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lundi 5 octobre 2009

Titanic Caraïbes

Il est des paquebots somptueux mais géants immobiles qui pourtant se jettent à toute vapeur sur des récifs mortels... La Guadeloupe et, pour une moindre mesure, la Martinique incarnent ces deux Titanic des Caraïbes en train de sombrer sur les écueils de la lutte sociale, du racisme et du communautarisme.
Imaginez deux îles bénies des dieux, à une portée de fusil de Miami, qui perdent à chaque soubresaut contestataire des charters entiers de touristes se détournant vers les Caraïbes anglo-saxonnes ou la République Dominicaine. De quoi rager quand on sait les potentialités exceptionnelles de ces territoires et leurs besoins en développement économique. Malgré ce, les hôtels sont désespérément vides et les services sociaux, eux, ne désemplissent pas.
La faute à qui ? Dans ce dossier inextricable, ministres éjectables et préfets tétanisés se sont épuisés à tenter de concilier l'irréconciliable entre communauté noire et propriétaires "békés". Chacun voulant soit toujours plus, soit ne rien lâcher de prérogatives d'un autre âge. Au milieu de ce duel suicidaire, touristes déboussolés et investisseurs écoeurés plient bagages sans regrets, préférant les rivages accueillants de Cuba ou autres paradis fiscaux des Bahamas.
Et tels des urgentistes consciencieux, spécialistes en soins palliatifs, la métropole et la Communauté Européenne financent à qui mieux mieux projets sans avenir et filières agricoles à bout de souffle. Mon constat peut paraître excessif pourtant je crois être en dessous de la vérité car n'ayant pas abordé ici les problèmes d'insécurité croissante, de racisme au quotidien et de trafics en tous genres. Que les Willy Angele et autres Elie Domota mesurent bien dans quelle impasse ils sont en train de diriger toute la communauté des Caraïbes françaises. Un jour peut être, les métropolitains trop absorbés à leur propres problèmes oublieront de signer un chèque en blanc. Et Guadeloupe ou Martinique rejoindront la voiture balais statistique des états fantômes à l'image du voisin Haïti ou de la Somalie.

Touche pas à ma poste ?

2 millions de lettres reçues hier au service courrier de l'Élysée ! Cela aurait pu être le titre de une, ce matin, des quotidiens d'information relayant en cela la votation organisée pour se prononcer sur la privatisation de la Poste. Pour marquer leurs interrogations et leurs craintes, nos concitoyens, certes venus des bataillons syndicaux et d'une gauche enfin unie, ont accepté de glisser un bulletin, symbole de leur attachement au service public du courrier.
Même si ce scrutin d'initiative particulière n'a aucune valeur légale, je serais plus modéré dans mes critiques que certains leaders de l'UMP ou du gouvernement. Devrais-je rappeler à Jean-Pierre Raffarin qui, dans une "raffarinade" dont il a le secret, a déclaré que "deux millions de personnes, ce n'était pas une majorité", le un million de manifestants pour l'enseignement privé qui avait fait reculer le gouvernement socialiste de Pierre Mauroy. Ils n'étaient, eux aussi, pas une majorité mais ils exprimaient tout autant que nos votants d'hier, un attachement à une spécificité française.
Alors on peut ergoter sur la question posée qui impliquait avec un quasi automatisme une opposition totale à toute privatisation de cette institution remontant à "l'éternelle araigne", le roi Louis XI. On peut aussi considérer qu'il n'y a pas besoin d'un référendum sur ce sujet puisque ce n'est justement pas le sujet du débat parlementaire. Mais il s'agit avant tout d'un avertissement à l'oreille du Président de la République toujours à l'écoute des bruissements de l'opinion française. Rappelons nous de Lionel Jospin - tiens... tiens... - ouvrant le capital de France Telecom. Les employés de cette entreprise aujourd'hui privée et les proches des 28 suicidés doivent le bénir. Si on peut tout à fait comprendre la nécessité économique d'augmenter le capital de la Poste pour résister à la concurrence féroce sur ce marché, on doit prendre en compte ce cri du coeur épistolaire de nos concitoyens.
En revanche, j'aimerais aussi dire à tous les "bobos" et autres donneurs de leçons sociales que la défense du service public n'est pas qu'une simple joute verbale, elle doit aussi se traduire en actes quotidiens. En effet, certains entendus ici et là me rappellent ces preux défenseurs du commerce de proximité ou du service de l'éducation gratuite et laïque qui sont les premiers à sauter dans leurs belles voitures pour filer à l'hypermarché de la grande ville ou conduire leur progéniture dans l'institution privée la plus proche... Les convictions à géométrie variable asservies aux variations saisonnières du portefeuille et de la mixité sociale ont toujours eu le don de m'agacer, et le mot est faible...

dimanche 4 octobre 2009

Digne parmi les dignes

"Nous ne voulons pas sauver nos vies. Personne ne ressortira vivant d'ici. Nous voulons sauver la dignité humaine" Ils furent 220 à sauver cette dignité lors du combat désespéré des brigades militaires juives du Ghetto de Varsovie en janvier 1943. Hier, le dernier des commandants de l'insurrection, Marek Edelman, vient de rejoindre ses camarades de martyre après 87 années de vie dans l'honneur et la fierté. Seul survivant des ces jeunes combattants qui durant trois semaines ont résisté sans armes ni nourriture aux troupes d'élite du Reich, il s'est toujours battu pour son identité à la fois juive et polonaise.
En 1943, alors que les troupes allemandes finissaient de déporter les derniers malheureux vivant encore dans ce mouroir à ciel ouvert que fut le Ghetto de Varsovie, cette poignée de gamins a choisi de partir les armes à la main et non comme des bêtes que l'on conduit à l'abattoir. Gazés, brûles vifs, massacrés horriblement, ils tinrent malgré cela plusieurs semaines, faisant même douter les plus aguerris des militaires nazis. Héros parmi les héros, dignes parmi les dignes, ils ont été les précurseurs du soulèvement de Varsovie de l'été 44 qui noya la capitale polonaise dans un bain de sang sans précédent (rien que le 5 août, 50.000 civils furent exécutés avec une sauvagerie inimaginable).
Ces jeunes à peine sortis de l'enfance ont, en quelques jours simplement, jeté à la face du monde la force de la désespérance, de l'honneur bafoué et de la grandeur d'âme. Quand on parle aujourd'hui de payer des élèves pour aller à l'école, que l'exemple des jeunes juifs de Varsovie de ce terrible hiver 43 nous donne un peu à réfléchir sur la fatuité de nos problèmes, sur la minceur de nos convictions et de notre idéal. Marek Edelman, de là où il est est aux côtés des siens tombés dans l'honneur, doit être bien triste.

samedi 3 octobre 2009

Nous sommes tous des récidivistes

Récidiviste - Celui qui, après avoir été condamné pour une faute ou un crime, commet la même faute ou le même crime... Tel un marronnier médiatique, ce débat sur la prévention de la récidive agite encore la classe politique et l'opinion après l'odieux forfait perpétré à l'encontre de cette jeune femme enlevée et assassinée par un criminel sexuel libéré récemment.
D'aucuns réclament la généralisation et le quasi automatisme de la castration chimique, certains stigmatisent les magistrats, tous se servent de cette affaire comme d'un porte-voix politicien sans vraiment poser les vrais problèmes.
Comme pour les cités et leurs économies parallèles, la récidive ne se soignera pas avec de nouvelles lois ni avec de nouvelles rodomontades sans lendemain. La seule question qui vaille est celle des moyens et de la responsabilisation de tous les intervenants de la chaîne judiciaire. On ne peut parler du traitement de cette gangrène si on demande à un gardien de prison d'être médecin et à un juge d'être psychiatre. Il serait certes compliqué et coûteux de remettre à plat l'ensemble des étapes qui conduisent un détenu à recouvrir la liberté sans risque pour la collectivité. Mais c'est peut être à ce prix, celui de quelques Rafales ou de certaines niches fiscales, que l'on pourrait enfin parler de respect de la personne humaine, victime ou condamnée, et de droits de l'homme.
On ne peut continuer à donner des leçons au monde, à prendre des postures altières et stigmatiser tel ou tel individu sans être un jour, après de nouvelles affaires dramatiques, qualifié soi-même de récidiviste par les électeurs qui tôt ou tard vous sanctionnent.

Samba olympique

Ils ne leur ont pas cédé ! Ils - les délégués du Comité International Olympique, leur - les représentants de NBC et de Coca-Cola, tout puissants modeleurs de l'idéal économico-sportif... Rio, sa samba, ses cariocas et Lula ont été sacrés rois du monde sportif pour l'année 2016. Pourtant les adversaires étaient de taille avec Tokyo et ses milliards, Madrid et l'indestructible Juan-Antonio Samaranch et surtout Chicago, the Obama's city. Tout concourrait pour que, toujours et encore, les USA, leur puissance financière et médiatique remportent le scrutin pour confirmer le vieil adage : "que le meilleur perde !"
Et puis non, les vieux kroumirs du CIO, dans un ultime sursaut d'orgueil, ont donné enfin une chance au continent sud-américain et à tout un peuple qui a la fête et le sport chevillés au corps. Ils ont de plus infligé un camouflet diplomatique à Barack Obama qui avait fait tout spécialement le déplacement à Copenhague pour défendre les couleurs de la capitale du blues.
Les adversaires du président américain ont beau jeu maintenant d'asséner qu'il aurait mieux fait de s'occuper des dossiers intérieurs américains plutôt que d'aller perdre son temps à cette sauterie sportive. La critique est aisée, d'autant plus que ces mêmes défenseurs du petit peuple laborieux du Middle West furent les premiers à se réjouir, en leur temps, des victoires de Los Angeles ou Atlanta et qu'ils n'ignorent pas les retombées énormes que génèrent les JO dans un pays. Le jeu en vaut la chandelle et Obama a eu mille fois raison de mouiller sa chemise pour Chicago.
J'ai eu l'immense plaisir d'aller à Séoul en 88 et à Barcelone en 92. Ce furent pour moi parmi les plus belles expériences humaines que j'ai pu vivre. Connaissant la réputation de joie de vivre et d'ouverture du peuple brésilien, je ne doute pas un instant qu'il saura redonner aux JO ce que la capitale catalane avait parfaitement réussi à faire : allier spectacle sportif et chaleur humaine, la vraie fête du sport. Et puis, c'est aussi une extraordinaire récompense pour un homme, Luis Inàcio Lula da Silva, le petit cireur de chaussures devenu président d'un des plus grands états de la planète et qui incarne pleinement la montée en puissance de ce qui fut, à l'époque de Tito, le camp des non alignés. A festa é bonita !

vendredi 2 octobre 2009

Etre cocu et payer la chambre !

J'ai failli m'égorger ce matin en me rasant a priori tranquillement dans ma salle de bains. Écoutant d'une oreille distraite le journal du matin de MOF sur Europe 1, je n'ai pas cru ces mêmes esgourdes quand le journaliste a expliqué que dans l'Académie de Créteil, le recteur tentait une expérience pour diminuer l'absentéisme dans les établissements scolaires : financer à hauteur de 10.000 euro par classe des voyages ou des permis de conduire si les tous les élèves respectaient la ponctualité et la présence en cours.
De qui se moque-t-on ? J'ai juste un conseil à donner aux bons élèves, à ceux qui vendent des tickets de tombola pour s'offrir trois ou quatre jours en Espagne : arrêtez ! Soyez turbulents, en retard ou irrespectueux et vous vous verrez gratifiés si vous vous amendez un peu d'un chèque avec provisions...
Quand j'étais petit enfant presque sage sur les bancs de l'école communale, on me donnait parfois, rarement dois-je avouer, des images et des bons points. Aujourd'hui ces mêmes images ont la couleur de billets de 20 euro. Quelle déchéance ! Je n'ai pas de mots assez forts pour exprimer ici ma colère et mon effarement. Dans quelle société dérive-t-on pour être obligés de payer pour donner de l'instruction et partager un savoir ? Honte à nous d'avoir baissé les bras et tombé les pantalons devant la bêtise, l'ignorance et la cupidité. Je suis outré et abattu, scandalisé et démobilisé. Cocu et le mot est faible !

mercredi 30 septembre 2009

Chacun son cinéma ou Ce petit coup au coeur quand la lumière s'éteint et que le film commence...

Roman Polanski a toujours adoré créer le mouvement, la polémique et le débat... Pour cette fois-ci encore, c'est réussi et essentiellement en France, sa deuxième patrie. Après une vie qui ressemble à un roman noir, sans jeu de mots, le voilà embastillé dans les geôles suisses pour un crime sexuel commis il y a trente ans. Et le monde artistique s'enflamme pour ce génial touche-à-tout dont l'existence a été émaillée de drames et de cauchemars.
Sa maman morte à Auschwitz, lui rescapé du ghetto de Cracovie, sa femme enceinte, Sharon Tate, est massacrée dans sa demeure, d'aucuns auraient déclaré forfait, anéantis par l'acharnement du sort. Pas Roman Polanski qui va alterner rôles magiques et réalisations triomphales. Pour ma part, je retiendrais "Le Pianiste", film bouleversant et très personnel, couronné par la critique et le public, où l'éblouissant Adrien Brody interprète un artiste au coeur de la tourmente de la guerre en Pologne.
Durant trente ans, Polanski a évité chausse-trappes de la justice américaine, accepté un règlement financier avec sa plaignante et espéré une issue favorable à sa peine. Rien n'y a fait et les juges californiens ont fini par le rattraper à Zürich. Comment ne pas s'interroger sur les suites à donner d'autant plus qu'il semble que Polanski ait payé assez largement sa dette ? Je comprends infiniment la position humaniste de Frédéric Mitterrand, ministre de la culture mais avant tout défenseur compulsif du cinéma et de ses interprètes. Je ne suis pas certain que Roman Polanski soit une personne comme une autre dans cette affaire... La célébrité, l'immense talent de cet homme en ont fait une cible bien facile pour un acharnement juridique que j'aurais aimé aussi intense pour d'autres criminels bien moins visibles mais ô combien plus nuisibles. L'actualité dramatique en France nous en donne une preuve par trop limpide. Pour une fois, la vie nous apprend a être misérable plutôt que grand...

mardi 29 septembre 2009

Et si nous parlions d'échec...

Deux morts violentes lors d'un règlement de compte entre dealers à Saint-Ouen et une cité traumatisée par l'insécurité et l'impunité qui règnent en maître dans ces bastions de la drogue, de la violence et de la déshérence sociale. S'il ne s'agit pas là d'un constat d'échec patent de la politique de la ville et de celle de la sécurité publique alors je vous autorise à me demander de me taire pour les deux décennies à venir...
N'en déplaise à l'ego de notre président et ancien ministre de l'Intérieur, on ne peut aujourd'hui parler d'une quelconque réussite en matière de traitement de l'insécurité péri-urbaine. Des quartiers entiers de nos villes de banlieue s'enfoncent progressivement et inéluctablement dans la criminalité organisée la plus dure que notre pays ait pu connaître dans son histoire sociale. Plus rien ne semble réguler ces hordes, ni code d'honneur, ni respect du plus faible, ni quoi que ce soit qui laisse espérer une rémission. Scarface ou Robin des Bois ont été remisés dans les placards de la ringardise hollywoodienne. Place maintenant à Trainspotting, Orange Mécanique ou la Haine...
J'ai encore le souvenir d'un discours bien senti où l'on dénonçait "les possesseurs de grosses berlines allemandes qui touchent le RMI"... C'était en 2002 si je ne m'abuse et pourtant, en 2009, certains parkings de nos cités ressemblent plus à un concours de beauté de chez BMW qu'à un hall d'exposition de Dacia roumaines.
Je ne suis pas un angéliste qui pense que la "vilaine" société est la principale fautive. Mais je n'accepte plus cet immobilisme de fait qui laisse aller à la dérive des millions de gens, repoussoir commode pour un clientélisme électoral de bon bourgeois effrayés par tant de violence. Et ce n'est pas une question d'arsenal législatif car nos forces de police ont tout ce qu'il faut pour mettre hors d'état de nuire ces quelques individus nuisibles. Eric Woerth, Ministre du Budget, veut les toucher au portefeuille en fouillant dans leur fiscalité. Banco ! Quand est-ce qu'on commence ? Al Capone est tombé comme ça alors les caïds des quartiers nord de Marseille ou de Vaux-en-Velin peuvent aussi l'accompagner.
Il faut maintenant que notre pouvoir politique accepte le "tangage" terrible que cela va soulever. Il faut qu'il accepte enfin de déstabiliser sans relâche une économie parallèle reposant sur le pire de notre société et qu'en même temps il fasse sien le règlement social de ce tsunami policier. Je ne me suffis plus de postures. Je veux des actes forts, symboliques mais réels qui démontreront que notre république est juste et respectable, défendant les faibles contre les puissants, privilégiant la vraie notion de travail à celle de l'argent triomphant. Ce n'est pas un problème de moyens. Que ce soit police de proximité ou unité territoriale de quartier, tout le monde est prêt à accepter le retour de la justice et de l'ordre républicain dans nos cités et plus particulièrement l'immense majorité de leurs habitants, étouffés par la peur. Reprenons ainsi mètre par mètre le contrôle de la rue, de chaque cage d'escalier et jardin d'enfant, transformés en supermarchés de la drogue. Faisons en sorte que pompiers, médecins urgentistes ou assistants sociaux puissent de nouveau oeuvrer sans danger au service de tous.
Charles Pasqua voulait en son temps "terroriser les terroristes", Nicolas Sarkozy se proposait de "nettoyer la racaille au Kärcher"... Et si on passait enfin du choc de la formule au poids des actes ?

Gá againn Eoraip

"Gà againn Eoraip... We need Europe... Nous avons besoin de l'Europe !" Rodrigue qui l'eût cru ? Chimène qui l'eût dit ? Voilà l'étonnement que l'on peut ressentir à la lecture des sondages qui donnent le "oui" largement en tête du nouveau référendum sur le Traité européen de Lisbonne organisé en fin de semaine en Irlande.
Dernier bastion du blocage de la réforme des institutions européennes, l'Ile Verte semblait pourtant insensible aux sirènes sonnantes et trébuchantes de Bruxelles puis la crise mondiale est passée par là. Et les irlandais ont pu mesurer à l'aune de la faillite de leurs voisins islandais tout l'intérêt qu'ils pouvaient retirer de leur appartenance à l'UE. Durant les mois catastrophiques de cette fin 2008 et au début de 2009, alors que l'économie du Tigre celtique s'écroulait par pans entiers, les financiers de l'UE ont lâché plus de 8% des aides versées en soutien en Europe, l'Irlande ne représentant que 1% de la population des 27, sauvant ainsi d'une faillite certaine ce pays qui avait tout misé sur la nouvelle économie, mélange détonnant de finances et de nouvelles technologies.
Aujourd'hui, même le tout puissant syndicat agricole IFA appelle à voter pour le traité constitutionnel, vidant pour le coup le réservoir contestataire de Libertas, les anciens amis de De Villiers. La verte Irlande se repeint en bleu et le coup de frein économique de la crise devient un accélérateur de la construction européenne. C'est dommage d'être obligé d'en passer par là mais on ne peut, quand on est un européen convaincu comme je le suis, qu'en être heureux. Tout n'est pas parfait dans le Traité de Lisbonne mais c'est un pas de plus vers le renforcement des liens qui nous unissent et qui nous permettent de former un continent plus solidaire et certainement mieux protégé des tourbillons économiques internationaux. Le triomphe des partis pro-européens lors des dernières élections démontrent que nos concitoyens ont pleinement pris conscience que ce qui nous unit est bien plus fort et plus prégnant que ce qui nous sépare. Alors, hélas, mais tant mieux : vive la crise !

jeudi 24 septembre 2009

L'écume des jours

Colère du président, lapsus du même, astrologue de Ségolène et procès des grotesques rapetous... Voilà ce qu'un lecteur-auditeur-téléspectateur va retenir des jours qui viennent de s'écouler. Qui est Colin, Chloé, Chick ou la souris grise aux moustaches noires ? Boris Vian avait tellement raison quand il peignait les travers de notre société dans son somptueux et irrespectueux roman, l'Ecume des jours.
Comme l'auteur mort trop jeune le dénonçait déjà, star-système et superficialité sont les deux mamelles de notre quotidien informatif alors que se joue d'une certaine façon l'avenir proche de notre planète à Pittsburgh ou à New-York. Sommes-nous condamnés à ne retenir donc que cette écume blanchâtre et insipide, servie à volonté par des médias simplificateurs et des journalistes parfois trop heureux d'avoir à re-brosser le nième portrait acide d'un leader politique plutôt que de creuser et étayer un dossier de fond ?
Je me fous royalement de savoir si Ségo a des problèmes avec son désir d'avenir au point de consulter astrologues et mages... Je me moque des sautes d'humeur de notre président comme si un politique devait être un homme calme et reposant. Nous sommes peut être à la croisée des chemins d'une civilisation qui se cherche et certains s'évertuent pourtant à nous enfermer dans un médiocre quotidien sans perspectives autres que l'idylle imaginaire d'un vieil ancien président le plus jeune ou le dernier avatar people des grands de ce monde.
Vulgarisation ne signifie pas vulgaire dans notre riche et mésestimé vocabulaire français. J'ai envie de connaître comment mon demain, votre demain sera fait sans toutes ces scories événementielles qui polluent notre jugement et affaiblissent la prise de conscience populaire. Prenons un peu de hauteur et entraînons avec nous tous ceux, et ils sont bien plus nombreux que Coca-Cola ne le pense, qui ont envie de remplir leur espace de cerveau libre avec des projets, des idées et un idéal.

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