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samedi 5 avril 2014

Le déni de bilan

A l'issue de ces élections municipales, la lecture des communiqués de presse, des déclarations publiques ou des confessions plus ou moins officielles, est assez symptomatique d'un certain état d'esprit parmi notre classe politique. Si tout le monde n'a pas gagné, en tout état de cause, personne n'a perdu !
Il existe toujours des paramètres exogènes qui offrent à nos impétrants la possibilité de se défausser sur d'autres. Pour ce qui nous concerne, tant le Président de la République que l'ex-Premier Ministre ont à endosser une palanquée de vestes, pourtant bien trop larges pour leurs épaules. Si il faut reconnaître que le contexte national et européen n'étaient pas au beau fixe pour la majorité sortante, il faut aussi avouer que certains, trop sûrs de leur bilan, se sont crus sortis d'ornière avant d'être sortis tout court... Sans se remémorer que l'on est pas élu sur un bilan mais sur un projet et qu'en revanche ce même bilan, si il est en demi-teinte, peut vous propulser vers l'enfer électoral.
Périgueux ne fait pas exception à cette règle. La nouvelle opposition fait feu de tout bois pour expliquer à des concitoyens qui ne les ont pas écoutés avant, qu'elle a été battue du fait de la politique catastrophique du gouvernement, que leur bilan était étonnamment bon et que leur projet serait le seul porteur. A croire que les périgourdins sont d’indécrottables sourds et aveugles, doublés d'ingrats... Pourtant ces mêmes amnésiques aujourd'hui, ne s'étaient pas gênés hier, en 2008, pour rabâcher que Xavier Darcos était ministre de Sarkozy -la sanction nationale- et que son bilan était mauvais -l'échec local. Amusant comme ce qui était vrai pour l'un, ne l'est plus aujourd'hui pour l'autre.
Non, mesdames et messieurs les recalés du suffrage universel, nos concitoyens ont, sans douter, une maturité électorale bien plus pointue que ce que vous voulez le dire. A force de tout mettre dans le même panier, Etat, Région, Département, Commune, sans en avoir des résultats patents, les périgourdins ont choisi une équipe nouvelle, un projet nouveau et surtout une gouvernance locale différente. Il ne sert à rien de nier l'échec, de reporter sur d'autres une responsabilité claire et sanctionnée. On se grandit à accepter une défaite et surtout à accepter sereinement et sans barguigner le suffrage universel et ces vicissitudes.

mercredi 2 avril 2014

Le coup d'état permanent

Après un long hiver électoral, je reviens à ma table d'écriture et ainsi un peu auprès de vous... Que d'aventures locales, d'espérances déçues, de flammes renaissantes ouvrant vers une vraie joie profonde, que de condensés de vie additionnés au fur et à mesure que cette campagne incertaine avançait. Tout cela pour aboutir à un dimanche 30 mars au soir où la douceur ambiante annonçait un lendemain souriant.
Bien peu étaient ceux qui avaient cru en les chances d'Antoine Audi de "venger" la défaite de Xavier Darcos. Peu connu des périgourdins malgré ses vraies racines locales, investi par l'UMP dans un climat militant polaire, opposé à un Michel Moyrand sûr de son bilan et de son omnipotence, il a construit patiemment, intelligemment sa victoire. En fin stratège, il l'a jouée modeste, à l'écoute, à l'humour et au tutoiement facile. En amateur éclairé de la chose rugbystique, il a su taper sur le short de ses coéquipiers pour les motiver mais aussi mettre sans détour ni crainte la tête dans la mêlée, remontant quelques claques en évitant le coup de sifflet de l'arbitre populaire. "Jamais un candidat n'a pu gagner après une campagne de 8 mois" lui avait susurré le Maire sortant-sorti, bien trop assuré de retrouver son trône dans son nouveau palais. En politique comme dans la vie, il ne faut jamais dire jamais...
Aujourd'hui alors que le nouveau maire de Périgueux n'est même pas entré en fonction, les supputations sur l'avenir de son prédécesseur vont bon train, précédant en cela l'élection du président de la nouvelle grande agglomération. Dans la capitale périgourdine, comme d'ailleurs à Bergerac, les états-majors socialistes locaux s'escriment à trouver un consensus autour d'un candidat. De là à proposer aux deux vaincus du suffrage universel  les présidences, il n'y a qu'un pas que certains franchissent allègrement. Réinventant à la sauce Périgueux, le "Coup d'Etat permanent", dénoncé en son temps par leur figure tutélaire, François Mitterrand, ils oublient la sanction des urnes, foulent aux pieds la décision des électeurs et humilient presque, ceux des maires qui, eux, ont été élus ou réélus sans coup férir.
Faut-il être prêt à tout pour "sauver les soldats Moyrand et Rousseau" ? Pas sûr que dans les rangs des élus de tous bords, même socialistes, cela fasse l'unanimité. Une défaite est une défaite. Elle ne peut être repeinte en rose par quelques apprentis-sorciers du tripatouillage électoral, niant un résultat qui, même sous influence nationale, n'en est pas moins un désaveu local et personnel. Les maires sortant de gauche, forts d'un bon bilan et d'un projet convaincant, n'ont pas tous été battus, dimanche dernier, bien loin s'en faut.
Il faut savoir tourner la page pour reconstruire de nouveaux projets. C'est ce que beaucoup d'équipes locales ont su très bien faire après des échecs électoraux cuisant. Pourquoi faudrait-il qu'en Dordogne, il en soit autrement..?

mercredi 26 février 2014

Les kamikazes du premier tour

Je connaissais les adventistes du 7ème jour, les résistants de la 25ème heure mais je viens de redécouvrir les kamikazes du 1er tour... A un mois du premier round des élections municipales à Périgueux, les dagues s’affûtent, les éléments de langage se précisent et les stratégies s'affirment.
Mais si le maire sortant avance paisiblement et dans la discrétion la plus absolue, certains de ses prétendants ferraillent déjà dans la rue et sur les réseaux sociaux. On pourrait croire benoîtement  que c'est pour le déloger de son nouveau "palais" municipal. Que nenni ! C'est pour faire un score sur le dos des autres challengers. Le seul horizon qui semble compter, dans cette bataille picrocholine, est celui du soir du 23 mars. Après ? Le déluge...
Chaque jour qui passe, le ressentiment et l'animosité entre les deux listes "d'opposition" vont crescendo. La rancœur semble prendre le dessus à la logique politique et à l'efficacité électorale. Quant on interroge différents colistiers, aucun n'imagine être derrière l'autre, aucun n'élabore une nécessaire stratégie de repli ou au contraire de conquête. Fusionner les deux listes ? Même pas en rêve... Personne ne conçoit de s'écarter au profit d'un "adversaire" honni.
Pourtant je parle d'expérience. Vainqueur d'un premier tour de haute lutte en 1995, je n'ai pas voulu entendre les sirènes de la raison qui me conseillaient de m'unir avec ceux que j'avais combattu durement mais régulièrement durant des mois. Et les 60% potentiels qui nous étaient "acquis", se sont transformé en piteux mais bien réels 49%... Ite missa est. Le combat fut beau, la défaite terrible et la leçon inoubliable. Apprenons qu'en politique, seule la victoire est belle. Comme en sport, on ne se souvient que des vainqueurs, pas des seconds couteaux, ces kamikazes du 1er tour, qui ont disparus dans les limbes de l'histoire.

mardi 14 janvier 2014

Vaudel'Isle

Les portes claquent ! Les conversations se font discrètes et conspirantes. Certains hurlent, d'autres pleurent. Tous s'interrogent sur l'avenir. Non ce n'est pas un énième épisode des histoires de corne-cul de notre président mais bel et bien les scènes du divorce à l'italienne dont la toute nouvelle communauté d'agglomération du Grand Périgueux est le théâtre.
Je puis vous assurer une chose : Jacques Auzou et Michel Moyrand ne partiront pas en vacances ensemble... D'un côté, le maire de Boulazac et ancien président de l'Isle-Manoire, un communiste sauce Périgueux, indéboulonnable sur sa ville, madré et habile, aimant l'économie, l'entreprise et le développement, poussant ses cartes sur tous les tableaux du microcosme périgourdin. De l'autre, le maire de Périgueux, ville-centre de l'agglomération, en campagne difficile sur son territoire, et en butte à un bilan en demi-teinte où les investissements "productifs" se font attendre, privilégiant une forme de paix sociale au préjudice d'une prise de risque créative d'activités.
Mais les deux ont besoin de l'agglomération pour conforter leur choix locaux et leurs projets urbains; les deux, sans le dire, aiment le pouvoir et les perspectives de "carrière" qui y sont associées; les deux se verraient bien, après les municipales, aux commandes de ce gros paquebot que devient le "Grand Périgueux". Seulement voilà, l'un est socialiste, très introduit dans les arcanes partisanes, et l'autre est un communiste atypique, ne pouvant pas compter sur la "foule" des élus mais uniquement sur ses relations et son entregent départemental. L’arithmétique a ses lois que même le politique le plus avisé ne peut contredire, sauf à interpréter librement une autre partition bien plus fine et bien plus opérante auprès des élus communautaires.
Il est clair que Jacques Auzou va jouer la montre des Municipales 2014. Après cette échéance essentielle, certaines convictions partisanes se déliteront et des intérêts locaux primeront sur ceux du parti et des magouilles politiciennes. Gageons que notre "Vaudel'Isle" n'en est qu'à son premier épisode !

jeudi 13 juin 2013

Voilà, c'est fini...

"Voilà, c´est fini. Ne sois jamais amer, reste toujours sincère. Tu as eu ce que tu as voulu, même si tu n'as pas voulu ce que t´as eu. Voilà, c´est fini. Nos deux mains se desserrent de s'être trop serrées. La foule nous emporte chacun de nôtre côté. C´est fini..., c´est fini..." Les paroles de Jean-Louis Aubert ont trotté dans ma tête tout au long de ce chaud après-midi, en accompagnant la dépouille mortelle de Philippe Cornet.

Cette foule énorme, soudée dans la peine et le recueillement, m'a définitivement séparé de lui, de ses étreintes amicales et souriantes, de ses bons mots et de ses analyses au cordeau, de son sourire que j'aurais pu croire éternel, comme celui des portraits pleins de vie posés près de son cercueil.
L'abbé Gauthier Mornas a eu tellement  raison d'affirmer qu'il fallait oublier le questionnement, laisser Philippe dans sa vérité, dans son mystère, ne penser qu'à son souvenir et à ceux qui restent. Mais son geste, ivre de liberté, insensé pour certains, si respectable pour tous, nous renvoie à nos propres contradictions, à nos faiblesses et nos failles vitales. Nous sommes tous des Philippe en puissance simplement parce que nous sommes tous profondément humains, écartelés et parfois broyés par nos antagonismes professionnels, sociaux ou familiaux.
Dans la schizophrénie de sa vie, entre politique et intimité, entre plaidoiries et confession, il a voulu jusqu'au bout rester "le maître de son destin, le capitaine de son âme". A tous ceux qui pourraient se sentir coupables de n'avoir pas vu la flamme qui le rongeait de l'intérieur, il nous envoie ce message d'outre-tombe de courage, de fermeté, et d'amour. "J'ai choisi ! Je vous aime et à bientôt !".

vendredi 7 mai 2010

mercredi 14 avril 2010

Les germes de la violence... politique (2)

Aussitôt lancé, aussitôt repris, le débat sur la sécurité de la Place Francheville à Périgueux a franchi un nouveau palier en devenant, il fallait s'en douter, un enjeu politique. Il est d'ailleurs amusant de constater que les vieilles recettes nationales sont parfaitement adaptables au contexte périgourdin et ne dérogent pas à la règle de la simplification et d'une certaine exagération.
Si on en croit témoignages et citations glanées sur le net ou dans la presse, j'oscille pour qualifier cette grande place entre le Bronx des années 70 et la zone verte de Bagdad... Il ne faudrait tout de même pas exagérer et donner l'impression à ceux qui souhaitent s'y rendre qu'ils ne pourront le faire que sous bonne escorte et après être passé chez le notaire pour régler leur succession.
La problématique est connue de tous et la solution pragmatique aussi. Sans ajouter des interdictions et des oukases supplémentaires à un corpus législatif déjà bien fourni, je persiste quant à mon souhait de rendre la vie impossible à la petite bande de zozos désoeuvrés qui occupe la partie proche de l'accès au parking de Francheville. Les passages répétés et aléatoires de la Police Municipale et de la Nationale sont déjà des facteurs positifs mais je plaide pour l'installation de caméra de vidéo-surveillance avec enregistrement. Ces petits trafiquants et délinquants ont horreur d'être observés et scrutés dans leurs agissements coupables.
On pourra toujours me rétorquer que c'est une atteinte supplémentaire à la liberté individuelle mais je dois avouer me moquer d'être filmé dans la mesure où je n'ai rien à me reprocher. D'autre part, le risque est aussi qu'ils partent ailleurs. Certes, certes mais l'ailleurs en question ne sera pas une place fréquentée par près de 400.000 spectateurs du cinéma, des milliers de clients des restaurants ou plus simplement par des mamans et des enfants venant jouer sur cet espace libre de tous véhicules.
Alors sur ce sujet comme sur bien d'autres, il faut raison garder et éviter confusion, diktat et autre sentence définitive mais au contraire rechercher par le débat et l'apaisement le consensus nécessaire à une vie commune agréable et respectueuse de la liberté de chacun.

samedi 10 avril 2010

Les germes de la violence

En tant que commerçant installé là depuis le réaménagement de la place Francheville au coeur de Périgueux, l'ouverture d'un débat public sur la sécurité de ce nouveau lieu de villégiature ne pouvait me laisser indifférent.
Le quotidien, la Dordogne Libre, titre aujourd'hui "Francheville à cran", suivent interviews des responsables du parking Vinci, de Monoprix et du complexe CapCinéma, au premier rang de ceux qui subissent dégradations et provocations. Entre agressions verbales, incivilités et trafics en tous genres, le risque de radicalisation est en train de poindre dans ce lieu qui pourtant est susceptible de devenir un espace intergénérationnel unique pour la préfecture de Dordogne. Entre le brassage populaire du cinéma, la fréquentation des trois restaurants et les espaces ludiques aménagés sur les pelouses, la plus grande zone ouverte et piétonne de Périgueux a moult atouts pour s'installer dans le coeur des périgourdins. A moins qu'un petite bande de délinquants parfaitement connus le juge autrement...
Car le sort de ce lieu est entre les mains d'une quinzaine d'individus, désoeuvrés et violents, que tout le monde connait et croise quotidiennement. J'utilise le mot de délinquant, de germes de violence, à dessein car d'autres leur colleraient trop vite le terme de "jeune", faisant ainsi l'amalgame entre jeunesse et criminalité. Il ne s'agit pas là de jeunes ou de moins jeunes mais simplement de petites crapules qu'il faut tout justement soumettre à la loi, toute la loi et rien que la loi.
Je reste persuadé que l'action de tous, élus, forces de police et professionnels de la place doit permettre de créer la nécessaire insécurité pour cette petite bande d'empêcheurs de s'amuser en rond. Charles Pasqua clamait en son temps vouloir "terroriser les terroristes"... Avec notre mobilisation citoyenne, sans violence, par le dialogue, mais avec détermination, nous pourrons redonner à cette belle place tout l'attrait qu'elle n'aurait jamais dû perdre.
Mais attention, pas de malentendus ni ostracisme anti-jeune ! L'immense majorité de ceux qui passent ou séjournent sur cette place sont sans aucun problème, venant ici pour profiter des premières ardeurs du soleil et s'amuser en toute décontraction. Respectons ce lieu, ceux qui le fréquentent et apprenons fermement aux autres à en faire de même...

vendredi 9 avril 2010

Et le combat cessera, faute de combattants...

Il est des polémiques comme des matches de rugby : des équipes plus "légères" qui passent leur temps à en faire courir d'autres, plus "lourdes", afin de les épuiser et de porter l'estocade à quelques minutes de la fin de la partie... C'est un peu ce qui arrive à Périgueux entre le CAPD, club fanion du rugby pétrocorien, et la municipalité de Michel Moyrand.
Les co-présidents du club ont pourtant sorti ces derniers mois l'artillerie lourde pour tenter de placer la CAPD sur la voie de la professionnalisation et de la montée en Pro D2, nirvana mythique de la planète rugbistique. Ferraillant à tout va pour créer un "grand stade" à Périgueux, Francis Roux n'a pas hésité à s'opposer frontalement à la mairie, mettant son mandant en balance. Rien n'y fit...
Le projet de coproduction public-privé du site sportif est passé à la moulinette philosophique de la lutte des classes, la piste d'athlétisme, terreur des supporters du ballon ovale, sera rénovée, la subvention est votée et les présidents du club seront remplacés... Ite missa est....
Vianney Le Vacon, l'adjoint au Maire en charge des sports, s'est même permis de ne pas répondre aux attaques en règle lors du dernier repas des partenaires du club. Jouant à la balle par dessus la défense et évitant consciencieusement de rentrer plein pot dans le paquet d'avants qui l'attendaient au tournant, il a temporisé là où tous ses adversaires du jour pensaient le terrasser, donnant ainsi un leçon de dialectique que n'auraient pas reniée les anciens bretteurs du PCF.
L'élu municipal sait parfaitement qu'il a le temps avec lui et qu'in fine, il aura le dernier mot dans ce débat qui oppose deux visions irréconciliables de l'animation sportive locale. D'un côté, une pratique professionnelle alliant spectacle et business, et de l'autre, un usage du sport pour tous cher à Léo Lagrange. Autant dire l'impossible mariage de la carpe et du lapin dans une ville qui se doit de faire des choix politiques, stratégiques et budgétaires.

mardi 6 avril 2010

On a les mêmes à la maison...

Quelles différences il y a entre les actionnaires des grands fonds de pension américains et certains propriétaires immobiliers périgourdins ? Aucune...
Leurs méthodes sont identiques. Les uns n'hésitent pas à liquider une entreprise même rentable pour pouvoir augmenter les dividendes des actionnaires dont ils sont. Les autres sont prêts à pousser au désespoir Valérie Foucher, une jeune fleuriste, commerçante méritante de Périgueux à coup de loyers exorbitants pour engranger des sommes sans rapports avec le marché et avec la logique économique. Pour les deux, les résultats sont les mêmes : des drames humains et sociaux, des médias survoltés et une montée logique du dégoût envers une société libérale marquée par les injustices et l'angoisse de l'avenir.
Les deux aussi sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont vautrés... Sans entreprises pérennes avec des ouvriers qualifiés et motivés, sans commerces de proximité vivants et dynamiques, notre société, la société de ces fonds de pensions et de ces propriétaires immobiliers, est en train de céder le pas une nouvelle organisation où réglementation, démocratie et droit n'ont plus cours. Il y a seulement quelques années les modèles économiques étaient les Etats-Unis ou l'Europe. Aujourd'hui, c'est la Chine au taux de croissance de 12%, au milliers de prisonniers politiques et au pouvoir sans partage qui sert d'exemple aux nations en développement. Dans le même esprit, à force de coût démesurés et de contraintes sans fin, nos centres villes sont désertés par les petits commerces, poussant nos concitoyens vers les périphéries, vers de véritables usines à consommer aussi impersonnelles que performantes.
Continuons cette recherche du profit immédiat, cette quête impossible du plaisir instantané et un jour nous risquons de nous réveiller dans un enfer à la Orwell, sans âmes ni joie. Que vaudront des produits importés sans acheteurs, que vaudront des espaces commerciaux sans acquéreurs ou locataires ? Rien...

mercredi 31 mars 2010

Parce que tu le vaux bien...

Merci à Madame L'Oréal d'avoir conceptualisé en une phrase la cosmétique... politique. "Parce que tu le vaux bien" doivent se répéter sans arrêt nos édiles devant leurs miroirs de salle de bains, en pensant à leurs administrés et en essayant de donner des couleurs à leurs actions afin de contenter un électorat de plus en plus sensible aux symboles et aux images. Parce que, in fine, la loi ne laisse pas tant de libertés que cela aux élus locaux pour leurs permettre de marquer de leur empreinte un mandat constamment soumis aux aléas de l'opinion publique.
On torture, on met en lumière, on affiche ou on souligne... des lignes budgétaires souvent anémiques mais tellement emblématiques pour son camp. La manœuvre est connue mais elle marche à chaque coup surtout avec la presse comme témoin privilégié. Quand j'étais à l'armée, dans la cavalerie, on repeignait consciencieusement nos chars avec pour leitmotiv : "peinture sur m...e égale propreté..." Un vieil adage tout à fait transposable à nos finances publiques.
Nos communes et autres institutions territoriales sont en train de voter leurs budgets et avec la crise, il faut bien arriver à être un peu présentable tel un cortège de mannequins anorexiques lors d'un défilé de haute couture. Alors on repeint, on compense ou on maquille à tout va.
Ainsi à Périgueux, la baisse du prix des cantines devient l'emblème municipal pour 2010 même si l'effort budgétaire ne représente que quelques pour cent grappillés ici et là. Certes ce n'est pas neutre pour beaucoup de nos concitoyens en difficulté mais un peu dérisoire en regard des besoins exprimés par tout un chacun. Même lecture avec le transfert de l'Hôtel de Ville dans les anciens locaux de la CCI pour lequel l'opposition libérale se fait le chantre de la propriété publique et où la majorité de gauche étudie la cession à un privé pour ensuite louer le bâtiment. Nous sommes typiquement dans un front "renversé" qui illustre parfaitement les contorsions imposées par une conjoncture difficile et des programmes électoraux à "respecter"...
Comme pour le sommet de l'Etat en ce moment avec le fameux bouclier fiscal, je reste persuadé que l'opinion est prête à accepter quelques renoncements sur des promesses faites "en été" électoral mais qui deviennent si difficiles à tenir "quand la bise fut venue"...

dimanche 28 mars 2010

Res...pon...sabi...lité ? C'est quoi ça ?

"La responsabilité est le devoir de répondre de ses actes, toutes circonstances et toutes conséquences comprises, c'est à dire en assumer l'énonciation, l'accomplissement et par la suite, s'il y a lieu, la réparation voire la sanction..." Comme j'aimerais que cette courte mais lapidaire définition fasse l'objet de débats et autres leçons dans nos institutions d'éducation et sur nos antennes... Ce doux mot de responsabilité que chacun d'entre nous s'applique à retourner vers l'autre, en oubliant consciencieusement de se l'imposer.
Notre quotidien est pavé des bonnes intentions engendrées par la responsabilité. Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas demandé que les parents soient enfin reconnus responsables de l'absentéisme scolaire de leurs enfants ? Même si un texte de loi régissant cela est déjà opérationnel dans notre corpus législatif. Madame la Préfète de Dordogne en signant, enfin dirais-je, l'arrêté autorisant les bars du département à ouvrir jusqu'à deux heures du matin, a fortement insisté sur la responsabilité des chefs d'établissements dans la lutte contre l'alcoolisme et les nuisances à autrui.
En revanche, rien n'est dit dans ce texte préfectoral sur la responsabilité individuelle des consommateurs. Et c'est là que je veux en venir... Il serait souhaitable que syndicats professionnels, associations de consommateurs, médecins et pouvoirs publics se penchent enfin sur la problématique de la consommation d'alcool en France pour réformer en profondeur règles et lois qui datent aujourd'hui de l'après-guerre. On peut toujours stigmatiser une catégorie professionnelle comme les patrons de bars, "odieux profiteurs" de la misère humaine mais il ne faut pas trop pousser la mémé dans les orties car cela gratte... Les lois en cours dans notre pays font que si vous avez bu une bouteille de vodka chez vous, que vous arrivez frais comme un gardon dans un bar et demandez un petit verre de bière, vous écroulant ensuite sur le trottoir à un kilomètre de l'établissement, c'est le patron du café où vous avez consommé le dernier verre qui peut être tenu responsable, subir fermeture administrative et amendes diverses. Où est l'implication de celui qui a vendu la bouteille de vodka et l'égalité de la peine devant la loi ? Car, aujourd'hui en France, 85% de l'alcool consommé est acheté dans une grande surface, sans vraiment de contrôle ni limite. J'aimerais tant réaliser dans ma brasserie ne serait-ce que 5% de la recette en alcool d'un samedi dans l'hypermarché Leclerc de Trélissac...
Je veux bien être tenu co-responsable de la misère du monde, de la déshérence sociale et affective, de la disparition progressive du tissus familial mais je veux partager cette charge avec d'autres et surtout bien marquer que chaque individu à sa part pleine et entière dans la conduite de sa vie. Cessons un jour de nous en remettre à d'autres pour construire notre existence, acceptons nos responsabilités et ce qui en découle quand nous commettons excès et erreurs. Des avocats feront peut être faillite mais notre monde tournera certainement mieux.

samedi 20 mars 2010

Derrière les chiffres...

Comme chaque année, quand les parents commencent à réfléchir à l'avenir proche de leurs chères têtes blondes, les établissements privés d'enseignement se parent de leurs plus beaux atours pour séduire celles et ceux qui craignent de voir l'obtention du baccalauréat s'éloigner du fait des poussées des crises d'adolescence. Notre bonne Dordogne ne déroge pas à la règle. Profitant de l'arrivée des beaux jours, des opérations portes ouvertes ou des kermesses organisées par ces dames aux chapeaux verts fleurissent comme jonquilles dans les prés...
Moi même, élève pour le moins turbulent, totalisant plusieurs expulsions et 123 heures de retenue en une seule année (la classe de quatrième...), j'ai passé cinq ans de ma vie en pension dans une institution religieuse au coeur du Cantal. En échec scolaire, j'ai eu droit à un "traitement de faveur" qui m'a permis d'avoir mon bac et de continuer ensuite en université. J'ai pu mesurer, durant ces années dont je garde un souvenir ému, ce que furent l'investissement pédagogique, la volonté de tirer vers le haut tous les enfants d'une classe, sans exclusive ni élitisme. Car, si j'étais dans un établissement religieux, les curés et professeurs qui y enseignaient, n'avaient eux pas la religion du chiffre comme on l'entend aujourd'hui. Que veulent dire 100% de réussite au baccalauréat quand vous sélectionnez méticuleusement chaque élève au format de votre objectif ?
Ce qui m'intéresse dans un "chiffre" est le nombre d'inscrits en seconde par exemple, et celui de ceux qui atteignent le bac dans le même établissement. Il est facile d'éliminer au fur et à mesure des classes pour trouver ensuite 25 ou 30 élèves, déjà performants, et de les conduire au diplôme. Mais ce n'est pas de la pédagogie ou de l'enseignement, c'est de l'écurie de course... Le vrai challenge de la vie et de la jeunesse, en éducation comme en agriculture - le raccourci est peut être scabreux - est de prendre une terre en friche, un roncier inextricable et d'en faire un grenier à blé. J'ai de l'admiration pour les défricheurs du savoir, les hussards de la République ou les jésuites de la pensée, pas pour les grands céréaliers du formatage intellectuel...

vendredi 5 février 2010

Pour vivre et s'amuser à Périgueux

Quelle journée, mes aïeux ! Pour gagner une heure d'ouverture la nuit, il faut savoir en perdre pas mal le jour... Sincèrement je n'aurais pas cru à une telle mobilisation des internautes périgourdins et de tous ceux souhaitant que Périgueux n'ait pas l'image de "belle endormie" qu'elle semble pourtant s'évertuer parfois à vouloir donner.
En moins d'une journée, le fameux site Facebook nous a permis de rassembler pas moins de 850 personnes pour une même cause : celle de vivre et s'amuser paisiblement dans sa ville. Il semble, mais les informations sont encore parcellaires et parfois contradictoires, que nous ayons eu gain de cause avec un statu quo instable et tolérant nous autorisant du bout des lèvres une ouverture en douceur jusqu'à deux heures du matin. La différence avec un black-out rétrograde est ténue mais cela va aussi nous permettre de démontrer la validité des principes qui ont dicté la rédaction de la charte tripartite entre professionnels, municipalité et État.
Quant aux arguments avancés par les Service de l'Etat pour justifier ce premier bond en arrière de trois ans, ils me paraissent bien peu tenables. Comment expliquer que l'on supprime quelques "exceptions" sous prétexte d'un projet de réforme départementale globale ? Est-ce que l'Etat qui est en train de se pencher sur nombre de lois et directives nouvelles, annule tout avant de proposer quelque chose ? Les niches fiscales, les avantages sociaux, les retraites spécifiques n'ont qu'à bien se tenir si nous nous dirigeons vers cette forme de gouvernance... Mais bonjour la pagaille et les mécontentements...
De même qu'en sport où on ne change pas les règles en cours de match, nous répétons à l'envie aux services de Madame la Préfète notre souhait de débat, de consensus et de règles partagées par tous, en bonne intelligence, démontrant s'il en était encore besoin que nous sommes, chefs d'entreprises, des citoyens responsables et d'ardents animateurs de notre cité.

mercredi 3 février 2010

La logique, c'est comme le whisky...

Lord Dunsany écrivait fort justement que "prise en trop grande quantité, la logique, comme le whisky, perd de ses vertus bénéfiques..." Madame Béatrice Abollivier, Préfète de Dordogne, semble être tombée dans une marmite de logique à sa naissance...
Ne vient-elle pas sous le prétexte fallacieux de la révision complète des heures d'ouverture des bars en Dordogne, de suspendre la charte qui permettait depuis plus de deux ans aux établissements dits de nuit ou d'ambiance de Périgueux de rester ouverts, en hiver, jusqu'à deux heures du matin le week-end. C'était certes une exception dans le département mais une exception qui marchait et donnait entière satisfaction tant aux usagers qu'aux chefs d'entreprises. Aujourd'hui certains bars se voient ainsi amputé d'une bonne partie de ce qui est leur gagne pain. Pour quelle raison ? Allez savoir ma bonne dame !
Pourtant, dans un même temps, le Gouvernement a choisi de permettre aux boites de nuits de rester ouvertes jusqu'à 7 heures du matin. Périgueux serait-elle devenue une ville particulièrement malsaine où la sécurité et la tranquillité de ses habitants étaient à ce point menacées par de dangereux agitateurs nocturnes ? Nous n'avons jamais eu à déplorer d'incidents. Bien au contraire, c'était avant cette charte que les problèmes survenaient quand nous étions obligés de lâcher prématurément, à une heure du matin dans la rue, des centaines de consommateurs voulant encore s'amuser. De plus, les services de l'Etat ferment piteusement les yeux sur des sociétés qui se permettent de commercialiser en dehors de toutes règles et de toutes heures autorisées des bouteilles d'alcool, livrées à domicile. Enfin, les établissements touchés par cette décision arbitraire sont ceux qui ont le moins bénéficié de la baisse de la TVA car gros revendeurs d'alcool toujours taxée à 19.6%...
J'aurais pu comprendre qu'en cas de troubles publics importants, de nuisances insurmontables, l'Etat et sa représentante aient fait marche arrière mais là, où est la logique décisionnelle ? D'autant plus que les horaires d'été débutent le 30 avril, madame Abollivier aurait pu et dû attendre cette date pour tout remettre à plat et travailler dans la concertation et non dans la précipitation et l'absolutisme le plus abscons...

mardi 2 février 2010

Un temps que les moins de vingt ans...

Pier Import à Périgueux va baisser définitivement son rideau. Les employées du magasin de la rue de la République sont à Villepinte pour tenter d'obtenir des liquidateurs une prime plus conséquente lors de leur licenciement et retiennent, avec leurs collègues de toute la France, les dirigeants de l'entreprise afin de faire reconnaître leurs droits.
Une fois de plus, un conflit social pour une liquidation, vous me direz... Oui certes, mais, pour moi, pas tout à fait comme les autres... Comme le chantait Charles Aznavour, "je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître."
Etudiant en droit et en histoire à Toulouse, combien de fois ai-je arpenté les étalages de ce magasin quasi-mythique pour une jeunesse en mal d'exotisme. Imaginez que, désargentés, nous n'avions de choix initial pour meubler nos studios estudiantins qu'entre des bahuts de guingois venant de grands mères charitables ou d'horribles meubles en formica orange ou bleu lavasse ! Et Pier Import est arrivé ! Finie la monotonie blême durant nos révisions acharnées... Bonjour les effluves d'encens au patchouli, les tables basses d'Indonésie couvertes de cendriers trop pleins ou les commodes du Bangladesh débordant de souvenirs de conquêtes improbables. Nous pouvions voyager par procuration, à bon compte, et enfin, affirmer des goûts et des couleurs qui nous différenciaient de nos parents nés des "Trente Glorieuses". Pier Import était devenu une forme de synthèse ou de conclusion mobiliaire de Mai 68...
Aujourd'hui, la chaine de magasins a été tuée par sa propre initiative, abattue par une concurrence qui a fait comme elle, mais avec moins de poésie et plus de réalisme commercial. Quand 68 est déboulonné par Wall Street... La fin d'un cycle ou le début d'une prise de conscience ?

vendredi 29 janvier 2010

Le pétrin de la discorde ?

Décidément à Périgueux, la boulangerie suscite bien des débats. Après les soucis d'implantation du Pétrin d'Hélène, c'est la vente d'un des établissements "mythiques" de la place du Coderc qui provoque polémique et anathèmes...
Alain Pichard a en effet décidé de céder au groupe local "Firmin" sa boulangerie-pâtisserie du coeur de ville. Que n'entend-on du coup ! "Ce sera du congelé... Quel dommage, je n'irais plus... Artisanat en l'air... C'est une usine..." Et voilà que démarre un procès en sorcellerie, un "Clearsteam" local enfariné...
Et bien oui, "Firmin" a déjà huit établissements et utilise des processus de fabrication modernes et compétitifs. Mais croit-on encore que si les produits de cette boulangerie étaient si mauvais, comment aurait-il pu ouvrir autant de succursales en 4 années d'activité et recevoir aujourd'hui plus de 3000 clients quotidiens ? Sur ce marché hyperconcurrentiel, tout le monde peut exister et fonctionner à une seule condition : celle de servir un bon produit qui correspond à l'attente du client. C'est exactement ce qui fait la réussite de "Firmin". Enfin, puisque l'emplacement est si intéressant, pourquoi personne d'autre ne s'est positionné pour reprendre le fond de commerce ?
Gregory Fourey, créateur de "Firmin", a tout à fait raison d'expliquer qu'utiliser du pâton congelé est une pratique courante dans nombre d'établissements. Pour de multiples raisons... En premier lieu, c'est une garantie de qualité organoleptique pour le consommateur qui ainsi disposera toujours d'un aliment frais et préparé avec des ingrédients parfaits. Ensuite, la pratique du surgelé, du sous vide et d'autres méthodes de conservation modernes est aujourd'hui totalement maîtrisée et garantit souvent une excellente qualité voire meilleure que bien des produits dits frais mais mal conservés. Les plus grands chefs français ou artisans de l'agro alimentaire l'ont bien démontré dans la pratique quotidienne de leur art.
Alors arrêtons de diaboliser un chef d'entreprise comme monsieur Fourey, laissez faire le seul juge qui vaille en la matière : vos papilles...

lundi 21 décembre 2009

Marbot vs Leclerc

Dernier round d'un combat long et hasardeux, l'accord de la Commission Nationale d'Aménagement Commercial pour l'ouverture d'un "Espace Culturel" contiguë à l'hypermarché Leclerc de Trélissac (Dordogne) ouvre une longue période d'incertitude pour la librairie Marbot installée en coeur de ville de Périgueux. Dinosaure du genre encore échappé du massacre, Marbot s'était refait une beauté, il y a un an, en s'agrandissant et en élargissant considérablement son offre culturelle et livresque. S'il reste encore une chance que le Conseil d'Etat revienne sur cette décision, on peut malgré tout s'attendre à ce que ce pilier de l'animation du centre ville périgourdin prenne de plein fouet la concurrence sans pitié que conduira Leclerc.
Le seul a s'en réjouir semble être le maire de Trélissac, le communiste Francis Colbac. Il est d'ailleurs comique et désolant de constater que ce thuriféraire de Marx (Groucho ?) est plus enclin à défendre le grand capital ultra-libéral que le commerce de centre ville dont il se contrefiche dans la mesure où il peut piller et capter enseignes et taxes pour son opulente commune. Il ose parler du monopole de Marbot ignorant peut être que cela n'a aucune importance car le prix des livres est fixé par la Loi Lang. En revanche, il oublie complètement d'aborder l'appauvrissement systématique de l'offre culturelle généré par les grandes enseignes de la distribution. Quels sont les éditeurs qui ont les reins assez solides pour résister à une centrale d'achat de Leclerc ou d'Auchan ? Pas les petits, les sans grades, les découvreurs de talents littéraires ou musicaux... Prenez un jour le temps de regarder ce qu'est un rayon de grandes surfaces et vous comprendrez très vite qui peut se permettre d'exister dans cette jungle commerciale sans aucune pitié.
J'ai eu dans mon enfance le plaisir et la chance d'avoir des parents commerçants qui avaient leur quincaillerie juste à côté d'une librairie de quartier (vous savez... ce lieu qui a presque disparu...). J'y ai vécu des émotions aussi fortes que l'évolution de mon âge me le permettait, à huit ans feuilletant des heures durant bandes dessinées et livres pour enfant, me passionnant pour mes premiers grands classiques à onze ans et quelques années plus tard, laissant traîner des regards concupiscents sur des ouvrages "olé-olé" plus en rapport avec ma puberté boutonneuse. Et oui, Monsieur Colbac, tout ce que Leclerc et consorts ne pourront donner à des générations d'enfants de clients pressés et compressés dans les rayons de ces grandes surfaces trop éclairés et si froids.
Alors, soyez franc, ne parlez pas de défense des consommateurs ni de monopole ou d'autres choses qui vous dépassent. Dites simplement que vous voulez garantir l'avenir de votre hypermarché trélissacois. C'est bien plus honnête et bien plus vrai que vos pseudo arguments qui ne convainquent personne. Mais rappelez-vous aussi que le livre n'est pas un yaourt et que votre commune est liée à Périgueux comme votre barbe à votre menton... Le jour où la ville centre dépérira définitivement, la votre ne vaudra guère mieux...

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