En se rendant à la maternité de Brive (Corrèze), à une heure de chez elle, une maman habitant à Figeac (Lot) tente d'accoucher sur l'autoroute mais perd son bébé... Voilà bien un drame qui interpelle... Je lis les réactions aux articles de presse : "c'est une honte; déserts médicaux; abandon des services publics et au public..." J'en passe et des pires !
Des propos que l'on retrouve quand une poste ferme, un commerce ou autres. Mais quand on creuse un peu et que l'on interroge ceux qui savent tant s'émouvoir, on se rend vite compte qu'ils sont aussi les premiers à ne jamais utiliser ces mêmes services de proximité. "Moi, aller dans cet hôpital ? Jamais ! Je veux les meilleurs et les plus modernes dans la grande ville." "Aller dans cette épicerie ? Non c'est trop cher et pas assez achalandé alors je file à la grande surface." Tartuffe réveille toi, ils sont tous en train de t'imiter !La proximité qu'on le veuille ou non, cela se paye... Soit par le "consommateur" soit par le contribuable! De plus, j'aimerais juste connaître l'avis du gynécologue qui a laissé partir cette maman alors que son travail d'accouchement avait manifestement commencé. Figeac n'a certes pas de maternité mais peut accueillir des urgences avec un encadrement médical qui aurait certainement sauvé cet enfant. Tous les enfants ne sont pas nés dans une maternité et les médecins ou chirurgiens figeacois sont tout à fait compétents pour accompagner un accouchement dans les meilleures conditions.
Il est clair qu'il est facile de transformer un événement aussi dramatique en polémique mais l'information se doit d'être complète pour que l'on puisse au moins juger des responsabilités sans exonérer ni accuser à tord qui que ce soit.
samedi 20 octobre 2012
vendredi 19 octobre 2012
Serons-nous les "Bourgeois de Calais" d'une politique fiscale sacrificielle ?
LETTRE OUVERTE AUX PARLEMENTAIRES DE DORDOGNE
Le Chef de l’Etat semble avoir décidé, au mépris de la parole donnée, de revenir sur la baisse de la TVA dans la restauration. Depuis quelques semaines, il n’est pas d’interview de ministres ou de députés qui ne stigmatisent cette mesure si « impopulaire » et avec, cette engeance semble-t-il malfaisante que sont les patrons des milliers d'établissements français, aquitains ou périgourdins qui ont "bénéficié" de ce "cadeau fiscal" indu.
Mesdames les Députées de la 2ème et 3ème circonscription de Dordogne, Messieurs les Sénateurs et Députés de la 1ère et 4ème de Dordogne, je me permets donc de vous inviter dans ma modeste entreprise pour que nous puissions enfin parler de cette mesure qui paraît provoquer sur les bancs de l’Assemblée et du Sénat, une levée de bouclier sans précédent.Je voudrais, par cette rencontre, vous expliquer ce que cela représente pour notre profession, vous faire partager combien est importante la faiblesse économique de ce tissu de petits établissements maillant notre territoire. Germinal Peiro, vous vous êtes fait le chantre de la sauvegarde de la ruralité. Vous êtes-vous posé la question de savoir quels sont les derniers commerces qui restent encore ouverts dans nos villages ? Le bistrot ou le restaurant... Qu'est-ce qui fait l'attrait touristique de nos bastides et villes classées ? Les mêmes... Pascal Deguilhem, en sportif averti, vous aimez les sympathiques troisièmes mi-temps ? Sans un bar ouvert ou une table festive pour accueillir un quinze en goguette, c'est bien moins amusant...
Je n'ai pas honte de le dire mais cette mesure a sauvé mon entreprise et avec elle, les dix-huit salariés qui se battent au quotidien pour leur emploi. Je ne suis pas le seul dans ce cas même si beaucoup de mes collègues ont trop de pudeur à l'avouer.Dans les 190 établissements du grand Périgueux, nous nous escrimons tous pour nos boites, avec des horaires de fous, des charges et des obligations sans cesse accrues. Et tout cela pour s'entendre dire que nous sommes des "privilégiés" gâtés par le système ? Cela suffit ! J'en ai par-dessus la poêle à frire de passer pour un exploiteur, confit de fric et mauvais citoyen. Je ne suis ni le groupe Total ni Madame de Bettencourt, ne mélangeons pas tout. Ou alors il faudra venir aussi expliquer à nos salariés que l'année 2013 risque d'être pour eux celle du chômage, de la précarité et du retour aux vaches maigres.Car derrière la TVA à 5,5% puis à 7%, beaucoup de donneurs de leçon médiatique omettent de dire qu'il s'est agi de nous placer à armes égales avec la restauration rapide, qu'aucun secteur de l'économie française, depuis, n'a autant embauché en période de crise, que nous sommes employeurs de beaucoup de jeunes en rupture scolaire sans qualification ni avenir.En cas de rétablissement au taux supérieur de TVA pour l'ensemble de la restauration, devra-t-on donc renoncer à la prime versée chaque année à nos salariés (500 euros environ), à la mutuelle générale mise en place pour tous, aux embauches d'apprentis supplémentaires (2 pour mon entreprise) et espérer le retour des aides à l'emploi que nous avons tous perdu (près de 3000 euros par mois concernant ma société) ? J'aimerais connaître de votre part ce qui accompagnera cette réforme fiscale qui va nous toucher de plein fouet. C'est important non seulement pour la survie de nos entreprises.
Cette mesure qui touche le 4ème employeur de France avec 800000 salariés s’ajoute à la disparition de l’exonération de charges salariales des heures supplémentaires. Le résultat est que les plus faibles de nos salariés ont perdu pas loin de 1000 euros par an. Est-ce acceptable quand par ailleurs, les propriétaires d’œuvres d’art, eux, échappent à toute fiscalité ? Peut-on croire en la parole d’un homme politique qui nous avait promis la stabilité fiscale pour nos entreprises ? Peut-on avoir encore de l’estime pour ces mêmes politiques qui s’en prennent à nous essentiellement parce que notre « niche fiscale » n’est pas populaire ? Je crains le pire pour les croque-mort ou les huissiers…Aujourd’hui, vous allez choisir d’envoyer à l’abattoir des centaines de PME qui ne peuvent, elles, délocaliser, qui ne peuvent éviter ce couperet fiscal alors qu’il existe des pistes d’économie que l’Etat se refuse à voir. C’est une grave responsabilité qu’il vous faudra aussi assumer publiquement et non dans un vote de nuit, en cachette, au Parlement !
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lundi 24 septembre 2012
Un pédalo dans la tempête
Allez, on reprend la "plume" numérique après avoir cédé trop longtemps aux sirènes radiophoniques, "facebookiennes" et vacancières... Il faut dire que l'actualité de notre nation prête le flanc au débat et à controverse. Entre les louvoiements des Verts, les petits reniements entre amis socialistes, le combat des chefs "Umpistes" et les rabiboches centristes, il y a de quoi trouver son bonheur !
Entre tout cela, il y a notre "capitaine de pédalo" qui se trouve pris dans une tempête sondagière dont il se serait très bien passé. Il faut avouer que quand on patauge gentiment avec pareil esquif sur le plan d'eau bien tranquille de l'opposition et de l'électoralisme, tout semble facile. Mais dès qu'il s'agit d'aborder la pleine mer de la gouvernance et ses vagues monstrueuses, les difficultés apparaissent rapidement. Au demeurant, Alain Bombard a bien traversé l'Atlantique sur un canot pneumatique. Mais la France n'est pas un laboratoire d'étude de la survie en pleine mer...
En mai dernier, François Hollande avait essayé et réussi à envoyer des signaux que l'on pouvait considérer comme positifs à l'opinion. Equilibre des pouvoirs et des contre-pouvoirs, respect des engagements, construction européenne, probité et rigueur dans la classe politique; pourtant chaque jour qui passe voit un de ses dossiers essentiels s'éloigner, s'étioler ou simplement disparaître. Je sais bien que "les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent" mais il y a une limite à notre capacité d'absorption de couleuvres. Rien n'est jamais facile. Tout le monde le sait. Mais dans ce cas, soit on ne promet rien et on subit ainsi la ire électorale. Soit on engage sa parole élective, s'assurant alors que sa majorité n'avancera pas à hue et à dia, sans respecter les engagements pris auprès de ses électeurs. Si gouverner c'est prévoir; se présenter pour la magistrature suprême, c'est aussi anticiper sur des difficultés que tout le monde connait.
Entre tout cela, il y a notre "capitaine de pédalo" qui se trouve pris dans une tempête sondagière dont il se serait très bien passé. Il faut avouer que quand on patauge gentiment avec pareil esquif sur le plan d'eau bien tranquille de l'opposition et de l'électoralisme, tout semble facile. Mais dès qu'il s'agit d'aborder la pleine mer de la gouvernance et ses vagues monstrueuses, les difficultés apparaissent rapidement. Au demeurant, Alain Bombard a bien traversé l'Atlantique sur un canot pneumatique. Mais la France n'est pas un laboratoire d'étude de la survie en pleine mer...
En mai dernier, François Hollande avait essayé et réussi à envoyer des signaux que l'on pouvait considérer comme positifs à l'opinion. Equilibre des pouvoirs et des contre-pouvoirs, respect des engagements, construction européenne, probité et rigueur dans la classe politique; pourtant chaque jour qui passe voit un de ses dossiers essentiels s'éloigner, s'étioler ou simplement disparaître. Je sais bien que "les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent" mais il y a une limite à notre capacité d'absorption de couleuvres. Rien n'est jamais facile. Tout le monde le sait. Mais dans ce cas, soit on ne promet rien et on subit ainsi la ire électorale. Soit on engage sa parole élective, s'assurant alors que sa majorité n'avancera pas à hue et à dia, sans respecter les engagements pris auprès de ses électeurs. Si gouverner c'est prévoir; se présenter pour la magistrature suprême, c'est aussi anticiper sur des difficultés que tout le monde connait.
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samedi 7 juillet 2012
Synonymes
Un mois déjà ou presque que la France élective est passée en mode estival et il me semble, chaque jour qui défile, assister à une séance du dictionnaire de l'Académie française... De gauche à droite et du centre aux extrêmes, on conjugue, on exhume, on invente kyrielles de mots, de synonymes, de paradigmes et métaphores pour ne pas dire ce que l'on pense, ressent ou subodore.
Ainsi, au Gouvernement, rigueur et austérité deviennent justice et responsabilité; à l'UMP, guerre fratricide s'écrit primaire démocratique; au centre, échec électoral cuisant évolue en reconstruction positive. Je passe sous silence les oppositions du Front de Gauche qui se transforment en autonomie constructive ou le cumul des mandats en élus hors-sol pour les Radicaux de gauche...
Après des envols lyriques et des espoirs fondés, j'ai l'impression que nous retrouvons nos bons vieux travers politiciens. Croit-on vraiment que nous, français, sommes de grands enfants, incapables de comprendre un langage de vérité et de réalité ? Faut-il encore et toujours user et abuser des tournures de notre fabuleuse langue française pour nous faire prendre les vessies pour des lanternes ?
J'en ai un peu assez de ces synonymes qui ne font qu'enfoncer un peu plus notre classe politique dans cette crise de confiance dont nous n'arrivons pas à nous relever. Si Churchill avait usé des mêmes formules alambiquées en 1940, j'ai la furieuse impression que le futur défilé du 14 juillet aurait des couleurs vert-de-gris très germaniques. Je préfèrerais que politique soit le synonyme de courage et d'abnégation, de concret, de respect et d'unité... On peut rêver mais pas que...
Ainsi, au Gouvernement, rigueur et austérité deviennent justice et responsabilité; à l'UMP, guerre fratricide s'écrit primaire démocratique; au centre, échec électoral cuisant évolue en reconstruction positive. Je passe sous silence les oppositions du Front de Gauche qui se transforment en autonomie constructive ou le cumul des mandats en élus hors-sol pour les Radicaux de gauche...
Après des envols lyriques et des espoirs fondés, j'ai l'impression que nous retrouvons nos bons vieux travers politiciens. Croit-on vraiment que nous, français, sommes de grands enfants, incapables de comprendre un langage de vérité et de réalité ? Faut-il encore et toujours user et abuser des tournures de notre fabuleuse langue française pour nous faire prendre les vessies pour des lanternes ?
J'en ai un peu assez de ces synonymes qui ne font qu'enfoncer un peu plus notre classe politique dans cette crise de confiance dont nous n'arrivons pas à nous relever. Si Churchill avait usé des mêmes formules alambiquées en 1940, j'ai la furieuse impression que le futur défilé du 14 juillet aurait des couleurs vert-de-gris très germaniques. Je préfèrerais que politique soit le synonyme de courage et d'abnégation, de concret, de respect et d'unité... On peut rêver mais pas que...
mardi 12 juin 2012
Le crépuscule des "deux"
Même si, en politique, comme le déclarait François Mitterrand, "on ne meurt jamais, l'important est de durer...", j'en connais deux qui doivent trouver certainement que cette "annus horribilis" a assez duré. Je veux parler ici de Ségolène Royal qui, telle une Richelieu moderne, fait le siège de La Rochelle, et de François Bayrou qui, pensant se retirer sur son Aventin béarnais, se retrouve proche de la Roche Tarpéienne.
Pour la diva du Poitou, l'atterrissage programmé en terres charentaises tourne au cauchemar. Alors qu'elle se voyait déjà sur le perchoir de l'Assemblée, la voilà obligée de réclamer le secours de Martine Aubry, qui lui a volé son élection au PS, et de Cecile Duflot, autre parachutée autoritaire sur Paris. Je ne suis pas sûr que le rassemblement de ces suffragettes dans le port "parpaillot"aux deux tours suffisent à motiver des électeurs fort légitimistes.
De même, à quelques encablures de là, dans les vallées encaissées du Béarn, François Bayrou, déjà muet au lendemain des présidentielles, se retrouve sans voix pour le deuxième tour des législatives, pris en sandwich dans une triangulaire mortifère.
Les électeurs des deux circonscriptions sous le feu des médias, ont envoyé un message très clair à nos politiques, condamnant d'une même voix les parcours autoritaires et solitaires de nos deux candidats. D'un côté, un parti qui impose sans transiger une candidate sans légitimité, de l'autre un homme, courageux peut-être, mais terriblement solitaire dans ses prises de position. Dans les deux cas, ils campent une image de la politique que nos concitoyens dénoncent dans les cafés du commerce mais aussi, aujourd'hui, dans le secret de l'isoloir.
Nos partis politiques, quels qu'ils soient, ne pourront plus faire l'économie d'une profonde réforme du statut de l'élu. Si nous voulons freiner la chute de la participation et donner envie à nos concitoyens de s'impliquer et vivre de l'intérieur les grands débats démocratiques de notre nation, la nouvelle Assemblée Nationale se devra d'envoyer des signaux forts en ce sens. Non cumul des mandats, deux mandats consécutifs au maximum, refonte profonde de l'accompagnement social des élus, transparence et intransigeance absolue avec ceux qui auront maille à partir avec la justice, les sujets ne manquent pas pour les législateurs à venir. Il y a urgence sinon ce crépuscule charento-béarnais se répendra sur toute notre classe politique.
Pour la diva du Poitou, l'atterrissage programmé en terres charentaises tourne au cauchemar. Alors qu'elle se voyait déjà sur le perchoir de l'Assemblée, la voilà obligée de réclamer le secours de Martine Aubry, qui lui a volé son élection au PS, et de Cecile Duflot, autre parachutée autoritaire sur Paris. Je ne suis pas sûr que le rassemblement de ces suffragettes dans le port "parpaillot"aux deux tours suffisent à motiver des électeurs fort légitimistes.
De même, à quelques encablures de là, dans les vallées encaissées du Béarn, François Bayrou, déjà muet au lendemain des présidentielles, se retrouve sans voix pour le deuxième tour des législatives, pris en sandwich dans une triangulaire mortifère.
Les électeurs des deux circonscriptions sous le feu des médias, ont envoyé un message très clair à nos politiques, condamnant d'une même voix les parcours autoritaires et solitaires de nos deux candidats. D'un côté, un parti qui impose sans transiger une candidate sans légitimité, de l'autre un homme, courageux peut-être, mais terriblement solitaire dans ses prises de position. Dans les deux cas, ils campent une image de la politique que nos concitoyens dénoncent dans les cafés du commerce mais aussi, aujourd'hui, dans le secret de l'isoloir.
Nos partis politiques, quels qu'ils soient, ne pourront plus faire l'économie d'une profonde réforme du statut de l'élu. Si nous voulons freiner la chute de la participation et donner envie à nos concitoyens de s'impliquer et vivre de l'intérieur les grands débats démocratiques de notre nation, la nouvelle Assemblée Nationale se devra d'envoyer des signaux forts en ce sens. Non cumul des mandats, deux mandats consécutifs au maximum, refonte profonde de l'accompagnement social des élus, transparence et intransigeance absolue avec ceux qui auront maille à partir avec la justice, les sujets ne manquent pas pour les législateurs à venir. Il y a urgence sinon ce crépuscule charento-béarnais se répendra sur toute notre classe politique.
samedi 2 juin 2012
La prison nous guette
Julien Green écrivait "qu'un livre est une fenêtre par laquelle on s'évade" et j'ai bien peur, qu'après la lecture d'un article de la Tribune, la prison nous guette. En effet, Amazon, le géant américain de la distribution de livres, vient d'annoncer la construction d'un nouveau centre logistique à Chalon-sur-Saône, avec près de 1000 emplois à la clef. Ce n'est pas Arnaud Montebourg; le nouveau Ministre du Redressement Productif, qui s'en plaindra, lui qui est ancien député de cette circonscription bourguignonne.
Mais qu'en pense Aurélie Filipetti, la nouvelle Ministre de la Culture ? Car l'article du quotidien économique, s'il vante la création d'emplois, oublie pudiquement de parler des conséquences dramatiques de l'offensive commerciale d'Amazon sur la vitalité du tissu des librairies indépendantes françaises. Pourtant, elles font la richesse culturelle et commerciale de nos villes. Elle permettent aussi à des auteurs méconnus ou de petits éditeurs d'avoir pignon sur rue et de proposer à des lecteurs curieux -c'est presque un pléonasme- des ouvrages qui ne pourraient entrer dans le catalogue numérique du numéro un mondial de l'édition. Mais sans la rentabilité et le flux commercial créés par les best-sellers et autres gros tirages qu'Amazon saura parfaitement mettre en marché, ces librairies verront leurs chiffres d'affaires plonger et devront définitivement tirer le rideau. Il en sera de même des espaces culturels développés par la grande distribution qui seront passés à la moulinette économique du rouleau compresseur d'outre-atlantique.
Alors, on peut, aujourd'hui, se glorifier de la création de près de 1000 emplois, mais demain combien, essentiels, seront détruits ? Combien de librairies, trésors de culture, de savoir et de liberté, fermeront à jamais leurs portes et emporteront avec elles les rêves et les émotions de millions de lecteurs ?
Mais qu'en pense Aurélie Filipetti, la nouvelle Ministre de la Culture ? Car l'article du quotidien économique, s'il vante la création d'emplois, oublie pudiquement de parler des conséquences dramatiques de l'offensive commerciale d'Amazon sur la vitalité du tissu des librairies indépendantes françaises. Pourtant, elles font la richesse culturelle et commerciale de nos villes. Elle permettent aussi à des auteurs méconnus ou de petits éditeurs d'avoir pignon sur rue et de proposer à des lecteurs curieux -c'est presque un pléonasme- des ouvrages qui ne pourraient entrer dans le catalogue numérique du numéro un mondial de l'édition. Mais sans la rentabilité et le flux commercial créés par les best-sellers et autres gros tirages qu'Amazon saura parfaitement mettre en marché, ces librairies verront leurs chiffres d'affaires plonger et devront définitivement tirer le rideau. Il en sera de même des espaces culturels développés par la grande distribution qui seront passés à la moulinette économique du rouleau compresseur d'outre-atlantique.
Alors, on peut, aujourd'hui, se glorifier de la création de près de 1000 emplois, mais demain combien, essentiels, seront détruits ? Combien de librairies, trésors de culture, de savoir et de liberté, fermeront à jamais leurs portes et emporteront avec elles les rêves et les émotions de millions de lecteurs ?
De toute façon...
De toute façon, Ségolène Royal va gagner. De toute façon, l'appareil partisan fera le nécessaire pour. De toute façon, elle DOIT être présidente de l'Assemblée Nationale. De toute façon, dans six ans nous aurons oublié ce parachutage malheureux et la trouverons plus rochelaise que jamais. De toute façon, il est écrit que, malgré ses dénégations, une bonne partie de la classe politique en place, de droite comme de gauche ou d'ailleurs, a décidé de continuer de déprécier l'image et les principes des élus de notre démocratie.
Cumul des mandats et des candidatures, parachutage aux forceps, scandales plus ou moins étouffés, prises de position scabreuses ou insultantes, rien n'y fait ! Ils continuent à scier méticuleusement la frêle branche sur laquelle ils croient être assis confortablement.
Persistez ainsi, mesdames et messieurs nos dirigeants, à croire que l'on peut essuyer ses pieds passablement crottés sur les consciences citoyennes et vous risquez de vous prendre dans le tapis des populistes de tous crins qui n'attendent que cela...
Cumul des mandats et des candidatures, parachutage aux forceps, scandales plus ou moins étouffés, prises de position scabreuses ou insultantes, rien n'y fait ! Ils continuent à scier méticuleusement la frêle branche sur laquelle ils croient être assis confortablement.
Persistez ainsi, mesdames et messieurs nos dirigeants, à croire que l'on peut essuyer ses pieds passablement crottés sur les consciences citoyennes et vous risquez de vous prendre dans le tapis des populistes de tous crins qui n'attendent que cela...
dimanche 20 mai 2012
L'état de crasses
Pas de temps mort, pas d'état de grâce dans l'actualité politique nationale... Aussitôt élu ou nommés, président et ministres ont déjà droit à leurs bordées d'injures, rumeurs et autres coups bas. Faut dire que l'opinion a été habituée à cela avec la précédente équipe gouvernementale qui "pris cher" dans les réseaux sociaux ou la presse dite d'information devenue trop facilement d'opinion voire de caniveau.
Personnellement, je dois avouer ne pas m'y faire à cet état de crasses, ce grand déballage de passés prescrits, de commentaires à fleuret non moucheté, ces solutions politiciennes trop faciles pour occulter l'essentiel : les idées et les actes.
Encore un mois à tenir et à supporter une campagne électorale pour les législatives avant qu'on en vienne enfin à la mise en place d'une politique que l'on pourra juger sur pièces.
Personnellement, je dois avouer ne pas m'y faire à cet état de crasses, ce grand déballage de passés prescrits, de commentaires à fleuret non moucheté, ces solutions politiciennes trop faciles pour occulter l'essentiel : les idées et les actes.
Encore un mois à tenir et à supporter une campagne électorale pour les législatives avant qu'on en vienne enfin à la mise en place d'une politique que l'on pourra juger sur pièces.
vendredi 18 mai 2012
Un beau livre d'images
Présentation officielle du nouveau gouvernement Ayrault 1, passation de pouvoir en cascade dans les différents ministères, consignes données et respectées... La vie après le 6 mai s'organise rondement comme dans toute alternance démocratique.
Si l'on peut donner quitus au nouveau Président de la République sur le respect de certaines promesses comme la parité intégrale, la modération et la normalité de ses premiers pas présidentiels, il faut "lire" la composition du gouvernement essentiellement comme un beau livre d'images. On y retrouve, en effet, en feuilletant ses pages encore brillantes de nouveauté, des éléphants échappés du zoo PS, représentants immémoriaux de courants pas toujours d'accord avec le "hollandisme" ambiant, de jeunes loups aux dents tellement longues que les huissiers des palais de la République s'inquiètent pour leur parquet, des électrons plus ou moins libres tous surpris d'être là, éblouis comme de très jeunes lapereaux par les phares de la célébrité et des illustres inconnus qui ont plongés les analystes politiques dans des abîmes d'interrogation. Un gouvernement paritaire, symbolique mais surtout sans pouvoir...
Sans pouvoir car, une fois n'est pas coutume, l'Assemblée en place n'appartient pas à la nouvelle majorité présidentielle et durant le mois qui nous sépare de l'échéance législative, il ne faudra attendre de nos "jeunes" ministres qu'effets de manche, déclarations et décrets sans importance mais lourds de symboles. La vie politique nationale est ainsi faite que, même après cinq années d'hyper-présidentialité, le Parlement garde malgré tout les prérogatives législatives et donne le la des projets gouvernementaux.
Alors, n'espérons pas grand chose de ce gouvernement Ayrault 1 qui ressemble à s'y méprendre à une affiche politique en quadrichromie, mais sans Martine Aubry tout de même. Gardons-nous de juger en attendant la deuxième mouture de juin qui aura vraiment à gouverner notre pays et mettre en place les grandes orientations du nouveau Président de la République.
Si l'on peut donner quitus au nouveau Président de la République sur le respect de certaines promesses comme la parité intégrale, la modération et la normalité de ses premiers pas présidentiels, il faut "lire" la composition du gouvernement essentiellement comme un beau livre d'images. On y retrouve, en effet, en feuilletant ses pages encore brillantes de nouveauté, des éléphants échappés du zoo PS, représentants immémoriaux de courants pas toujours d'accord avec le "hollandisme" ambiant, de jeunes loups aux dents tellement longues que les huissiers des palais de la République s'inquiètent pour leur parquet, des électrons plus ou moins libres tous surpris d'être là, éblouis comme de très jeunes lapereaux par les phares de la célébrité et des illustres inconnus qui ont plongés les analystes politiques dans des abîmes d'interrogation. Un gouvernement paritaire, symbolique mais surtout sans pouvoir...
Sans pouvoir car, une fois n'est pas coutume, l'Assemblée en place n'appartient pas à la nouvelle majorité présidentielle et durant le mois qui nous sépare de l'échéance législative, il ne faudra attendre de nos "jeunes" ministres qu'effets de manche, déclarations et décrets sans importance mais lourds de symboles. La vie politique nationale est ainsi faite que, même après cinq années d'hyper-présidentialité, le Parlement garde malgré tout les prérogatives législatives et donne le la des projets gouvernementaux.
Alors, n'espérons pas grand chose de ce gouvernement Ayrault 1 qui ressemble à s'y méprendre à une affiche politique en quadrichromie, mais sans Martine Aubry tout de même. Gardons-nous de juger en attendant la deuxième mouture de juin qui aura vraiment à gouverner notre pays et mettre en place les grandes orientations du nouveau Président de la République.
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lundi 7 mai 2012
Au boulot !
Lundi 7 mai, gueule de bois pour tous, ceux qui ont gagné bien sur mais aussi tous ceux dont le champion n'a pas été renouvelé dans ses fonctions.
Il n'empêche aujourd'hui qu'il faut se mettre au boulot et qu'en bon républicain, on ne peut souhaiter que le succès de la nouvelle équipe car ce succès sera avant tout celui de notre nation et de son peuple.
Sans m'avancer dans les prédictions sur fond de marc de café, je souhaite tout de même bien du courage à François Hollande, entre les remontées d'huile du Front de Gauche et les aigreurs d'estomac de certains caciques socialistes (N'est-ce pas Laurent Fabius ? On peut rêver...). Mais ce qui m'a toujours inquiété et que je n'ai cessé de dénoncer ici, c'est avant tout le vote-sanction plutôt que le vote-adhésion. Maintenant que la "cause de tous les maux" a disparu des écrans radars, certains vont se sentir bien orphelins sans meilleur ennemi à stigmatiser. Sur qui vont-ils passer leurs humeurs bileuses et critiques ?
Enfin, autre chiffre qui doit modérer tous les enthousiasmes des vainqueurs d'hier soir, c'est le nombre record de bulletins blancs avec plus de 2 millions d'électeurs qui sont allés voter mais sans choisir un des deux candidats. Alors oui, parmi eux, il y a bien quelques "mélanchoniens" grognons ou des "poutouïstes" revanchards mais aussi beaucoup d'électeurs de François Bayrou ou de Marine Le Pen qui seront en capacité, demain, de revenir dans leurs camps d'origine, si le nouveau pouvoir n'apporte pas les réponses attendues.
Les mois qui viennent seront déterminants pour François Hollande afin de former une vraie majorité autour de vrais objectifs et non sur la simple mais facile détestation d'un adversaire. Il n'y aura pas d'état de grace car notre calendrier économique et social ne le permettra pas.
Il n'empêche aujourd'hui qu'il faut se mettre au boulot et qu'en bon républicain, on ne peut souhaiter que le succès de la nouvelle équipe car ce succès sera avant tout celui de notre nation et de son peuple.
Sans m'avancer dans les prédictions sur fond de marc de café, je souhaite tout de même bien du courage à François Hollande, entre les remontées d'huile du Front de Gauche et les aigreurs d'estomac de certains caciques socialistes (N'est-ce pas Laurent Fabius ? On peut rêver...). Mais ce qui m'a toujours inquiété et que je n'ai cessé de dénoncer ici, c'est avant tout le vote-sanction plutôt que le vote-adhésion. Maintenant que la "cause de tous les maux" a disparu des écrans radars, certains vont se sentir bien orphelins sans meilleur ennemi à stigmatiser. Sur qui vont-ils passer leurs humeurs bileuses et critiques ?
Enfin, autre chiffre qui doit modérer tous les enthousiasmes des vainqueurs d'hier soir, c'est le nombre record de bulletins blancs avec plus de 2 millions d'électeurs qui sont allés voter mais sans choisir un des deux candidats. Alors oui, parmi eux, il y a bien quelques "mélanchoniens" grognons ou des "poutouïstes" revanchards mais aussi beaucoup d'électeurs de François Bayrou ou de Marine Le Pen qui seront en capacité, demain, de revenir dans leurs camps d'origine, si le nouveau pouvoir n'apporte pas les réponses attendues.
Les mois qui viennent seront déterminants pour François Hollande afin de former une vraie majorité autour de vrais objectifs et non sur la simple mais facile détestation d'un adversaire. Il n'y aura pas d'état de grace car notre calendrier économique et social ne le permettra pas.
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