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dimanche 4 avril 2010

Qui le sera ?

Un peu désoeuvré, je parcourrais sans conviction la dernière livraison du Journal du Dimanche. Un article retint mon attention, s'agissant d'une critique du livre autobiographique de Xavier Emmanuelli, "Au seuil de l'éternité".
Le co-fondateur de MSF, du Samu Social, le combattant de la misère et de l'infortune, au seuil de son existence, s'interroge dans son ouvrage sur sa vie et se pose la question de savoir s'il sera prêt au grand saut vers l'éternité. Lui pas prêt ? Mais qui le sera alors... ?
D'une humanité qui frise la sainteté, d'un dévouement sans nul autre pareil, d'une lucidité sur l'âme humaine telle la plus affûtée des lames, Xavier Emmanuelli par son engagement, son parcours exemplaire et sa modestie sans limite habite mon panthéon personnel aux côtés d'autres êtres magnifiques qui ont guidé mon existence, mes pensées et souvent mes actes.
Alors, Monsieur, si vous n'êtes pas prêt comme vous nous l'affirmez, je ne le serais jamais...

samedi 3 avril 2010

Tout, tout de suite...

Marbot-Bata, Foies Gras Champion, Crown, chaque semaine qui passe en Dordogne génère ses mouvements sociaux, ses drames économiques et ses destructions d'emplois. Notre département ne fait pas cavalier seul et la France, comme bien des "vieilles nations" de ce vieux continent démocratique qu'est l'Europe, souffre non seulement de la crise économique mais aussi d'une profonde mutation de la consommation.
Le pire est que ceux qui sont les plus touchés par ce mal qui ronge nos économies ouvertes, sont aussi ceux qui, inconsciemment et par besoin, sont à l'origine de cette plaie économique. Ouvrons les réfrigérateurs, les placards ou les celliers d'une famille d'ouvriers mis au chômage par un plan social et l'horreur qu'ils vivent y est entreposée. Produits de bas de gamme, bon marché, sans marques ni label, contrefaçons ou copies légales, tout ce qui fait la ruine de bien de nos usines est acheté par les victimes expiatoires des restructurations...
Je sens que je vais déclencher, par mes propos, bronchas et indignation. Ne vous mèprenez pas... Je ne fais pas ici de racisme anti-pauvre mais un constat désabusé d'une maladie ancienne mais ô combien en expansion qu'est l'appétit de consommation.
Nous avons envie de tout, tout de suite, sans attendre, sans comprendre ce que nos gestes d'achat vont engendrer comme conséquences dans la chaine économique qui régit notre vie. Je le comprends infiniment et c'est plus facile à écrire qu'à vivre... Comment expliquer à nos enfants qu'acheter une copie de Repetto tue les emplois de papa et maman ? "Les copains en ont, alors j'en veux aussi !.."
Manger des haricots verts frais en plein hiver ruine les pays d'Afrique tropicale, occupés à produire ces denrées pour la riche Europe pendant que ses habitants crèvent de faim. S'équiper du dernier cri en matière de hifi mais dans un hard-discount revient à détruire irrémédiablement les emplois des ouvriers de Philips à Dreux. Acheter des pneumatiques coréens à bas prix, en dehors des risques pour sa sécurité, envoie les salariés de Continental à Pôle Emploi... Je ne veux culpabiliser personne mais simplement essayer d'expliquer que nous sommes tous, à quelque niveau que ce soit, des "consommacteurs", responsables par nos actes commerciaux de l'avenir de notre économie. Mangeons moins mais mieux, prenons le temps de penser nos achats, de peser les conséquences sociales, environnementales et culturelles de nos caddies. La guerre n'est pas perdue. Nous avons simplement laissé filer une bataille par manque d'attention, par concupiscence économique du fait d'un complexe de supériorité civilisationnel.
La disparition de nos emblèmes industriels n'est pas une fatalité si nous apprenons à nos enfants la gestion du temps et de l'envie...

mercredi 31 mars 2010

Parce que tu le vaux bien...

Merci à Madame L'Oréal d'avoir conceptualisé en une phrase la cosmétique... politique. "Parce que tu le vaux bien" doivent se répéter sans arrêt nos édiles devant leurs miroirs de salle de bains, en pensant à leurs administrés et en essayant de donner des couleurs à leurs actions afin de contenter un électorat de plus en plus sensible aux symboles et aux images. Parce que, in fine, la loi ne laisse pas tant de libertés que cela aux élus locaux pour leurs permettre de marquer de leur empreinte un mandat constamment soumis aux aléas de l'opinion publique.
On torture, on met en lumière, on affiche ou on souligne... des lignes budgétaires souvent anémiques mais tellement emblématiques pour son camp. La manœuvre est connue mais elle marche à chaque coup surtout avec la presse comme témoin privilégié. Quand j'étais à l'armée, dans la cavalerie, on repeignait consciencieusement nos chars avec pour leitmotiv : "peinture sur m...e égale propreté..." Un vieil adage tout à fait transposable à nos finances publiques.
Nos communes et autres institutions territoriales sont en train de voter leurs budgets et avec la crise, il faut bien arriver à être un peu présentable tel un cortège de mannequins anorexiques lors d'un défilé de haute couture. Alors on repeint, on compense ou on maquille à tout va.
Ainsi à Périgueux, la baisse du prix des cantines devient l'emblème municipal pour 2010 même si l'effort budgétaire ne représente que quelques pour cent grappillés ici et là. Certes ce n'est pas neutre pour beaucoup de nos concitoyens en difficulté mais un peu dérisoire en regard des besoins exprimés par tout un chacun. Même lecture avec le transfert de l'Hôtel de Ville dans les anciens locaux de la CCI pour lequel l'opposition libérale se fait le chantre de la propriété publique et où la majorité de gauche étudie la cession à un privé pour ensuite louer le bâtiment. Nous sommes typiquement dans un front "renversé" qui illustre parfaitement les contorsions imposées par une conjoncture difficile et des programmes électoraux à "respecter"...
Comme pour le sommet de l'Etat en ce moment avec le fameux bouclier fiscal, je reste persuadé que l'opinion est prête à accepter quelques renoncements sur des promesses faites "en été" électoral mais qui deviennent si difficiles à tenir "quand la bise fut venue"...

dimanche 28 mars 2010

Res...pon...sabi...lité ? C'est quoi ça ?

"La responsabilité est le devoir de répondre de ses actes, toutes circonstances et toutes conséquences comprises, c'est à dire en assumer l'énonciation, l'accomplissement et par la suite, s'il y a lieu, la réparation voire la sanction..." Comme j'aimerais que cette courte mais lapidaire définition fasse l'objet de débats et autres leçons dans nos institutions d'éducation et sur nos antennes... Ce doux mot de responsabilité que chacun d'entre nous s'applique à retourner vers l'autre, en oubliant consciencieusement de se l'imposer.
Notre quotidien est pavé des bonnes intentions engendrées par la responsabilité. Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas demandé que les parents soient enfin reconnus responsables de l'absentéisme scolaire de leurs enfants ? Même si un texte de loi régissant cela est déjà opérationnel dans notre corpus législatif. Madame la Préfète de Dordogne en signant, enfin dirais-je, l'arrêté autorisant les bars du département à ouvrir jusqu'à deux heures du matin, a fortement insisté sur la responsabilité des chefs d'établissements dans la lutte contre l'alcoolisme et les nuisances à autrui.
En revanche, rien n'est dit dans ce texte préfectoral sur la responsabilité individuelle des consommateurs. Et c'est là que je veux en venir... Il serait souhaitable que syndicats professionnels, associations de consommateurs, médecins et pouvoirs publics se penchent enfin sur la problématique de la consommation d'alcool en France pour réformer en profondeur règles et lois qui datent aujourd'hui de l'après-guerre. On peut toujours stigmatiser une catégorie professionnelle comme les patrons de bars, "odieux profiteurs" de la misère humaine mais il ne faut pas trop pousser la mémé dans les orties car cela gratte... Les lois en cours dans notre pays font que si vous avez bu une bouteille de vodka chez vous, que vous arrivez frais comme un gardon dans un bar et demandez un petit verre de bière, vous écroulant ensuite sur le trottoir à un kilomètre de l'établissement, c'est le patron du café où vous avez consommé le dernier verre qui peut être tenu responsable, subir fermeture administrative et amendes diverses. Où est l'implication de celui qui a vendu la bouteille de vodka et l'égalité de la peine devant la loi ? Car, aujourd'hui en France, 85% de l'alcool consommé est acheté dans une grande surface, sans vraiment de contrôle ni limite. J'aimerais tant réaliser dans ma brasserie ne serait-ce que 5% de la recette en alcool d'un samedi dans l'hypermarché Leclerc de Trélissac...
Je veux bien être tenu co-responsable de la misère du monde, de la déshérence sociale et affective, de la disparition progressive du tissus familial mais je veux partager cette charge avec d'autres et surtout bien marquer que chaque individu à sa part pleine et entière dans la conduite de sa vie. Cessons un jour de nous en remettre à d'autres pour construire notre existence, acceptons nos responsabilités et ce qui en découle quand nous commettons excès et erreurs. Des avocats feront peut être faillite mais notre monde tournera certainement mieux.

samedi 27 mars 2010

Sancte pater, sic transit gloria mundi

Quand je vous le disais qu'il fallait noter tous ceux qui se sont portés candidats aux dernières régionales, ceux qui ont été élus et ceux qui n'iront pas jusqu'au bout de leur mandat...
Et bien, déjà un de chute en Aquitaine et pas des moindres, avec la défection de Jean Lassalle, tête de liste Modem !
Il paraît qu'il serait resté s'il avait été élu président... Cela me rassure ! Trêve d'ironie mais avec cette démission sans combattre, l'institution régionale continue d'être méprisée par ceux qui croient se battre pour elle. En refusant ce mandat, Jean Lassalle préfère la grande et prestigieuse Assemblée nationale ou le très local Conseil général des Pyrénées Atlantiques pour continuer sa carrière. Au diable les électrices et les électeurs qui lui ont fait confiance pour porter un autre message à Bordeaux. Alain Rousset peut dormir tranquille, ses contradicteurs putatifs s'échappent avant même l'ouverture des débats.
En quittant ces sièges, pourtant si convoités il y a peine quinze jours, les "grands élus" se disqualifient un peu plus au regard des citoyens, méprisant la parole donnée et surtout l'institution pour laquelle ils ont sollicité un suffrage.
Je prône, comme un pauvre orateur dans le désert, non seulement l'interdiction définitive de tout cumul des mandats mais aussi celle du nomadisme électoral, chaque élu ne pouvant solliciter un autre mandat qu'à l'issue de celui qu'il détient déjà. Je peux rêver certes mais je crois qu'avec une telle mesure l'image des institutions françaises et surtout de la politique s'en trouverait largement améliorée. Une démocratie, fût-elle être mature comme la notre, n'est pas le libre-service d'un carriérisme institutionnalisé, oublieux de ceux qui la vivent au quotidien, de leur angoisses et de leurs attentes.

vendredi 26 mars 2010

Le Centre du monde

Comment compenser la force centrifuge quand on a l'esprit centripète ? Non, il ne s'agit pas du prochain sujet de philosophie du bac mais plutôt d'une réflexion des états majors de tous bords pour retrouver l'électorat centriste disparu corps et âmes lors du dernier scrutin régional.
D'un côté la "majorité" présidentielle, minoritaire pour l'heure, qui s'interroge sur la stratégie de parti unique et de l'autre une gauche requinquée qui se trouve des ailes afin de confirmer les bons scores des urnes.
Mais à chacun sa corvée... Côté UMP, ce sont le soldat Morin du Nouveau Centre et le garde forestier radical valoisien Borloo qui s'y collent en rêvant de renaissance de l'UDF et d'une confédération centriste à la fois boite à idée et supplétif électoral de l'UMP recentrée sur son coeur de cible. Dans la nouvelle gauche, les socialistes faisant les yeux doux au Front de Gauche, ce sont les écologistes nouvelle mouture autour de Daniel Cohn-Bendit qui fouillent les ruines du Modem, espérant encore retirer des survivants du dernier séisme "bayrouesque".
Tout le monde en revanche s'accorde à dire que ce centre, s'il renaît de ses cendres, pourrait être la clef du prochain scrutin présidentiel. Même de Villepin et l'humoriste Sébastien (pas d'analogie entre les deux, quoique...) ont des accents lyriques pour chasser le centriste en goguette électorale.
Pourtant il ne suffira pas de roucoulades pigeonnesques ou d'oeillades appuyées pour décider les électeurs centristes à suivre à l'avenir tel ou tel candidat. J'ai la furieuse impression que le chat échaudé craint aujourd'hui les eaux froides de la politique politicienne et son cortège de promesses, d'assurances et de faux semblants.
Tant mieux car ainsi celui ou ceux qui endosseront les couleurs de ce centre en gestation devront avoir non seulement une approche philosophique compatible mais aussi un vrai projet capable de proposer une alternance crédible aux deux blocs actuels.

mercredi 24 mars 2010

Les reniements de Saint Pierre

"Avant que le coq chante, tu auras dit trois fois que tu ne me connaissais pas"... Se rappelant ces paroles du Christ, Saint Pierre sortit et pleura parce qu'il avait fait grande peine... Dans les évangiles, Jésus pardonne à Saint Pierre et en fait même le premier pape de la chrétienté.
Les français dans leur grande mansuétude pardonneront-ils à Nicolas Sarkozy de se renier sur la taxe carbone et sur d'autres engagements de campagne ? Rien n'est moins sûr car à force de reculer et de d'expliquer péniblement que cela va se faire mais sans se faire tout en se faisant, on quitte les évangiles pour entrer dans les fables ou les contes... Et en dehors d'endormir les enfants, un conte ne peut pas servir de dogme politique.
Je persiste et je signe. La taxe carbone est une bonne idée mais terriblement mal présentée et si mal ficelée que les français l'ont prise comme un impôt nouveau sans observer qu'elle se faisait à somme nulle du fait des reversements. Au lieu de s'engager à expliquer et à populariser au sens étymologique du terme la mesure, le pouvoir suit sans barguigner la frange la plus conservatrice de sa majorité et les lobbies industriels et commerciaux qui ont horreur des mots changement, environnement et responsabilité.
Je suis peut être dur mais je suis en colère. Et pour continuer dans l'analogie christique, Judas s'est pendu parce qu'il n'a pas su demander pardon pour le péché qu'il a commis...

mardi 23 mars 2010

Y-a-t-il un pilote dans l'hélicoptère ?

Pour compenser le départ injuste de Xavier Darcos, la présidence n'a pas trouvé mieux que de nommer des gens "sûrs" comme les chiraquiens et villepinistes avec l'arrivée à la Fonction Publique de l'ineffable Georges Tron (pas de jeux de mots sur ce patronyme, s'il vous plait...).
En dehors d'être celui qui souhaitait, il y a quelques semaines, que Dominique de Villepin se présente aux prochaines présidentielles, le député de l'Essonne a laissé un souvenir ému à tous les éditorialistes politiques.
Souvenez-vous ! 1995, campagne électorale pour les présidentielles, Edouard Balladur plonge dans les sondages. Il faut le rendre rapidement sympathique aux yeux de nos concitoyens pour contrer l'offensive "tête de veau" de Jacques Chirac. Idée lumineuse de son chef de cabinet d'alors, Georges Tron, et des communicants de l'époque : lors d'un déplacement en Provence, l'hélicoptère du Premier Ministre se pose en catastrophe dans le brouillard et ce dernier est ramené en stop par une brave dame qui se trouvait là. Toute la France s'émeut et s'attendrit. Jusqu'au moment où les équipes de Jacques Chirac lâchent l'information comme quoi la dame n'était autre que la cousine de Georges Tron et qu'elle ne passait pas là par hasard... Résultats : des sondages encore plus calamiteux et une image écornée à jamais.
Belle performance... A la place de Nicolas Sarkozy, j'aurais dégommé Dominique Bussereau et nommé à son poste notre imaginatif Georges Tron comme Ministre des Transports... aériens.

lundi 22 mars 2010

Un singe en hiver

Au fil de cette journée-bilan d'après élections, la liste des victimes et autres morts au champ d'honneur régional s'allongent comme la mine d'un militant UMP égrenant les scores d'hier soir... Exit a priori la tonitruante Fadela Amara, dégommé le très professionnel Martin Hirsch et au revoir Xavier Darcos... Ce dernier paye de plein fouet son score calamiteux en Aquitaine. A sa décharge, il était le seul en France à affronter une liste Modem au deuxième tour, siphon parfait d'une partie de son électorat.
J'entends déjà le coeur des gnafrons, des piliers de comptoirs et autres tartuffes s'esclaffer sur son éviction gouvernementale après, excusez du peu, huit années au service de la nation dans différents ministères. "Vae victis" doit ruminer ce fin lettré connaisseur émérite de Tacite et des grands auteurs latins. Que tous ceux qui ont le coeur à médire, tournent avant plusieurs fois leurs langues dans leurs bouches déformées par le sectarisme et l'ignorance la plus crasse.
Vouer maintenant aux gémonies ce grand serviteur de l'Etat est aussi absurde et stupide que la décision qui le touche. La politique est injuste et ceux qui la font le sont doublement. Il y a quelques mois, la présidence avait annoncé que les ministres qui se risquaient sur le front de la campagne, garderaient leurs maroquins. Peine perdue et promesse envolée sur l'autel du recentrage à droite d'un gouvernement ballotté par sa majorité amnésique.
On l'a envoyé au casse pipe électoral après l'avoir usé au Ministère de l'Education nationale et à celui du Travail et des affaires sociales. Lui, contrairement à beaucoup de ses collègues ministres, ne s'est pas dégonflé et a tenu le cap de sa barque percée de toute part durant cette campagne déplorable. Il était simplement comme "un singe en hiver". Peut être pas à sa place, peut être trop décalé, préférant son bureau et ses dossiers au "toco maneto" des marchés du Périgord profond, il est resté fidèle malgré tout à ceux qui pilotaient son sacrifice politique, discret et respectueux de la parole donnée.
Taisons nos critiques et ayons un peu de respect pour des hommes de devoir comme Xavier Darcos. Ils se font de plus en plus rares dans les mouvements politiques de tous bords...

Une double défaite ?

Il est des lendemains de gueule de bois plus agréables que celui que doivent vivre certains responsables de l'UMP. L'Alsace est sauvée -on se croirait revenu 70 ans en arrière- mais la défaite est rude dans beaucoup d'autres régions françaises. Scores faméliques, base militante déboussolée, électorat dubitatif voire carrément remonté, tous les signaux sont au rouge pour le parti majoritaire. Et comme tout lundi suivant une élection de cette importance, on dresse dans les états majors bilans et perspectives.
Si ce que j'ai entendu sur l'UMP venant des milieux dits bien informés s'avère probable, alors ces régionales sonneront comme une double défaite pour Nicolas Sarkozy.
La première, claire et arithmétique, vient directement des urnes avec 21 régions sur 22 à gauche, des ministres malmenés. Elle s'explique, pour moi, en grande partie par une erreur manifeste de positionnement de la campagne précédent le scrutin. A trop vouloir jouer sur des thèmes nationaux dans les grands médias, les listes UMP ont pris comme un boomerang le retour de l'opinion qui, oubliant les enjeux régionaux, s'est défoulé sur des thématiques de campagne présidentielle. De plus sans aucune réserve de voix ni sur sa droite par le retour en force du Front National -merci la campagne sécuritaire-, ni sur sa gauche par la disparition de la famille UDF, la majorité présidentielle n'a pu jouer que sur des divisions de l'opposition qui ne sont jamais venues. Le résultat ne s'est pas fait attendre et le verdict fut rude.
La deuxième défaite du Président, bien plus grave à mon sens, est dans les réponses que le pouvoir semble vouloir apporter à cette crise électorale. Au rencart l'ouverture, aux oubliettes la taxe carbone et l'approche écologique, adieu une certaine idée de la présidence de la République... Finalement, tout ce qui a fait l'atypisme de Nicolas Sarkozy et sa victoire aux présidentielles de 2007 devient un "mauvais" souvenir. Au revoir l'UMP, bonjour le RPR ? Bye bye Nicolas, salut Jacques ?
Je ne suis pas certain que ce soit là le meilleur moyen de construire une future candidature pour 2012. Le replis sur le coeur de la droite parlementaire en cédant aux sirènes de caciques incapables de dépasser leur propre électorat traditionnel associé à la l'effondrement du centre-droit va ouvrir un boulevard à une Daniel Cohn-Bendit qui, ce matin, a déjà annoncé son souhait de construire Europe Écologie avec les troupes désemparée du Modem et autres démocrates sociaux. Si cela se concrétise rapidement comme cela est fort possible, j'en connais quelques uns rue de la Boétie ou au Palais qui vont se faire des cheveux blancs. En revanche, il n'est jamais trop tard pour se poser les vraies questions et surtout donner les bonnes réponses...

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