Un mois déjà ou presque que la France élective est passée en mode estival et il me semble, chaque jour qui défile, assister à une séance du dictionnaire de l'Académie française... De gauche à droite et du centre aux extrêmes, on conjugue, on exhume, on invente kyrielles de mots, de synonymes, de paradigmes et métaphores pour ne pas dire ce que l'on pense, ressent ou subodore.
Ainsi, au Gouvernement, rigueur et austérité deviennent justice et responsabilité; à l'UMP, guerre fratricide s'écrit primaire démocratique; au centre, échec électoral cuisant évolue en reconstruction positive. Je passe sous silence les oppositions du Front de Gauche qui se transforment en autonomie constructive ou le cumul des mandats en élus hors-sol pour les Radicaux de gauche...
Après des envols lyriques et des espoirs fondés, j'ai l'impression que nous retrouvons nos bons vieux travers politiciens. Croit-on vraiment que nous, français, sommes de grands enfants, incapables de comprendre un langage de vérité et de réalité ? Faut-il encore et toujours user et abuser des tournures de notre fabuleuse langue française pour nous faire prendre les vessies pour des lanternes ?
J'en ai un peu assez de ces synonymes qui ne font qu'enfoncer un peu plus notre classe politique dans cette crise de confiance dont nous n'arrivons pas à nous relever. Si Churchill avait usé des mêmes formules alambiquées en 1940, j'ai la furieuse impression que le futur défilé du 14 juillet aurait des couleurs vert-de-gris très germaniques. Je préfèrerais que politique soit le synonyme de courage et d'abnégation, de concret, de respect et d'unité... On peut rêver mais pas que...
samedi 7 juillet 2012
mardi 12 juin 2012
Le crépuscule des "deux"
Même si, en politique, comme le déclarait François Mitterrand, "on ne meurt jamais, l'important est de durer...", j'en connais deux qui doivent trouver certainement que cette "annus horribilis" a assez duré. Je veux parler ici de Ségolène Royal qui, telle une Richelieu moderne, fait le siège de La Rochelle, et de François Bayrou qui, pensant se retirer sur son Aventin béarnais, se retrouve proche de la Roche Tarpéienne.
Pour la diva du Poitou, l'atterrissage programmé en terres charentaises tourne au cauchemar. Alors qu'elle se voyait déjà sur le perchoir de l'Assemblée, la voilà obligée de réclamer le secours de Martine Aubry, qui lui a volé son élection au PS, et de Cecile Duflot, autre parachutée autoritaire sur Paris. Je ne suis pas sûr que le rassemblement de ces suffragettes dans le port "parpaillot"aux deux tours suffisent à motiver des électeurs fort légitimistes.
De même, à quelques encablures de là, dans les vallées encaissées du Béarn, François Bayrou, déjà muet au lendemain des présidentielles, se retrouve sans voix pour le deuxième tour des législatives, pris en sandwich dans une triangulaire mortifère.
Les électeurs des deux circonscriptions sous le feu des médias, ont envoyé un message très clair à nos politiques, condamnant d'une même voix les parcours autoritaires et solitaires de nos deux candidats. D'un côté, un parti qui impose sans transiger une candidate sans légitimité, de l'autre un homme, courageux peut-être, mais terriblement solitaire dans ses prises de position. Dans les deux cas, ils campent une image de la politique que nos concitoyens dénoncent dans les cafés du commerce mais aussi, aujourd'hui, dans le secret de l'isoloir.
Nos partis politiques, quels qu'ils soient, ne pourront plus faire l'économie d'une profonde réforme du statut de l'élu. Si nous voulons freiner la chute de la participation et donner envie à nos concitoyens de s'impliquer et vivre de l'intérieur les grands débats démocratiques de notre nation, la nouvelle Assemblée Nationale se devra d'envoyer des signaux forts en ce sens. Non cumul des mandats, deux mandats consécutifs au maximum, refonte profonde de l'accompagnement social des élus, transparence et intransigeance absolue avec ceux qui auront maille à partir avec la justice, les sujets ne manquent pas pour les législateurs à venir. Il y a urgence sinon ce crépuscule charento-béarnais se répendra sur toute notre classe politique.
Pour la diva du Poitou, l'atterrissage programmé en terres charentaises tourne au cauchemar. Alors qu'elle se voyait déjà sur le perchoir de l'Assemblée, la voilà obligée de réclamer le secours de Martine Aubry, qui lui a volé son élection au PS, et de Cecile Duflot, autre parachutée autoritaire sur Paris. Je ne suis pas sûr que le rassemblement de ces suffragettes dans le port "parpaillot"aux deux tours suffisent à motiver des électeurs fort légitimistes.
De même, à quelques encablures de là, dans les vallées encaissées du Béarn, François Bayrou, déjà muet au lendemain des présidentielles, se retrouve sans voix pour le deuxième tour des législatives, pris en sandwich dans une triangulaire mortifère.
Les électeurs des deux circonscriptions sous le feu des médias, ont envoyé un message très clair à nos politiques, condamnant d'une même voix les parcours autoritaires et solitaires de nos deux candidats. D'un côté, un parti qui impose sans transiger une candidate sans légitimité, de l'autre un homme, courageux peut-être, mais terriblement solitaire dans ses prises de position. Dans les deux cas, ils campent une image de la politique que nos concitoyens dénoncent dans les cafés du commerce mais aussi, aujourd'hui, dans le secret de l'isoloir.
Nos partis politiques, quels qu'ils soient, ne pourront plus faire l'économie d'une profonde réforme du statut de l'élu. Si nous voulons freiner la chute de la participation et donner envie à nos concitoyens de s'impliquer et vivre de l'intérieur les grands débats démocratiques de notre nation, la nouvelle Assemblée Nationale se devra d'envoyer des signaux forts en ce sens. Non cumul des mandats, deux mandats consécutifs au maximum, refonte profonde de l'accompagnement social des élus, transparence et intransigeance absolue avec ceux qui auront maille à partir avec la justice, les sujets ne manquent pas pour les législateurs à venir. Il y a urgence sinon ce crépuscule charento-béarnais se répendra sur toute notre classe politique.
samedi 2 juin 2012
La prison nous guette
Julien Green écrivait "qu'un livre est une fenêtre par laquelle on s'évade" et j'ai bien peur, qu'après la lecture d'un article de la Tribune, la prison nous guette. En effet, Amazon, le géant américain de la distribution de livres, vient d'annoncer la construction d'un nouveau centre logistique à Chalon-sur-Saône, avec près de 1000 emplois à la clef. Ce n'est pas Arnaud Montebourg; le nouveau Ministre du Redressement Productif, qui s'en plaindra, lui qui est ancien député de cette circonscription bourguignonne.
Mais qu'en pense Aurélie Filipetti, la nouvelle Ministre de la Culture ? Car l'article du quotidien économique, s'il vante la création d'emplois, oublie pudiquement de parler des conséquences dramatiques de l'offensive commerciale d'Amazon sur la vitalité du tissu des librairies indépendantes françaises. Pourtant, elles font la richesse culturelle et commerciale de nos villes. Elle permettent aussi à des auteurs méconnus ou de petits éditeurs d'avoir pignon sur rue et de proposer à des lecteurs curieux -c'est presque un pléonasme- des ouvrages qui ne pourraient entrer dans le catalogue numérique du numéro un mondial de l'édition. Mais sans la rentabilité et le flux commercial créés par les best-sellers et autres gros tirages qu'Amazon saura parfaitement mettre en marché, ces librairies verront leurs chiffres d'affaires plonger et devront définitivement tirer le rideau. Il en sera de même des espaces culturels développés par la grande distribution qui seront passés à la moulinette économique du rouleau compresseur d'outre-atlantique.
Alors, on peut, aujourd'hui, se glorifier de la création de près de 1000 emplois, mais demain combien, essentiels, seront détruits ? Combien de librairies, trésors de culture, de savoir et de liberté, fermeront à jamais leurs portes et emporteront avec elles les rêves et les émotions de millions de lecteurs ?
Mais qu'en pense Aurélie Filipetti, la nouvelle Ministre de la Culture ? Car l'article du quotidien économique, s'il vante la création d'emplois, oublie pudiquement de parler des conséquences dramatiques de l'offensive commerciale d'Amazon sur la vitalité du tissu des librairies indépendantes françaises. Pourtant, elles font la richesse culturelle et commerciale de nos villes. Elle permettent aussi à des auteurs méconnus ou de petits éditeurs d'avoir pignon sur rue et de proposer à des lecteurs curieux -c'est presque un pléonasme- des ouvrages qui ne pourraient entrer dans le catalogue numérique du numéro un mondial de l'édition. Mais sans la rentabilité et le flux commercial créés par les best-sellers et autres gros tirages qu'Amazon saura parfaitement mettre en marché, ces librairies verront leurs chiffres d'affaires plonger et devront définitivement tirer le rideau. Il en sera de même des espaces culturels développés par la grande distribution qui seront passés à la moulinette économique du rouleau compresseur d'outre-atlantique.
Alors, on peut, aujourd'hui, se glorifier de la création de près de 1000 emplois, mais demain combien, essentiels, seront détruits ? Combien de librairies, trésors de culture, de savoir et de liberté, fermeront à jamais leurs portes et emporteront avec elles les rêves et les émotions de millions de lecteurs ?
De toute façon...
De toute façon, Ségolène Royal va gagner. De toute façon, l'appareil partisan fera le nécessaire pour. De toute façon, elle DOIT être présidente de l'Assemblée Nationale. De toute façon, dans six ans nous aurons oublié ce parachutage malheureux et la trouverons plus rochelaise que jamais. De toute façon, il est écrit que, malgré ses dénégations, une bonne partie de la classe politique en place, de droite comme de gauche ou d'ailleurs, a décidé de continuer de déprécier l'image et les principes des élus de notre démocratie.
Cumul des mandats et des candidatures, parachutage aux forceps, scandales plus ou moins étouffés, prises de position scabreuses ou insultantes, rien n'y fait ! Ils continuent à scier méticuleusement la frêle branche sur laquelle ils croient être assis confortablement.
Persistez ainsi, mesdames et messieurs nos dirigeants, à croire que l'on peut essuyer ses pieds passablement crottés sur les consciences citoyennes et vous risquez de vous prendre dans le tapis des populistes de tous crins qui n'attendent que cela...
Cumul des mandats et des candidatures, parachutage aux forceps, scandales plus ou moins étouffés, prises de position scabreuses ou insultantes, rien n'y fait ! Ils continuent à scier méticuleusement la frêle branche sur laquelle ils croient être assis confortablement.
Persistez ainsi, mesdames et messieurs nos dirigeants, à croire que l'on peut essuyer ses pieds passablement crottés sur les consciences citoyennes et vous risquez de vous prendre dans le tapis des populistes de tous crins qui n'attendent que cela...
dimanche 20 mai 2012
L'état de crasses
Pas de temps mort, pas d'état de grâce dans l'actualité politique nationale... Aussitôt élu ou nommés, président et ministres ont déjà droit à leurs bordées d'injures, rumeurs et autres coups bas. Faut dire que l'opinion a été habituée à cela avec la précédente équipe gouvernementale qui "pris cher" dans les réseaux sociaux ou la presse dite d'information devenue trop facilement d'opinion voire de caniveau.
Personnellement, je dois avouer ne pas m'y faire à cet état de crasses, ce grand déballage de passés prescrits, de commentaires à fleuret non moucheté, ces solutions politiciennes trop faciles pour occulter l'essentiel : les idées et les actes.
Encore un mois à tenir et à supporter une campagne électorale pour les législatives avant qu'on en vienne enfin à la mise en place d'une politique que l'on pourra juger sur pièces.
Personnellement, je dois avouer ne pas m'y faire à cet état de crasses, ce grand déballage de passés prescrits, de commentaires à fleuret non moucheté, ces solutions politiciennes trop faciles pour occulter l'essentiel : les idées et les actes.
Encore un mois à tenir et à supporter une campagne électorale pour les législatives avant qu'on en vienne enfin à la mise en place d'une politique que l'on pourra juger sur pièces.
vendredi 18 mai 2012
Un beau livre d'images
Présentation officielle du nouveau gouvernement Ayrault 1, passation de pouvoir en cascade dans les différents ministères, consignes données et respectées... La vie après le 6 mai s'organise rondement comme dans toute alternance démocratique.
Si l'on peut donner quitus au nouveau Président de la République sur le respect de certaines promesses comme la parité intégrale, la modération et la normalité de ses premiers pas présidentiels, il faut "lire" la composition du gouvernement essentiellement comme un beau livre d'images. On y retrouve, en effet, en feuilletant ses pages encore brillantes de nouveauté, des éléphants échappés du zoo PS, représentants immémoriaux de courants pas toujours d'accord avec le "hollandisme" ambiant, de jeunes loups aux dents tellement longues que les huissiers des palais de la République s'inquiètent pour leur parquet, des électrons plus ou moins libres tous surpris d'être là, éblouis comme de très jeunes lapereaux par les phares de la célébrité et des illustres inconnus qui ont plongés les analystes politiques dans des abîmes d'interrogation. Un gouvernement paritaire, symbolique mais surtout sans pouvoir...
Sans pouvoir car, une fois n'est pas coutume, l'Assemblée en place n'appartient pas à la nouvelle majorité présidentielle et durant le mois qui nous sépare de l'échéance législative, il ne faudra attendre de nos "jeunes" ministres qu'effets de manche, déclarations et décrets sans importance mais lourds de symboles. La vie politique nationale est ainsi faite que, même après cinq années d'hyper-présidentialité, le Parlement garde malgré tout les prérogatives législatives et donne le la des projets gouvernementaux.
Alors, n'espérons pas grand chose de ce gouvernement Ayrault 1 qui ressemble à s'y méprendre à une affiche politique en quadrichromie, mais sans Martine Aubry tout de même. Gardons-nous de juger en attendant la deuxième mouture de juin qui aura vraiment à gouverner notre pays et mettre en place les grandes orientations du nouveau Président de la République.
Si l'on peut donner quitus au nouveau Président de la République sur le respect de certaines promesses comme la parité intégrale, la modération et la normalité de ses premiers pas présidentiels, il faut "lire" la composition du gouvernement essentiellement comme un beau livre d'images. On y retrouve, en effet, en feuilletant ses pages encore brillantes de nouveauté, des éléphants échappés du zoo PS, représentants immémoriaux de courants pas toujours d'accord avec le "hollandisme" ambiant, de jeunes loups aux dents tellement longues que les huissiers des palais de la République s'inquiètent pour leur parquet, des électrons plus ou moins libres tous surpris d'être là, éblouis comme de très jeunes lapereaux par les phares de la célébrité et des illustres inconnus qui ont plongés les analystes politiques dans des abîmes d'interrogation. Un gouvernement paritaire, symbolique mais surtout sans pouvoir...
Sans pouvoir car, une fois n'est pas coutume, l'Assemblée en place n'appartient pas à la nouvelle majorité présidentielle et durant le mois qui nous sépare de l'échéance législative, il ne faudra attendre de nos "jeunes" ministres qu'effets de manche, déclarations et décrets sans importance mais lourds de symboles. La vie politique nationale est ainsi faite que, même après cinq années d'hyper-présidentialité, le Parlement garde malgré tout les prérogatives législatives et donne le la des projets gouvernementaux.
Alors, n'espérons pas grand chose de ce gouvernement Ayrault 1 qui ressemble à s'y méprendre à une affiche politique en quadrichromie, mais sans Martine Aubry tout de même. Gardons-nous de juger en attendant la deuxième mouture de juin qui aura vraiment à gouverner notre pays et mettre en place les grandes orientations du nouveau Président de la République.
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lundi 7 mai 2012
Au boulot !
Lundi 7 mai, gueule de bois pour tous, ceux qui ont gagné bien sur mais aussi tous ceux dont le champion n'a pas été renouvelé dans ses fonctions.
Il n'empêche aujourd'hui qu'il faut se mettre au boulot et qu'en bon républicain, on ne peut souhaiter que le succès de la nouvelle équipe car ce succès sera avant tout celui de notre nation et de son peuple.
Sans m'avancer dans les prédictions sur fond de marc de café, je souhaite tout de même bien du courage à François Hollande, entre les remontées d'huile du Front de Gauche et les aigreurs d'estomac de certains caciques socialistes (N'est-ce pas Laurent Fabius ? On peut rêver...). Mais ce qui m'a toujours inquiété et que je n'ai cessé de dénoncer ici, c'est avant tout le vote-sanction plutôt que le vote-adhésion. Maintenant que la "cause de tous les maux" a disparu des écrans radars, certains vont se sentir bien orphelins sans meilleur ennemi à stigmatiser. Sur qui vont-ils passer leurs humeurs bileuses et critiques ?
Enfin, autre chiffre qui doit modérer tous les enthousiasmes des vainqueurs d'hier soir, c'est le nombre record de bulletins blancs avec plus de 2 millions d'électeurs qui sont allés voter mais sans choisir un des deux candidats. Alors oui, parmi eux, il y a bien quelques "mélanchoniens" grognons ou des "poutouïstes" revanchards mais aussi beaucoup d'électeurs de François Bayrou ou de Marine Le Pen qui seront en capacité, demain, de revenir dans leurs camps d'origine, si le nouveau pouvoir n'apporte pas les réponses attendues.
Les mois qui viennent seront déterminants pour François Hollande afin de former une vraie majorité autour de vrais objectifs et non sur la simple mais facile détestation d'un adversaire. Il n'y aura pas d'état de grace car notre calendrier économique et social ne le permettra pas.
Il n'empêche aujourd'hui qu'il faut se mettre au boulot et qu'en bon républicain, on ne peut souhaiter que le succès de la nouvelle équipe car ce succès sera avant tout celui de notre nation et de son peuple.
Sans m'avancer dans les prédictions sur fond de marc de café, je souhaite tout de même bien du courage à François Hollande, entre les remontées d'huile du Front de Gauche et les aigreurs d'estomac de certains caciques socialistes (N'est-ce pas Laurent Fabius ? On peut rêver...). Mais ce qui m'a toujours inquiété et que je n'ai cessé de dénoncer ici, c'est avant tout le vote-sanction plutôt que le vote-adhésion. Maintenant que la "cause de tous les maux" a disparu des écrans radars, certains vont se sentir bien orphelins sans meilleur ennemi à stigmatiser. Sur qui vont-ils passer leurs humeurs bileuses et critiques ?
Enfin, autre chiffre qui doit modérer tous les enthousiasmes des vainqueurs d'hier soir, c'est le nombre record de bulletins blancs avec plus de 2 millions d'électeurs qui sont allés voter mais sans choisir un des deux candidats. Alors oui, parmi eux, il y a bien quelques "mélanchoniens" grognons ou des "poutouïstes" revanchards mais aussi beaucoup d'électeurs de François Bayrou ou de Marine Le Pen qui seront en capacité, demain, de revenir dans leurs camps d'origine, si le nouveau pouvoir n'apporte pas les réponses attendues.
Les mois qui viennent seront déterminants pour François Hollande afin de former une vraie majorité autour de vrais objectifs et non sur la simple mais facile détestation d'un adversaire. Il n'y aura pas d'état de grace car notre calendrier économique et social ne le permettra pas.
dimanche 6 mai 2012
Quoiqu'il arrive...
Demain, quoiqu'il arrive, la France repartira au travail pour ceux qui en ont.
Demain, quoiqu'il arrive, nous aurons l'impérieuse exigence de nous retrouver, de nous fédérer autour d'un objectif commun, celui de l'avenir de notre nation et de tous ses habitants.
Demain, quoiqu'il arrive, le nouveau président se devra de redonner à sa fonction toute la hauteur nécessaire afin de montrer aux Français l'exemple, le signal à suivre.
Demain, quoiqu'il arrive, nous nous devrons d'explorer les chemins tortueux de la modestie et du respect tant à l'intérieur même de notre République qu'envers un monde qui ne nous attend plus pour évoluer et vivre.
Demain, quoiqu'il arrive, nous serons dans l'urgente nécessité de refonder le pacte républicain qui unit toutes les strates de notre société, en particulier les jeunes et l'éducation
Demain, quoiqu'il arrive, je resterai un observateur-acteur attentif, j'espère sans concession, mais gardant son libre-arbitre, sa capacité critique et toujours animé de la même volonté de comprendre et de partager un amour commun pour la chose publique.
Demain, quoiqu'il arrive...
Demain, quoiqu'il arrive, nous aurons l'impérieuse exigence de nous retrouver, de nous fédérer autour d'un objectif commun, celui de l'avenir de notre nation et de tous ses habitants.
Demain, quoiqu'il arrive, le nouveau président se devra de redonner à sa fonction toute la hauteur nécessaire afin de montrer aux Français l'exemple, le signal à suivre.
Demain, quoiqu'il arrive, nous nous devrons d'explorer les chemins tortueux de la modestie et du respect tant à l'intérieur même de notre République qu'envers un monde qui ne nous attend plus pour évoluer et vivre.
Demain, quoiqu'il arrive, nous serons dans l'urgente nécessité de refonder le pacte républicain qui unit toutes les strates de notre société, en particulier les jeunes et l'éducation
Demain, quoiqu'il arrive, je resterai un observateur-acteur attentif, j'espère sans concession, mais gardant son libre-arbitre, sa capacité critique et toujours animé de la même volonté de comprendre et de partager un amour commun pour la chose publique.
Demain, quoiqu'il arrive...
vendredi 4 mai 2012
Posture gaullienne
En ce petit matin blême, tous les observateurs plus ou moins bien informés ont l'air de s'étonner du choix de François Bayrou pour ce deuxième tour des présidentielles. Pourtant, à tête reposée, si l'on analyse la lente maturation du béarnais, on peut non seulement expliquer mais comprendre son propos et son option nouvelle.
En premier lieu, faut-il rappeler ici que François Bayrou n'a jamais voté Sarkozy car en 2007 il a préféré une abstention discrète à un ralliement que le Nouveau Centre a effectué pour lui. Ensuite, s'il s'est positionné très fortement dans son programme 2012 sur la réduction de la dette et le contrôle drastique des dépenses, il a, avant tout depuis son indépendance retrouvée, prôné au sommet de l'Etat un rigueur intellectuelle, des valeurs et une vision de la fonction présidentielle que l'actuel locataire de l'Elysée a, d'après lui, trop souvent foulé aux pieds.
Ainsi, la posture du patron du Modem que d'aucuns pourraient qualifier de "gaullienne" -je vais faire hurler- se justifie logiquement et sans aigreur. Il faut surtout imaginer son questionnement pour effectuer ce saut vers l'inconnu, une première pour le centre. Le risque est grand que l'implosion prévisible de l'UMP, la recomposition de l'extrème droite et celle de la nouvelle majorité présidentielle fassent aussi des dégâts collatéraux qui impactent le Modem et ses satellites. Mais le jeu politique en vaut la chandelle pour qu'enfin cette sensibilité politique empreinte d'humanisme et de tempérance soit autre chose qu'une variable d'ajustement d'une quelconque construction majoritaire alambiquée.
En premier lieu, faut-il rappeler ici que François Bayrou n'a jamais voté Sarkozy car en 2007 il a préféré une abstention discrète à un ralliement que le Nouveau Centre a effectué pour lui. Ensuite, s'il s'est positionné très fortement dans son programme 2012 sur la réduction de la dette et le contrôle drastique des dépenses, il a, avant tout depuis son indépendance retrouvée, prôné au sommet de l'Etat un rigueur intellectuelle, des valeurs et une vision de la fonction présidentielle que l'actuel locataire de l'Elysée a, d'après lui, trop souvent foulé aux pieds.
Ainsi, la posture du patron du Modem que d'aucuns pourraient qualifier de "gaullienne" -je vais faire hurler- se justifie logiquement et sans aigreur. Il faut surtout imaginer son questionnement pour effectuer ce saut vers l'inconnu, une première pour le centre. Le risque est grand que l'implosion prévisible de l'UMP, la recomposition de l'extrème droite et celle de la nouvelle majorité présidentielle fassent aussi des dégâts collatéraux qui impactent le Modem et ses satellites. Mais le jeu politique en vaut la chandelle pour qu'enfin cette sensibilité politique empreinte d'humanisme et de tempérance soit autre chose qu'une variable d'ajustement d'une quelconque construction majoritaire alambiquée.
jeudi 3 mai 2012
Moi Président
Hier, juste avant le grand débat Hollande-Sarkozy, dans la tiédeur d'une soirée enfin printanière, il flottait comme un parfum de combat, de sang et de larmes. Chaque camp fourbissait ses armes. D'un côté, le président sortant, devenu challenger par la volonté des urnes du premier tour, de l'autre son opposant transformé en favori comme le prédisaient les vagues de sondages, et tout autour, des millions de français qui pour certains voulaient pouvoir assurer leur choix et pour d'autres, assister à la mise à mort d'un des impétrants...
Et de tout cela, rien... Quelques passes d'armes, de belles faenas dirait-on en langage tauromachique, mais un torero-Hollande combattant "a recebir" et un toro-Sarkozy de belle caste qui marqua des points dans les premiers tercios mais qui faiblit sur la fin, fatigué d'un long combat contre un adversaire plus pugnace que prévu. Une tirade du "moi Président" digne de Cyrano qui vit François Hollande se conjuguer au futur alors que Nicolas Sarkozy déclinait au présent. Et voilà...
Résumer deux heures cinquante d'affrontement télévisuel en quelques lignes peut paraître une gageure mais pourtant on y arrive assez facilement tant l'ennui, une certaine déception et l'égotisme l'emportèrent sur l'enjeu réel de ce duel : l'avenir de notre nation et de son peuple.
Et de tout cela, rien... Quelques passes d'armes, de belles faenas dirait-on en langage tauromachique, mais un torero-Hollande combattant "a recebir" et un toro-Sarkozy de belle caste qui marqua des points dans les premiers tercios mais qui faiblit sur la fin, fatigué d'un long combat contre un adversaire plus pugnace que prévu. Une tirade du "moi Président" digne de Cyrano qui vit François Hollande se conjuguer au futur alors que Nicolas Sarkozy déclinait au présent. Et voilà...
Résumer deux heures cinquante d'affrontement télévisuel en quelques lignes peut paraître une gageure mais pourtant on y arrive assez facilement tant l'ennui, une certaine déception et l'égotisme l'emportèrent sur l'enjeu réel de ce duel : l'avenir de notre nation et de son peuple.
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