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dimanche 21 mars 2010

Plaidoyer pour un vote...

Dimanche gris pour vote blanc... Tel pourrait être le titre d'une nouvelle illustrant ce deuxième dimanche d'élections régionales si... si le vote blanc était reconnu dans notre code électoral. Politiques et éditorialistes déplorent à juste titre une abstention en hausse. Les raisons en sont multiples certes. Désintérêt de la chose publique, campagne électorale déplorable, manque de reconnaissance de l'institution régionale, tout a concouru pour que les électeurs choisissent d'aller à la pêche plutôt qu'à l'isoloir.
En revanche, un argument a été peu mis en avant pour expliquer ce fort taux d'abstention : aucun candidat ou liste ne convenaient à nos concitoyens. Avouer cela ressemble, pour un homme politique, à une autocritique impossible. Pourtant, c'est une réalité qu'il ne faut en aucun cas occulter. Et c'est pour cette raison que je plaide pour la reconnaissance du vote blanc ou nul. Aller dans un bureau de vote et glisser une enveloppe vide n'est pas un geste anodin et sans valeur. Il signifie clairement que l'on ne trouve pas dans les candidats celui qui vous représente et qui porte vos idées. L'électeur votant blanc l'exprime ouvertement et fortement, prenant sur son temps pour marquer cette quête infructueuse. Comptabilisons le une fois pour toute et donnons lui toute sa signification sociale et politique.
Au demeurant, faisons ensemble un petit jeu : gardez précieusement tous les noms des nouveaux conseillers régionaux élus ce soir. Puis dans six ans, essayez de comparer ceux qui sont restés à ce poste et ceux qui en sont partis pour d'autres cieux électoraux plus propices, ainsi que l'absentéisme en réunion. Vous aurez dans le résultat de vos investigations une explication supplémentaire et sans ambiguïté au désintérêt annoncé de ce scrutin...

samedi 20 mars 2010

Derrière les chiffres...

Comme chaque année, quand les parents commencent à réfléchir à l'avenir proche de leurs chères têtes blondes, les établissements privés d'enseignement se parent de leurs plus beaux atours pour séduire celles et ceux qui craignent de voir l'obtention du baccalauréat s'éloigner du fait des poussées des crises d'adolescence. Notre bonne Dordogne ne déroge pas à la règle. Profitant de l'arrivée des beaux jours, des opérations portes ouvertes ou des kermesses organisées par ces dames aux chapeaux verts fleurissent comme jonquilles dans les prés...
Moi même, élève pour le moins turbulent, totalisant plusieurs expulsions et 123 heures de retenue en une seule année (la classe de quatrième...), j'ai passé cinq ans de ma vie en pension dans une institution religieuse au coeur du Cantal. En échec scolaire, j'ai eu droit à un "traitement de faveur" qui m'a permis d'avoir mon bac et de continuer ensuite en université. J'ai pu mesurer, durant ces années dont je garde un souvenir ému, ce que furent l'investissement pédagogique, la volonté de tirer vers le haut tous les enfants d'une classe, sans exclusive ni élitisme. Car, si j'étais dans un établissement religieux, les curés et professeurs qui y enseignaient, n'avaient eux pas la religion du chiffre comme on l'entend aujourd'hui. Que veulent dire 100% de réussite au baccalauréat quand vous sélectionnez méticuleusement chaque élève au format de votre objectif ?
Ce qui m'intéresse dans un "chiffre" est le nombre d'inscrits en seconde par exemple, et celui de ceux qui atteignent le bac dans le même établissement. Il est facile d'éliminer au fur et à mesure des classes pour trouver ensuite 25 ou 30 élèves, déjà performants, et de les conduire au diplôme. Mais ce n'est pas de la pédagogie ou de l'enseignement, c'est de l'écurie de course... Le vrai challenge de la vie et de la jeunesse, en éducation comme en agriculture - le raccourci est peut être scabreux - est de prendre une terre en friche, un roncier inextricable et d'en faire un grenier à blé. J'ai de l'admiration pour les défricheurs du savoir, les hussards de la République ou les jésuites de la pensée, pas pour les grands céréaliers du formatage intellectuel...

jeudi 18 mars 2010

Immortelle Matricule 78651

Aujourd'hui, Simone Veil entre sous la coupole de l'Académie Française... Quel paradoxe pour la petite juive déportée à Auschwitz-Birkenau et promise à une mort certaine ! Devenir "immortelle" et revêtir l'habit vert symbolisant la culture, le savoir alors que des barbares sanguinaires et odieux avait décidé que le matricule 78651 ne devait même plus exister. La boucle semble bouclée pour cette grande dame de France.
Jeune militant du défunt Centre des Démocrates Sociaux, j'ai le souvenir d'une douce soirée d'été au bord d'une piscine d'un village de vacances d'Ardèche. Buvant tranquillement un rafraîchissement, j'attendais l'arrivée d'amis participant aussi à cette université d'été du parti centriste quand une dame élégante et discrète m'a demandé gentiment si elle pouvait s'asseoir à ma table. Deux heures durant, fasciné et honoré plus que de raison, j'ai pu dialoguer avec celle que je considère à la fois comme un modèle politique mais aussi humain. Comment exprimer ce qu'un jeune avide d'idéal et de symboles peut ressentir au contact de cette femme qui a traversé avec une force de caractère exemplaire les pires moments de notre histoire contemporaine ?
Madame, vous avez été de tous les combats qui ont construit ma citoyenneté. La résistance à la barbarie, l'Europe dont vous fûtes la première présidente du Parlement ou la loi pour la légalisation de l'avortement, chacun de vos pas guidèrent les miens dans ma vie parfois hésitante de citoyen engagé. Vous resterez pour moi un exemple de rigueur morale, de conviction et de courage qui force le respect bien au delà des clivages politiciens. Vous avez déclaré dans votre autobiographie que vos seuls amis étaient ceux des camps de la mort. En devenant la sixième "immortelle" vous leur redonnez un peu de cette vie et d'honneur que des bourreaux ont cru leur ôter. Vous vous êtes battue toute votre existence pour la reconnaissance du rôle des Justes parmi les Justes. En prenant l'épée et l'habit vert, vous devenez Digne parmi les Dignes. Madame, je vous aime...

mardi 16 mars 2010

A mort l'arbitre !

Le sort de la majorité présidentielle n'est pas encore scellé dans les urnes régionales que déjà caciques, pontifes et autres monarques "vernaculaires" de l'UMP condamne la stratégie de Nicolas Sarkozy et en particulier sa politique d'ouverture.
Qui n'a pas entendu que pour être nommé dans une fonction parfois très prestigieuse, mieux valait être en rupture de banc socialiste que militant de la droite républicaine ? Les députés Luca ou Vanneste en font même leur fonds de commerce sur internet, eux dont les prises de position sociétales ressemblent comme deux goûtes d'eau à celle de leurs adversaires locaux, Le Pen père et fille.
Pourtant le "recyclage" politicien est vieux comme le monde et comme la politique. Heureusement, car cela voudrait dire sinon que n'avons plus le droit de changer ou de faire évoluer nos opinions. Les jeunes "fachos" le resteraient et les bobos "cocos" aussi... Mais qu'arrive-t-il à l'UMP pour qu'elle ne supporte plus ces transfuges et autres supplétifs venant pour l'essentiel de la gauche "mitterandolâtre" ? Simplement, devenu unique et monolithe, le parti présidentiel a perdu une grande partie de sa capacité d'absorption et de digestion de nouveaux arrivants. Avec l'UDF comme zone tampon entre les deux blocs de gouvernement, la droite gardait ouvertes des passerelles qui permettaient de repeindre en bleu horizon, des rouges ou roses en mal de postes ou des bruns cherchant une virginité électorale.
Maurice Leroy, député et président du Conseil du Conseil général du Loir-et-Cher, ne fut-il pas en son temps secrétaire général du groupe communiste du Sénat ? Patrick Devedjian, Gérard Longuet, Alain Madelin ou Claude Goasguen n'ont-ils pas fait le coup de poing en 68 au sein du groupuscule extrémiste "Occident" ? Le problème dans tout cela n'est pas l'ouverture. Elle est consubstantielle de la vie politique mais la stratégie qui l'accompagne. Je reprocherai encore et toujours la démolition de l'UDF et des partis qui la composaient. Ils étaient à la fois les ferments d'une réflexion empreinte de modération et de tempérance mais aussi les réserves de voix nécessaires à une victoire électorale. Et surtout que messieurs Luca et Vanneste se gardent bien de donner des leçons en la matière, eux qui feraient se battre les montagnes par leurs esprits obtus et passéistes...

lundi 15 mars 2010

Autopsie d'un meurtre

N'est pas Otto Preminger qui veut, et François Bayrou n'est pas prêt de gravir le tapis rouge des Oscars d'Hollywood pour le scénario catastrophe qu'il a concocté avec la gestion suicidaire de son parti, le Modem.
Pourtant, tout partait sur de bonnes bases. Avec la création d'un parti unique à droite avec l'UMP et une certaine radicalisation d'une gauche un peu perdue dans ses échecs successifs, le béarnais avait un boulevard au centre pour y installer un petit nid douillet. Mais c'était sans compter sur une ambition dévorante et un empressement maladif à vouloir régler son compte à Nicolas Sarkozy. Confondant scrutins locaux et nationaux, s'opposant frontalement encore plus fortement que les socialistes eux-mêmes, il a effrayé le substrat électoral qui lui aurait permis pourtant de s'installer durablement dans le paysage électoral.
Car ce ne sont pas les "jeunes pousses" ralliées au Modem depuis 2007 qui fondent un parti. Le radicalisme étymologique de François Bayrou a provoqué la création du Nouveau Centre, avatar présentable, et le départ vers ce satellite présidentiel de toute une classe d'hommes politiques nés au centre et qui ne voulaient pas passer avec armes et bagages dans une opposition stérile. Derrière eux, une kyrielle d'électeurs de la défunte UDF ont suivi ou alors ont vraiment voté à gauche, l'original valant toujours mieux que la copie.
Ce n'est pas pour rien d'ailleurs si seul Jean Lassalle en Aquitaine surnage péniblement dans ce tsunami électoral. Il est élu de longue date sur ses terres pyrénéennes et reste un homme de convictions, respecté bien au delà de son propre camp.
Qu'importe vraiment à François Bayrou ? Etre candidat aux présidentielles ou faire exister un courant de pensée qui a toujours pesé sur la vie politique française ? Si c'est la première solution, l'autopsie est terminée... Le criminel est démasqué... Si au contraire, le deuxième possibilité se fait jour, alors comme Lazare ou le Phoenix, le Modem pourra peut être renaître de ses cendres fumantes et prendre toute sa place au coeur du bipartisme à la française, tel un paradigme nouveau intégrant social et économie, démocratie et responsabilité.

Stop the comedy ! 停止喜剧 !

Faut-il le dire en anglais ou en chinois ? Arrêtez la comédie... Au lendemain de la soirée électorale, je reste pantois des discours entendus de part et d'autre de l'échiquier politique. Où sont passées les régions et leurs compétences ? Où sont débattus les grands sujets qui vont conditionner l'avenir de l'Aquitaine, de l'Auvergne ou du Languedoc ? Disparus dans les limbes des règlements de compte politiques et des prochaines élections présidentielles...
L'UMP se donne la semaine à venir pour convaincre les abstentionnistes d'aller voter pour leur programme régional. Alors qu'ils n'y ont pas réussi en deux mois de campagne... Socialistes, verts et communistes vont s'entendre en moins d'une nuit, ce soir, pour une liste commune. Alors que durant deux mois aussi, ils se sont jeté à la figure des noms d'oiseaux... Georges Frêche est seul en tête en Languedoc-Roussillon. Martine Aubry appelle à faire barrage à la droite alors qu'il y a deux jours à peine, soutenir le divers gauche de Montpellier, c'était perdre son âme...
De qui ou de quoi se moque-t-on ? Continuons encore et toujours ces petits arrangements en famille et nous assisterons impuissants à d'autres dénis de démocratie. Jusqu'où ? Jusqu'à quand ?

dimanche 14 mars 2010

La gifle...

J'aime le rugby et les métaphores sportives, j'aime la castagne et Astérix le gaulois, j'aime les débats et les duels d'idées mais je n'osai pas imaginer une telle collection de gifles...
La plus forte, celle qui me laisse groggy, qui me donne des bourdonnements d'oreille, c'est celle qu'ont adressé les millions d'électeurs restés chez eux à ceux qui tentent de nous gouverner. Campagne catastrophique, débats catatoniques, manque de représentativité des candidats, tout a convergé pour que nous atteignions ici un étiage démocratique alarmant. Pourtant il existe d'autres moyens de démontrer son mécontentement que celui de jeter le bébé avec l'eau du bain en mettant en péril notre construction démocratique. En oubliant ce geste rare sur notre planète qu'est le vote libre, nos concitoyens démobilisés ont émis là un retentissant avertissement aux politiques de tous bords. Retrouvez convictions, idéaux, probité et il est possible que les électeurs retrouvent eux le chemin de l'isoloir.
L'autre claque a été administrée à la majorité présidentielle, empêtrée dans des réformes souvent nécessaires mais tout le temps impopulaires. L'Aquitaine, la Dordogne ne dérogent pas à la règle et le Ministre du Travail, Xavier Darcos, a du boulot pour reconquérir le siège qui fut celui, dans une autre vie, de Jacques Chaban-Delmas. Coincée entre un Modem encore populaire sur ses terres originelles et un PS vérouillant campagnes et villages, l'UMP aquitaine peine à trouver un positionnement qui lui donnerait les réserves nécessaires pour inquiéter vraiment le transparent Alain Rousset.
Mais la plus grosse dérouillée a été infligée au Modem de François Bayrou qui continue sa lente descente aux enfers, laminé par les ambitions présidentielles de son leader et son "ni-ni" qui ne convainc personne. Seul, en Aquitaine justement, le sincère et pétulant Jean Lassalle évite à nos extrémistes du centre de finir aussi bas que le facteur de Neuilly, l'autre KO technique de ce scrutin.
Pour être franc, je n'arrive pas à trouver dans les résultats de ce premier tour de scrutin une quelconque miette de satisfaction... Aux gifles déjà énoncées, j'aurais pu aussi ajouter les bons scores de Jean-Marie Le Pen, celui de son clone languedocien Georges Frêche ou de sa fille en Nord-Pas de Calais. Allez, j'arrête là mes jérémiades en espérant encore que le deuxième tour me fera mentir et redonnera aux élections régionales tout le lustre qui fut le leur à leur naissance en 1986...

samedi 13 mars 2010

Comment mieux le dire ?

Ma France...


Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France...

Que serais-je sans toi ?..


J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu'il fait jour à midi qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux...


Nuit et brouillard...


Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent...


Les derniers tziganes...


Disparus l'enfant
Voleur de cerceaux
Les chevaux piaffants
De tous leurs naseaux
Disparus les ânes
Avec leurs paniers
Les belles gitanes
Sous les marronniers
En ce temps qui va
Qui va dévorant
On n'a plus le droit
D'être différent...


Aimer à perdre la raison...


Aimer à perdre la raison
Aimer à n'en savoir que dire
A n'avoir que toi d'horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison...


Qu'ajouter à ces paroles magiques nées de la plume d'un poète nommé Jean Ferrat ?

jeudi 11 mars 2010

Clocher ou tour de contrôle ?

Bourde le l'UMP ou politisation du PS ? Un peu des deux, mon capitaine... Dans un tract électoral de la liste UMP Dordogne aux régionales, le nouvel aéroport de Brive était devenu un atout de développement pour le Périgord noir. Aussitôt dit, aussitôt dénoncé par le parti socialiste bergeracois qui y a vu une attaque mortelle de l'installation aéroportuaire de la sous-préfecture périgourdine. Et comme à son habitude, le manichéisme politique repeint l'actualité en blanc ou noir, oubliant toutes les nuances de gris.
Oui, Jérôme Peyrat et ses colistiers ont raison de prendre en compte dans le développement départemental l'arrivée de ce nouvel équipement à quelques lieues du pôle touristique de Sarlat. Oui, les socialistes bergeracois ont tout aussi raison de défendre bec et ongles cet outil essentiel qu'est Roumagnéres. Mais nul ne doit faire l'autruche et nier la concurrence féroce qui existe dans le ciel de nos villes. Ce n'est pas en se lamentant sur l'existence de nouveaux sites d'accueil de compagnie low-coast et en leur tournant le dos qu'on sauvera les nôtres.
Que le PS départemental le veuille ou non, le Brive-Souillac existera et fonctionnera en se donnant les moyens nécessaires pour attirer vers lui compagnies et voyageurs, irriguant par la même les territoires qui l'entourent dont bien sûr le Périgord noir. Reste donc à Bergerac à renforcer son attrait en développant son accueil et de nouvelles lignes pertinentes. Les bons premiers chiffres du "saut de puce" vers Périgueux et Paris peuvent servir d'exemple. Il faudra ainsi faire feu de tout bois, être unis et compétents pour gagner de nouvelles parts de marché et résister ainsi à la compétition des tours de contrôle.
Là se trouve la vraie mission des futurs élus, des CCI, Chambres d'agricultures, organismes de promotions touristiques qui doivent un peu oublier leurs clochers branlant pour prendre en compte l'intérêt général et le développement à long terme de notre territoire. Une vraie mission politique au sens noble du terme bien plus valorisante que la critique systématique et le caporalisme électoral.

mercredi 10 mars 2010

Une victoire à la Pyrrhus

Allez, on reprend le collier... Il le faut bien après près d'un mois de silence, pesant pour certains, peut être libérateur pour d'autres. Mais à quelques encablures des élections régionales, je me devais de lâcher quelques humeurs malignes sur un échec annoncé. Et je ne prêche pas pour un camp ou un autre mais simplement afin de déplorer le massacre organisé d'une élection locale transformée en grand n'importe quoi...
Entre des sortants furtifs ne voulant pas réveiller l'opposant qui sommeille, des challengers ne sachant pas vraiment à quel saint majoritaire se vouer, nous nous approchons d'une participation qui pourrait être en dessous des cinquante pour cent d'électeurs allant voter ce dimanche. Pour ma modeste personne, l'échec sera là même si ce constat dramatique pour la démocratie arrange tout le monde. Les heureux battus auront beau jeu de clamer la faible représentativité de ce scrutin et les malheureux élus pourront toujours se contenter de cette victoire à la Pyrrhus.
Au fur et à mesure des scrutins, le socle démocratique national s'érode inexorablement. Il y a deux siècles, le suffrage était censitaire, réservé aux élites et aux nantis. Les révolutions et les évolutions l'ont abattu pour finalement qu'il se reconstitue de manière insidieuse et encore plus profonde. Au siècles des lumières, nombre de nos concitoyens voulaient voter mais ne le pouvaient point. Aujourd'hui, tout le monde le peut mais si peu le veut. Le désintérêt a progressivement remplacé l'exclusion légale, affaiblissant la représentativité des élus et leurs messages.
On écoute plus facilement Richard Gere parlant du Tibet ou Vincent Lindon sur les immigrés de Calais que l'on entend nos représentants régionaux ou locaux sur nos problèmes quotidiens. Cet autisme rampant peut nous conduire à des drames sociaux et humains que nous n'auront pas vus venir. Je n'aime pas les parallèles ou les comparaisons hâtives mais, ce mercredi, sort en salle le film "La Rafle" qui retrace l'histoire terrible des 13.000 juifs de Paris que la France de Vichy a livrés aux occupants allemands pour les conduire à une mort certaine, dans, au mieux, l'indifférence générale et, au pire, avec la complicité active de certains. Nous n'en sommes pas là mais les pauvres malheureux qui furent envoyés au four crématoire, eux aussi, ne pouvaient croire qu'ils allaient être trahis par la nation qui les avait accueillis.
Et je ne demande qu'une chose : avoir tort... Alors faites moi mentir, allez voter !

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