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mercredi 14 décembre 2011

Les larmes d'Abraham

Je reprends la plume après une longue pause travail-bénévolat car les événements de Syrie tournent sans cesse dans ma tête, mon coeur et mon âme. Des bouffées de souvenirs remontent à la surface, souvenirs de trois semaines de présence dans ce pays magique, mètre-étalon de notre civilisation, creuset de notre culture occidentale et ferment de nos consciences.
Ce drame vécu par le peuple de Syrie semble survoler à des milliers de kilomètres nos préoccupations bien matérielles de fêtes de fin d'année, de crise ou d'élections présidentielles. Pourtant, à trois heures en avion de notre confort douillet, une tragédie sanglante est en train de se dérouler dans une quasi-indifférence et surtout dans l'inconscience des conséquences d'un effondrement de cette nation. Pivot d'une construction fragile du Moyen-Orient, la Syrie, livrée à la guerre civile et au chaos, annonce d'autres conflits avec un Liban fragile, un Iran secoué par les divisions et un Irak convalescent, objet de tant de convoitise.
Dans ce sang syrien d'enfants et d'innocents rêvant de liberté, se mélangent les larmes de notre père Abraham. Quand on a respiré l'air chargé d'épices du souk d'Alep ou prié sur le tombeau de Jean le Baptiste au coeur même de la mosquée des Omayyades, ce pays, cette terre immémoriale vous étreint comme une maitresse inapaisable. Je ne peux effacer de mon esprit le sourire radieux de chrétiens d'Orient, la pieuse retenue de dévots musulmans que j'ai croisé dans mes pérégrinations syriennes.
En ignorant ce pays et le cancer qui le dévore, nous ignorons notre propre histoire, notre culture et par la même nous nous condamnons à un avenir incertain. Le petit être, divin, que nous allons fêter dans quelques jours est né il y a deux mille ans sur cette terre que nous oublions, au milieu des ancêtres de ce peuple que nous regardons mourir sans bouger ni frémir. Honte à nous qui ne pensons qu'à nous protéger, sans imaginer un seul instant que sauver ce peuple, c'est aussi préserver nos générations futures.

mardi 27 septembre 2011

On lave plus blanc...

Que ne ferait-on pas pour un parlementaire de plus en temps de disette ? Alors que la division de la majorité présidentielle a été l'une des causes majeures de la perte du Sénat, dès le lendemain de cet étripage en règle, on est en train de nettoyer sans vergogne le champ de bataille.
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, s'est prononcé pour la réintégration "logique" de Pierre Charon, sénateur élu sur une liste dissidente à l'UMP parisienne. Finalement blesser à mort son propre camp et participer activement à la déliquescence d'un parti est plutôt bien vu des dirigeants de ce même parti. Bel exemple de rigueur et de fermeté...
C'est Henri IV qui a dit "Paris vaut bien une messe.." Pourtant mal lui en a pris en périssant sous les coups de Ravaillac... Traîtres de bonne volonté, unissez-vous ! L'avenir vous appartient !


mercredi 21 septembre 2011

La ligne verte

Café-croissant du matin, brume légère sur la campagne et rayon de soleil lumineux qui transfigure la cathédrale Saint-Front, je pourrais avoir l'esprit léger et l'humeur badine si une information venant de l'autre bout de la planète ne me plombait pas le moral. La nuit prochaine, vers une heure du matin, Troy Davis recevra une injection létale pour un crime qu'il semble ne pas avoir commis.
Dans ce débat sans fin sur la peine de mort, une nouvelle démonstration de son extrême barbarie est en train de se dérouler presque sous nos yeux. Depuis 1991, un homme de quarante deux ans aujourd'hui clame son innocence, sept des neuf témoins qui l'ont accusé, se sont rétractés, victimes auparavant des pressions des enquêteurs et pourtant, la machine implacable, grotesque et inhumaine, de la sentence capitale poursuit son chemin.
J'essaye, sans y parvenir, d'imaginer ce qui se passe dans l'esprit de cet être qui va mourir ce soir. Mon coeur se glace, j'ai une boule au ventre. Je me repasse les images d'exécutions, trop nombreuses, vues dans des films américains ou non comme la Ligne Verte. La musique magique et lancinante de Miles Davis dans "Ascenseur pour l'échafaud" tourne en boucle sur mon Ipad.
On me rétorquera de me mettre aussi à la place des victimes. Sans problème ! Je partage ces douleurs, je compatis de tout mon être. Mais une souffrance, aussi terrible soit-elle, doit-elle engendrer une torture, une vengeance officielle comme peut l'être la peine capitale ? Je ne le crois, je ne peux même pas l'imaginer...
J'ai été éduqué dans un esprit de pardon, de respect et de compassion. "Père, pardonne leur car ils ne savent pas ce qu'ils font"... On peut être croyant ou pas mais cette prière du Christ en croix doit nous servir de guide dans notre compréhension de l'autre et de ses actes, même les plus brutaux et les plus violents.
La mort annoncée de Troy Davis me bouleverse comme toutes les morts injustes, cette journée et bien d'autres hélas vont être assombries par notre propre barbarie et bêtise.


dimanche 18 septembre 2011

Pas de pitié pour la Pythie !

Va-t-il parler ? Attention, il va parler ! Que va-t-il dire ? Il est malheureux... Pauvre DSK, pauvre chou oserais-je. On se croirait revenu à Delphes sous l'Antiquité, quand le peuple crédule attendait que la Pythie rende son oracle pour le dieu Apollon (Tiens, encore un "séducteur"...).
Pour moi, et il semble pour une majorité de français, ce sera un petit tour et puis s'en va, tant pis pour la présomption d'innocence, tant galvaudée et utilisée pour blanchir et faire oublier des comportements inadmissibles. Comment peut-on encore avoir de la considération pour un homme, soit disant d'Etat, qui n'arrive pas à maîtriser ses pulsions libidineuses dès que le moindre jupon affriolant apparaît à l'horizon ? Ses amis, et c'est tout à leur honneur, ont beau ramer à contre-courant pour expliquer qu'il est "triste et désolé d'avoir raté son rendez-vous avec les français." Ce n'est pas moi ni mes concitoyens qui lui avons posé un lapin ! Et son opinion sur la crise, sincèrement, je m'en contre-fous ! Bien d'autres "experts" nous ont abreuvé de solutions et de plans sur la comète sans chercher à embrasser la journaliste qui les interrogeait.
Je suis peut-être dur et injuste mais mon ressentiment est à la hauteur de ma déception et de ma colère. Déception car cet homme incarnait pour moi une idée de la social-démocratie qui a toujours eu mes faveurs et colère parce qu'il a sali un peu plus l'image déjà fort dégradée des politiques. Comme le titre le Journal du Dimanche, "Strauss-Kahn, 20 minutes pour en finir". Oui, c'est cela, finissons-en et passons vite à autre chose, de bien plus sérieux et de bien plus important.

... suite ...

Pour la première fois sur ce blog, j'ajoute une suite à un billet ! La Pythie de la Place des Vosges a enfin parlé ! Et...? Bin, pour moi, rien... "J'ai commis une faute morale", pour le moins oui... "Et je n'en suis pas fier..", il ne manquerait plus que cela ! Ite missa est. La messe est dite. Que ses amis fassent son deuil, pour moi qui suis un mécréant, le cercueil est cloué et je passe à autre chose comme je le souhaitais auparavant...




lundi 12 septembre 2011

La mort avant la mort

"La mort est parfois faussement accusée quand elle achève des vieillards qui par l'âge étaient déjà finis, déjà bien morts avant l'avènement de leur propre mort." Ahmadou Kourouma in "En attendant le vote des bêtes sauvages"... Ce titre d'un très bel ouvrage et cette citation ne s'inventent pas et pourraient peut être s'adapter au scrutin qui a eu lieu, hier dimanche, à Vic-Fézensac, petite bourgade gasconne surtout connue pour sa feria d'anthologie...
Chaque pentecôte, Vic se trouve envahie par 30 à 40000 festaïres qui viennent passablement bouleverser les habitudes des résidents. Devant les nuisances certaines et les mouvements d'humeurs d'une part importante de ses concitoyens, le maire, Michel Sanroma (PS), a donc décider d'organiser un référendum à trois réponses : le statu quo, un effort supplémentaire pour maîtriser les festivaliers et la suspension pour deux années de la manifestation.
Avec plus de 50% des suffrages sur 61% de la population ayant voté, c'est la troisième solution qui l'a emporté. Démocratie participative diront les uns, dévoiement de la responsabilité des élus insisteront les autres... Je ne vous étonnerai certainement pas en penchant fortement pour le deuxième postulat.
Sans peut être le savoir, nombre de ceux qui ont participé à ce scrutin, ont en réalité voté leur propre mort, la mort annoncé d'un village du Gers qui avait bâti sa réputation sur ses fêtes et sa capacité à se mobiliser pour faire vivre des moments inoubliables à ceux qui y participaient. Pentecôtavic où les plus grands matadors tremblaient devant des taureaux de légende, Tempo Latino qui a reçu pour la première fois en Europe le virtuose cubain, Compay Secundo, les premiers marchés de nuit du Sud Ouest, une piste de ski (!!!) pour le Noël 95, la liste serait longue des manifestations pour lesquelles ce bourg de 3000 âmes a défrayé la chronique. De tels événements ne vont certes pas sans de nombreux et pénibles inconvénients. Incivilités, bruits, ivrogneries, là aussi, les adversaires de la feria ont trouvé du grain à moudre, bien plus efficace que l'opposition frontale et stérile à la pratique de la tauromachie.
Au lieu de prendre un risque, de trancher, de décider, le maire, tel un "Ponce Pilate" nouveau genre, s'en est remis à ses électeurs, s'évitant ainsi peut être une fin de mandat tourmentée mais entraînant certainement sa commune vers une funeste léthargie.
Je suis tout à fait prêt à accepter qu'une telle manifestation puisse engendrer des désagréments importants, comme d'ailleurs la plupart des événements sur la voie publique et en ville. Mais au train où vont les humeurs des français, nos villes et villages vont se transformer en dortoirs paisibles mais si près du cimetière que j'en ai déjà froid dans le dos. Si les collègues de monsieur Sanroma avaient agi de même, nous n'aurions plus le Festival des Vieilles Charrues à Carhaix, le Carnaval de Rio ou la Fête de la Bière de Münich. Et en d'autres lieux, d'irascibles néo-ruraux ont cité au tribunal coqs chanteurs ou vaches tintinnabulantes...
Dans l'excellent film "Le bonheur est dans le pré", tourné dans le Gers non loin de Vic, un "parisien" interroge un gascon pour savoir pourquoi ils font sans cesse la fête. "Parce que demain nous serons peut être tous morts..." répond malicieusement le papé. Certains vicois sont morts hier, morts avant l'avènement de leur propre mort...


dimanche 11 septembre 2011

Humain

11 septembre 2001 - 11 septembre 2011... J'ai mis un peu de temps à me décider à écrire sur ce funeste anniversaire. Non pas que je veuille éviter de faire comme tout le monde mais, dois-je l'avouer ici, je suis resté traumatisé par cet événement hors normes.
Oui, simplement, puérilement, ces images d'outre-Atlantique et d'outre-tombe restent tellement présentes à mon esprit que j'ai encore peur d'en parler, de m'exprimer sur ce sujet.
J'aime tant cette Grosse Pomme de New-York... Quand on a eu la chance de marcher nez au vent sur le pont de Brooklyn, de flâner dans Greenwich ou de déguster un burger aux pieds de Wall Street, on reste marqué à jamais par l'âme de cette ville fascinante et magique. Elle vous prend et ne vous lâche plus, maîtresse sensible et exigeante. Aucune cité de notre planète ne mérite plus le titre de ville du Monde, de creuset tourbillonnant de civilisations mélangeant descendants de russes blancs et chauffeurs de taxi haïtiens.
Pourtant la cruauté, la stupidité d'un extrémisme moyen-âgeux en a décidé autrement. Croyant abattre "le grand Satan", ces fous d'un dieu, sans âme ni raison, n'ont fait que donner un visage pour l'éternité à trois mille martyrs innocents. Le boomerang de l'histoire les a renvoyés près des flammes de l'enfer qu'ils avaient attisées par leurs actes barbares.
En revivant ces instants d'horreur, on se sent profondément humain face à la bestialité, terriblement fort face à tant de violence. Ils ont cru gagner une guerre de religion, ils n'ont fait qu'accélérer une nouvelle défaite de l'intolérance...


Les mains sales et la nausée...

Après les épisodes pagnolesques des marins d'eaux saumâtres Guérini et de Navarro, nous partons aujourd'hui, dans le Journal du Dimanche, pour un remake d'Out of Africa version Chirac-Villepin... Un avocat des basses oeuvres, Robert Bourgi dénonce, dans un interview surréaliste, les pratiques maffieuses au plus haut sommet de l'Etat. Pour une fois, l'actuel locataire de l'Elysée y est épargné et ce sont son prédécesseur, Jacques Chirac, et son ennemi intime, Dominique de Villepin, qui ont droit aux tirs de barrage médiatiques.
Même si nous sommes de plus en plus habitués, hélas, à tout entendre et tout lire, il faut avouer que là, les bras m'en tombent. Écoeurement, déception, colère froide, je ne sais quel sentiment m'étreint le plus. J'accuse tous ces personnages, ceux que l'ont connaît et tous ceux qui sont passés entre les mailles des filets journalistiques ou judiciaires, de salir notre nation et ses idéaux, de fouler aux pieds la démocratie et de bafouer le peuple de France et la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen. Comment, sous de fallacieux prétextes, peut-on en être arrivé là ? Prisonniers d'une soif inextinguible du pouvoir et des honneurs, malades du paraître et des faux semblants, ils font le lit des extrêmes, guère plus recommandables qu'eux mais aux discours si simplistes que bon nombre de nos concitoyens les préfèrent à ceux de nos magouilleurs institutionnels.
Faudra-t-il en arriver à un soulèvement populaire avec toutes les conséquences que l'on peut craindre pour qu'enfin, nous fassions table rase du passé et de ces méthodes aberrantes ? J'aime la vie publique et la politique, par dessus tout... Et je ne veux ni peux plus accepter que mon pays, ma république cautionne d'hallucinantes révélations sur les agissements de ceux qui nous gouvernent, à tous les niveaux et de tous les bords.
2012 arrive à grand pas et celui ou celle qui tentera d'obtenir mon suffrage, devra, bien plus que des promesses et des idées, montrer "patte blanche" et faire en sorte d'arriver devant nous, français, sans compromissions ni zones d'ombre. Il y a du boulot... Les écuries d'Augias débordent...


mercredi 7 septembre 2011

Le crépuscule des Dieux

Chirac, Halliday, Strauss-Kahn... Cette rentrée, même pas scolaire, ressemble à s'y méprendre à un requiem pour dinosaures en perdition. Ils furent, chacun dans leurs registres, à l'apogée de la célébrité. Faisant rêver leurs supporteurs, chavirer le coeur des fans et trembler leurs adversaires, ces trois bêtes de scène avaient conquis, à force de luttes et de coups plus ou moins bas, gloire et positions enviables. Puis l'âge, l'usure du pouvoir et de la vie trépidante ou des comportements erratiques ont produit leur lent ouvrage, corrodant, rognant et broyant des êtres que l'on pouvait croire indestructibles et promis à une quasi-éternité médiatique.
Chirac a perdu un peu de sa tête, Johnny beaucoup de sa voix et DSK toute sa réputation de meilleur challenger de Nicolas Sarkozy... Bilan calamiteux pour les uns, suite logique d'une fin de règne pour d'autres, le résultat est là : tournons la page, leurs pages et pensons notre avenir sans eux.
De toutes manières, Jacques Chirac, sans avoir jamais été présent dans un prétoire, a déjà été jugé par la postérité, metteur en scène qu'il fut d'un théâtre d'ombres et d'un système politique d'un autre temps. De même, notre star du rock à la française restera dans le coeur de nos concitoyens comme ce personnage des nouvelles légendes urbaines, fantôme des nuits tropéziennes et des studios californiens. Ce n'est pas en remontant sur les planches théâtrales avant de finir entre quatre, qu'il redeviendra la vedette qu'il fût. Enfin, celui qui dinait avec Barack Obama juste avant de vouloir "consommer" une femme de ménage de l'Hôtel Sofitel New-York, tente, aux milieux des décombres encore fumant de sa réputation, de revenir au devant de la scène politique nationale. Tel la Pythie de la Place des Vosges, il est attendu par des médias sans imagination pour débiter au mieux des excuses et son testament politique, au pire des oracles dévastateurs pour son camp politique.
RIP à tous trois... Aux historiens, chroniqueurs et autres critiques de faire, maintenant, que ces fins crépusculaires et dramatiques soient repeintes aux couleurs d'une saga immémoriale.


dimanche 4 septembre 2011

Chronique d'Asie


2018… Coupe du Monde de Football dans un pays improbable sur un stade impossible, tenez par exemple au hasard, le Qatar… D’un côté une équipe de quatre joueurs, 150 kilogrammes de moyenne,  pas de goal et des cages qui couvrent tout le fond du terrain. De l’autre, 25 footballeurs, légers, mobiles avec 6 gardiens et des filets qui varient de cinquante centimètres de large à deux mètres maximum suivant les humeurs du capitaine et la vitesse du vent. Ne me demandez pas de combien l’équipe d’Asie a écrasé celle d’Europe, le score en est devenu anecdotique tellement il fut lourd...
Cette chronique fictive pourrait être celle de la future compétition mondiale de ballon rond, mais elle est plutôt celle de la guerre économique et politique qui fait actuellement rage sur notre planète, avec ses règles faussées et ses principes de jeux différents d'un pays à l'autre. 
Pensant la gagner, forts de notre prétendue mission civilisatrice et démocratique, nous avons laissé filer des batailles et pénétrer l'adversaire au plus profond de nos défenses. Si cette stratégie a pu sourire à l'Empire russe ou soviétique en son temps face à Napoléon ou aux troupes nazies, il m'étonnerait que cela marche pour nos économies aux bords de l'asphyxie sociale et financière. 
Pays de rien, pays de faim et pays de mains, l'Asie a su, aujourd'hui, de même que l'Amérique du Sud ou l'Afrique demain, nous prendre à notre propre piège, celui de l'ouverture. Nous faisant miroiter des marchés mirobolants, ils nous ont charmés pour baisser notre garde aux frontières, filer nos technologies, nos cerveaux et ont même acheté les bijoux de famille. Nous avons cru benoitement qu'il suffisait d'être coopératifs et patients pour que ces pays basculent dans le modèle que nous rêvions pour eux. Mais que connaissions nous de leurs vies et de leurs rêves ?
Par une petite expérience et par finalement pas mal de séjours tant au Japon, qu'en Corée, Chine ou Thaïlande, j'ai de plus en plus la ferme impression que nous vivons là sur un mirage qui nous conduit droit dans le mur. Nous ignorons tout ou presque de la vie de ceux qui sont en train de nous broyer sans aucune  espèce de pudeur. Comment pouvons-nous nous battre à armes égales quand un salaire moyen "correct" à Bangkok est de 120 euros par mois avec 10 de charges sociales et est six fois inférieur à ce que l'on considère en France comme le minimum vital, le RSA ?  Nous passons notre temps à nous ressasser notre passé triomphant en priant pour un avenir meilleur. Ils n'imaginent que leur présent et leur futur très proche.
Nous ne savons rien d'eux alors qu'ils connaissent tout de nous, nos rêves, nos habitudes et nos failles. A longueur de séries télévisées, de communication ou de publicités, nous leur avons déversé notre message de consommation à outrance, de luxe et de "progrès". Ils ont pris ce qu'il y avait à prendre, travaillant sans relâche et nous abandonnant à nos fantasmes démocratiques et nos idées pour un monde meilleur à la sauce occidentale.
Je nous crois devenus chasseurs chassés et blessés si grièvement que les soins à prodiguer se doivent d'être faits sans délai ni tergiversations. J'entends déjà certains se dire avec gourmandise que j'ai basculé dans le camp retranché des euro-sceptiques et des conservateurs nationalistes. Foutaises ! J'ai juste envie de plus d'Europe et de mieux d'Europe, juste envie de plus de frontières et de mieux de frontières. Donnons nous un vrai gouvernement européen et appliquons sans barguigner la TVA sociale, écologique et les taxes sur les transactions financières à nos frontières élargies d'une Europe lucide et ferme dans ses convictions. Nous ne voulons pas renoncer à nos avantages acquis, à notre système de protection sociale alors faisons en sorte de les protéger et de les faire payer par ceux qui sont en train de les abattre. L'Organisation Mondiale du Commerce -OMC- que nous échafaudions comme la panacée à tous les maux de la planète, est devenue les pompes funèbres générales de l'économie européenne et de notre patrimoine industriel. Posons donc des règles du jeu équitables et non pas égalitaires comme nous le serinent sans cesse les tenants du tout mondialisme béat. L'Europe et l'Euro, malgré tout ce que l'on peut en dire, ont été des avancées formidables à la seule condition de rester aux services des peuples qui les ont portés. Les fourvoyer à l'image des espoirs ultra-libéraux ou les abandonner comme le souhaitent les nationalistes de tous crins, serait un recul fatal. Les renforcer et leur donner enfin la masse critique politique ressemble de plus en plus à une nécessité vitale.




lundi 25 juillet 2011

Ne changez pas !!!

Le drame terrible vécu par le peuple norvégien m'emmène à au moins une réaction, un cri du coeur : "ne changez pas !". Malgré les polémiques sur la réactivité des secours, malgré les nuages noirs de l'extrémisme, malgré le ressentiment qui pourrait poindre, j'espère simplement que ce petit pays à la grande histoire restera cette démocratie exemplaire, simple et respectueuse de droits de chacun.
« Alors qu'une bonne action doit appeler l'approbation, et une mauvaise, la réprobation, le fauteur de l'acte, qu'il soit bon ou mauvais, mérite toujours respect ou pitié, selon le cas. « Hais le péché, non le pécheur » – c'est là un précepte que l'on applique rarement, s'il est aisé à comprendre ; et c'est pourquoi le venin de haine se répand si vite dans le monde. L'ahimsâ est le fondement de la quête de vérité. Il n'est pas de jour où je ne m'aperçoive, en réalité, que cette quête est vaine, si elle ne se fonde pas sur l'ahimsâ. S'opposer à un système, l'attaquer, c'est bien ; mais s'opposer à son auteur, et l'attaquer, cela revient à s'opposer à soi-même, à devenir son propre assaillant. Car la même brosse nous a peints ; nous avons pour père le même et unique Créateur, et de ce fait les facultés divines que nous recélons en nous sont infinies. Manquer à un seul être humain, c'est manquer à ces facultés divines, et par là même faire tort non seulement à cet être, mais, avec lui, au monde entier. » Que l'on soit croyant ou pas, chrétien, bouddhiste, musulman ou autres, ces mots du Mahatma Gandhi se doivent de nous guider et démontrer que nos démocraties sont plus fortes que ceux qui s'y opposent, plus fortes que les avatars violents et pervers qu'elles peuvent générer.
Par son respect, sa profonde modération et son émotion sincère, le peuple norvégien semble vouloir nous donner une superbe démonstration de force, la force des larmes de son roi, la force du calme de ces parents bouleversés, la force d'un pardon populaire quasi-impensable chez nous. Essayons juste d'imaginer nos réactions si nous avions été touchés comme l'a été cette nation ? Je n'ose y penser... "Jeg beundrer deg og vi misunner dere, folk i Norge" - Je vous admire et nous vous envions, peuple de Norvège...


jeudi 14 juillet 2011

Lettre ouverte d'un "cocu" qui n'a plus envie de payer la chambre...

Entre reportages sur l'emploi dans la restauration en saison estivale et débat sur le projet des candidats à la primaire socialiste, je ne sais plus si je dois me considérer comme un esclavagiste moderne ou comme un mafieux blanchissant ses capitaux dans quelque paradis fiscal...
Systématiquement, que ce soit Arnaud Montebourg ou sa première secrétaire en vacance, Martine Aubry, il n'est pas de discours, d'interview ou de déclaration programmatique sans que la baisse de la TVA dans la restauration soit stigmatisée et avec, cette engeance semble-t-il malfaisante que sont les patrons des milliers d'établissements français, aquitains ou périgourdins qui ont "bénéficié" de ce "cadeau fiscal" indu.
Madame la Députée de le 3ème circonscription de Dordogne, Messieurs les Sénateurs et Députés de  la 1ère et 4ème de Dordogne, je me permets donc de vous inviter dans ma modeste entreprise pour que nous puissions enfin parler de cette mesure qui paraît provoquer dans votre parti politique, le PS, une levée de boucliers sans précédent.
Je voudrais, par cette rencontre, vous expliquer ce que cela représente pour notre profession, vous faire partager combien est importante la faiblesse économique de ce tissu de petits établissements maillant notre territoire. Germinal Peiro, vous vous êtes fait le chantre de la sauvegarde de la ruralité. Vous êtes-vous posé la question de savoir quels sont les derniers commerces qui restent encore ouverts dans nos villages ? Le bistrot ou le restaurant... Qu'est-ce qui fait l'attrait touristique de nos bastides et villes classées ? Les mêmes... Pascal Deguilhem, en sportif averti, vous aimez les sympathiques troisièmes mi-temps ? Sans un bar ouvert ou une table festive pour accueillir un quinze en goguette, c'est bien moins amusant...
Je n'ai pas honte de le dire mais cette mesure a sauvé mon entreprise et avec elle, les dix-huit salariés qui se battent au quotidien pour leur emploi. Je ne suis pas le seul dans ce cas même si beaucoup de mes collègues ont trop de pudeur à l'avouer. Dans les 190 établissements du grand Périgueux, nous nous escrimons tous pour nos boites, avec des horaires de fous, des charges et des obligations sans cesse accrues. Et tout cela pour s'entendre dire que nous sommes des "privilégiés" gâtés par le système ? Cela suffit ! J'en ai par dessus la poêle à frire de passer pour un exploiteur, confit de fric et mauvais citoyen. Je ne suis ni le groupe Total ni Madame de Bettencourt, ne mélangeons pas tout. Ou alors il faudra venir aussi expliquer à nos salariés que l'année 2012 risque d'être pour eux celle du chômage, de la précarité et du retour aux vaches maigres.
Car derrière la baisse de la TVA à 5,5%, beaucoup de donneurs de leçon médiatique omettent de dire qu'il s'est agi de nous placer à armes égales avec la restauration rapide, qu'aucun secteur de l'économie française, depuis, n'a autant embauché en période de crise, que nous sommes employeurs de beaucoup de jeunes en rupture scolaire sans qualification ni avenir.
En cas de rétablissement au taux supérieur de TVA pour l'ensemble de la restauration, devra-t-on donc renoncer à la prime versée chaque année à nos salariés, à la mutuelle générale mise en place pour tous, aux embauches d'apprentis supplémentaires (2 pour mon entreprise) et espérer le retour des aides à l'emploi que nous avons tous perdu (près de 3000 euros par mois concernant ma société) ? J'aimerais connaître de votre part ce qui accompagnera cette réforme fiscale qui va nous toucher de plein fouet. C'est important non seulement pour la survie de nos entreprises mais aussi dans l'optique de l'accomplissement de notre devoir citoyen.

NDLR : Le texte que vous venez de parcourir a été envoyé aux cinq parlementaires de Dordogne appartenant au Parti Socialiste.

samedi 9 juillet 2011

Une tête bien faite

Les résultats du BAC sont tombés... Les mentions et les mines avec... Mêlé subrepticement aux heureux (en grande majorité...) récipiendaires de leurs feuilles de notes, j'ai eu quelques plaisirs à écouter les commentaires des uns et des autres. "Tu as eu combien ?"... "La mention ? Ah oui... Pas mal..." La plupart soufflant déjà d'avoir simplement eu le diplôme, passe obligatoire pour sauter dans la vie estudiantine, certains avaient malgré tout la mine un peu déconfite d'avoir raté, parfois de quelques points, cette mention qui les plaçait au sommet du nirvana lycéen. Parmi eux, un de ces grands échalas dont la nouvelle génération à le secret, égrenait ses notes d'une voix pâle : "Maths, 20; SVT, 18; physique, 17..." Diable, la mention "Très Bien" devait être dans la poche, surtout en série S. Et bien, non ! Car la guillotine de la philosophie était passée par là avec un 3 sans appel.
Malgré critiques et polémiques, ce vieux baccalauréat conserve finalement toute ma sympathie et mon soutien. Sous mes yeux de père attendri, la création napoléonienne avait démontré par "A+B" le vieil adage "mieux vaut un tête bien faite qu'une tête bien pleine". Les matières littéraires, superflues pour certains  mais essentielles pour moi, doivent garder contre vents et marées leur importance dans les cursus lycéens et universitaires. Devrais-je rappeler à nos matheux et scientifiques que leurs plus grands pairs étaient aussi des philosophes et des humanistes. Galilée, Einstein, Darwin ou Thales, tout en théorisant les sciences, ont aussi contribué à faire avancer la pensée humaine. Quand on touche à un tel savoir, on approche ce que certains appellent le divin, d'autres, la vie et l'humanité, tous, la conscience. Science et conscience, un sujet de philosophie qui devrait être décortiqué dès l'entrée en classe de terminale S pour pointer du doigt cette nécessaire démarche humaniste et ouverte de tout élève en quête de savoir.


lundi 4 juillet 2011

Allez, vous en reprendrez bien un peu...

L'image de Nafissatou Diallo se ternissant au fil de l'instruction, aussitôt les tenants de la thèse du complot dans l'affaire DSK reprennent du poil de la bête. Voyant des agents doubles partout, des officines dans tous les coins, ils argumentent doctement sur les médias, lançant rumeurs, poncifs et autres suppositions...
En premier, ce qui me frappe est qu'on oublie un peu vite ce que d'aucuns appellent "le temps judiciaire" qui pour l'heure a seulement souligné la mise en liberté provisoire de l'ancien patron du FMI. Demain, peut-être, ce sera la prononciation du non-lieu. Faut-il indiquer ici la définition de cette démarche judiciaire essentielle ? L'abandon des poursuites car les faits ne sont pas assez constitués, par absence de preuve... Il ne s'agit en aucun cas d'un acquittement ou d'une relaxe, venant après un procès.
Enfin en second lieu, celui que ses amis, et je les comprends, s'évertuent à défendre contre vents et marées et même contre lui-même, est devenu aux yeux du monde et de nos concitoyens un drôle de "loulou". Car qu'on le veuille ou non, ce que l'on a retrouvé sur le col de la femme de ménage du Sofitel est bien une sécrétion émanant d'un personnage à l'activité sexuelle que je qualifierais de débordante... Quoi que l'on fasse ou dise, on aura bien du mal à me faire oublier cette soif charnelle quasi-maladive pour le sexe faible. Le chapelet des conquêtes, entorses et séductions commence à faire un peu tâche sur le CV d'un potentiel candidat à la magistrature suprême.
Je ne crois pas à cette théorie du complot venant d'en haut, mais vraiment pas. Je crois plus à la faiblesse de la chair, à l'éternel besoin de séduction et de pouvoir sur les êtres d'un grand fauve politique qui s'est perdu un matin de mai dans la suite d'un hôtel de luxe. Il est peut-être tombé dans un piège grossier mais c'est avant tout son appétit démesuré qui l'a précipité dans l'abîme de la justice et du jugement des hommes.
Et comme si cela ne suffisait pas, une de ses "conquêtes" françaises, Tristane Banon, porte aujourd'hui plainte contre Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol... Allez, vous en reprendrez bien un peu...

dimanche 3 juillet 2011

Mesdames et messieurs les... sectaires, je vous salue !

Chaque jour, presque chaque heure, parce que c'est ma passion, je scrute l'horizon politique, social et économique de notre société... Facebook, blogs divers et variés, sites d'organes de presse, journaux, radios et émissions de télévision, tout est bon, tout fait ventre pour tenter de me repaître de cette manne d'actualités et d'informations.
Mais comme à table après un repas trop copieux, trop gras, sans aucune finesse, j'ai le coeur au bord des lèvres, écoeuré à bien des égards par le sectarisme aveugle de beaucoup. Sous prétexte d'opinion ou d'opposition, l'autre, celui qui pense ou vit différemment, devient l'ennemi, l'homme à abattre par tous les moyens. Rien de ce qu'il peut faire ne trouve grâce aux yeux de ces sectaires, prêts à se contredire uniquement pour le tacler.
Ragots, rumeurs, interprétations, extrapolations, la langue française regorge de synonymes pour qualifier ce qui se lit à longueur de "murs facebookiens", les tenants d'un camp exhumant des tréfonds de la toile informations tronquées et avis "d'experts". Il faut une bonne dose de sang froid, de modération et de recul pour arriver à trier le bon grain de l'ivraie et ne pas renvoyer tous ces donneurs de leçons partiaux à leur chères études démocratiques. Accusant l'adversaire de clivage, ils n'hésitent pourtant pas à opposer leurs propres camps et à relancer l'éternelle lutte des classes. Stigmatisant les erreurs supposées des uns, ils effacent prestement de leur mémoire celles qui ont été commises en leurs temps.
J'aime à dire que la politique ce n'est pas la guerre... Que toute opinion est bonne à écouter et à comprendre et que "mon" adversaire peut aussi avoir raison et moi, tort. Ce même adversaire peut aussi poser les bonnes questions et donner de mauvaises réponses, à moi donc d'essayer de le convaincre que si sa direction est bonne, le chemin emprunté est pavé de mauvaises intentions. Une vie en politique signifie aussi parfois de changer d'avis. D'aucuns diront que je suis une girouette... N'est-ce pas Edgar Faure, expert en la matière et grand politique devant l'éternel, qui déclarait que "ce ne sont pas les girouettes qui tournent, mais le vent..." Et dieux et diables savent comme les vents soufflent par temps de crise. Alors, mesdames et messieurs les sectaires, je vous salue et espère de tout coeur que vous vous reconnaîtrez dans mes propos. Peut-être le début d'une rédemption..?


samedi 25 juin 2011

Pot-au-feu national

Prenez deux ou trois carottes fiscales, des patates sociales, des choux paumés, des navets économiques, du porc bien sûr, du boeuf qui n'a rien de musical et du veau comme aimait à le dire De Gaulle, et vous obtiendrez un étouffant pot-au-feu "franchouillard" à la sauce Marine Le Pen...
La dernière prestation télévisée sur France 2 de la nouvelle cheffe de l’extrême droite française n'a fait que confirmer tout le "bien" que je pensai de ses talents avérés de cuisinière de l'enfer. Mélangeant tout et son contraire, éludant les coûts financiers et humains de mesures impossibles à mettre en oeuvre, elle a donné la pleine mesure de ses aptitudes à dédiaboliser sa formation politique. Vous abordez la perte de vitesse de l'industrie française, elle vous cite dans le texte la démondialisation du socialiste Arnaud Montebourg. Vous l’interpellez sur l'immigration, sans vergogne, elle s'acoquine avec André Gérin, le député communiste du Rhône.Vous lui parlez d'Euro, elle vous jette à la figure les positions de certains à l'UMP ou de la gauche de la gauche française. Ce n'est plus de la politique, c'est une nouvelle version d'Arturo Brachetti dans un numéro virevoltant de déguisements et de parodies !
Pourtant quand on gratte sous la croûte épaisse du maquillage sémantique et de la polémique, on a vite fait de se rendre compte que le FN n'est toujours pas un parti de gouvernement et que l'addition des peurs n'a jamais pu constituer une politique. Ce n'est pas en construisant des villes à la campagne, en chassant l'immigré, l'autre, le différent du territoire national ou en se recroquevillant derrière des pseudo-frontières aujourd'hui passéistes que l'on pourra extirper la France de la crise de confiance qu'elle traverse. Courir derrière des angoisses certes réelles, opposer les communautés entre elles, surfer sur de fausses bonnes idées ne peuvent conduire qu'à une chose certaine : l'échec dramatique d'une nation et d'une économie, les soi-disant remèdes ayant tué net le malade...


lundi 13 juin 2011

Kung Fu Papy II

Visitant l'exposition "La Chine de bronze et d'or" dans le musée qui porte son nom, Jacques Chirac, par peur certaine d'être confondu avec les antiquités présentées, n'a pu s’empêcher de lâcher un bon mot dont il a le secret. Par trois fois, tel Pierre reniant le Christ, il a déclaré vouloir voter pour François Hollande aux prochaines présidentielles.
Gagatisme sénile, rancune tenace, humour "corrézien" ? Suivant les appartenances politiques, les supputations du microcosme vont bon train pour tenter d'expliquer cette nouvelle bordée chiraquienne. Et si c'était un savant mélange d'un peu tout ça, les paroles sans interdit d'un papy rancunier et fatigué, coutumier des blagues de comptoir..?
Il faut reconnaître que l'ancien locataire de l'Elysée n'est pas au mieux de sa forme, éreinté par le poids de l'âge, l'usure morale des procès subis et par le trou d'air du désoeuvrement de la retraite politique. Les sentiments peu amènes à l'égard de Nicolas Sarkozy ne doivent pas arranger tout cela. Enfin, François Hollande a aussi compris que s'il voulait renforcer sa légitimité locale, il devait passer par des démonstrations d'amabilité à l'égard de la "Chiraquie" limousine. Il n'y avait alors qu'un pas à faire vers ce soutien comique et un peu désespérant... Ce que, sans barguigner, l'ancien président a franchi de ses grandes enjambées.
En résumé, il fallait bien occuper les neurones des éditorialistes en ce lundi de Pentecôte trop calme. Alors ce non-évènement de haine ordinaire politicienne tombe à pic et fait le buzz...

mardi 7 juin 2011

La parthénogenèse écologique

Parthénogenèse : nom, fem., sing, signifiant la reproduction ou division sans fécondation... A l'écoute des comptes-rendus du dernier congrès d'Europe Ecologie-Les Verts à La Rochelle et des meetings pour les primaires qui ont suivi, les écologistes français sont en train de démontrer la véracité de ce phénomène biologique appliqué à la vie politique nationale.
Unis et réussissant de belles performances électorales lors des derniers scrutins, mais tel un organisme vivant qui grossit trop et trop vite, ils sont arrivés en quelques mots, par un tout petit facteur déclenchant, à mettre en marche cette "division in-fécondée".
Que n'a pas fait "l'icone-Bendit" lorsqu'il a tenté l'assaut de la forteresse apparatchik du secrétariat national détenu par Cécile Duflot ? Que n'a pas dit Nicolas Hulot quand il a évoqué un éventuel rapprochement avec Jean-Louis Borloo ? Pour apaiser les tensions, certains sont même allés jusqu'à expliquer qu'Hulot était un peu "pompette" quand il a fait ses déclarations... S'il doit négocier avec Borloo, et vue la réputation usurpée qu'on fait à ce dernier, le leader écolo a tout intérêt à s’entraîner un peu s'il ne veut pas rouler dessous la table trop rapidement.
Maelström médiatique, tornade gauchisante, courant glacial norvégien, quel réchauffement climatique a secoué les Verts à quelques encablures de la campagne pour les présidentielles ! A croire qu'ils ne veulent pas peser plus encore dans la vie politique hexagonale.
Car enfin, juste en aparté, entre nous, Cohn-Bendit, c'est vendeur pour un corps électoral déboussolé et en mal de symbole ou de porte-drapeau. De même, aborder l'alliance au centre, c'est refuser d'insulter l'avenir et la nécessaire ouverture la plus large aux messages écologiques.
La nature, notre terre, son avenir et le notre par la même occasion ne sont l'apanage de personne, pas plus de la gauche que de la droite ou du centre. En revanche, l'intelligence, la négociation, le consensus pourraient être des qualités appréciables et appréciées au sein d'un parti qui se veut de gouvernement. A moins de vouloir comme le NPA, le FN de "papa" ou d'autres "parti-cules", tout casser sans construire.

lundi 30 mai 2011

Et si c'était vrai...

2008-2010, la crise financière... Et après ? On oublie et on recommence comme avant ? On casse tout et on revient à l'âge de pierre ? Sommes-nous donc obligés de rester dans un manichéisme économique qui nous impose le libéralisme le plus débridé ou une conception passéiste et invivable de notre avenir ? Depuis des années de travail au commande d'une PME, au contact de mes salariés et de mes clients, je me pose ces questions, prisonnier de phénomènes boursiers et commerciaux qui me dépassent mais qui impactent si lourdement ma vie et celles de ceux qui m’entourent.
Je n'ai jamais eu aucun problème avec le travail et ses corollaires d'efforts, de risques et de satisfactions mais à la condition expresse que tout un chacun joue avec les mêmes règles qu'elles soient sociales, éthiques ou économiques, tout cet attirail qui nous fait pester, nous chefs d'entreprises, et craindre pour le lendemain de nos sociétés. Au final, je me rends compte que mon concurrent le plus dangereux n'est plus le restaurant ou le bar qui se monte tout près de chez moi mais plutôt le petit fabricant de composants électroniques de la province du Hénan en Chine ou bien le banquier costumé de Wall Street. Saugrenu me direz-vous...
Pas tout à fait car ces nouveaux personnages de notre théâtre productiviste affaiblissent jour après jour ceux qui me font vivre. Ils attaquent par leur agressivité commerciale et leur permissivité réglementaire les fondements même de notre société. En baissant sans cesse les coûts de production et en augmentant les profits d'une petite minorité quasi-invisible, ils érodent quotidiennement le pouvoir d'achat de mes clients, les obligeant à acheter toujours moins cher des produits toujours moins bons que nos entreprises locales et nationales ne savent pas fabriquer. D'un cercle vertueux du gagnant-gagnant, nous sommes passés sans nous en rendre compte à un cercle vicieux de la dévalorisation compétitive non seulement des produits mais aussi du travail et des êtres.
En une petite heure, je viens de lire le petit opuscule "Votez pour la démondialisation", pondu par Arnaud Montebourg, député PS de Saône-et-Loire et candidat au primaire de son parti. Et s'il avait raison ? Et s'il fallait, comme il le réclame, qu'une Europe forte pose des conditions au libre échange, des conditions sociales, des conditions écologiques pour que l'Homme revienne au centre de nos préoccupations ? En des temps bibliques, Moïse avait dénoncé le culte du Veau d'Or, rongeant l'esprit et le coeur des hommes. A notre tour peut-être de dénoncer le culte de l'argent-roi devenu le but ultime de la vie de certains alors qu'il n'est qu'un outil de l'existence. Dans la prose argumentée et toujours aussi truculente du parlementaire bressan, il y a quelque chose de Gaullien avec cette dénonciation des élites coupées des réalités, de la toute puissance de la finance sur le quotidien d'êtres classés au rang d'esclaves du profit.
Ouh là-là ! Je vois poindre chez certains de l'incrédulité à la lecture de ce soutien sans ambages. Pourtant je ne puis être tenu de collusion et de fait de collaboration, car en sept années de poste en Bourgogne du Sud et dans ce blog même, j'ai combattu sans faiblesses Arnaud Montebourg et ses outrances. Mais aujourd'hui, force est de constater qu'il tire juste. Il a su se séparer de ses scories stylistiques un tantinet populistes pour prendre de la hauteur et donner un vrai sens à un combat politique qui l’honore. Je ne vote pas aux primaires socialistes mais je dois avouer que cette petite musique de fond, distillée par l'avocat d'un nouvel ordre mondial, a fait son oeuvre me concernant.

dimanche 29 mai 2011

La Droite "Bidochon"

Gouvernement 0 - Droite Populaire 1... Ce n'est pas le score d'une des nombreuses phases finales que les championnats sportifs nous distillent en ce mois de mai finissant mais le résultat médiatique d'un des derniers pugilats politiques entre François Fillon et les tenants du groupe parlementaire de la droite de la droite. La thématique des radars-tiroir caisse a bien fonctionné, donnant à l'action de ces 44 députés un relief tout particulier.
Né de la débâcle des régionales, ce "clan" réunit tout ce que l'UMP a pu générer comme populistes, outranciers, sécuritaires et "phobes" en tous genres. Autoproclamés porte-paroles du peuple en souffrance, du peuple qui gronde, ils entendent peser de tout leur poids pour infléchir la direction et les grands axes de la campagne présidentielle à venir de Nicolas Sarkozy. Bon courage ..!
Mais quelle image ont-ils de ce fameux "peuple" dont ils se réclament à cor et à cri ? Pas celui de De Gaulle qui a su souffrir avec courage et affronter des tempêtes bien supérieures à celle des radars automatiques... Pas celui de gauche qui place le respect de l'autre, même étranger ou différent, au centre de sa pensée politique... Pas celui que je croise tous les jours, ce peuple qui trime, qui râle mais qui sait s'amuser, rire et partager.
Leur "peuple" n'est pas celui des Lumières, de l'ouverture au monde, celui de Diderot, de Lamartine ou des sans-culottes. Leur "peuple" n'est qu'une chimère rétrograde, fantasme de piliers de comptoir qu'on se plait à brosser dans le sens du poil. Heureusement pour nous, hommes libres et égaux en droit, qu'en son temps, Churchill n'a pas harangué, entre deux bombardements nazis, ce "peuple" dont ils font l'apologie. Promettant le sang et les larmes, il aurait été bien peu soutenu et nous croiserions de drôles de soldats vert-de-gris dans nos rues...
Le rôle d'un politique de tout bords, sa mission dirais-je, n'est pas de surfer sur la vague, de suivre les courants porteurs mais au contraire de savoir lutter face à la tourmente, de se battre pour convaincre, de ne jamais rendre les armes et d'accepter la défaite pour garder son âme.

lundi 23 mai 2011

La nausée

Après une compréhensible sidération, la nécessaire interrogation et le prévisible abattement, la désormais fameuse affaire "DSK" aurait la fâcheuse tendance à provoquer chez moi une nausée difficile à retenir.
A la lecture des différentes indiscrétions qui courent sur la toile et dans la presse bien informée, cette justice américaine si prompte à abattre tout autant les pots de fer que les pots de terre, m'apparaît sous son vrai jour, celle d'une procédure à deux vitesses suivant que vous êtes puissant ou misérable. Enquêteurs à 2000 dollars la journée, avocats superstars, communicants de renom, les moyens mis en oeuvre pour la défense de l'ex-directeur du FMI donne le tournis au bon peuple qui rame pour quelques euros par heure.
Que n'entends-je dire ? Que l'on va fouiller dans la vie de la présumée victime pour en extraire des aventures extra-conjugales, des erreurs de jeunesse ou des actes en bordure de la loi... Est-ce qu'un passé même le plus opaque pourrait justifier un viol ou une tentative de relation sexuelle violente ? Si c'est cela la justice outre-Atlantique, alors je préfère nos tribunaux à la petite semaine où le poids d'un compte en banque n'est pas l'alpha et l'oméga d'une sentence.
Un non-lieu les mains sales, une pseudo-innocence repeinte aux couleurs du billet vert, seraient pour moi la pire des hontes, la pire des insultes faite à tous ceux qui, même un instant, ont cru en Dominique Strauss-Kahn. Il est des verdicts de grâce ressemblant à des piloris éternels et vous poursuivant de votre vivant mais aussi jusque dans les manuels d'histoire d'une nation.

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