette ses convictions périgourdines en accord avec celles, parisiennes, qui prônent un strict contrôle du cumul des mandats. Une échéance intéressante qui ouvrira une succession locale pour le moins divertissante...
Mais le grand triomphateur, aujourd'hui, est le nouveau maire de Périgueux, Antoine Audi. Avec deux cantons de sa ville largement gagnés par des proches, avec celui de Saint-Astier raflé par deux alliés, il a tissé un intéressant maillage sur ce qui est la circonscription du Périgord Blanc du député PS Pascal Deguilhem, non candidat pour 2017. Arrivé de nulle-part, il y a un an, le voilà déjà enraciné autour de Saint-Front, fort de ses victoires mais aussi des échecs des Favard et Peyrat dans leurs terroirs. Même le candidat outsider à la conduite de l'opposition départementale, Thierry Boidé, ne tarit pas d'éloges à son égard et a été à ses côtés dès ses débuts municipaux.
S'il est vrai qu'il clame partout sa volonté de se présenter aux Régionales de décembre, pourtant chasse-gardée de Jérôme Peyrat, il pourrait bien la jouer plus finement pour gagner la députation en 2017 face à une gauche démunie en candidat de poids et une droite qui lui devra certainement beaucoup.

jeudi 26 mars 2015

Elle a déjà gagné

Entre les ouf de soulagement gouvernementaux au soir du 1er tour des Départementales 2015 et les cris de victoire UMP à prévoir du second, on pourrait presque croire que le Front National a raté sa campagne...
Pourtant Marine Le Pen et sa formation ont déjà gagné le 1er, le 2ème et même tous les tours suivants !
Gagné parce qu'elle a occupé tous les espaces médiatiques malgré le vide sidéral des propositions de ses séides et leur quasi-anonymat local. Gagné parce qu'elle a du coup éclipsé tout débat de fond sur la décentralisation et les compétences des Conseils départementaux. Gagné car elle a renforcé son socle d'élus locaux qui lui serviront à vaincre de manière encore plus flagrante aux futures Régionales de décembre 2015. Gagné surtout car elle réussit le pari d'inoculer insidieusement ses idées fallacieuses dans toutes les couches de notre société.
Mais de tout cela, nos "grands" partis n'en ont cure... Au soir de ce dimanche 29 mars, la droite dite de "gouvernement" pavanera du haut de ses 60 ou 70 départements, la gauche trop plurielle fera grise mine certes mais tout le monde rentrera benoitement chez soi. Les uns dans une opposition un peu plus forte, les autres dans une gouvernance encore plus godillante mais personne ne tirera les vrais enseignements de ce nième scrutin raté. "On ne change pas une équipe qui gagne... ni celle qui perd d'ailleurs..."
On nous ressassera les réformes de la Loi Macron ou micron, je ne sais. On nous parlera de lutte contre le chômage, de sacrifices faute de pouvoir parler d'impôts nouveaux, de conjoncture économique se retournant, de courbes ou d'asymptotes... Mais rien, vraiment rien, sur ce qui fait l'essence même de la gouvernance : l'exemple.
Quand Bonaparte voulut entrainer ses troupes de l'autre côté de l'Adige, il s'emparât du drapeau et traversât le pont d'Arcole devant ses hommes, sous le feu de l'ennemi. Nos politiques n'ont certes pas l'envergure du "Petit Caporal" - tout juste la taille - mais s'ils voulaient que les français se mobilisent, faudrait-il encore qu'ils soient exemplaires, courageux et déterminés.
Marine et son rassemblement brinquebalant ne reculeront que quand nos dirigeants nettoieront enfin leurs arrière-boutiques de tous ces faisans qui polluent notre démocratie. Quand les Balkany ou les Thévenoud n'auront plus aucun "droit de Cité". Quand un vrai statut de l'élu sera repensé avec des droits mais surtout des devoirs. Quand on instaurera un seul mandat, renouvelable une fois, avec des suppléants permettant "la présomption de culpabilité" et le retrait, au moins temporaire le temps de l'instruction, d'un élu impliqué dans une affaire. Peut-être qu'ainsi, en devenant irréprochables, ils entraineront les français sur la pente positive de la réforme et de l'avenir.
Mais je crains que d'ici-là, d'autres victoires viendront ternir encore mon âme militante et républicaine...

vendredi 19 septembre 2014

Les fins de races

A la lecture des derniers avatars présidentiels et le spectacle si peu ragoûtant des coulisses du pouvoir, il semble que les sommets de notre Etat soient atteints du même mal qui touchât les grandes familles de notre noblesse : les fins de races...
Jamais depuis que notre démocratie parlementaire existe, la fonction politique n'a été autant dévalorisée par ceux même qui devraient la préserver. Entre un Hollande qui trouve que "c'est pas facile" et un Sarkozy dont le retour semble programmé pour le mettre à l'abri de l'impunité présidentielle, le costume de la Vème République, taillé par et pour un homme d'Etat, paraît bien trop large pour leurs épaules affaissées. Entre promesses non-tenues et manoeuvres d'arrière-boutique, ils godillent d'un bord à l'autre, entrainant dans leur échec commun ou successif le grand navire France et son peuple de soutiers.
Comment pourrait-on encore leur prêter un quelconque crédit alors qu'ils sont dans l'incapacité la plus totale, non de sauver notre budget, mais surtout de remettre sur les rails notre démocratie en nettoyant les écuries d'Augias des Thévenoud, Balkany et consorts, tous ceux qui ont confondu servir la nation et se servir..?
Nous ne réclamons pas des cents et des mille mais de l'exemplarité, de la foi, du courage et de la détermination. Tout ce que ces fins de races ont oublié de cultiver !

lundi 7 avril 2014

Le jour d'après

Passés les incontournables surprise, angoisse et abattement, l'annonce du retrait de la vie politique de Jean-Louis Borloo nous donne quelques pistes et enseignements.
Le premier qui me vient à l'esprit est le respect. Ce respect pour une décision si rare dans notre classe politique dont les membres s'auto-proclament irremplaçables, immortels et incontournables. Respect infini pour lui mais aussi respect venant DE lui pour ses électeurs du Nord, pour les militants de l'UDI et pour tous ceux qui croient en sa vision de notre société.
La seconde piste qu'il nous indique de suivre, est un défi mâtiné de provocation. Alors qu'il a construit l'UDI autour de sa propre ambition pour un centre rénové et combatif, qu'il a ferraillé ferme pour rouvrir les bras au Modem de François Bayrou, il nous impose de nous unir et de travailler ensemble, sans lui, pour perpétuer son oeuvre et ses idéaux. Faisant fi des querelles de chefs, des chapelles castratrices et des ambitions réductrices, il nous guide vers la vraie autonomie, celle de idées et de la pensée et non celle, frelatée, des hommes "providentiels".
Jean-Louis Borloo a souvent été moqué pour son apparente inconstance, pour son refus de prendre les premières places du grand banquet démocratique. Pourtant avec son départ que tous, ses amis, nous espérons temporaire, il marque encore plus, s'il en était besoin, de son empreinte notre vie publique. Il est un homme d'action au parcours semé de réussites, il devient un homme de référence et de conscience.

dimanche 6 avril 2014

4 ex et un enterrement ?

Ex-ténué, ex-plosé, ex-ilé, ex... ex... François Hollande, le soir dans le confort feutré du Palais de l'Elysée, ne compte plus les moutons, même noirs, pour essayer de s'endormir. Il compte les ex qui peuplent aujourd'hui sa vie et la transforme en cauchemar.
La première d'entre-elles, la mère de ses enfants, vient de revenir au gouvernement. Aussitôt nommée par Valls à l'écologie, Ségolène Royal marque sa totale indépendance et met les pieds dans les plats de verdure en contestant le bien-fondé de l'écotaxe carbone, au grand dam des écologistes déjà passablement froissés.
Autre ex, candidate malheureuse aux primaires socialistes, madame la Maire de Lille, Martine Aubry, laisse filtrer quelques amabilités sur la composition du nouveau gouvernement et surtout sur le fait qu'elle s'est sentie un "peu" ignorée lors du casting... Quand on sait la dose de sympathie qu'elle porte aux locataires de l'Elysée et de Matignon, cela augure des confidences au vitriol.
La troisième, parmi ces drôles de dames, se trouve être une ex-candidate à la présidentielle que l'on a vouée aux gémonies à gauche en 2002 et qui est devenue ensuite pour certains amnésiques un icône. Christiane Taubira que l'on croyait en train de faire ses cartons de la place Vendôme, reste garde des sceaux avec la promesse de faire voter sa réforme judiciaire. Là aussi, en regard des relations explosives sur le sujet qu'elle a eu avec l'ancien ministre de l'Intérieur, les parlementaires, pris entre le marteau et l'enclume, risquent de friser la crise de nerfs législative.
Enfin, dernière et pas des moindres, Cécile Duflot, l'ex-ministre du logement, patronne des écologistes, se donne des ailes et assume pleinement son départ du gouvernement en taclant le président de la République qui préfère "le verbe et la communication plutôt que les actes"...
Pour paraphraser l'éternel Sacha Guitry, je savais François Hollande "tout contre les femmes", mais j'ai la furieuse impression qu'avec ces 4 ex, il sera simplement "contre"...

samedi 5 avril 2014

Le déni de bilan

A l'issue de ces élections municipales, la lecture des communiqués de presse, des déclarations publiques ou des confessions plus ou moins officielles, est assez symptomatique d'un certain état d'esprit parmi notre classe politique. Si tout le monde n'a pas gagné, en tout état de cause, personne n'a perdu !
Il existe toujours des paramètres exogènes qui offrent à nos impétrants la possibilité de se défausser sur d'autres. Pour ce qui nous concerne, tant le Président de la République que l'ex-Premier Ministre ont à endosser une palanquée de vestes, pourtant bien trop larges pour leurs épaules. Si il faut reconnaître que le contexte national et européen n'étaient pas au beau fixe pour la majorité sortante, il faut aussi avouer que certains, trop sûrs de leur bilan, se sont crus sortis d'ornière avant d'être sortis tout court... Sans se remémorer que l'on est pas élu sur un bilan mais sur un projet et qu'en revanche ce même bilan, si il est en demi-teinte, peut vous propulser vers l'enfer électoral.
Périgueux ne fait pas exception à cette règle. La nouvelle opposition fait feu de tout bois pour expliquer à des concitoyens qui ne les ont pas écoutés avant, qu'elle a été battue du fait de la politique catastrophique du gouvernement, que leur bilan était étonnamment bon et que leur projet serait le seul porteur. A croire que les périgourdins sont d’indécrottables sourds et aveugles, doublés d'ingrats... Pourtant ces mêmes amnésiques aujourd'hui, ne s'étaient pas gênés hier, en 2008, pour rabâcher que Xavier Darcos était ministre de Sarkozy -la sanction nationale- et que son bilan était mauvais -l'échec local. Amusant comme ce qui était vrai pour l'un, ne l'est plus aujourd'hui pour l'autre.
Non, mesdames et messieurs les recalés du suffrage universel, nos concitoyens ont, sans douter, une maturité électorale bien plus pointue que ce que vous voulez le dire. A force de tout mettre dans le même panier, Etat, Région, Département, Commune, sans en avoir des résultats patents, les périgourdins ont choisi une équipe nouvelle, un projet nouveau et surtout une gouvernance locale différente. Il ne sert à rien de nier l'échec, de reporter sur d'autres une responsabilité claire et sanctionnée. On se grandit à accepter une défaite et surtout à accepter sereinement et sans barguigner le suffrage universel et ces vicissitudes.

mercredi 2 avril 2014

Le coup d'état permanent

Après un long hiver électoral, je reviens à ma table d'écriture et ainsi un peu auprès de vous... Que d'aventures locales, d'espérances déçues, de flammes renaissantes ouvrant vers une vraie joie profonde, que de condensés de vie additionnés au fur et à mesure que cette campagne incertaine avançait. Tout cela pour aboutir à un dimanche 30 mars au soir où la douceur ambiante annonçait un lendemain souriant.
Bien peu étaient ceux qui avaient cru en les chances d'Antoine Audi de "venger" la défaite de Xavier Darcos. Peu connu des périgourdins malgré ses vraies racines locales, investi par l'UMP dans un climat militant polaire, opposé à un Michel Moyrand sûr de son bilan et de son omnipotence, il a construit patiemment, intelligemment sa victoire. En fin stratège, il l'a jouée modeste, à l'écoute, à l'humour et au tutoiement facile. En amateur éclairé de la chose rugbystique, il a su taper sur le short de ses coéquipiers pour les motiver mais aussi mettre sans détour ni crainte la tête dans la mêlée, remontant quelques claques en évitant le coup de sifflet de l'arbitre populaire. "Jamais un candidat n'a pu gagner après une campagne de 8 mois" lui avait susurré le Maire sortant-sorti, bien trop assuré de retrouver son trône dans son nouveau palais. En politique comme dans la vie, il ne faut jamais dire jamais...
Aujourd'hui alors que le nouveau maire de Périgueux n'est même pas entré en fonction, les supputations sur l'avenir de son prédécesseur vont bon train, précédant en cela l'élection du président de la nouvelle grande agglomération. Dans la capitale périgourdine, comme d'ailleurs à Bergerac, les états-majors socialistes locaux s'escriment à trouver un consensus autour d'un candidat. De là à proposer aux deux vaincus du suffrage universel  les présidences, il n'y a qu'un pas que certains franchissent allègrement. Réinventant à la sauce Périgueux, le "Coup d'Etat permanent", dénoncé en son temps par leur figure tutélaire, François Mitterrand, ils oublient la sanction des urnes, foulent aux pieds la décision des électeurs et humilient presque, ceux des maires qui, eux, ont été élus ou réélus sans coup férir.
Faut-il être prêt à tout pour "sauver les soldats Moyrand et Rousseau" ? Pas sûr que dans les rangs des élus de tous bords, même socialistes, cela fasse l'unanimité. Une défaite est une défaite. Elle ne peut être repeinte en rose par quelques apprentis-sorciers du tripatouillage électoral, niant un résultat qui, même sous influence nationale, n'en est pas moins un désaveu local et personnel. Les maires sortant de gauche, forts d'un bon bilan et d'un projet convaincant, n'ont pas tous été battus, dimanche dernier, bien loin s'en faut.
Il faut savoir tourner la page pour reconstruire de nouveaux projets. C'est ce que beaucoup d'équipes locales ont su très bien faire après des échecs électoraux cuisant. Pourquoi faudrait-il qu'en Dordogne, il en soit autrement..?

mercredi 26 février 2014

Les kamikazes du premier tour

Je connaissais les adventistes du 7ème jour, les résistants de la 25ème heure mais je viens de redécouvrir les kamikazes du 1er tour... A un mois du premier round des élections municipales à Périgueux, les dagues s’affûtent, les éléments de langage se précisent et les stratégies s'affirment.
Mais si le maire sortant avance paisiblement et dans la discrétion la plus absolue, certains de ses prétendants ferraillent déjà dans la rue et sur les réseaux sociaux. On pourrait croire benoîtement  que c'est pour le déloger de son nouveau "palais" municipal. Que nenni ! C'est pour faire un score sur le dos des autres challengers. Le seul horizon qui semble compter, dans cette bataille picrocholine, est celui du soir du 23 mars. Après ? Le déluge...
Chaque jour qui passe, le ressentiment et l'animosité entre les deux listes "d'opposition" vont crescendo. La rancœur semble prendre le dessus à la logique politique et à l'efficacité électorale. Quant on interroge différents colistiers, aucun n'imagine être derrière l'autre, aucun n'élabore une nécessaire stratégie de repli ou au contraire de conquête. Fusionner les deux listes ? Même pas en rêve... Personne ne conçoit de s'écarter au profit d'un "adversaire" honni.
Pourtant je parle d'expérience. Vainqueur d'un premier tour de haute lutte en 1995, je n'ai pas voulu entendre les sirènes de la raison qui me conseillaient de m'unir avec ceux que j'avais combattu durement mais régulièrement durant des mois. Et les 60% potentiels qui nous étaient "acquis", se sont transformé en piteux mais bien réels 49%... Ite missa est. Le combat fut beau, la défaite terrible et la leçon inoubliable. Apprenons qu'en politique, seule la victoire est belle. Comme en sport, on ne se souvient que des vainqueurs, pas des seconds couteaux, ces kamikazes du 1er tour, qui ont disparus dans les limbes de l'histoire.

mardi 21 janvier 2014

"La Loi inique de la Chienne Juive"

Janvier 1975, après un combat parlementaire comme rarement on avait pu en écouter, la Loi Veil sur l'IVG était promulguée. Durant plus de cinq journées restées dans l'histoire de l'Assemblée Nationale, Simone Veil, alors jeune ministre de la Santé, a eu à affronter un redoutable tir de barrage de sa propre majorité. Qualifiée dans les travées de "chienne", de "juive" par des députés d'une violence verbale extrême, cette grande dame, si chère à mon cœur, a tenu bon, propulsant enfin notre nation aux côtés des pays luttant pour la dignité des femmes.
Et que ne lis-je aujourd'hui ? Une douzaine de députés, oublieux des débats précédents et des acquis de la condition féminine, veulent simplement et directement dérembourser l'IVG et renvoyer chez les "faiseuses d'anges" des milliers de femmes en détresse. Au demeurant, carton jaune au Gouvernement, qui sous couvert de la liberté des femmes, rouvre un débat si peu nécessaire dans le contexte actuel. Afin de faire taire ces palanquées brinquebalantes de conservateurs patentés, ringards et caricaturaux, il aurait mieux valu éviter d'agiter ce chiffon rouge, venant trop peu de temps après le texte sur le "mariage pour tous" et l'affaire espagnole.
Que la sémillante et peu expérimentée, Najat Vallaud-Belkacem médite le vieil adage "qui trop embrasse, mal étreint", s'appliquant si bien à cette discussion parlementaire qui aurait pu intervenir dans un moment plus apaisé de la vie de notre république. Mais il est vrai aussi que cela permet de détourner l'attention d'autres vrais problèmes... CQFD

dimanche 19 janvier 2014

Ce sera jamais !

Frédéric Taddeï 2006-2014... Ainsi en a décidé la direction de France 2 avec la déprogrammation de l'émission culte de débats "Ce soir ou jamais". Il semble que le fait d'inviter des débatteurs sulfureux comme Marc-Edouard Nabe ou Tarik Ramadan n'ait pas trouvé grâce aux yeux non seulement des pontifes de la chaîne mais aussi du locataire agité de la Place Bauveau.
S'il est vrai que les propos tenus ressemblaient à de la provocation, il ne faut pas moins relativiser et considérer la nécessité des espaces de liberté d'expression, de culture et de contradiction sur nos chaînes aseptisées et vociférantes. Les internautes et autres donneurs de leçons "boboïsant" ont beau jeu de s'étouffer devant les déclarations racistes et antisémites de certains mais ce n'est pas en mettant la tête dans le sable et les fesses en l'air que l'autruche échappe au lion !
Et il m'amuse de voir les tenants d'une certaine gauche se féliciter de la disparition des écrans de cette émission sincèrement passionnante et bien construite. Que n'aurait-on entendu si le précédent pouvoir avait supprimé des ondes la tranche horaire de "Là-bas si j'y suis" sur France-Inter, pilotée par le thuriféraire de la gauche radicale qu'est Daniel Mermet ? Les gémonies télévisuelles ne devraient pas être l'apanage de ministres vengeurs ou de technocrates comptables et Frédéric Taddeï devraient pouvoir encore longtemps convier à débattre des orateurs aussi contestables afin que nous puissions comprendre leur fonctionnement dialectique et les combattre efficacement.

samedi 18 janvier 2014

Pau vaut bien une messe

Étonnant retournement de l'histoire, alors qu'un palois tout de blanc panaché avait affirmé fort justement que "Paris valait bien une messe", ne voilà-t-il pas que la capitale du Béarn fait l'objet, elle-aussi, d'un ralliement tout aussi pragmatique et calculé.
Dans la presse nationale et surtout du sud-ouest, l'annonce de Jean-François Copé, faisant de François Bayrou le candidat d'union à Pau pour les prochaines municipales, agite la twittosphère et les timelines de Facebook. Certains purs et durs de l'UMP-RPR canal historique ne digérant pas la liberté de conscience de François Bayrou aux dernières présidentielles, les commentaires acerbes et vengeurs ne manquent pas. J'ai l'impression que des vocations de Ravaillac sont en train de mûrir sur les bords du gave. Notre centro-béarnais n'a qu'à bien se tenir car rien ne lui sera épargné...
Mais tous ceux-là ont dramatiquement la mémoire courte et les ambitions à la remorque. Rappelons leur aimablement que NKM à Paris a fait l'union à marche forcée avec l'UDI et le Modem, sous la bénédiction de François Bayrou. Qu'Alain Juppé, icône aquitain de l'UMP, est un proche ami du leader centriste. Et que nombre de militants, de sympathisants en ont assez de ces batailles microcosmiques qui font les délices d'un PS et d'un FN qui n'en demandent pas tant.
Si on pouvait enfin oublier les bas calculs d'officine, les petites vengeances entre amis, les projets et les hommes pourraient peut-être retrouver leur vraie place dans le combat électoral... On peut toujours rêver mais, je dois avouer, j'aime cela.

jeudi 16 janvier 2014

Satana Copé

Pendant que l'on s'amuse des frasques présidentielles, que l'on ergote sur le Pacte de Responsabilité ou que l'on use ses semelles dans la campagne pour les Municipales, il y en a un qui continue tranquillement et sombrement son travail de destruction minutieuse de la droite parlementaire : le ci-devant Jean-François Copé, "conducator" de l'UMP...
Après avoir raflé comme on le sait le siège de président de ce grand parti, mis à feu et à sang le socle politique de la formation, affaibli consciencieusement tout ce qui faisait la force de l'UMP, il poursuit aujourd'hui son oeuvre de dévastation en s'en prenant aux futures élections européennes.
Ne vient-il pas de pousser au devant de la scène Nadine Morano pour prendre la place de l'excellent spécialiste du Parlement Européen, le respecté bourguignon Arnaud Danjean ? Il s'acharne en sous-main à extraire du sud-ouest le président de commission Alain Lamassoure qui pourrait être remplacé par la "tunisienne" Michèle Alliot-Marie, en mal de mandat. Et dans le nord-ouest, il favorise son féal et non-moins porte-flingue, Jérôme Lavrilleux, en lieu et place du sortant et méritant Jean-Paul Gauzès.
Mais le pire est à venir... Alors que se profilent les élections au Parlement Européen, se joue en coulisses une partie tout aussi importante qu'est la présidence de la Commission Européenne. José-Manuel Barroso étant en bout de course, il faut aujourd'hui lui trouver un remplaçant. Les grandes formations politiques européennes s'y activent avec le soutien des gouvernements nationaux. Pour la France, le commissaire européen Michel Barnier, brillant, humaniste compétent, europhile convaincu, pourrait être l'homme du renouveau. Soutenu par le PPE, mais aussi, plus discrètement, par François Hollande, il fait figure de favori avec le socialiste allemand Martin Schulz. Eh bien non ! Pour notre intrigant de Meaux, il est "trop européen". Il se hâte pour avancer d'autres pions, quitte à jouer contre son propre camp et les intérêts supérieurs de notre nation et de l'Europe. Il ose même déclarer "qu'il aime tellement l'Europe qu'il en veut une autre..." Tartufe ! Quelle Europe ? Celle "des pains au chocolat" ? Celle du repli sur soi ? Celle des affaires et des affairistes ?
Non ! Ce n'est pas mon Europe, celle de l'humanisme, de l'ouverture et des peuples. Vade retro, satana Copé !

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