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mercredi 16 juin 2010

Évidence...


La lecture, dans la Dordogne Libre de ce jour, du trop court interview avec Yves Guéna sur son 18 juin 1940, m'emmène un seul mot à l'esprit : évidence...
Mais oui, mais c'est bien sûr ! Il est tellement évident, à même pas 18 ans, de quitter précipitamment sa famille, évident de risquer sa vie, évident de se battre pour un idéal de liberté, évident d'espérer pour ne pas mourir, évident, évident, évident... Comment ne pas être confit d'admiration, de respect et d'incrédulité devant un tel courage qui confine à la témérité ?
Nous avons tous eu 18 ans ou nous les aurons bientôt. Alors essayons de nous rappeler quelles étaient nos préoccupations du moment... La patrie, que nenni... Mais les filles, certes... Notre prochain combat, que nenni... Mais la prochaine fête, certes... Partir aux fins fonds du désert se frotter avec la mort, que nenni... Mais nos vacances à Arcachon, certes... Si comme l'affirme la fameuse sentence, "les gens heureux n'ont pas d'histoire", sommes nous si heureux pour ne plus avoir à la façonner de notre âme, de notre sueur et de notre sang ?
A deux jours des commémorations officielles du 18 juin 1940, j'aimerais juste qu'un seul instant, nous nous remémorions qu'une poignée de jeunes et moins jeunes, gaullistes de la première heure, puis communistes ou simplement courageux, ont sauvé l'honneur d'une nation à genou, démobilisée à tous les sens du terme et oublieuse de son message de liberté et de fraternité. A ce moment, trop fugace certainement, nous retrouverons peut être un peu de cette évidence d'espoir, de solidarité et d'humanité.

dimanche 13 juin 2010

Jeter la première pierre...

Moral (Adj.) - 1.qui concerne les règles de conduite en usage dans une société - 2.spirituel, intellectuel et non pas matériel. Facultés morales - 3.qui concerne la morale. Moral (n.m.) - 1.état psychologique -2.ensemble des facultés morales et mentales; le caractère, l'esprit et l'âme.

Un même mot pour deux définitions qui traversent notre actualité qu'elle soit périgourdine ou nationale... De tous bords, on prie pour que le moral de nos concitoyens s'améliore et on exige aussi que la conduite de nos élites soit irréprochable. Sud Ouest ne déroge pas à la règle avec un sondage qui affirme, chiffres à l'appui, que les français sont pour la baisse du salaire des ministres. Consultation bien inutile car le résultat était plus qu'attendu. Autant demander au condamné s'il souhaite qu'on reporte sine die son exécution... Mais bon, passons, il faut bien remplir les colonnes d'un quotidien un dimanche sans grande actualité.
Au delà de l'anecdote, la réaction de mes concitoyens est bien normale, surtout en période de crise. A l'heure où partout on parle de se serrer la ceinture, de chômage ou de retraites impossibles, lire que des élus cumulent jusqu'à l'écœurement indemnités et pensions, peut susciter polémique et exaltation morale. Mais Marcel Proust n'écrivait-il pas "qu'on devient moral quand on est malheureux". Alors il ne faudrait pas non plus jeter le bébé avec l'eau du bain et asséner à la démocratie des coups dont elle aurait du mal à se remettre. Car il n'y a qu'un pas entre le moralisme de bon aloi et le populisme antiparlementaire le plus rétrograde.
Cette éthique, amarrée à notre moral comme un cargo en perdition à son remorqueur, ne doit pas être vécue à plusieurs vitesse suivant que l'on s'adresse à nos élus, nos footballeurs ou à nous même. Les incivilités routières, fiscales ou simplement sociales sont tout aussi répréhensibles que d'autres pourtant plus médiatiques et plus évidentes. Le Christ avait beau jeu de dire "que celui qui n'a jamais péché, jette la première pierre" mais ô combien raison pour affirmer ainsi que l'exemplarité vient d'en haut mais aussi de la base.
Au delà de la morale toujours un peu suspecte à mes yeux de repli sur soi, je crois profondément à la symbolique et l'exemple. Nicolas Sarkozy aurait pu éviter de fêter sa victoire au Fouquet's, Ségolène Royal de perdre plusieurs procès aux Prud'hommes et nos footballeurs de rapatrier leurs épouses en avion privé à 250.000 euros... Sans être austères ni monacaux, nous pouvons être suffisamment sages pour que nos actes soient reconnus et admis par tous. La vie devient ainsi plus simple et les mesures difficiles mais nécessaires mieux acceptées.
Dans un autre article, du JDD cette fois-ci, paru ce week-end, le gaullisme semble un courant de pensée dépassé pour une très grande majorité des français. Comme quoi, sans y réfléchir, nous exigeons aujourd'hui probité et respect mais nous oublions si vite Charles de Gaulle, celui qui avait institué cette exemplarité comme une règle intangible de vie, n'hésitant pas à payer de sa poche ses frais de président ou étant si profondément émouvant avec sa petite fille lourdement handicapée. Cet homme là, aussi "ringard" soit-il, a su pourtant réveiller la flamme d'un peuple à l'agonie et donner du courage à une poignée de jeunes fous de liberté. A la veille du soixante dixième anniversaire de l'Appel du 18 juin 1940, certes il ne reviendra pas mais son ombre tutélaire peut certainement guider les pas de ceux qui nous gouvernent et de tous ceux qui portent l'image de notre nation et de notre peuple.

lundi 31 mai 2010

Lettre à une amie dans l'erreur

Tu es née, il y a soixante cinq ans, des espérances d'un monde meurtri et traumatisé par ses terribles erreurs. Portée sur les fonds baptismaux par des colonnes de spectres sortis miraculeusement des camps de la mort et par une armée de jeunes pleins de rêves et d'idéaux, tu as du t'imposer dans ce Moyen-Orient chargé d'histoire mais peu enclin à partager ses terres immémoriales. Durant des années, tu as forcé le respect par ton courage, ta détermination à survivre malgré une adversité toujours plus affirmée. Tu as su maintenir la démocratie sur des terres qui ne connurent que tyrannie, dictature et absolutisme.
Puis, peut être à ton contact et parce que notre monde a changé, tes voisins ont baissé la garde. Ceux que tu avais chassés de leurs terres ancestrales, ont trouvé les mots, et non les armes, pour convaincre d'autres nations du bien fondé de leurs requêtes territoriales et humaines. Malgré les pressions internationales et l'inéluctable besoin de reconnaissance de ta soeur de sang et de lait, Palestine, tu t'es enfoncé dans l'erreur de croire encore dans ta toute puissance héritée de Dieu et de l'histoire du monde.
Aujourd'hui, tu viens de commettre l'irréparable en tirant sur d'autres fils d'Abraham venus apporter un peu de secours à des palestiniens soumis à ton blocus unilatéral et injuste. Malgré toute l'amitié que je te porte, tout le respect dû à l'histoire de tes pères vénérés, je ne peux te suivre dans tes errements dramatiques. Le souvenir terrible de la Shoah, ce sentiment d'encerclement et la loi du Talion comme doctrine diplomatique ne peuvent tout justifier, tout excuser. Nous sommes nombreux à t'avoir tendu la main et défendue quand la guerre risquait de te balayer mais maintenant, Israël, mon amie, ma soeur, tu te trompes et tu persiste dans ta méprise... Cela m'attriste et m'oblige à te dire que tu viens de perdre un ami. Rien n'est définitif mais il te faudra montrer bien des qualités et des dispositions nouvelles à la paix et au dialogue pour reconquérir mon coeur et mon âme...

vendredi 14 mai 2010

Bienvenue chez les Ch'tis

Ernest Renan écrivait que "la bêtise humaine est la seule chose qui nous donne une idée de l'infini..." Je remercie alors Christian Vanneste, sulfureux député du Nord apparenté UMP, de me permettre par ses propos de tutoyer ainsi les sommets de la Tour de Babel.
En associant homosexualité et pédophilie, il replonge, avec une délectation sadique et perverse, dans les plus sombres travers de l'âme humaine. N'hésitant pas à affirmer doctement comme une vérité des amalgames stupides et sans fondement, il m'oblige à me remémorer les théories du "juif apatride" des nazis ou "la contamination par les intellectuels" dénoncée par les Khmers rouges.
Comment un parlementaire de cet acabit peut encore avoir droit de citer dans une formation politique qui se respecte ? Chaque parti à son "Georges Frêche" mais pour le coup l'indécence dispute à l'ineptie la palme de la déclaration "bête et méchante".
J'essaye, sans y arriver, d'imaginer quels électeurs de Tourcoing et de sa région peuvent encore apporter leur suffrage à ce triste personnage. Il me revient des images cauchemardesques de "L'assommoir" de Zola ou des caricatures du film "Bienvenue chez les Ch'tis" ou "D'affreux, sales et méchants" d'Ettore Scola... Dites moi que c'est de la fiction, s'il vous plait...
Dans tous les cas, je resterais très vigilant sur le fait que l'UMP présente un candidat contre ce parlementaire qui se pare volontiers de l'écharpe tricolore. On ne peut clamer son ouverture, se dire être une formation politique de son temps et, pour d'obscurs calculs politiciens, soutenir de tels personnages si peu fréquentables.

samedi 8 mai 2010

Papy fait de la résistance

A l'heure du grand déballage sur les retraites, du doit-on travailler plus ou moins, une question ne se pose jamais : doit-on vivre plus ou moins longtemps ? Nous gagnons, en France, bon an mal an, près d'un mois d'espérance de vie par année qui s'écoule. Et quand on sait que les six derniers mois de l'existence d'un être humain coûtent en soins médicaux autant que tout le reste de ce qu'il a vécu, on peut décemment s'inquiéter sur l'autre grand déficit de nos comptes sociaux : l'assurance maladie.
Loin de moi l'idée d'institutionnaliser "l'abattage" préventif de nos anciens ! Nous le serons tous un jour, du moins je l'espère... Mais j'ai écouté avec attention l'agitateur d'idée du président de la République, le très controversé Alain Minc qui abordait le sujet en se servant de l'exemple de son papa, âgé de 102 ans, qui avait bénéficié de soins pour un montant de plus de 100.000 euro durant une quinzaine de jours et ce, sans bourse délier. Reconnaissant la nécessité d'assistance médicale, il soulignait tout de même que la collectivité est bonne fille en ne réclamant rien en contrepartie de ce séjour hospitalier très lourd. Pourtant son père ou ses descendants sont loin d'être dans le besoin et auraient pu largement participer à la couverture financière de cette hospitalisation.
Et si nous remettions en cause la trop coûteuse mutualisation des risques ? Il y a toute une frange aisée de notre population qui peut sans problèmes taper dans son patrimoine pour soutenir l'effort national en faveur de la santé. Ce n'est pas être crypto-communiste ou un dangereux révolutionnaire que d'affirmer cela. Je ne crois pas qu'Alain Minc parte en vacances avec Olivier Besancenot... Juste souhaiter plus de justice et d'équité.
J'ai déjà eu ce débat, perdu hélas, avec un de mes anciens patrons, président de Conseil général, sur le recours sur succession en cas d'aide à l'autonomie de personnes âgées. Je ne pouvais comprendre que la collectivité départementale préfère se substituer à des héritiers refusant d'aider leurs proches à vivre mieux. La vie et la santé de nos parents vaudront toujours plus qu'une maison, des lingots d'or ou un compte en banque...
Quel élu local et national, sain de corps et surtout d'esprit, aura le courage de demander cet engagement vital pour l'avenir de nos comptes sociaux ? A quoi servirait une retraite bien gagnée pour la finir trop vite et sans les meilleurs soins médicaux possible...

vendredi 7 mai 2010

mercredi 5 mai 2010

Les Du(p)onts...

L'un est du "grand" nord, Christian Vanneste, l'autre est du "grand" sud, Eric Ciotti. Les deux sont députés UMP de la frange droite de la droite et se sont associés pour proposer une loi tendant à mettre fin aux triangulaires dans les élections françaises.
Entre propos homophobes, relents frontistes et populistes, ils s'en prennent aujourd'hui au système électoral. Je veux bien croire qu'on a la majorité qu'on mérite mais là, ni François Fillon ni Nicolas Sarkozy ne gagneront à suivre notre duo des non.
C'est vrai que c'est tellement plus simple d'éliminer sur le papier et par anticipation un adversaire politique. Au demeurant, il y a encore mieux avec le candidat unique. Nos deux impétrants de la diagonale du fou feraient florès en Birmanie, Corée du Nord ou à Cuba.
Trêve de plaisanterie car je sens poindre chez vous un peu de relâchement coupable. On ne peut s'amuser de l'affaiblissement progressif du message politique. Comme l'a dit fort justement le premier ministre, "une élection ne se gagne pas avec un mode de scrutin" mais avec un projet, des messages forts et clairs, des convictions et de l'humilité. Alors, messieurs les députés angoissés et recroquevillés, remisez vos textes et autres billevesées. Sortez plutôt vos étendards, affûtez vos arguments et acceptez de perdre une élection avec les honneurs de celui qui croit dans ses idées.

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