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mardi 15 mars 2011

Vous avez la parole !

S'appeler Roy, être député de la République et porter une veste rouge pour défendre ses concitoyens de Denain, tel n'est pas le moindre des paradoxes du désormais célèbre parlementaire socialiste du Nord...
Au moment où beaucoup traînent les élus dans la boue, l'Assemblée nationale a donné hier à la fois un exemple de courage et de respect. De courage par cet homme, condamné à très brève échéance par la médecine en décembre, et présent ce 15 mars aux questions d'actualité. De respect par l'ovation de ses collègues et par les soutiens de tous bords que Patrick Roy avait reçu durant son combat contre le cancer.
Concluant son propos par un émouvant "je vous aime toutes et tous, la vie est belle", celui qui "n'avait pas la parole" comme aimait lui crier le Président de l'Assemblée, démontre, s'il en était besoin, que notre démocratie, tant critiquée, tant méprisée, a de beaux restes. Le courage, l'humanité, le respect et l'honneur ont encore droit de cité dans les assemblées de la République. C'est réconfortant et motivant pour tous ceux qui ont le débat politique chevillé au corps...

mercredi 9 mars 2011

Résidu vous-même !

Elle pourra dire qu'elle a mis une sacrée pagaille, la Marine marchande... de soupe... Nathalie Kosciusko-Morizet, ci-devant NKM, ministre et courageuse, a affirmé hier qu'en cas de deuxième tour cantonal entre un candidat socialiste et un candidat FN, elle n'hésiterait pas à voter pour le représentant de la gauche parlementaire.
Aussitôt dit, aussitôt contrée par le "pas malgré lui", Christian Vanneste, député collaborationniste du Nord, qui s'est empressé de qualifier la ministre, de, je cite, "résidu de l'ouverture, bobo parisienne détachée des vrais gens"...
Ce n'est pas avec un gugusse pareil que l'UMP luttera efficacement contre la montée des "idées" du Front National. Plutôt que de férailler contre l'extrème droite, il préfère baisser la garde et se ranger avec armes et bagages aux côtés des "gars de la Marine".
Puis-je proposer à Christian Vanneste, puisqu'il est déjà dans les valises de Marine Le Pen, de l'accompagner dans son périple anti-immigration de l'Île de Lampedusa, la semaine prochaine. Et d'y rester...

mardi 8 mars 2011

Pétassou n'a jamais gouverné

Deuxième livraison de sondage revu et corrigé en modifiant l'échelle de température de la fièvre, en secouant le thermomètre et en stigmatisant le malade... Bilan : la poussée frontiste s'accentue même avec l'arrivée dans les nouveaux décomptes des stars DSK et Hollande.
On aime à se faire peur, tutoyer le danger et effrayer le bon peuple mais pourtant, même en cette période de carnaval, je me permets d'affirmer sans grand danger que "Pétassou" n'a jamais gouverné et que Marine ne sera jamais élue à la Présidence de la République.
En revanche que le Fou devienne Roi et que, parfois, le Roi devienne Fou, symbolise aussi le malaise d'une société en manque de repères. Cela pointe de manière plus aiguë les errances des uns et les angoisses des autres. Le nier serait se fourvoyer et aller droit dans le mur, renvoyer la faute sur d'autres, itou... Courir après ce personnage caricatural serait la deuxième erreur. On ne poursuit pas une chimère, vide de contenu dès que l'on crève l'enveloppe de carton-pâte qui l'habille.
Servons-nous au contraire de ses grimaces, de ses caricatures et de ses pantomimes pour mieux cerner les attentes de nos concitoyens avides, eux, de résultats concrets et de mesures efficaces. Trions le bon grain de l'ivraie pour que ce carnaval sinistre annonce un printemps démocratique riche en débat. Affirmons ainsi, en restant nous-mêmes, notre attachement aux grands principes fondateurs de notre nation.

dimanche 6 mars 2011

Marine Le Pen ? Et alors...

Ça y est ! On entre de plein pied dans le grand cirque des présidentielles de 2012 et ce, de manière la plus spectaculaire avec une favorite, Marine Le Pen, et deux challengers surprenants, Martine Aubry et Nicolas Sarkozy...
C'est le monde à l'envers ? Pas tout à fait... Nous sommes encore à quatorze mois du vrai scrutin et nos concitoyens, passablement déboussolés, épuisés par deux années de crise et d'incertitude, commencent à donner de la voix à qui mieux mieux.
Marine Le Pen ? Et alors, dirais-je... Que tous ceux qui sont prêts à glisser son nom dans une urne analysent le programme ou plutôt le non-programme de la nouvelle gourou de l’extrême droite. Dans ma prime jeunesse, le leader soviétique Nikita Krouchtchev avait été surnommé "Monsieur Niet". Nous découvrons aujourd'hui "Madame Niet". Niet à l'Euro, niet à la mondialisation, niet à l'Europe, niet à l'immigration, niet, niet, niet... Dire non n'est en aucun cas une politique, c'est du rasage gratis, une foutaise de marchand de tapis.
Depuis sa montée en puissance dans l'échiquier politique français, le Front National a eu quelques occasions de mettre en pratique localement son soi-disant programme et ce fut, à chaque coup, un échec retentissant. Alors réagissons ! Oui ! Mais dans le bon sens en dénonçant comme le pense justement Alain Juppé, les errances du FN et surtout en restant nous mêmes, de droite comme de gauche.
Ce n'est pas en courant après le mistigri frontiste que l'on construit une société, une nation apaisée et ouverte. Évitons aussi la caricature facile. Les ouvriers des cités, les commerçants excédés ou nos concitoyens apeurés ne sont pas les séides de la "Peste Brune" que d'aucuns voudraient nous le faire avaler. Ce genre de référent ne fait, au contraire, que raidir des attitudes et clore des dialogues nécessaires. La bataille démocratique ne se gagne que dans le débat, clair, argumenté et vrai.
Peut être, je peux rêver, que cet électrochoc nous fera toucher du doigt que les français peuvent en avoir assez des promesses sans lendemain, des bateleurs d'estrades ou des élus oublieux des symboles et des réalités.

vendredi 4 mars 2011

Je sais maintenant pourquoi...

Annie Girardot repose enfin en paix, en paix avec son corps meurtri par la vie et la maladie. Son décès à la fois prévisible et presque impensable avait provoqué en moi un sentiment que je n'arrivais pas à déterminer, quelque chose de bizarre, comme un goût de cendres dans la bouche, une pression diffuse dans la cage thoracique, un malaise...
J'ai eu la réponse à mon interrogation en écoutant en podscast l'un de mes chroniqueurs préférés, Guy Carlier et sa "douche froide" matinale sur Europe 1. Plein de son humanité non feinte, de sa populaire cruauté, dans sa conclusion au scalpel, il avouait humblement que la mort de cette grande dame du cinéma l'avait fait "se sentir vieux"...
Eurêka ! C'était donc cela. Cette disparition m'a fait me sentir vieux, un peu plus âgé que je ne le pensais bêtement. Madame Girardot avait une senteur d'été à la plage, de soirée télé en famille devant le poste noir et blanc de la salle à manger de mes grands parents. Cette indéfinissable madeleine de Proust que je dévorais à pleines quenottes de gamin avec tous ceux qui m'étaient chers et aujourd'hui décédés.
La disparition de celle que le 7ème Art m'avait fait rêver immortelle, me renvoyait l'image brutale de ma vie déjà bien entamée. Que le dernier éteigne la lumière ! En me retournant, glacé, je me suis senti être ce dernier...


vendredi 18 février 2011

Le temps des viandards

Les 20 et 27 mars, il ne fera pas bon laisser traîner un électeur dehors... La grande chasse à courre des cantonales sera ouverte ! D'ailleurs les battues ont déjà commencé et les rabatteurs de tous bords arpentent non seulement leurs cantons mais aussi les pages internet et les sites communautaires.

Quand un chasseur, un vrai, tire sur tout ce qui bouge, on a l'habitude de qualifier ces "tartarins d'occasion" de viandards. Tout est bon pour remplir une gibecière sans même faire attention s'il s'agit d'espèces protégées ou d'animaux impropres à la consommation... Pour le coup, ces viandards deviennent des nuisibles !

Il semble qu'on puisse transposer à la vie politique locale cette métaphore cynégétique. La toile et les médias plus classiques sont aujourd'hui parcourus par quelques coureurs des bois à l'affût du moindre gibier électoral. Oubliant trop souvent pourquoi ils sont là - des élections cantonales -, ils servent à des militants avides de bons mots et de concepts trop simplistes des brouets bien indigestes.

Reprenons nos manuels d'instruction civique (et oui, cela existe encore et ce n'est pas une insulte...) pour y voir qu'un Département, un Conseil général, c'est avant tout l'action sociale, les routes départementales et nationales d'intérêt local, l'éducation avec les collèges, la culture ou le développement local. Alors, "Vade retro Satanas !" quand le diable-candidat va aborder avec vous des sujets aussi inutiles qu'impropres au débat comme la sécurité, l'économie dans son essence nationale ou internationale et toutes les polémiques politiciennes qui secouent notre pays.

En opérant ainsi, tous ceux qui se prêtent à ce jeu désolant, non seulement, mélangent les genres mais sont surtout très nuisibles à la bonne compréhension et à l'adhésion de nos concitoyens à notre équilibre territorial. Les stratégies politiques se doivent avant tout de respecter un calendrier, des compétences et des territoires. Sinon ce sera la porte ouverte aux habituels déversements atrabilaires qui éloigneront un peu plus les électeurs de leurs élus...

lundi 14 février 2011

Marine a des vapeurs

Après nous avoir fait le coup du voile, ne voilà-t-il pas que Marine Le Pen a des vapeurs... présidentielles pour les élections... cantonales !
Lors des traditionnelles mises en jambe pré-électorales de son parti, ce week end, elle a défini les grands axes de campagne à ses candidats qui vont affronter les "UMPS" comme elle aime à dire. Et quelle ne fut pas ma "surprise" de voir que les thèmes majeurs sont, je vous de donne en mille, Emile, la sécurité et l'immigration...
Immédiatement, je me suis replongé dans mes ouvrages sur la décentralisation, essayant péniblement par la même de rassembler vingt années de souvenirs de travail en collectivité. Au chapitre compétences du Conseil général, je n'ai point trouvé de textes légaux donnant responsabilité au département pour la sécurité ou l'immigration. L'action sociale, les routes, les collèges, l'aménagement rural, oui, mais le reste, goûte...
Naïvement, je subodore le mélange des genres et le galop d'essai avant 2012. Stratégiquement, cela peut tout à fait se comprendre mais politiquement, c'est encore un coup bas porté à nos institutions. Comment arriver à déboussoler un peu plus nos concitoyens en ne leur donnant pas les clefs d'un scrutin local ? On accuse déjà injustement nos élus locaux de bien des maux de notre société. Si en plus, les électeurs les rendent responsables d'une mission dont ils n'ont aucune compétence...
La stratégie personnelle de certains, de tous bords - suivez mon regard - ne doit pas les autoriser à galvauder ainsi un scrutin essentiel pour bien des acteurs du développement local au premier rang desquels les maires et élus municipaux. A bon entendeur, salut !

samedi 12 février 2011

Au suivant...?

Jacques Brel chantait "au suivant, j'avais juste vingt et je me déniaisais..." Comme cette jeunesse égyptienne de la place Tahrir, pucelle de la démocratie, acnéique de la liberté qui, un mois après Tunis, a poussé dehors son "Raïs" omnipotent... Et ce sont les mêmes concerts de louanges et les mêmes choeurs des vierges occidentales se pâmant devant tant de courage et d'initiative populaire, oubliant souvent leurs baignades coupables à Charm-El-Cheikh, à l'ombre des palais de l'Egypte moderne. J'avais cru, il y a un petit mois, que tous les français étaient tunisiens. Erreur ! Ils sont aussi égyptiens.
En revanche, j'ai bien peur que cet élan "alter-national" s'arrête aux frontières si peu étanches des autres états arabes. Car en définitive avec la Tunisie et l'Egypte, ce sont les pouvoirs les plus "friables" qui ont succombé à ces nouvelles révolutions 2.0 "facebookiennes et twiterriennes". En Arabie Séoudite ou dans d'autres monarchies du Golfe, ce ne sera certainement pas la même histoire car il est beaucoup plus difficile de taper des SMS quand on vous a coupé les mains, la langue ou pire, la tête. La Tunisie et l'Egypte, avec tous les défauts majeurs qu'on a pu démontrer, étaient malgré tout les nations les plus ouvertes, les plus perméables aux influences modernes et aux aspirations à la liberté démocratique. Tourisme, économies de marché et législation à forte influence laïque ont eu raison des deux pouvoirs en place qui n'avaient pas compris que la rupture avec leur peuple était consommée. Au final, les belles et grandes accolades des responsables occidentaux, tels des baisers de Judas, ont fait oublier à Ben Ali et Moubarak que l'onction internationale ne suffisait plus à contenir les désirs d'émancipation d'une jeunesse sans avenir.
Espérons simplement aujourd'hui que ces deux pays vont très vite retrouver leur sérénité sociale et politique afin de rouvrir leurs portes au monde et relancer leurs économies en berne. Car, sinon, ceux qui nous effraient tant depuis des lustres, les intégristes de tous bords auront tôt fait de retourner la misère naissante à leur avantage et transformer une révolution paisible en soulèvement à l'iranienne aux conséquences dramatiques que l'on sait. A moins que le suivant ne soit justement l'Iran...

lundi 7 février 2011

Désolé Madame...

Je ne pensais pas être obligé de tenir de tels propos à l'égard de MAM, Michèle Alliot-Marie... Stricte, posée et le contraire du "bling-bling" si contestable de certains de ses collègues politiques, elle incarnait bien une certaine rigueur de bon aloi, une respectabilité toute féminine dans ce microcosme si machiste. Mais désolé Madame, trop c'est trop...
C'est vrai que ce n'est pas grand chose que de passer quelques dizaines de minutes dans un avion aux côtés d'un ami. Cela devient plus critiquable quand on est ministre de la République. Mais c'est inacceptable quand cela concerne un pays secoué par une vraie révolution, que cet ami conserve des liens avec un pouvoir honni et que l'on est soi-même ministre des Affaires étrangères...
Je ne veux pas hurler avec les loups, ces mêmes loups qui, quand ils sont au pouvoir savent eux aussi user et abuser de leurs positions officielles. Mais là, on ne peut laisser passer l'humiliant symbole d'une représentante de notre nation accumulant les erreurs et les dénégations qui ne convainquent plus personne.
Notre peuple est en train de devenir sourd aux paroles de nos dirigeants au fur et à mesure que ceux-ci évoluent vers un autisme catastrophique, enfermés qu'ils sont, dans un bocal surréaliste. Il arrivera un moment ou plus aucun message, même le plus anodin, de pourra être formulé à nos concitoyens car ils ne croiront plus en rien. Ce ne sera pas une explosion révolutionnaire mais une implosion démocratique.
Depuis des lustres, je m'attache ici à démontrer la force des symboles, la puissance de l'exemple et la pérennité de la juste parole. Cet édifiant épisode semble me donner raison, hélas...

samedi 15 janvier 2011

أنا التونسية - "Je suis un tunisien..."

En juin 1963, Kennedy était un berlinois. En janvier 2011, il semble que 60 millions de français soient devenus des tunisiens. Je m'étonne encore d'une telle prescience qui envahit internet. Pas une page de Facebook, de blog ou de forums divers sans lire des bordées à l'encontre de Zine Ben Ali et de ses séides déchus. De gauche comme de droite, le pilonnage verbal est d'une densité jamais vue, oserais-je dire, à l'image de la surprise causée par cette Révolution du Jasmin...
Car, reconnaissons-le, personne de l'a vue venir celle-là ! Un jeune martyre s’immole à Sidi Bouzid et c'est tout un pays qui s'embrase. C'est si facile maintenant de refaire l'histoire et de surfer sur la vague...
Dans ce déluge vengeur et ce délire collectif, j'ai apprécié la pudeur d'un Bertrand Delanoé. Tunisien de coeur et de sang, il a trouvé les mots justes pour brosser un portrait tout en nuance de son pays. Dans le même registre, j'aurais rêvé d'entendre Philippe Seguin, lui aussi né près de la médina de Tunis, renvoyer les donneurs de leçons et autres tartufes germanopratins à leur bronzage sur les plages d'Hammamet.
Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. Zine Ben Ali n'est pas l'exemple du démocrate, loin s'en faut. Mais depuis 1987, combien sont ceux, de tous bords, au sommet de l'Etat ou comme simple touriste, à s'être félicités de la tranquillité, de la sécurité et du développement économique de notre voisin maghrébin ? On avait beau jeu de comparer l'ouverture au monde de la Tunisie avec la pétaudière algérienne ou les ténèbres libyennes. Évitons donc de donner des leçons de révolution alors que les carnets des tour-opérateurs affichaient complet pour ce début d'année. C'est dire à quel point on se doutait du feu qui couvait...
Oui, la Tunisie était une autocratie mais son développement économique à marche forcée durant ces trente dernières années a permis la naissance d'une classe moyenne tolérante et ouverte qui évitera certainement à ce pays-frère de sombrer dans le même obscurantisme que l'après-révolution iranienne.
Alors soyons heureux pour ce peuple si proche qui frappe enfin à la porte d'un vrai régime démocratique mais restons modestes, tout un chacun, dans nos diatribes amnésiques et partiales.

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