Wikio - Top des blogs - Politique
Affichage des articles dont le libellé est Europe. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Europe. Afficher tous les articles

mardi 21 juillet 2015

Vous avez dit schizophrène..?

D'un côté des agriculteurs et tout particulièrement des éleveurs, qui n'arrivent plus à vivre de leur dur labeur, et de l'autre, des consommateurs qui cherchent le meilleur prix et refusent quasi-systématiquement le voisinage de propriétés agricoles modernisées et productives...
Il y a quarante ans, on apprenait à l'école que la France avait la deuxième agriculture du monde, productive certes mais pas trop, diversifiée et gestionnaire de nos sublimes paysages. Notre pays disposait d'une des plus importantes proportions entre surface et cultures. Nous étions les exemples d'un monde secoué par les famines et par la mondialisation en marche.
Aujourd'hui, notre agriculture se place péniblement à la cinquième ou la sixième place, très faiblement excédentaire et au bord du gouffre, de la faillite. Pourquoi ? Nos agriculteurs ont été laminés par les nécessités de se moderniser, très limitées par des obligations agro-environnementales qui n'avaient trop souvent rien à voir avec l'Europe, et par une demande de consommateurs tirant toujours vers le bas tant en prix que souvent en qualité.
Comme dans tous les secteurs économiques et plus encore ici, nos achats sont nos emplois. Mais cela reste un voeu pieux surtout quand il s'agit d'affronter la dure réalité d'un budget familial en déconfiture. Nous continuons à privilégier la quantité à la qualité. Et quand, aux portes de nos confortables demeures de "rurbains", se construit une ferme ultra-moderne, se sont pétition, blocage et manifestation qui obèrent de tout projet d'ampleur. 
En économie comme en sentiment, on ne peut avoir le beurre, l'argent du beurre et le fessier de la crémière. Si nous souhaitons conserver une agriculture paysagère, soucieuse de l'environnement et de l'immense richesse de notre patrimoine paysan, alors non seulement nous devrons payer plus cher nos produits mais aussi nous garder d'acheter n'importe quoi en apprenant à lire les étiquettes et questionner les professionnels. Cette école du réalisme et de la transparence est valable partout, mais vitale pour nos paysans. Cessons de nous gargariser avec nos jolis discours de pseudo-bobo-citoyen, soit disant attaché à notre terre mais mettons en pratique quotidienne une démarche qui non seulement nous fera mieux vivre mais sauvera tant d'emplois. Cela nous coutera un peu, certes, mais infiniment moins que les suicides quotidiens de paysans ruinés et les cohortes de chômeurs, poireautant devant les portes de Pôle Emploi...

jeudi 16 janvier 2014

Satana Copé

Pendant que l'on s'amuse des frasques présidentielles, que l'on ergote sur le Pacte de Responsabilité ou que l'on use ses semelles dans la campagne pour les Municipales, il y en a un qui continue tranquillement et sombrement son travail de destruction minutieuse de la droite parlementaire : le ci-devant Jean-François Copé, "conducator" de l'UMP...
Après avoir raflé comme on le sait le siège de président de ce grand parti, mis à feu et à sang le socle politique de la formation, affaibli consciencieusement tout ce qui faisait la force de l'UMP, il poursuit aujourd'hui son oeuvre de dévastation en s'en prenant aux futures élections européennes.
Ne vient-il pas de pousser au devant de la scène Nadine Morano pour prendre la place de l'excellent spécialiste du Parlement Européen, le respecté bourguignon Arnaud Danjean ? Il s'acharne en sous-main à extraire du sud-ouest le président de commission Alain Lamassoure qui pourrait être remplacé par la "tunisienne" Michèle Alliot-Marie, en mal de mandat. Et dans le nord-ouest, il favorise son féal et non-moins porte-flingue, Jérôme Lavrilleux, en lieu et place du sortant et méritant Jean-Paul Gauzès.
Mais le pire est à venir... Alors que se profilent les élections au Parlement Européen, se joue en coulisses une partie tout aussi importante qu'est la présidence de la Commission Européenne. José-Manuel Barroso étant en bout de course, il faut aujourd'hui lui trouver un remplaçant. Les grandes formations politiques européennes s'y activent avec le soutien des gouvernements nationaux. Pour la France, le commissaire européen Michel Barnier, brillant, humaniste compétent, europhile convaincu, pourrait être l'homme du renouveau. Soutenu par le PPE, mais aussi, plus discrètement, par François Hollande, il fait figure de favori avec le socialiste allemand Martin Schulz. Eh bien non ! Pour notre intrigant de Meaux, il est "trop européen". Il se hâte pour avancer d'autres pions, quitte à jouer contre son propre camp et les intérêts supérieurs de notre nation et de l'Europe. Il ose même déclarer "qu'il aime tellement l'Europe qu'il en veut une autre..." Tartufe ! Quelle Europe ? Celle "des pains au chocolat" ? Celle du repli sur soi ? Celle des affaires et des affairistes ?
Non ! Ce n'est pas mon Europe, celle de l'humanisme, de l'ouverture et des peuples. Vade retro, satana Copé !

mardi 9 avril 2013

La leçon de Maggie la Sanglante

Margaret Thatcher vient de rejoindre Bobby Sands pour une joute oratoire qui s'annonce éternelle et mouvementée. Pour les uns, elle se fera dans l'enfer du terrorisme et de l'ultra-libéralisme, pour les autres dans le paradis des idéaux chevillés au corps...
Rarement j'ai pu lire un tel déferlement d'opinions contradictoires lui promettant les tourments éternels ou le panthéon des dirigeants historiques. Son intransigeance mâtinée de certitudes profondes et très certainement sincères en ont fait un des personnages marquant de la fin du XXème siècle, de celles et ceux qui ont imprimé à notre société actuelle ses marques de "fabrique" libérales et nationales. Il reste d'elle un brushing impeccable que même les mineurs n'ont pas décoiffé, un "I want my money back" que les européens n'ont pas encore digéré et un thé avec Pinochet que les démocrates n'ont pas avalé.
Mais au delà de la caricature et des critiques à la Ken Loach, on se doit de reconnaître cette force de convictions qui a fait chavirer des montagnes que l'on croyait intangibles. Que nos dirigeants "à l'eau tiède" prennent, avec la mort de Maggie la Sanglante, toute la mesure de cette nécessité de décider, d'affirmer un cap sans calculer leur futur électoral immédiat, avant que ce ne soit le peuple qui n'entre en ébullition.

lundi 8 avril 2013

L'Alsace en exemple... Bis

La sanction du vote démocratique est tombée hier, dimanche, après 20 heures. Malgré une large majorité de Oui  -58%- mais avec une participation trop faible et un département, le Haut-Rhin, qui a dit Non, la réforme territoriale initiée en Alsace n'aura pas lieu.
Dommage car quand on réclame plus de simplicité, plus de clarté, ce qui devait naître en Alsace pouvait représenter une belle chance pour notre pays d'aborder plus sereinement les challenges de l'avenir.
Mais sachons aussi tirer de ce scrutin quelques enseignements à même de nous servir pour l'après.  En effet, à la lecture des résultats et surtout de la campagne, ce qui marque est l'addition des non-dits, des mécontentements et des extrêmes qui fait pencher la balance vers le Non. Dans cette salade électorale à l'alsacienne, on y retrouve des ingrédients originaux : une belle quantité de FN mêlée au Front de Gauche, une pincée de socialistes bas-rhinois angoissés par la manœuvre de l'UMP, une louche de syndicalistes FO-CGT assis sur leurs pseudo prérogatives administratives et enfin, des cuillerées de citoyens mécontents et refroidis par un contexte national portant à la contestation.
Voilà comment un scrutin donné largement acquis à la cause du Oui, peut basculer dans le camp adverse sans que l'on y puisse vraiment quelque chose. Voilà comment une expérience tentante prend des années de retard alors qu'elle est à terme inéluctable. Nos grands partis, nos grandes institutions, nos "grands hommes ou femmes" ont bien des leçons à tirer de cette journée particulière en Alsace.
Quant à moi, je me suis fait traiter de "bobo puant et prétentieux" en défendant le Oui... Ravi de l'être finalement surtout quand on sait par qui j'ai été "emmerdé" !

dimanche 7 avril 2013

L'Alsace en exemple

Alors que l'on continue à s'écharper joyeusement et piteusement sur l'affaire Cahuzac, le Mariage pour Tous, que le Gouvernement nous concocte une nouvelle loi de décentralisation, saucissonnée en trois, sans saveur ni volonté, l'Alsace se prépare aujourd'hui dimanche à voter pour une petite révolution : fédérer les principales collectivités, région et départements, en une seule.
Par soucis d'économie et d'efficacité, nos amis de l'Est vont peut-être accomplir en réduisant les échelons de responsabilité afin de favoriser la gestion et l'équilibre des décisions, ce que le pouvoir central soit trop jacobin soit trop girondin est toujours incapable de résoudre.
Si le taux de participation dépasse les 25%, ceux qui furent les plus patriotes d'entre-nous, les plus européens aussi parce qu'ils savent exactement ce que les mots guerre ou occupation veulent dire, vont paisiblement révolutionner notre découpage administratif abscons et démontrer à nombre de "dinosaurus politicus cumulardus" que l'évolution est une absolue nécessité sous peine de disparition.
Le vote "oui" n'est pas acquis mais gageons que la boite de Pandore de la réforme est ouverte et qu'enfin nous allons pouvoir imaginer sereinement et démocratiquement la France et l'Europe de demain.

lundi 5 mars 2012

Première Coalition... Bis repetita ?

Il y a 220 ans, à quelques jours près, la France révolutionnaire s'élevait contre la Première Coalition qui réunissait déjà contre elle ce qui composait à l'époque l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et la Grande-Bretagne. L'épilogue mythique aujourd'hui de ces événements guerriers fut la bataille de Valmy et la proclamation de la Première République.
D'ici que François Hollande ne se prenne pour Dumouriez ou Kellermann, il n'y a qu'un pas belliqueux que je ne saurais franchir. Mais tout de même...
L'alliance informelle et supposée des grands dirigeants de l'Europe dite conservatrice contre le candidat socialiste se pourrait d'être contre-productive pour celui qu'elle est sensée défendre. Car, en ces temps troublés de crise morale, économique et institutionnelle, trouver des boucs émissaires est devenu le sport national. Et je vois bien le candidat social-démocrate railler cette union des "banquiers" contre la liberté de penser et de voter du peuple de France, donnant ainsi le change aux nombreux euro-sceptiques qui gravitent à la gauche de la gauche, soudant aussi mieux qu'une bonne campagne nationale, le socle des électeurs de gauche.
Comme quoi les frêles ailes du Moulin de Valmy pourraient faire de l'ombre au résident actuel du Palais de l'Elysée...

samedi 7 janvier 2012

Orban de l'Europe

A lire certains éditorialistes hexagonaux, la dérive autoritaire de Viktor Orban, premier ministre hongrois, serait la faute de l'Union Européenne et de politique monétaire trop contraignante pour les magyars...
On peut toujours accuser son chien d'avoir la rage afin de mieux l'exécuter mais là, il ne faut pas pousser Mamie dans le paprika car à la fin, elle éternue !
En utilisant les mêmes raccourcis scabreux, il n'y a qu'un pas, facile à franchir, pour démontrer que la dictature d'Horthy en 1920 ou la poigne de fer du leader communiste Kadar sont aussi dans les gènes du pouvoir hongrois.
Les crises quelles qu'elles soient, accouchent parfois, suivant les chromosomes culturels et sociaux des nations, de nouveaux-nés aux tares difficilement compatible avec notre vision démocratique et humaniste de la vie publique. Au lieu de stigmatiser tels ou tels "parents", tels ou tels "entourages", efforçons-nous plutôt de nous mobiliser pour lutter efficacement et pacifiquement afin que ces errances ne soient que des épiphénomènes locaux en voie de disparition.

samedi 17 décembre 2011

Triple A, triple erreur ?

Qui trop embrasse, mal étreint... A trop vouloir mettre le "AAA" de nos finances nationales sur un piedestal, l'Elysée a pris le risque d'avoir à gérer une triple erreur de communication. Auprès de l'opinion publique tout d'abord qui avait elle aussi fini par "sacraliser" cette notation, auprès d'organismes prêteurs qui, malgré nos efforts, ont déjà dégradé nos intérêts et enfin, auprès de nos amis européens qui auront beaucoup de mal à entendre les leçons d'un "élève" bavard mais finalement aussi médiocre qu'eux...

dimanche 4 septembre 2011

Chronique d'Asie


2018… Coupe du Monde de Football dans un pays improbable sur un stade impossible, tenez par exemple au hasard, le Qatar… D’un côté une équipe de quatre joueurs, 150 kilogrammes de moyenne,  pas de goal et des cages qui couvrent tout le fond du terrain. De l’autre, 25 footballeurs, légers, mobiles avec 6 gardiens et des filets qui varient de cinquante centimètres de large à deux mètres maximum suivant les humeurs du capitaine et la vitesse du vent. Ne me demandez pas de combien l’équipe d’Asie a écrasé celle d’Europe, le score en est devenu anecdotique tellement il fut lourd...
Cette chronique fictive pourrait être celle de la future compétition mondiale de ballon rond, mais elle est plutôt celle de la guerre économique et politique qui fait actuellement rage sur notre planète, avec ses règles faussées et ses principes de jeux différents d'un pays à l'autre. 
Pensant la gagner, forts de notre prétendue mission civilisatrice et démocratique, nous avons laissé filer des batailles et pénétrer l'adversaire au plus profond de nos défenses. Si cette stratégie a pu sourire à l'Empire russe ou soviétique en son temps face à Napoléon ou aux troupes nazies, il m'étonnerait que cela marche pour nos économies aux bords de l'asphyxie sociale et financière. 
Pays de rien, pays de faim et pays de mains, l'Asie a su, aujourd'hui, de même que l'Amérique du Sud ou l'Afrique demain, nous prendre à notre propre piège, celui de l'ouverture. Nous faisant miroiter des marchés mirobolants, ils nous ont charmés pour baisser notre garde aux frontières, filer nos technologies, nos cerveaux et ont même acheté les bijoux de famille. Nous avons cru benoitement qu'il suffisait d'être coopératifs et patients pour que ces pays basculent dans le modèle que nous rêvions pour eux. Mais que connaissions nous de leurs vies et de leurs rêves ?
Par une petite expérience et par finalement pas mal de séjours tant au Japon, qu'en Corée, Chine ou Thaïlande, j'ai de plus en plus la ferme impression que nous vivons là sur un mirage qui nous conduit droit dans le mur. Nous ignorons tout ou presque de la vie de ceux qui sont en train de nous broyer sans aucune  espèce de pudeur. Comment pouvons-nous nous battre à armes égales quand un salaire moyen "correct" à Bangkok est de 120 euros par mois avec 10 de charges sociales et est six fois inférieur à ce que l'on considère en France comme le minimum vital, le RSA ?  Nous passons notre temps à nous ressasser notre passé triomphant en priant pour un avenir meilleur. Ils n'imaginent que leur présent et leur futur très proche.
Nous ne savons rien d'eux alors qu'ils connaissent tout de nous, nos rêves, nos habitudes et nos failles. A longueur de séries télévisées, de communication ou de publicités, nous leur avons déversé notre message de consommation à outrance, de luxe et de "progrès". Ils ont pris ce qu'il y avait à prendre, travaillant sans relâche et nous abandonnant à nos fantasmes démocratiques et nos idées pour un monde meilleur à la sauce occidentale.
Je nous crois devenus chasseurs chassés et blessés si grièvement que les soins à prodiguer se doivent d'être faits sans délai ni tergiversations. J'entends déjà certains se dire avec gourmandise que j'ai basculé dans le camp retranché des euro-sceptiques et des conservateurs nationalistes. Foutaises ! J'ai juste envie de plus d'Europe et de mieux d'Europe, juste envie de plus de frontières et de mieux de frontières. Donnons nous un vrai gouvernement européen et appliquons sans barguigner la TVA sociale, écologique et les taxes sur les transactions financières à nos frontières élargies d'une Europe lucide et ferme dans ses convictions. Nous ne voulons pas renoncer à nos avantages acquis, à notre système de protection sociale alors faisons en sorte de les protéger et de les faire payer par ceux qui sont en train de les abattre. L'Organisation Mondiale du Commerce -OMC- que nous échafaudions comme la panacée à tous les maux de la planète, est devenue les pompes funèbres générales de l'économie européenne et de notre patrimoine industriel. Posons donc des règles du jeu équitables et non pas égalitaires comme nous le serinent sans cesse les tenants du tout mondialisme béat. L'Europe et l'Euro, malgré tout ce que l'on peut en dire, ont été des avancées formidables à la seule condition de rester aux services des peuples qui les ont portés. Les fourvoyer à l'image des espoirs ultra-libéraux ou les abandonner comme le souhaitent les nationalistes de tous crins, serait un recul fatal. Les renforcer et leur donner enfin la masse critique politique ressemble de plus en plus à une nécessité vitale.




vendredi 16 octobre 2009

Le temps des jacqueries

Mai 1358, la terre de France s'enflammait avec le soulèvement des "jacques bonhommes", les paysans, laboureurs et manants du royaume. Les causes de cette insurrection, restée dans les livres d'histoire comme un symbole, sont multiples, à la fois d'origine sociale, économique et politique. Elle se termina avec le sac de Meaux (la ville de Jean-François Copé, l'actuel président du groupe UMP à l'Assemblée, amusant...) par les troupes présidentielles... euh... pardon, royales. Réputés riches et privilégiés, ces agriculteurs en avaient pourtant assez de subir impôts, destructions guerrières et mévente de leurs productions...
Comparaison n'est pas raison mais la ressemblance avec les mouvements ruraux de plus en plus radicaux auxquels nous assistons aujourd'hui dans notre pays, souligne la désespérance dans laquelle plonge progressivement le monde agricole français.
Successivement nourrisseurs, exportateurs et aujourd'hui aménageurs, on a demandé, en un demi siècle, plus à cette catégorie socio-professionnelle qu'aucune autre sur notre territoire. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, ils ont dû bouleverser leur mode de vie ancestral pour nourrir une population urbaine affamée par le conflit. Puis en quelques années, ils sont devenus le deuxième exportateur mondial de denrées agricoles, faisant peser notre vin dans la balance commerciale autant que les ventes d'Airbus. A présent, alors que les prix mondiaux s'écroulent, on exige d'eux qu'ils soient exemplaires en matière d'environnement, d'hygiène et de respect des normes européennes. La quadrature du cercle qui les pousse à se révolter contre l'implacable machine économique qui est en train de les broyer.
Pourtant, ils ont fait la fortune des plus grands groupes du CAC40, perles agroalimentaires mondialisées que la planète nous envie, et porté sur les fonds baptismaux la fameuse banque verte, le Crédit Agricole, cette même banque qui, aujourd'hui, les met à genou à coup de comptes bloqués ou de refus de prêts vitaux. Et puis, le pouvoir central les a un peu oublié, n'étant plus de ce monde rural qui a construit la France contemporaine. Ils coûtaient si cher à la nation et à l'Europe et ne représentaient que 4 ou 5% des électeurs...
C'était omettre qu'ils sont les jardiniers de notre quotidien, les peintres de notre paysage et les sculpteurs de notre imaginaire. C'était oublier qu'au delà de la statistique démographique brute et impersonnelle, ils sont le sang qui coulent dans les veines de l'immense majorité de nos concitoyens, que chaque ferme abandonnée fait autant de mal qu'une aciérie qui ferme à Gandrange. A cela s'ajoutent les réformes territoriales technocratiques qui ont élimé durablement le soutien et le bouclier que représentaient les cohortes d'élus locaux toujours prêts, avant, à se mobiliser pour faire digérer un nième loi ou directive.
Ils ne demandent pas grand chose, simplement d'être payés le juste prix de leur harassant travail, pouvoir enfin se regarder en face et faire vivre leur famille comme d'autres le font. Une revendication qui ne viendrait même pas à l'idée de la plupart d'entre nous, tellement elle peut nous paraître évidente. Posez cette question à un facteur, un conducteur de train ou à un professeur que l'on voit dans la rue et l'on entend si souvent dans les médias : accepteriez-vous de travailler 60 heures par semaine pour rien ? Non monsieur ! L'esclavage a été aboli ! L'esclavage peut-être, le servage pas sûr...
Je ne crois plus que notre nation exsangue financièrement puisse faire beaucoup pour nos paysans, peut être imaginer quelques soins palliatifs pour les plus atteints, peut être adoucir une mort certaine. En revanche, j'ai foi en la mobilisation citoyenne d'un nation enfin solidaire de ceux qui ont fait sa fortune et sa réputation dans le monde. Oublions un peu la dictature du prix de notre nourriture. Avons-nous vraiment besoin de 200 grammes de viande dans notre assiette ? 180 grammes au même prix mais produits en France suffisent largement à notre bonheur gastronomique et redonneraient l'oxygène nécessaire à bien des éleveurs. Exigeons plus de transparence dans ce que nous mangeons et buvons, soyons attentifs à notre alimentation et à ceux qui la produisent, autant que nous le sommes sur bien d'autres sujets et je reste persuadé que nos paysans retrouverons l'espoir et l'envie de continuer à façonner notre vie et notre paysage.

mardi 29 septembre 2009

Gá againn Eoraip

"Gà againn Eoraip... We need Europe... Nous avons besoin de l'Europe !" Rodrigue qui l'eût cru ? Chimène qui l'eût dit ? Voilà l'étonnement que l'on peut ressentir à la lecture des sondages qui donnent le "oui" largement en tête du nouveau référendum sur le Traité européen de Lisbonne organisé en fin de semaine en Irlande.
Dernier bastion du blocage de la réforme des institutions européennes, l'Ile Verte semblait pourtant insensible aux sirènes sonnantes et trébuchantes de Bruxelles puis la crise mondiale est passée par là. Et les irlandais ont pu mesurer à l'aune de la faillite de leurs voisins islandais tout l'intérêt qu'ils pouvaient retirer de leur appartenance à l'UE. Durant les mois catastrophiques de cette fin 2008 et au début de 2009, alors que l'économie du Tigre celtique s'écroulait par pans entiers, les financiers de l'UE ont lâché plus de 8% des aides versées en soutien en Europe, l'Irlande ne représentant que 1% de la population des 27, sauvant ainsi d'une faillite certaine ce pays qui avait tout misé sur la nouvelle économie, mélange détonnant de finances et de nouvelles technologies.
Aujourd'hui, même le tout puissant syndicat agricole IFA appelle à voter pour le traité constitutionnel, vidant pour le coup le réservoir contestataire de Libertas, les anciens amis de De Villiers. La verte Irlande se repeint en bleu et le coup de frein économique de la crise devient un accélérateur de la construction européenne. C'est dommage d'être obligé d'en passer par là mais on ne peut, quand on est un européen convaincu comme je le suis, qu'en être heureux. Tout n'est pas parfait dans le Traité de Lisbonne mais c'est un pas de plus vers le renforcement des liens qui nous unissent et qui nous permettent de former un continent plus solidaire et certainement mieux protégé des tourbillons économiques internationaux. Le triomphe des partis pro-européens lors des dernières élections démontrent que nos concitoyens ont pleinement pris conscience que ce qui nous unit est bien plus fort et plus prégnant que ce qui nous sépare. Alors, hélas, mais tant mieux : vive la crise !

mardi 4 août 2009

Bruxelles ou le complexe d'Oedipe

Thème central de l'analyse freudienne, le complexe d'Oedipe est le désir inconscient d'avoir une relation sexuelle avec un de ses parents et d'abattre l'autre... Avec l'affaire des primes aux cultivateurs français de fruits et légumes, nous nous trouvons en plein drame oedipien. D'un côté, des paysans qui font les yeux doux à "maman" État et à ses ministres pour obtenir force subventions et aides afin de leur éviter le grand plongeon économique. Et d'un autre, ces mêmes agriculteurs prêts à pourfendre "papa" Bruxelles et sa cohorte de technocrates honnis, "le" traitant au mieux de père indigne et au pire de maquereau...
Pourtant, ce papa là se tue au boulot pour financer notre agriculture, consacrant près de 43% de son budget global à sauver de la concurrence mondiale producteurs de bananes des Antilles, éleveurs de moutons des Causses ou fraisiculteurs du sud-ouest. Et maman, en épouse un peu volage, promet monts et merveilles et dépense à qui mieux-mieux les sommes durement gagnées du foyer européen.
Dans la crise estivale qui nous intéresse, l'Union Européenne joue son rôle d'arbitre paternaliste un peu raide et la France est pour l'heure la gourgandine prise les doigts dans la confiture après avoir joué avec des financements indus mais certainement nécessaires. La quadrature du cercle des aides européennes tient à la fois du fait de proscrire toute distorsion de concurrence d'une part et au nécessaire soutien d'un monde rural mis à mal par cette même concurrence des pays à bas coût de main d'oeuvre d'autre part.
Il serait peut être grand temps que nos argentiers continentaux se penchent rapidement sur ce problème insoluble en l'état. Beaucoup ont déjà proposé un arsenal financier qui permettrait d'équilibrer nos échanges internationaux. Pour les masses financières mouvantes et si problématiques, mettons en place la fameuse taxe "Tobin". Pour les marchandises arrivant de pays ne respectant aucun minimum social et humain, rééquilibrons par une ponction "respect de la personne humaine". Et enfin, pour ceux qui se préoccupent d'environnement comme de leur première chemise, appliquons une taxe "carbone" à l'importation. Peut être qu'ainsi notre foyer européen retrouvera un équilibre et une harmonie toute familiale, avec des parents aimant et des enfants moins turbulents et enfin reconnaissants...

dimanche 7 juin 2009

Bien fait !!!

Les résultats des élections européennes en France viennent juste de tomber. Un seul commentaire me vient à l'esprit : seuls ceux qui ont parlé d'Europe ont vraiment gagné... Tous les autres qui avaient construit leurs campagnes sur le seul slogan "non à Sarkozy", ceux qui plaidaient pour un repli sur nos frontières, ceux qui rêvaient d'un "grand soir" balayant un capitalisme affaibli, tous ceux là ont perdu, tous ceux là devront reprendre leurs chères études de Sciences-Po et réfléchir aux attentes des électeurs.
L'Europe est une grande idée, la seule qui puisse nous aider à résoudre tous les challenges en particulier environnementaux qui nous attendent. La fouler au pied, se tromper d'élections, penser à d'autres échéances, tous ces facteurs ont précipité l'échec des prétendants, des courtisans et des opposants bornés. L'UMP, seule contre tous, a resserré les rangs. Europe Écologie a réussi une campagne tonique, la plus européenne de toutes. Ces deux formations ont raflé la mise et démontré la pertinence de leur positionnement. Demain, nos nouveaux parlementaires vont devoir faire preuve de beaucoup de pédagogie et faire accepter aux Français le projet européen.

samedi 6 juin 2009

Votez dimanche !

Quand j'ai eu mon premier passeport "européen" bordeaux pour remplacer l'antédiluvien passeport français bleu marine, je me suis tourné vers ma mère et je lui ai dit en souriant : "je crois du fond du coeur que je ne vivrai plus de guerre en Europe..."
Ça peut paraître kitsch et convenu mais au moins pour cette raison, votez dimanche 7 juin !

vendredi 5 juin 2009

Minables !

Il n'y a pas de mots pour qualifier la triste prestation de nos "leaders" politiques lors du seul débat télévisuel organisé à l'occasion des Elections européennes.
Ils ont été minables pour reprendre les propos controversés de François Bayrou. Cacophoniques, indisciplinés, inutilement polémistes, les représentants des grandes listes ont donné une bien piètre image de la politique française. Oubliée la réalité de l'Europe, passés sous silence les enjeux d'avenir de l'Union, tout était bon pour tirer à boulets rouges sur son plus proche adversaire sondagier... Bayrou insultant Cohn-Bendit, Marine Le Pen crêpant le chignon de Philippe de Villiers, Mélenchon toisant de haut Besancenot et Martine Aubry traitant de "menteur" l'UMP Xavier Bertrand. Bref, de la politique de très bas étages qui a du écoeurer bien d'un électeur potentiel.
Finalement, la seule unanimité s'est faite sur le dos de Nicolas Sarkozy... mais pour fustiger sa politique nationale et sa présidence européenne. France 2 et le service public avaient cherché à donner aux téléspectateurs la possibilité de se faire une idée plus claire du vote du 7 juin. Encore une fois la bonne question apporte une réponse erronée. Et j'espère que nos "grands" élus ne s'étonneront pas de l'abstention record qui nous attend dimanche prochain. Ils y auront plus que largement contribué. Minables, je vous l'ai déjà dit, mais en plus, cyniques et calculateurs... L'Europe, notre avenir, est en de bonnes mains !

dimanche 31 mai 2009

Le virus du dialogue républicain

Le débat organisé hier à Périgueux, avec l'appui de Sud Ouest, fleurait bon la IVème République... D'un côté, puissance invitante, Vianey Le Vacon, le tenant du Front de gauche du sémillant sénateur Jean-luc Mélenchon et de l'autre, le périgourdin de l'Elysée, Jérôme Peyrat, conseiller personnel du Président de la République et portant les couleurs de l'UMP. Nos deux madrés débatteurs étaient accompagnés d'une bonne centaine de leurs supporters, performance très honorable si l'on tient compte d'une météo qui poussait tout un chacun à partir aux bords de l'eau plutôt que de s'intéresser à un scrutin aussi abscons que celui des Européennes.
Ça faisait si longtemps que je n'avais plus assisté à un débat contradictoire au niveau local et ce fut avec plaisir que je me suis intéressé à la joute verbale qui ressemblait à si méprendre à un match de fond de cours à Rolland Garros. C'était comme au bon vieux temps des années 50-60 quand les militants gaullistes se frottaient à leurs homologues communistes, chassant les mêmes "clients" électoraux dans les cages d'escaliers des cités ouvrières.
Sans invectives et avec une rhétorique éprouvée, Vianey Le Vacon a réchauffé tous les arguments du "non" déjà entendu lors du référendum de 2005, éreintant avec l'aide de la crise économique l'Europe des banquiers et des riches, alignée sur les États Unis, l'enfer du libéralisme. Certes, il a oublié un peu que ce libéralisme quand il fut économique et non financier, a largement enrichi tous les peuples qui furent sous sa coupe, bien plus en tous les cas que ceux qui subirent les soixante dix ans de pouvoir communiste, les anciens modèles de notre candidat du Front de Gauche. Il a même condamné fermement la France de l'Otan, marchande d'armes, en omettant pudiquement que son parti est le premier à camper dans les piquets de grève devant chez Dassault ou la SNPE quand les ventes de missiles ou de bombes sont en berne et que ces entreprises ont recours aux licenciements...
Là où finalement nos deux bretteurs d'estrade sont tombés d'accord, c'est sur une Europe plus politique et plus démocratique avec un Parlement puissant et respecté des européens, certes pour mettre en oeuvre des mesures radicalement différentes. Au final, même si les positions de chacun dans la salle n'ont certainement pas changées d'un iota, ce débat court et envolé a démontré l'intérêt de la pédagogie électorale, du dialogue républicain et de la rencontre. La démocratie en est sortie grandie et les absents, socialistes et centristes, ont du ronger leur freins, tant ils devaient se sentir exclu du "festin" médiatique local...

mercredi 27 mai 2009

Abstention, piège à ...

Les sondages annoncent une abstention record pour le prochain scrutin des élections au Parlement européen. Après les 57% de 2004, on pourrait atteindre plus de 60% en ce mois de juin. Manque d'intérêt pour de mauvaises campagnes, complexité du scrutin, éloignement du processus de décision, toutes les excuses sont bonnes pour justifier l'absence de vote.
Pourtant je connais plein de nord coréens affamés, de cubains enchaînés ou de soudanais déportés qui révéraient de mettre une fois dans leur vie un bulletin dans l'urne d'une élection démocratique. Nous avons, nous, européens et français, vraiment des réactions de nantis, d'obèses de la démocratie. J'ai beaucoup voyagé dans ma vie et j'ai pu mesurer dans mes séjours aux quatre coins de la planète le privilège rare que nous possédons : celui de pouvoir exprimer librement notre opinion à travers notre vote. Chaque fois que j'ai eu la chance d'en parler avec ceux qui souffraient de ce manque, j'ai vu briller leurs yeux d'une flamme d'envie et de regret.
Alors balayons d'un revers de main nos états d'âmes de poussahs repus et le 7 juin, votons. Votons car l'Europe a été notre passé d'un demi siècle de paix, elle est notre présent et elle sera de plus en plus, qu'on le veuille ou non, notre avenir.

lundi 25 mai 2009

Kim Jong Ubu

Explosion nucléaire en Corée du Nord... Les capitales du monde sont en ébullition diplomatique pour essayer de trouver une parade à l'escalade militaire de Pyongyang. Cela pourrait passer comme une anecdote pour nombre d'entre nous tellement ce pays est loin, à tous les sens du terme, de nos préoccupations quotidiennes. Pourtant un peuple entier est en train de mourir à petit feu par la folie ubuesque de ceux qui le gouvernent, au premier rang desquels "le phare de la pensée universelle" Kim Jong-Il, bien aidé par le laxisme complice de nos dirigeants. Certes, il n'y a pas de génocide tel que le définit la Cours pénale internationale mais cela y ressemble bigrement.
Famines à répétition engendrant des millions de morts, tortures, déportations massives, absence totale d'une quelconque démocratie, le catalogue sanglant de la tyrannie affiche complet depuis 60 ans en Corée du Nord. Mais les nord coréens ont la pudeur et la retenue de crever en silence. Pas de pétrole pour aiguiser les convoitises des majors, pas de plages de rêves, pas de stars qui prennent la défense de ce peuple opprimé, rien qui puisse titiller un quelconque intérêt international. De plus, le pesant et omnipotent voisin chinois n'aime pas qu'on se mêle de ses affaires locales. Tout concoure pour que la Corée du Nord devienne à terme un désert de misère et de honte. On ne peut être que révolté par cet état de fait et par notre duplicité diplomatico-commerciale.
A deux semaines du vote pour les élections au Parlement européen, l'importance d'une Europe forte, honnête, respectée, prend ici toute sa valeur. Notre continent porteur de valeurs universelles se doit d'avoir une parole unique et marquer ainsi sa différence. Et arrêtons de nous dissimuler derrière le cache-sexe impudique de nos balances commerciales ! La Chine a tout autant besoin de nous pour faire tourner ses usines que nous d'elle pour acheter nos Airbus... Et nous gagnerons ainsi le respect des peuples même si nous perdons l'estime sans importance de leurs dirigeants.

jeudi 21 mai 2009

Lumière divine ou illumination

Dieu dans son immense mansuétude est capable d'éclairer le chemin tortueux et compliqué des humains. A croire que parfois, le tableau des fusibles divins saute et que personne n'est là pour réparer...
Ainsi, la République d'Irlande vient de publier un rapport accablant sur les mauvais traitements infligés à plus de 35000 enfants placés dans des institutions catholiques entre 1936 et... 1990 ! Viols en série, travail 12 heures par jour, humiliations publiques, rien ne leur a été épargné par ceux qui auraient du les protéger d'une vie si mal débutée. Parce qu'ils ont eu le malheur d'être nés dans une famille dite "dysfonctionnelle", ils ont subit le pire. On a brisé leurs rêves d'enfants, foulé au pied leur innocence par obscurantisme, licence et perversion.
De même, en ce moment aux États Unis, une mère est en fuite avec son fils de treize ans pour lui éviter une chimiothérapie qui pourtant permettrait de soigner son lymphome de Hodgkin. Tout cela, parce qu'elle souhaite suivre les préceptes d'un groupe sectaire Nemenha qui prône les médecines naturelles et alternatives.
Où s'arrêtent les frontières de l'irresponsabilité et de la déshérence affective sous prétexte de croyance ou d'autorité divine ? Relisons alors la prière de Saint François d'Assises, la sourate An-Nissa ou les huit préceptes du Bouddhisme et méditons un peu...

Blog Patrol